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LES CINQ LAYETTES

Le soir du jour qui fixait leur destin, Le Champenois, à défaul de la mère, \ «Mit à sa fille expliquer un mystère (Hier à l'amour encor plus qu'à l'hymen : « Le ciel u dit, par la voix de l'Église : « Femme, soyez à votre époux soumise.

« Celle nuit donc, dans ses bras caressants. « Blanche, obéis à ton mari qui t'aime,

Kt je tiendrai sur les fonts de baptême « D'ici neuf mois le plus beau des enfants. « De la quitter, à ces mots, il s'excuse, El laisse au lit notre vierge confuse.

Le lendemain, à peine le soleil

Avait doré la couche d'hyménée,

Que le père entre et court, à son réveil,

Revoir au lit notre jeune épousée :

« Je t'ai promis, dit-il en l'embrassant.

« D'être parrain de ton premier enfant ;

i; CONTES RÉMOIS.

« Faut-il bientôt commencer les emplettes? « — Oui, mon papa, dit Blanche en rougissant; a Mais, s'il vous plaît, commandez cinq layettes. »

LA BATELIERE

Un soir d'été, Kose la batelière, Assise au bord d'une barque légère, Gaîment chantait et se mirait dans l'eau. Rose a seize ans, et son joli visage Semble un bouquet cueilli sur le rivage.

h CONTES RÉMOIS.

Dont le patron vient d'orner son bateau.

Les yeux fixés sur l'onde fugitive.

Elle attendait qu'il vînt des voyageurs

Pour les passer de l'une à l'autre rive.

Mais le jour baisse, et la voix des pasteurs.

Qui retentit au loin sur les hauteurs,

Lui dit aussi de rentrer au village.

Rose, attirant son bateau sur la plage.

Va s'éloigner, quand deux jeunes chasseurs.

L'argent en main, demandent le passage.

Les voyageurs étaient des Champenois.

Riches, bien faits, tous deux de noble race.

A qui l'amour accordait droit de chasse

Par tout pays. Aussi nos gais Rémois

En la voyant s'étaient dit à voix basse :

« La batelière est un gibier de roi ;

« A nous ceci, puisque amour nous l'envoie. »

L'un d'eux reprit : « Qui de vous ou de moi

« Doit le premier se saisir de la proie?

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