‹ Les continuateurs de LoretChapitre 117 sur 217 · L'INCONSTANT ATTRAPÉ · texte numérisé non relu

L'INCONSTANT ATTRAPÉ

Lbahdbb , Cavalier bien &it

\ga Et de cent Bbadtbz le Souhait , Apres avoir rodé le Monde Et trompé la Brune & la Blonde , A la fin chez luy de retour Et lassé du folâtre Amour,

[95 Rencontre dans son Voinnagc Caustx , Fille riche & Sage.

Dessus Elle il jetta les Yeux , Et , par cent Soins officieux , Gagnant le P£rb de la Bellc ,

aoo Lm dît l'amour qu'il a pour Elle.

Le Përe en est tres-rejoui .

Et la Fille y consent, die Oui ,

Encore qu'en secret son Ame

Brûle déjà d'une autre Flame,

105 Car elle aime un beau Licqawaht Qui l'aimé aussi fbrt tendrement

101 — Du 19. Décembre i6£6 (Roumst).

Et ressent une peine extrême De perdre la Beauté qu'il aime.

D'abord il porêt furieux

» 'o Et se veut arracher les Yeux , Puis fait dessein , dans sa manie , D'aller voir la Cérémonie , Résolu qu'ausiîtdt après Il s'en ira dans les l'orets

313 Passer le reste de sa Vie , En Proye à la Mélancolie.

Le Jour de la Nopce estant pris , Il sort matin de son Logis , En un habit qui le d^ise ,

310 Et s'en va toin droit ft l'Eauss , Où le désolé Cavalier Se cache derrière un Pilier Qui regarde sur la Chapelle Où l'on doit marier la Belle.

" 5 Tout estojt prest & le Pastbdr , Très passablement Orateur Et sçavant dedans nôtre Langue , Ayant achevé sa Haran^e , Alloit dire ces deux grands mots ,

ijo Mots terribles : « Conionoo Vos , » Quand un beau Gakçon, dont lamine Parressoit neantmolns chagrine , Se glissant parmi les Parans Qui s'estoyent mis aux premiers

[Rangs,

ajjTout auprès de l'Epoux s'approche Et tire un Poignard de sa Poche , Criant . avec un ton de voix Languissant & fier & la fois : [famé, « Ah I Traistre , ah I Suborneur in-

140 » Tu veux donc prendre une autre

[Femme

» Et , te moquant de ton Sermefit .

> Tu ris aussi de mon Tourment I

> Cruel , puis qu'un Torrent de lar-

[mes

» Et le peu que j'avois de Charmes

14J » N'ont pû pour moy toucher ton

[Cœur,

' » Il faut que ce Poignard vangeur

» Te le touche ; il fout qu'il le perce

» Et tout ton Sang criminel verse I »

A ces motz , il levé les Bras

Car soudain il tombe en fiéUesae.

Sçavoir si ce fiit de tendresse , Ou si cela vinst de l'effort Qu'il avoit fait dans ce transport,

155 En bonne foy, cela me passe.

Quoy qu'il en soit , chacun s'amasse Et l'on void bien , à la foçon Dont parie le jeune Garçon , Que c est une Faut abusée ,

)te En Habit d'Homme déguisée.

Le désespéra Ligdamant, De Causti l'ancien Amant , Voyant de loin le Fer qui brille , Croid que c'est à. l'aimable Fille ,

165 Le cher Objet de son amour A qui l'on veut ravir le Jour, Et, quoy qu'il n'ait plus d'esperan- Accourt en baste à sa défence. [ce. Le Père en est touché si fort

37" Que , tout le bruit passé d'^rd , Lui serrant de ses Bras la Teste :

« Je sçai , dit-41 , l'amour honneste » Dont pour ma F"" vous briïlei , » Et dés demain , si vous voulez ,

175 > J'offre de vous fiùre mon Gemoke ,

» Car aussi Uen , jamùs Liurou ,

» Puis (^u'H a pu manquer de Foy,

» Ne doit rien espérer de moy. »

LisDAMANT en a joye extrême ,

iSo Causte en fait voir tout de mifime ,

Et l'on prend jour au Lendemain

Pour leur foire donner la main.

D'ailleurs l'Amante travestie ;

Laquelle estoit évanouie ,

>Sj Ouvre enfin ses Yeux doucement , Et sa Langue , au même moment , Recommance à chanter injure A son Infidèle & Parjure.

Léandre , confus , lui répond :

*9o € J'en ay la honte sur le fi^nt » Et le repentir dedans l'ame ; » Oubhons tout, soyez ma Femme. »

Elle qui l'aimoit tendrement S'y résout très-facilement ,

)95 Et consent que leur Hyxén^b Soit pour la suivante Journée , Ce qui se fit selon les VcBUX De ces deux Paires d'Amoureux.

ajoVeut fraper, mais ne le peut pas ,

Ces Vers sont naiz cinq jours après la Sainte Luce, )oo Où l'on dit qu'ils sont crûs du grand Sault d'une Puce.

j4 P»rit, Cit^f- U'fui, ruiitUHarpt, anx tttii Rni. Avtt PriviUt* dn Keji-

(BibliXh. ut., U>,». Réf. — BlblioUi. Miarinc,396. A>. — Bibliotb.derAnniil. 8. L. 11801. — Biblioth. de M. )« bvon Jmw* d« Rathicliild.)

LA MUSE DE LA COUR

• ^ [Par PERDOU u SUBLtOMY.]

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