‹ Les contes du chaletChapitre 14 sur 21 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Car ta plume, éventail de prix, Frôle et d'ivoirerie exquise, En s'agitant, sur les esprits Fait couler un souffle de brise.

Il suffit, pour qu'on soit certain De consoler les plus moroses , De dire : Il est dans sen jardin , Il écoute causer ses roses.

Dans ton jardin si tu voulais , Sous un grand frêne, uno^statue De Tart moderne , tu l'aurais Belle, bien blanche et toute nue.

Et que d'ingénieux combats Tu pourrais graver sur le socle !

Tu sais les noms de tes soldats Comme le vaillant Thémistocle.

Tu mettrais les lutteurs du chant Près des vainqueurs de l'art tragique , Les danseuses au pied touchant, Les sculpteurs à la main lyrique.

Que de faits sur ce piédestal Tu pourrais peindre de mémoire , Toi qui , sans être général , Tant de fois guidas la victoire I

D'un côté la barque Hemani Triomphante entrerait en rade.

Pendant' que Bajazet honni Chavire sous la canQnnade.

Puis , à son tour, on pourrait voir Sombrer le vaisseau romantique , Tandis qu'un Grec, çn habit noir, Soufflerait dans la flûte attique.

Ainsi vivrait le souvenir De ces grands jours de poésie , Où, dès l'aube, on te vit brandir Ta plume courtoise et hardie.

£t tes amis , homme de bien , Goûteraient fort cette lecture D'un feuilleton marmoréen Resplendissant sous la verdure.

Vauery Vernier.

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