‹ Les Contes de M. Mercier [microforme]Chapitre 39 sur 45 · TN HOMME SINCÈRE · texte numérisé non relu

TN HOMME SINCÈRE

M. Mercier n'a pas toujours paru aussi désespéré de la condition de la province qu'il fait semblant de l'être aujourd'hui qu'on refuse décidément d'accepter son ours, ‘Sousle gouvernement Chapleau, il n'était pas loin de trouver que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes, C’est au point qu'il pressait, en 1881, le gouvernement d'augmenter les dépenses da département de l'instruction publique, sous prétexte que notre situation financièré nous le permettait. Voici ses paroles :

Laissez-moi vous dire que noûs sommes dans d'excellentes conditions pour faire quelque chose dans ce sens. Les dotations accordées à nos chemins de fer sont presque entièrement payées, le chemin de fer du Nord est terminé, la crise commerciale est finie, et il nous semble que nous

pouvons espérer quelques années d'abonudance et de prospérité. Les capitaux des vieux pays nous sont offerts ; le commerce devient actif ; les esprits paraissent mieux dirigés vers les affaires ; enfin, notre pro-

vince semble vouloir secouer sa torpeur et.

marcher à la suite des pays qui sont entrés dans la voie du progrès. Sachons profiter des circonstances.

Et M. Mercier citait l'exemple de la France pour prouver que le gouvernement Chapleau devait subventionner largemént des écoles nouvelles et même établir à ses frais l'instruction 6bligatoire dans la province.

M. Mercier voyait alors tont en rose et trouvaitqu'on ne dépensait pas assez ; s’il voit tout en noir maintenant et prétend que l'on dépense trop, c'est qu’on n’a pas répondu à ses avances, aussi désintéressées que patriotiques.

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