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LE GROS DOGUE ET LE PETIT CHIEN

Le jeune clerc, à la bouche de rose.

Plaida si bien qu'il sut gagner sa cause; La paix dès lors régna dans la maison.

Tous deux savaient qu'amour veut du mystère, Que le bonheur fait envie aux méchants.

Que tels sont pris pour fort honnêtes gens Qui n'ont pas craint de perdre des amants; Le frère même est jaloux de son frère.

Aussi Léon, notre jeune amoureux, Pour voir sa belle et tromper tous les yeux.

Avait recours à plus d'un stratagème.

J'en rapporte un qui m'a paru plaisant.

Le soir venu, quand l'honnête marchand Fermait boutique, et prenait son Barème Pour supputer tous les profits du jour.

Notre écolier, averti par l'Amour, Venait japper à la porte d'Élise :

Vous eussiez dit la voix d'un petit chien.

La chambrière, une femme de bien, Et que pour sainte en tous lieux on eût prise, A ce signal ouvrait, et par la main Menait l'amant, qui le long du chemin Ne disait mot. Au lit môme prudence :

Tout s'y passait dans l'ombre et le silence.

Sauf toutefois plus d'un soupir d'amour Mais qu'un baiser rendait alors plus sourd.

Près de l'hôtel qu'habitait la marquise Logeait Alfred, autre élève de droit.

Bon compagnon, à tous.les jeux adroit.

Fier et cherchant mainte haute entreprise.

A la marquise il adressa ses vœux. Mais sans succès : soit que notre Rémoise Eût le cœur pris, ou, comme une bourgeoise, Se contentât pour un seul amoureux ; Soit autre chose ; avec douce parole On renvoya cet amant à l'école.

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