‹ Les contes de la famille (volume 2)Chapitre 11 sur 22 · L ECOLE DU VILLAGE · texte numérisé non relu

L ECOLE DU VILLAGE

Je l'ai vue il n'y a pas un mois — c'est une petite maison qui touche à l'église, qui dort sous le toit du Seigneur. Ce devait être autrefois l'humide et paisible presbytère.

Vous souvient-il, Adolphe, de ces vieux murs rongés de mousse qu'on découvre du haut de la maison de votre excellent oncle, et de ce cimetière plein de hautes herbes, et de celte petite fenêtre qui s'ouvre au milieu d'une épaisse tapisserie de lierre; c'est, comme je l'ai su, la fenêtre du maître d'école...

Il vous souvient aussi qu'on nous indiqua ce logis un jour que nous avions fini nos provisions de tabac.

C'est une petite porte sur la rue, derrière l'église. Audessus de la porte de l'institution on voit sur une planche l'insigne effacé des manufactures royales. Il y a là une salle basse, sombre et fraîche, simplement crépie, où

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glisse un rayon de soleil par la porte du fond qui va dans le jardin. Dix ou douze enfants en jaquette étaient debout ça et là, les uns près de l'unique table en forme de pupitre, les autres amassés devant des pancartes accrochées le long du mur.

Filles et garçons, toutes ces têtes blondes se retournèrent et nous regardèrent en silence avec de grands yeux étonnés. On voyait dans un coin quelques joujoux brisés, une petite charrette peinte et sans roues, une petite lame de sabre ébréchée. Le maître était absent.

Telle est l'école de Yulaines dont la physionomie littéraire s'écarte de notre sujet et nous coûtera peu. Il y avait sur la table du maître un bocal plein de pipes, un pot plein de tabac, des balances qui lui servirent à nous le peser, une boîte où il tient sa monnaie ; dans cette école enfin — on rend du tabac.

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