LE DOCTEUR FOURNIER
Comme je l'ai dit ailleurs, Saint-Jérôme est au premier rang de nos cités canadiennes-françaises riches en hommes utiles et remarquables.
Il serait facile d'en établir un long calendrier. Mais l'espace restreint de cette seconde série nous impose l'obligation de trier sur le volet.
Qui de nous n'a connu le docteur Fournier ?
Son excellente réputation de patriote, de libéral de la bonne engeance et de professionnel classique s'est répandue parmi nous depuis longtemps. Cette renommée s'est maintenue, s'est élaigie.
Notre ami est né à Saint-Jérôme le i6 septembre 1857. Il fit ses études à Sainte-Thérèse avec un franc succès. Plus tard on le retrouve à Victoria, — autrement dit l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal. Disons de suite que comme praticien il a conquis haut la main une clientèle importante qu'il n'a pas recherchée, vu qu'il est très riche, mais que sa science théorique unie à son habileté dans la pratique lui a amenée.
11 s'établit d'abord à Saint-Jérôme où il fut un des plus efficaces collaborateurs de Mgr Labelle. C'est ainsi qu'après de nombreux voyages dans le nord de Terrebonne, il en traça les premières cartes avec une exactitude et un luxe de détails qui les font considérer encore de nos jours comme le meilleur travail topographique qui date de 1882. On y trouve jusqu'aux délimitations de villages encore embryonnaires à cette époque. Le curé Labelle regardait cette carte comme la meilleure illustration de son œuvre.
Le docteur Fournier a passé quelques années à Worcester, Etat du Massachusetts, et a laissé les meilleurs souvenirs parmi les nôtres de là-bas. Il fut de tous les mouvements nationaux ; il jeta les bases de bien des entreprises qui ne contribuèrent pis peu à augmenter notre influence, notre prestige.
C'est à lui qu'on doit le plan devenu célèbre de cette belle église de Worcester qui a gagné le surnom de " Cathédrale de la Nouvelle-Angleterre." Il a aussi tracé un plan complet de la région au point de vue canadien.
Pendant son séjour aux Etats-Unis, il fut président de la société St. Jean-Baptiste de Manchaug, Massachusetts.
De retour dans la province de Québec, il se dévoua corps et âme au succès du parti libéral. Il ne limita pas son activité à la région du nord de Montréal.