‹ Les contes rémoisChapitre 33 sur 98 · LE PERROQUET. M · texte numérisé non relu

LE PERROQUET. M

» Elle a toujours de quoi payer comptant,

i Sans s'appauvrir, tous les oiseaux dumonde.

(i Ouvrez la porte, et, si tout me seconde,

» Le perroquet sera bientôt à vous. »

Hôrtense ouvrit, croyant faire œuvre pie

Que d'acheter, sans deniers ni bijoux,

Ce perroquet, dont elle a tant d'envie.

A peine entré, le gentil oiseleur

Prend des baisers qui ne sont qu'un à-compte;

Baisers qu'Hortense, à lui rendre fort prompte.

Ne comptait pas, tant elle avait à cœur

De bien payer. Pour acquitter sa dette.

Il lui fallut céder autre faveur.

Si bien qu'enfin au doux jeu d'amourette

L'on procéda. Dans les bras du marchand

La belle encor disait innocemment :

u Quoi! c'est ainsi qu'un perroquet s'achète? «

L'oiseau payé, la servante à grand bruit

Frappe à la porte. Edmond troublé s'enfuit.

Mi CONTES RÉMOIS.

La vieille Annette avec effroi s'écrie :

u Ah ! mon enfant, d'où vous vient, je vous prie.

« Cet oiseau vert que je n'ai jamais vu?

u Dans votre chambre un homme est-il venu?

a — Oui, dit la belle, un marchand jeune et sage,

« Et qui, vers moi par le ciel envoyé,

« Vend sans argent aux filles de mon âge-,

« 11 est parti se disant bien payé.

« Pourquoi pleurer? Tu n'es donc pas ravie

« De mon marché? Serait-ce par envie?

« Tu n'es plus jeune, et tu crains un refus

« Du beau marchand qui fait fi des écus.

<( Mais j'y connais un moyen sans réplique :

« Quand l'oiseleur, qui me trouve à son gré,

« Rapportera des oiseaux d'Amérique,

« Prends le plus beau, c'est moi qui le paîrai. »

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