‹ Les contemporains [microforme]Chapitre 20 sur 26 · LOMER GOUIN À · texte numérisé non relu

LOMER GOUIN À

Jereprends maintenant par le menu cette biographie.

De 1389 à 1890, M. Gouin a été le président du Club National, que j'ai ailleurs appelé l’“ Exécutif du parti ‘ibéral” dans le district, Pareil honneur est la p'us forte marque de reconnaissance et d’appréciation. (C'est traditionnel. Cela explique bien l'acharnement qu'on mettait ces jours derniers à l'obtenir. Mais lors de l'élection de M. Gouin, ce fut d’une spontanéité qui comportait une signification au-dessus de toute appréciation,

En 1891; sir Hector se présentait simultanément à Trois-Rivières et à Richelieu. Comme ministre des Travaux Publics il tenait la partie. nord de ce dernier comté dans le creux de sa main. On demanda à M. Gouin de s'y présenter quand même. Il accepta, fut battu, mais un peu à la manière des Français à Gravelotte, Ce fut une défaite honorable,

En 1897, il battit dans la division St-Jacques, Montréal, par une majorité de 770, M. Augé, ur homme sympathique, puissant et de qui on pouvait dire comme de Cleveland aux Etats-Unis: qu'il valait mieux que son parti Cette victoire est réellement typique. M. Augé n'était pas bien avec le ministère, il était presque entré dans le raquis et souriait à toutes les factions. Cependant M. Gouin lui infligea une défaite presque sans précédent dans

cette région.

Je ne suis pas du camp de mon ami, mais je me plais à reconnaitre ces faits et à les mett:e en lumière, car ils sont si rares ceux qui du commencement à la fin ont du courage, du caractère, de la suite dans les idées, Ils sont surtout rares ceux qui étudient, Ah! voilà le mal chez les jeunes.... ne pas étudier! ne pas avoir de but, d'idées, de plans! On se rappelle le mot de Provancher: ‘ Ayez des mœurs ; qu'elles soient mauvaises, s’il le faut, mais ayez-en !”

Ayez des idées!

En Chambre, M. Gouin s’est fait remarquer par son grand souci de connaître à fond toute la législation prrposée, de ia juger ou de la discuter au mérite, de présenter avec un soin méticuleux les projets de loi qui venaient de lui ou dont il avait accepté la parraineté, Il est devenu ce que sir John A. Macdonald considérait ‘a reliable man.”

M. Gouin n’est pas ce qu’on appelle dans ce pay s un courtisan du peuple, toujours trop disposé à écouter les hâbleurs, un mathématicien qui disserte. Les prémisses posées, il poursuit son raisonnement, va rapidement au but, et rencontrerait-il en route la plus belle fleur de rhétorique, il ne la cueillerait pas. Tel je l'ai vu au collège de Lévis, discutant pour la Grèce contre Rome, avec Turgeon comme adversaire, tel je le vois aujourd’hui, prouvant que quatre et quatre font huit, en un excellent français, mais

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