‹ Les contes rémois (volume 2)Chapitre 20 sur 33 · LE PELERINAGE · texte numérisé non relu

LE PELERINAGE

Il fut un temps où le peuple Rémois Obéissait aux volontés d'un comte.

Le manuscrit d'où j'ai tiré ce conte Dit que Thibaut fut le meilleur des rois.

Je le croirais : Tout prince Champenois

De sa nature est le plus doux des princes.

Pour assurer le sort de ses provinces

Thibaut prit femme. 11 voulut dans ce choix

Qu'Amour l'aidât. Ce n'est pas trop l'usage :

Mais son ayis pour entrer en ménage

Ne gâte rien. Aussi depuis cinq ans

Tout souriait à ces époux amants,

Hors un seul point : ils n'avaient pas d'enfants.

En vain la reine avait pour être mère

Prié le ciel. Aumône, argent, prière

Étaient perdus, point d'enfant ne venait.

Souvent l'épouse en secret en pleurait;

Lorsqu'un abbé, l'aumônier de la reine,

Lui dit un soir : « 11 est à votre peine

« Un sûr remède; et je suis affligé,

« Qu'étant si bon, vous l'ayez néghgé.

« — Et quel est-il? A vous je m'abandonne,

« Cher directeur. Est-il besoin d'argent?

« Parlez, j'en ai. Pour avoir un enfant

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