‹ Les contes rémoisChapitre 3 sur 98 · I \ BATELIÈRE · texte numérisé non relu

I \ BATELIÈRE

« - Tirons au sort, répond l'autre chasseur; m Deux brins de blé d'inégale grandeur « Entre nos mains vonl décider l'affaire. » |)<> son bateau Rose les voyait faire A deux pas d'elle, et riait de leur jeu. Sans se douter qu'elle était leur enjeu ; Lorsque le comte, à qui le sort, je pense. Avait donné le droit de préséance, S'approche et dit : n Belle, deux amoureux « Sont à vos pieds qui demandent l'aumône.

\ lions, soyez charitable pour eux; « Car autrement, pour vous punir, friponne. « Chacun prendra ce qu'il veut qu'on lui donne. » A ce propos, Rose a peur et veut fuir ; Mais, par le bras se sentant retenir.

En fille adroite elle a recours aux larmes. Ce fut en vain : on se rit de ses pleurs. Rose se voit un prisonnier sans armes Qui va subir la loi de ses vainqueurs.

Quand, s'avisant d'une ruse de guerre :

« Mes beaux Messieurs, puisque j'ai su vous plaire.

<( Vous me voyez prête à vous obéir.

« Dans mon village on n'est pas si sévère.

« Fille qui prend en cachette un plaisir

« Se garde bien de l'aller dire à Rome.

» Mais est-il sûr, si je cède à vos vœux.

» Que le secret soit gardé par vous deux?

« — Ah ! de jaser serait d'un mauvais homme.

« J'en donne ici ma foi de gentilhomme,

« Car je suis comte. — Et moi. foi d'amoureux

« Et de baron ! — Je crois votre promesse, »

Reprit la fille. « Oui, je serai comtesse,

« Baronne aussi, puisque le veut l'amour.

« Mais, mes seigneurs, que chacun à son tour

« Vienne avec moi dans un lieu solitaire.

« Vous le savez, l'amour veut du mystère. »

Le marché fait, l'on vogue, et le baron

Ayant pris terre : « Adieu ; soyez tranquille.

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