‹ Les contes de la familleChapitre 13 sur 23 · LES INTERNES · texte numérisé non relu

LES INTERNES

La condition des internes, dûment enfermés, serait donc la meilleure pour une bonne éducation physique et morale, si l'on pouvait se résoudre à les nourrir plus convenablement;

S'ils ne sortaient jamais et s'ils n'oubliaient en lin jour de fête et de spectacle le peu de leçons (|u'on peut leur avoir donné;

Si leurs parents ne venaient pour le moindre châtiment implorer les maîtres et neutraliser leur pouvoir;

Si l'éducation religieuse n'était nulle et si Ton ne leur apprenait simplement qu'il ne faut point insulter à la religion, sans trop leur dire pourcïuoi ;

Si les professeurs croyaient un peu plus eux-mêmes ù ce qu'ils enseignent ;

Si lo singulier état do toutes choses en ce temps-ci ne

298 L*ÊCOLIEIt

les plaçait oux-mémes dans la plus fausse position, et ne les empochait de donnera leurs élèves un principe droit en fait d'histoire ou de religion;

S'ils avaient pour but de former d'honnôtes gens et non d'obtenir une décoration ou un jrrade de chef de ])ataillon dans la garde nationale ;

Si l'on donnait moins d'importance à des sciences vaines, incomplètes et tout à fait inutiles pour la conduite de l'homme et de la société;

Si le doute, qui n*apprend rien, qui ne sait rien, qui. n'est bon à rien, n*occupait point en personne toutes' les chaires;

Si les maisons étaient dirigées par des personnes assez graves pour ne point céder, dans un moment de folie et de désordre, à des petitesses comme celle de substituer, par exemple, le tambour à la cloche, en souvenir de je ne sais quel régime soldatesque qu'elles sont loin de goûter;

Si la discussion n'était point permise et encouragée sur des dogmes inviolables et des matières religieuses qu'on feint de vouloir faire respecter;

Si les systèmes les plus effrontés d'athéisme et de matérialisme n*avaient point cours dans les écoles de philosophie;

l'écolikh 299

Si, par suite d'une révolution politique qui ne change rien à d'éternelles vérités, on n'avait point changé de doctrines, fait disparaître tous les excellents livres de l'ensoignement, et si, par conséquent, les professeurs n'avaient semblé dire à leurs élèves : Noui voug avoni menti jusqu*à préêent^ ou Dès ce moment noue tUUms mentir ;

81 les professeurs n'empruntaient pas le matin une gravité de commande qui disparaît le soir au spectacle ou au bal;

61 les élèves ne savaient pas parfaitement ce qui se passe dans l'intérieur des ménages de leurs maîtres, etc., etc., etc.

Page 1