‹ Les contes rémoisChapitre 62 sur 98 · OUI ET NON · texte numérisé non relu

OUI ET NON

La peur du mal est tout aussi contraire Que le mal même et tous deux font souffrir S'il est réel, on peut bien en guérir : Mais guérit-on d'un mal imaginaire?

Je n'ai point vu de jaloux bien dormir ;

Ui CONTES REMOIS.

C'est que leur crainte au doux somme est nuisible. Lisez ce conte, époux, et, sans mentir. Vous guérirez, si guérir est possible.

Un grand seigneur ayant terre et château, Mais fort jaloux, défaut rare en Champagne, Prit femme à Reims; et la jeune Babeau, Dont il fit choix pour vivre à sa campagne, Dans les hauts rangs de la riche cité Eût pu prétendre au prix de la beauté : Sage d'ailleurs, comme une Champenoise.

Moins par vertu que par simplicité.

Bien qu'à sa femme un jaloux cherche noise Pour un regard, un mot, un geste, un rien. Vivant aux champs, loin du bruit et du monde. Les deux époux dans une paix profonde Avaient passé le premier mois d'hymen.

Lune de miel ne fut jamais meilleure.

Ordre au mari vint de partir sur l'heure

Page 1