‹ Les contemporains (volume 2)Chapitre 3 sur 15 · ADOLPHE LAMARCHE · texte numérisé non relu

ADOLPHE LAMARCHE

Ab augusta per augusta,

Sainte-Beuve dit un jour à Ernest Legouvé : — Je ne parle jamais d'un homme tant que je n'ai pas trouvé le point ceritral de son œuvre, le trait dominant de son caractère. Yoilà pourquoi j'ai tardé à vous prendre pour sujet d'étude ; je ne voyais pas clair en vous ; aujourd'hui je puis commencer, je vous tiens. "

— Eh bien, lui répondit Legouvé, puisque vous me tenez, dites-moi donc ce que je suis, définissez moi à moi-même.

— Eien de plus simple: ce qui est frappant en vous, c'est l'unité de votre vie.

Vous avez suivi des routes assez diverses, mais vous avez toujours poursivi le même but. Dès votre jeunesse, vous vous êtes fait votre plan d^existenc^e, eoinuie un auteur dramatique fait son plan de pièce, et vous avez marché d'un pn s ferme, d'un regard assuré, sans vous laisser f)rendre aux distractions du chemin; vous êtes le fils de votre volonté.

Legouvé se mit à rire et lui dit :

— Voilà, certes, un portrait fort avantageux! Parti d'un observateur aussi sagace que vous, il y a de quoi chatouiller mon amour-propre. Par malheur, ce portrait a un grand défaut, c'est de ne pas me ressembler du tout . . .

Il y a quelques jours, nous abordions un intime du Dr Lamarche, par une demande de renseignements sur certaines parties de la carrière de ce distingué compatriote.

— Qu'en savez-vous déjà et quelle est votre conclusion sur l'ensemble? nous fut demandé.

Un franc éclat de rire accueillit notre réponse. Il paraît que notre portrait, bien que riche en couleurs, avait, lui aussi, le

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