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LE DOCTEUR FOURNIER

Lors de l'élection de Thon. M.Duhamel contre M. Doyon. à Laprairie, il fut en réalité le Carnot, l'organisateur de la victoire.

Il en fut de même à Chateauguay où les cartes étaient également partagées.

C'est lui qui dirigea, après la résignation de feu Holton, la grande lutte de Brown contre Walsh.

Il fut créé juge de paix à cette époque, croyonsnous,

A Saint-Jérôme, on le retrouve sans cesse sur la brèche quand il s'agit de progrès, d'avancement. Il n'a cessé de promouvoir les entreprises industrielles qui garantissent le gagne-pain de centaines d'artisans. Il a été l'avocat des demandes de bonus et n'a jamais manqué d'entraîner à sa suite la masse des Saint-Jérômistes. Avec monsieur le notaire Petit, il a continuellement placé comme premier article de son programme l'intérêt de sa région.

Dans le malheureux imbroglio de l'église paroissiale, le docteur Fournier a, lui aussi, défendu les droits des laïques, droits qu'on traitait par trop cavalièrement.

Il a été gouverneur du Collège des Médecins et des Chirurgiens de la prov'ince de Québec, de 1895 à 1898.

Il est médecin et sociétaire de la Loge à St. Jérôme, de la société A. O. U. W.

Il est, de plus, médecin de la cour de New-Glascovv de l'I. O. F.

En 1882, il épousa mademoiselle Antoinette Valois et, en vrai Canadien-français, il n'a pas lésiné sur le chapitre de la famille : il compte en ce moment sept enfants.

M. le docteur Fournier est assurément l'un de ceux qu'il nous plaisait de mettre dans notre collection de contemporains. Puissent ces quelques lignes trop courtes être considérées par lui comme une marque de l'estime que partagent tous ceux qui le connaissent.

Il est encore dans toute la force de Tâge et nous croyons fermement qu'un de ces matins, son parti lui donnera la récompense honorifique que lui ont cent fois value son dévouement et son activité.

Comme dernier mot, ajoutons que M. Fournier est déjà désigné comme le prochain candidat libéral à Terrebonne aux prochaines élections provinciales.

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HON. HORACE ARCHAMBEAULT.

L'HON. HORACE ARCHAMBEAULT

C'est au Conseil Législatif, à l'encontre des idées rétrogrades que se forme trop complaisemeiit le public sur cet auguste corps, qu'il faut chercher l'esprit dirigeant de l'administration Marchand. Les grands réformateurs et niveleurs ont beau faire et beau dire c'est dans la chambre rouge sous l'œil et sous le doigt de son président que se moule la politique du gouvernement libéral.

Personne ne s'en plaint d'ailleurs puisque la province est satisfaite : les libéraux le disent et les électeurs le croient.

L'honorable Horace Archambeault, procureurgénéral de la Province et président du Conseil Législatif, est le personnage le plus important du cabinet par ses fonctions, sa position et son prestige politique. Depuis longtemps déjà il a fait sentir puissamment son influence dans la direction de son parti et

l'hon. H. Mercier, qui s'y connaissait en hommes, et

qui avait facilité au conseiller législatif de l'Assomption le passage souvent difficile des traditions familiales aux aspirations personnelles lui avait accordé une confiance spéciale qui ne s'est jamais démentie jusqu'à ses derniers moments. Dès qu'il entreprit de remanier son cabinet après les élections de 1890, il avait conçu le projet de donner à cette confiance une sanction officielle en offrant à 1 hon. H. Archatnbeault le portefeuille qu'il détient aujourd'hui. Mais des obstacles presqu'insurmontables s'opposaient à la réalisation de ce hardi projet, pour l'accomplissement duquel M. Mercier était au besoin prêt à provoquer une scission dans les rangs de ses lieutenants qui exigeaient de l'avancement. M. Archambeault ne le comprit pas ainsi, il préféra s'effacer et faire le sacrifice de l'offre si tentante qui lui était faite ; il resta dans le rang et n'en continua pas moins à servir dans la bonne comme dans la mauvaise fortune le parti qu'il avait spontanément adopté. Son desintéressement n'eut malheureusement pas le bienfaisant «fifet immédiat auquel il aspirait ; l'homme dont les haines et les rancunes avait triomphé de l'intérêt et de l'avancement du parti, devait à quelque temps de là- se signaler par une trahison aussi noire qu'éclatante et qui fut payée du plus humble des portefeuilles dans la série ministérielle des Honnêtes Gens. Il fut mis au bout du banc d'où il devait culbuter cinq ans plus tard à la satisfaction des consciences franches et patriotes.

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M. H. Archambeault, dans les cinq années de deuil où la province de Québec subit les petitesses et les sottises de l'administration de Boucherville ; les inr, justices, malversations et les infamies politiques des lieutenants de l'hon. M. Flynn, M. Archambeault, de son siège inattaquable de conseiller législatif, défendit pied à pied l'œuvTe populaire et vivn'fiante accomplie sous le gouvernement de l'hon. M, Mercier et que l'on tentait d'étouffer ou de dénaturer. Les rangs libéraux s'éclaircirent dans le Conseil au point d'annuler la majorité acquise à grande peine par le premier ministre libéral, mais le leader de l'opposition d'alors, le président du Conseil aujourd'hui n'en continua pas moins une lutte implacable, grâce à laquelle il put encore sauver quelques bribes du naufrage où l'on croyait tout englouti, même l'honneur.

La revanche devait venir, tardive peut-être, mais sijre.

En mai 1897, la province reprenait ses sens abusés et chassait les indignes et les incapables qui la déshonoraient et qui la ruinaient, pour rappeler à sa tête une administration libérale.

Ce jour là, la justice exigeait que Thon. H. Archambeault fût au premier rang des élus et, pas une hésitation ne se produisit lorsque son nom fut inscrit en tête des appelés et qu'on lui confia les deux postes les plus importants dont l'hon. M. Marchand eût à

disposer, celui de président du Conseil Législatif qui demandait un tact et des qualités politiques hors de pair, puisqu'il allait falloir naviguer au milieu de l'ennemi enhardi par la prépondérance du nombre, et celui de procureur-général, c'est-à-dire, de chef de toute la machine judiciaire dans notre province, où la magistrature tient le premier rang par sa position sociale et son influence de caste. Les provinces anglaises concèdent à la finance le haut de Téchelle dans leur société; la province de Québec, fidèle aux antiques traditions de Ta vieille France, accorde au pouvoir judiciaire et aux pouvoirs annexes une autorité morale qui est conforme au génie de la race.

M. Archambeault était l'homme qu'il fallait en tel lieu ; non seulement ses services le désignaient pour ces honorables fonctions, mais sa nature et son tempérament s'y accommodent d'une façon parfaite» C'est un homme d'action, c'est un homme de volonté, aux idées très claires, très nettes et excessivement logiques.

Il suffit de le voir au travail pour s'en rendre compte. Nerveux et concentré, il est doué d'une mobilité d'attention excessive qui lui ' permet de s'attaquer à plusieurs sujets à la fois et de les suivre simultanément : de diriger et de combattre. Cette aptitude spéciale se fait jour principalement lorsqu'il préside notre sénat provincial.

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La position d'Orateur ne condamne pas à la même fixité et à la même immobilité qu'à la Législature, où. il est un simple arbitre; au Conseil, l'Orateur peut avoir une opinion sur les mesures soumises à la Chambre, il peut exprimer cette opinion par sa parole et par son vote sans pour cela déchoir de ses privilèges d'ai"bitre suprême et de directeur de l'expiession d'opinion de la Chambre.

Il faut un don spécial de force morale pour se plier à la délicatesse d'une position de ce genre ; ce n'est pas n'importe qui. avec un tempérament aussi entier, aussi sanguin et aussi enthousiaste que l'est M. Archambeault qui pourrait après avoir plaidé une cause intéressante ou une question politique un peu échauffante reprendre paisiblement son poste de président et tenir la balance égale entre ceux qui s'expriment pour ou contre les opinions qu'il vient d'exposer.

La session qui vient de se terminer a permis d'apprécier largement cette grande qualité du président du Conseil, et l'on peut dire que c'est à sa diplomatie que l'on doit d'avoir évité des conflits qui semblaient presqu'inévitables avec une Chambre virtuellement divisée en deux parties également fortes. Le passage facile de la loi d'instruction publique qu'il eût fallu bien peu de chose pour rendre douteux, l'adoption de la loi augmentant le personnel judiciaire à Montréal, qu'un rien eiît pu changer en sujet à récriminations, l'expédition prompte de la

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Charte de Montréal et du bill du chemin de fer urbain de Montréal, deux que<=;tions éminemment ardues, sont des œuvres qui témoignent de la tactique profondément habile de M. Archambeault.

Il y a des gens qui désireraient lui voir quitter le Conseil pour entrer à la Chambre populaire ; je ne conçois pas très bien sur quoi l'on se base pour exprimer ce désir. La Chambre populaire a peut-être plus de brio, la parole y porte peut-être plus loin que dans le Conseil Législatif, mais il ne faut pas oublier que si la voix de celui-ci est moins éclatante, elle est plus décisive. C'est au Conseil que s'applique la dernière empreinte sur toutes les mesures qui sortent du Parlement, et c'est justement là que doit se trouver le Procureur-Général, entre les mains de qui doit finalement revenir le soin de leur mise en vigueur et de leur respect.

Maintenant, que réserve l'avenir au procureurgénéral actuel ? Très jeune encore dans ce gouvernement de jeunes, il est arrivé aux plus hautes dignités et aux plus complets honneurs. Il ne lui reste plus qu'une place à laquelle il puisse aspirer, et celle-là, c'est la première.

Et soyez certain qu'il l'atteindra car il connaît son monde, et il a un instinct profond de la politique. Il admet le principe de Barrés, que personne n'est contraint de se donner à la politique active, mais que celui qui s'en mêle ne crée pas les circons-

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tances et qu'on n'atteint un but qu'en subissant les conditions du terrain à parcourir.

M. Archambeault n'est pas un libéral enragé, unlibéral à tous crins, un vieux rouge, ce n'est ni dans son caractère ni dans ses traditions. Pour lui, il y a deux sortes de libéraux ; ceux de naissance, qui ont horreur qu'on discute le libéralisme, ceux de raisonnement qui s'en font une conception à leur goût. Il peut estimer les premiers mais peut-être ne les admire-t-il pas.

C'est à cette largeur de vue sans restriclion qu'il a dû de traverser toutes les crises, de passer au travers des ambitions et des jalousies sans rien y perdre de sa tranquillité d'âme ni de ses chances futures.

Il s'est préparé un avenir à son goût, que n'affectent ni les calculs des uns ni les préparations des autres. Dans le milieu où il est, il s'en tient à la maxime de Claude Bernard, en vertu de laquelle chacun doit rester libre d'ignorer le futur et de le sentir à sa manière.

Lorsque viendra le temps de partager l'empire d'Alexandre, ou plutôt de donner au plus digne le portefeuille de premier ministre de Québec, la lutte sera serrée, mais il ne faudrait pas avoir beaucoup de flair politique pour ne pas voir s'avancer en tête du cortège de ceux que désigne la faveur populaire, l'hon. H. Arcnambeault, qui est sûrement l'homme le plus fort du district de Montréal et le plus digne de

la place. Il n'a sans doute pas tout le prestige des clameurs populaires ; jamais pour son compte il n'a eu à faire appel au vote et son nom n'est peut-être pas de ceux que l'on trouve sur la bouche des coureurs d'assemblée et des piliers d'élections ; mais, tous ceux qui ont eu affaire au gouvernement, tous ceux qui sont familiers avec les rouages intimes de l'organisation politique, savent parfaitement à quoi s'en tenir et n'ignorent pas la part énorme de travail que s'est imposée M. Archambeault, toutes les fois qu'un appel était adressé au corps électoral, sans compter les nombreuses apparitions qu'il faisait sur les tréteaux populaires.

A tous les points de vue donc, l'hon. Archambeault est un des hommes que l'avenir désigne pour les grands commandements et que le destin appellera à son heure pour servir au bien-être et à la prospérité de leurs concitoyens.

Notre réel espoir maintenant, est de le voir bientôt occuper la place dont il est digne — la première — au sein de la population fiançaise et catholique de la province de Québec.

Photo-Eng. Co.

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