OUI ET NON
K Vous demander seulement un baiser, « Serez-vous femme à me le refuser?
» — Non. » Lors il prend sur sa bouche de rose De doux baisers que la belle lui rend, Mais sans parler, sans dire une parole. Car c'eut été manquer à son serment.
Le chevalier, savant maître d'école En fait d'amour, profita du moyen Pour bien souper, toujours de compagnie Avec Babeau, qui parlait peu, mais bien.
Un dernier acte à cette comédie Manquait encore, et c'était le meilleur. Notre amoureux était trop bon acteur Pour l'oublier. << Ce lit qui vous réclame, « Si j'y prends place, ah ! dites, belle dame, « Le fuirez-vous? » La comtesse, dit-on, Plus par amour que par obéissance A son mari, sans hésiter dit : « Non. »
Maris jaloux, c'est pour vous la leçon. Profitez-en ; car toute femme, en France, Se vengera d'un injuste soupçon.
Eh ! laissez donc la femme jeune et belle Répondre oui quand le plaisir l'appel k. Et dire non quand le veut la raison.