‹ Les contes du rouetChapitre 10 sur 35 · VIEILLES CHANSONS D ALSACE · texte numérisé non relu

VIEILLES CHANSONS D ALSACE

— Et je chanterai un lied encore, ronronne le rouet, un lied qui sera le dernier parce qu'il est le plus beau.

LE QUATRIÈME COMMAKDEMEKT

Dans un pays de France — il était un vieux roi — qui, pays et royaume, — donna tout à son fils.

C'est parce que l'âge l'avait rendu faible — qu'il se dépouilla de la sorte. — Le fils lui promit avec serment : — « Je te nourrirai comme il convient. »

Le fils se choisit bientôt — nne femme par amour. — Elle fut mauvaise pour le vieux père — et parla ainsi en se plaignant :

« Ce vieux tousse toujours — à table, cela

me dégoûte infiniment, — et m'enlève tout

le plaisir de manger — et me rend la langue

lourde. »

Le fils se soumit aux volontés de sa femme ;

— il relégua son père, — silencieusement son vieux père — sous les escaliers, en bas.

Il y avait là un lit — de foin et aussi de paille ; — tout à fait comme un chien — le vieux demeura gisant pendant beaucoup d'années.

Cependant la reine accoucha ; — elle eut un fils très bon, — qui devint une noble épée

— et une âme pieuse.

Dès qu'il eut appris les choses, — ce jeune homme, à tous moments, — apportait à son grand-père pour manger et pour boire — tout ce qu'il pouvait trouver dans la maison.

Un jour Taïeul lui demanda — une vieille couverture de cheval — afin d'avoir moins froid dans la niche ; — le jeune homme se précipita.

D entra dans l'écurie ; — il prit sur le dos d'un cheval — ^ une couverture qui était bonne ^— et la déchira mélancoliquement.

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Son père, qui était là, lui demanda — ce que lui avait fait cette couverture. — « J'en porte la moitié, dit le jeune homme, — à ton vieux père dans son lit.

Et je garde l'autre moitié — pour toi, quand tu seras couché — là où tu as relégué — ton vieux père. »

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