LES PENSIONS
Imagines de^gcns qui font une spéculation, des marchands, des entrepreneurs qui prennent un établissement quelconque, une ménagerie, par exemple, un haras, une école vétérinaire, et qui l'enferment de grilles et de portes, parce qu'ils répondent de leurs sujets; qui
les soignent pour mériter de la confiance, qui les surveillent de peur qu'on ne les !*etire par suite de quelque accident, qui ne voient en eux que leur intérêt, qui les classent exactement selon les divers prix qu'ils en retirent, qui ne leur donneraient i)as une drogue ou un picotin de plus que ne le porte leur marché, qui leur mesurent et leur rognent sans cesse le manger, le couvert et le boire, qui font des punitions et de la diète un moyen d'économie, qui n'en soignent dans le nombre que cinq à six des plus heureusement doués, et qui n'enseignent quelques tours, quelques manoeuvres savantes à ces sujets brillants que pour attirer du renom à la maison... Seulement au lieu de bétes ce sont des enfants.
On a vu un maître de pension qui prônait son savoirfaire, et qui se vantait d'avoir fait dîner soixante élèves, un jour de féte^ avec un seul dindon.
Il appelait cela contenter tout le monde.
Aussi, pensions marâtres, jardins froids et stériles, perdus en des rues infectes, vous glacez i'àme de vos tristes élèves, vous ne leur laissez ni regrets, ni respect, ni souvenirs; ils vous revoient sans vous saluer, et ce n'est pas là cette maison paternelle où «on cœur revole si souvent dont j'ai peuplé la campagne des. plus riantes
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imaginations et des plus purs sentiments de ma jeunesse, et dont j'irai quelque jour baiser le seuil en pèlerinage!