‹ Les contes de la famille (volume 2)Chapitre 18 sur 22 · LES INTERNES · texte numérisé non relu

LES INTERNES

La condition des internes, dûment enfermés, serait donc la meilleure pour une bonne éducation physique et morale, si l'on pouvait se résoudre à les nourrir plus convenablement;

S'ils ne sortaientjamais et s'ils n'oubliaient en un jour de fête et de spectacle le peu de leçons qu'on peut leur avoir donné;

Si leurs parents ne venaient pour le moindre châtiment implorer les maîtres et neutraliser leur pouvoir;

Si l'éducation religieuse n'était nulle et si l'on ne leur apprenait simplement qu'il ne faut point insulter à la religion, sans trop leur dire pourquoi;

Si les professeurs croyaient un peu plus eux-mêmes à ce qu'ils enseignent;

Si le singulier état de toutes choses en ce temps-ci ne

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les pinçait eux-mêmes dans la plus fausse position, et ne les empêchait de donnera leurs élèves un principe droit en fait d'histoire ou de religion;

S'ils avaient pour but de former d'honnêtes gens et non d'obtenir une décoration ou un grade de chef de bataillon dans la garde nationale ;

Si l'on donnait moins d'importance à des sciences vaincs, incomplètes et tout à fait inutiles pour la conduite de l'homme et de la société;

Si le doute, qui n'apprend rien, qui ne sait rien, qui n'est bon à rien, n'occupait point en personne toutes les chaires:

Si les maisons étaient dirigées par des personnes assez graves pour ne point céder, dans un moment de folie et de désordre, à des petitesses comme celle de substituer, par exemple, le tambour à la cloche, en souvenir de je ne sais quel régime soldatesque qu'elles sont loin de goûter;

Si la discussion n'était point permise et encouragée sur des dogmes inviolables et des matières religieuses qu'on feint de vouloir faire respecter;

Si les systèmes les plus effrontés d'athéisme et de matérialisme n'avaient point cours dans les écoles de philosophie;

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Si. par suite d'une révolution politique qui nij change rien à d'éternelles vérités, on n'avait point changé de doctrines, fait disparaître tous les excellents livres de renseignement, et si, par conséquent, les professeurs n'avaient semblé dire à leurs élèves : Nous vous avons menti jusqu'à présent, ou Dès ce moment nous allons mentir ;

Si les professeurs n'empruntaient pas le matin une, gravité de commande qui disparaît le soir au spectacle ou au bal;

Si les élèves ne savaient pas parfaitement ce qui se passe dans l'intérieur des ménages de leurs maîtres, etc., etc., etc.

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