‹ Les contes rémoisChapitre 67 sur 98 · LE LONDRES · texte numérisé non relu

LE LONDRES

« Je ne veux point pour mari d'un fumeur. Disait, à, Reims, Isabelle à sa mère.

« J'ai, comme vous, une invincible horreur « Pour le tabac, car je sais que mon père « N'a pas le droit de porter tabatière.

<( Sans doute Alfred, qui recherche ma main. « Est noble, beau, d'un charmant caractère, <( Et plein d'esprit ; il est parfait enfin : « Je le refuse, oh! sans regret; il fume. » En vain la mère en faveur de l'amant Faisait valoir la mode ou la coutume : Même en province un jeune homme élégant Ne peut sortir qu'un cigare à la bouche. <( Jamais fumeur n'aura place en ma couche, » Répondait-elle. « Entre un cigare et moi « Qu'Alfred choisisse. » 11 choisit Isabelle Sans hésiter, et lui jura sa foi Que sans fumer il vivrait auprès d'elle, Après l'hymen, aussi content qu'un roi.

Au gré de tous quand la noce fut faite, Le jeune époux sur l'autel de l'hymen Vint déposer, non sans quelque chagrin, Pipe, tabac, cigare et cigarette.

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