‹ Les contes rémoisChapitre 82 sur 98 · PARTIE II, CONTE XXI · texte numérisé non relu

PARTIE II, CONTE XXI

Réfléchissez, je reviendrai demain. »

Le jour suivant grande fut sa surprise

De voir l'abbesse à son arrêt soumise.

« J'ai consulté le Saint-Esprit la nuit,

Dit la malade, et, s'il est nécessaire,

Faites venir, docteur, l'apothicaire.

II peut entrer, j'ai levé l'interdit. »

L'apothicaire accourt, et, près du lit,

Remède en main, prend une humble posture.

L'abbesse alors lève la couverture.

Il voit, jugez de son étonnement,

Les saints du ciel dont la pieuse image

Dérobe aux yeux ce pudique visage

Qu'on ne devait lui montrer qu'un moment.

a Au bon saint Pierre adressez-vous, mon frère.

Lui dit. l'abbesse, il est mon confident. »

Tout le couvent s'était mis en prière.

L'homme au remède avec adresse usa

De son talent: tout à bien se passa,

Et la gaieté revint au monastère.

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