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Les contes de l'abb© de Colibri

Cet abbé Colibri n'est autre qu'un grave membre de l'Institut, Cailhava^ qui a fait représenter plusieurs pièces très sérieuses à la Comédie-Française et plusieurs autres moins sérieuses au Théâtre-Italien.

Le Souper est une œuvre anonyme de sa jeunesse, datée de / 772, ef réimprimée plusieurs fois sous les rubriques Londres et Paris ; elle est inspirée de ces productions erotiques : Angola, Thémidore, les Sonnettes, le Grelot, etc., etc., qui reflètent avec une fidélité spirituelle les mœurs galantes de la fin du dix-huitième siècle.

L'édition dont nous nous sommes servis pour donner celle-ci est l'édition de Didot jeune {an VI), imprimée sur très beau papier fort, et qui prouve que le membre de l'Institut, successeur de Fontanes, bien que continuant à garder l'anonyme, ne reniait pas les péchés fripons et inoffensifs de sa jeunesse.

Les estampes [de la main de l'auteur) indiquées

sur les gardes du premier et du second volume sont des mystifications qui ont dû avoir peu de succès auprès des bibliophiles. Ces deux volumes petit in- 12 n'en sont pas moins devenus très rares et très recherchés et ont acquis un prix élevé dans les ventes.

Ils méritaient d'être réimprimés, car ils sont exquisement écrits, et particulièrement précieux pour l'histoire des habitudes et du langage.

M. Charles Monselet, dans ses Çalanteries du dix-huitième siècle, a rendu justice au Souper qui s'ajoutera désormais aux éditions Capn sur tous les rayons des bibliothèques d'amateurs.

Après cela., que vous importe que Cailhava soit né le 21 avril ijBi, aux environs de Toulouse, au village de l'Estendorve, et qu'il soit mort à Sceaux, près de Paris, le 26 juin 18 13? Il dort à quelques pas de Florian, et la société de la Cigale n'en sait rien. C'était im original., qui, dans ses dernières années, s'était épris d'un amour enthousiaste pour Molière. Il portait une dent de l'illustre comique enchâssée dans une bague.

Un excellent homme, d'ailleurs, comme tous ceux qui ont aimé les femmes.

Qui se survivra le plus, de Cailhava ou de l'abbé Colibri?

Ch. M.

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