LOMER GOUIN JOI
Reçu avocat, il devint l'associé de MM. Taïillon & Pagnuelo. Plus tard il fut celui de M. Raymond
réfontaine; puis la société de Mercier, Gouin et Lemieux succèda. Û
Aujourd’hui il est le chef du bureau si bien connu de Gouin, Lemieux, Jécarie et Brossard.
Disons avant d'aller plus loin, qu'en 1888, il épousa Melle Eliza Me-cier, la fille de ce seccnd sir George- Etienne Carti:r, sur lequel on peut ne pas avoir, au point de vuc administratif, la même opinion, mais qui n'en restera pas moins l’un des plus brillants produits de notre race, Je profite de cet aparté pour citer un mot inédit d'un étranger à qui je parlais de notre politique canadienne: Mercier? disait-il, eh bien! ïil a été le Frontenac de la domination englaise !
Et ceux qui connaissent leur histoire comprendront avec moi qu'un éloge, à la fois plus succinct et plus complet, ne nouvait être fait.
M. Gouin, peu à peu, avec un tact et une discrétion que nous constatons à toute heure, met en pratique certains enseignements primordiaux de cet homme.
Notre ami a surtout à cœur ce que feu Mercier demandait éloquemment et, non à genoux, mais noblement, dès 1834: l'augmentation du subside
provincial.
J'interrompts le fil biographique pour analyser le raisonnement de notre ami.
Cette demande n’est que la revendication d’un droit incontestable, Notre attitude n'est pas celle: d’un solliciteur ordinaire, Nous avons des raisons irréfutables, On ne peut rendre perpétuelle cette clause qui veut que nous ne recevions d'Ottawa que 80 cents par tête d’après le recensement de 1861. Cette ciause du pacte fédéral a été mise de côté pour les autres provinces, excepté pour Québec. La Nouvelle-Ecosse dès 1884 avait déjà eu le bénéfice dedouze lois pour améliorer sa position financière, La Colombie-Anglaise a reçu à pleines mains. Ontario. a vu les dettes de sa banque ‘“ officielle” payées par tout le pays, les dettes du “Northern Railway ” payées de même; et, en sus, un chemin local, le Canada Central, a été bourré de subsides par nous tous
Il en est ainsi de toutes les autres provinces.
Seul Québec est oublié, et pourtant c’est notre province qui a le plus dépensé pour la collectivité fédérale. Nous avons, de fait, été les initiateurs du Pacifique Canadien. Les sept-huitièmes de notre dette proviennent de nos octrois à des chemins de fer dont tout le Canada, plus ou moins directement, tire bénéfice. Comme disait Mercier en 1884:
‘“ Exigeons une piastre par tête de la population.”
Voilà tout un programme et c’est celui de M.
Gouin. Je le sais personnellement.