‹ Les contes du chaletChapitre 16 sur 21 · ÉPILOGUE. ai · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE. ai

Voilà bien de ta poésie !

£Ile agrandit mon horizon ; Elle ajoute aux fleurs du gazon ; De Margot elle fait Suzon.

Elle est grâce, elle est ambroisie; Je lui dois montagne et vallon , Mon Mafly, mon grand Trianon Et ce piédestal d'Apollon

Que ta main (c'est bien de ton âge]

A posé sous l'ombrage épais

Des vieux chênes, des grands cyprès ^

Que seul tu vois, et qui jamais

N'entrèrent dans mon ermitage.

0 magnifique I ô bel esprit!...

Voilà toute ma récompense !

Je n'ai pas eu pour ma constance Un petit brin de bienveillance £t de fortune et de crédit.

Tels sont les Rois... je m'en console!

Les roses de mes deux rosiers , Les fraises de mes deux fraisiers , Et les chants de ces doux gosiers Donnent à l'heure qui s'envole Je ne sais quel enivrement :

Oubli! repos! enchantement!

Ami des braves gens et content de moi-même : Un jardin sans épine, un logis sans remords, Un cortège affligé quand j'irai chez les morts... La Muse en donne moins au poëte qu'elle aime.

En si petit espace , ô ciel I tant de bienfaits I

Un si cher compagnon, tant de grâce et de paix!

Ces rayons, cette fleur, ce rêve, cette branche,

Ce balcon si joyeux, ce toit qui rit.et penche,

Ce grand œil bleu sur moi doucement arrêté ,

Tout ce beau quart d'arpent pour mon unique usage.

À ces bonheurs, dans leur bonté,* Si les dieux ajoutaient un peu de liberté.

Je n'en voudrais pas davantage!

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