‹ Les contes rémoisChapitre 30 sur 98 · INCONVÉNIENTS DU REPENTIR · texte numérisé non relu

INCONVÉNIENTS DU REPENTIR

l n villageois, pour régir sa maison.

Prit femme jeune et servante fort sage. Belle pourtant ; Marie était son nom.

La paix régnait au sein de son ménage.

S'il a la paix un époux est heureux.

Il l'était donc avant d'être amoureux.

Comme Abraham, de servante jolie.

Las de pain blanc, au pain bis de Marie Il veut toucher comme plus savoureux ; Mais celle-ci, que l'époux contrarie Et pousse à bout, vient d'un air affligé, Son paquet fait, demander son congé.

La femme dit : « Je te croyais plus sage.

« Toi, nous quitter! et pour quelle raison?

« Ne suis-je pas facile en ma maison?

« Désires-tu, ma fille, un plus fort gage?

« Soit : trente écus avec ton gai visage

« Pourront un jour tenter quelque garçon.

« Mais quoi! des pleurs? Avec moi sois sincère;

« Sur ce départ, Marie, expliquons-nous.

« — Vous l'ordonnez, je ne puis plus me taire, »

Répond Marie ; « eh bien! c'est votre époux

« Oui veut de moi ce soir un rendez-vous.

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ti Plutôt mourir que de faire à Madame a Un pareil tort! — C'esl bien, lui dil la femme, u Ton cœur est bon, je l'avais bien jugé. « Mais du perfide il faul que je me venge : (c Cours, et dis-lui que, ton esprit changé, « Pardon sonnant, tu l'attends dans la grange, « — Mais quoi, Madame, y faudra-t-il aller? « — Auparavant tu viendras me parler. »

La jeune iille avec malice et grâce Fit son message et fut tôt de retour.

L'époux joyeux, ne tenant plus en place. Va jusqu'au soir promener son amour.

Chemin faisant, Marie offre à sa vue Mille beautés dont il fait la revue :

A son esprit se présente, à son tour.

Sa femme aussi de mille attraits pourvue. Le repentir vient frapper à son cœur, Il le reçoit, et content de lui-même :

104 CONTES REMOIS.

« J'allais, dit-il, d'une femme que j'aime « Pour un caprice exposer le bonheur ! « Le rendez-vous maintenant m'embarrasse. » Dans le moment, Jean sur son cheval passe; Jean, de son maître en secret le rival. Jeune, bien fait, gouvernait l'écurie.

Lors il l'appelle, et d'un ton amical : « Voudrais-tu bien. Jean, épouser Marie? u Va dans la grange, et surtout ne dis mot : « Demain matin je compterai la dot. »

Le garçon part. L'autre à pas lents chemine

Vers sa maison. Mais seule en sa cuisine

U voit Marie : « Eh quoi ! lui dit l'époux,

« C'est donc ici qu'était le rendez-vous?

u Tu me trompais? — Moi, je suis dans la grange

« Et de Monsieur j'attends une louange. »

Répond Marie; « allez plutôt y voir,

« Vous y pourrez faire votre devoir

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