LE POUVOIR D'UNE FEM ME
La vertu laide el l<is vices charmants.
Ses premiers pas furent pour aller battre
Le jeune enfant compagnon de ses jeux.
Chacun tremblait devant ce diable à quatre.
« Pour corriger son naturel hargneux. »
Disait le père, « attendons le collège;
« 11 rend meilleur, s'il ne rend pas savant ;
« Les écoliers auront le privilège
« De rendre Marc aussi souple qu'un gant. »
Marc fut chassé de toutes les écoles,
h Fais-le soldat, dit un vieux général :
« Au régiment les têtes les plus folles
« Ne bronchent pas devant un caporal. «
Il fut soldat, mais soldat indocile.
Un soir d'hiver, Berthe, au coin de son feu.
Songeait à Marc et, l'esprit plus tranquille.
Le voyait sage et rendait grâce à Dieu.
Dans ce moment elle entend à sa porte
Quelqu'un frappant, jurant et blasphémant;
C'était son fils qui heurtait de la sorte :
11 s'était fait chasser du régiment.
La pauvre mère, hélas! désabusée,
Pleurant son fils, est toute la journée
Dans le saint lieu. La prière et les pleurs
Sont pour la femme un remède aux douleurs.
Mais la douleur chez l'homme est moins tranquille.
Contre son fils le père entre en fureur;
11 le maudit, et, courant par la ville,
A son curé va conter son malheur.
« Mariez-le, lui répond le pasteur.
« — Le marier! qui? lui? ce méchant diable?
;< D'un trait si noir me croyez-vous capable? »
Dit au curé le père avec humeur.
« Oh! vous raillez, le mal est sans remède.
« — Non, non, reprend le sage conseiller-,
« Il en est un que la femme possède :
«.Pour guérir Marc il le faut marier.
« — Mais où trouver, curé, cette pucelle,