‹ Les contes des fsChapitre 5 sur 21 · I.A HAfiMK-HLHUK. -i · texte numérisé non relu

I.A HAfiMK-HLHUK. -i

n'avait pas la force de se lever pour embrasser ses frères.

Il se trouva que la Barbe-Bleue n'avait point d'héritiers, et qu'ainsi sa femme demeura maîtresse de tous ses biens. Elle en employa une partie à marier sa jeune sœur Anne avec un jeune gentilhomme dont elle «^tail aimée depuis longtemps; une autre partie à acheter des charges de capitaine à ses deux frères; et le reste à se marier elle-même à un fort honnête homme, qui lui fit oublier le mauvais temps qu'elle avait passé avec la Barbe-Bleue.

MORALITES.

I>a curiosité, malgré tous ses attraits. Coùtp snuveul bien des regrets .

24 l.\ HAIUli;-l!LI-:UE.

On Pli voit tous les jours mille exemples paraître.

(^est. n'en déplaise au sexe, un plaisir bien léger Dés qu'on le prend, il cesse d'être.

Et toujours il route trop rhor.

Pour peu qu'on ait l'esprit sensé.

Et que du monde on sache le grimoire, (Jn voit liientôt que cette histoire Est nu coule du temps passé.

Il n'est plus d'(''poux si lerrihle.

M qui dciiiando l'impossilile :

Fùt-il mal content et jaloux.

Prés de sa femme ou le voit filer doux ; Et de (pielque couleur que sa barbe puisse être. On a peine à juger qui des deux est le maître.

LA BELLE AU BOIS DORMANT

LA BELLE AU BOIS DORMANT

\i y avait une ibis un roi et une reine qui étaient si fâchés (le n'avoir pas d'enfants, si fâchés, qu'on ne saurait dire.

Ils allèrent ta toutes les eaux du monde : vœux, pèlerinages, tout fut mis en œuvre, et rien n'y faisait Enfin, pourtant, la reine devint grosse, et accoucha d'une fille. On fit un heau haplf'me; on doiiua pour marraines, à la petite

2G LA BEI.I.I': Al HdIS IIUl'.M A> T

princesse, toutes les fées qu'on put trouver daus le pays (il s'en trouva sept), afin que chacune d'elles lui faisant un don, comme c'était la coutume des fées en ce temps-là, la princesse eût, par ce moyen, toutes les perfections imaginables.

Après les cérémonies du baptême, toute la compagnie revint au palais du roi , où il y avait un grand festin pour les fées. On mit devant chacune d'elles un couvert maguifique, avec un étui d'or massif où il y avait une cuillei*, une fourchette et un couteau de fin or, garui de diamants et de rubis. Mais, comme chacun prenait sa place à table, on vit entrer une vieille fée, qu'on n'avait point priée, parce qu'il y avait plus de cinquante ans qu'elle n'était sortie d'une tour, et qu'on la croyait morte ou enchantée. Le roi lui fit donner un couvert ; mais il n'y eut pas moyen de lui donner un étui d'or massif comme aux autres, parce que l'on n'en avait fait faire que sept pour les sept fées. La vieille crut qu'on la méprisait, et grommela quelques menaces entre ses dents. Une des jeunes fées, qui se trouva auprès d'elle, l'entendit; et, jugeant qu'elle pourrait donner quelque fâcheux don à la petite princesse, alla, dès qu'on fut sorti de table, se cachei' derrière la tapisserie, afln de parler la dernière, et de pouvoir réparer, autant qu'il lui serait possible, le mal que la vieille aurait fait.

Cependant, les fées commencèrent à faire leui-

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