‹ Les continuateurs de LoretChapitre 118 sur 217 · XXXI. SEMAINE · texte numérisé non relu

XXXI. SEMAINE

Du Vendredy vîagt-quatriesme Décembre 1666.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Lea Parisiens riïjouis ^

Jurent tout haut . cène semaine , Que , vers les Rots prochains , nous reverrotu Lovia, Nostre charmant Dauphin & nostre belle Retnb. f Le désir que j'ay de vous voir

M'en foit prendre aussi quelque espoir Qui me rend A demy la vie ; Mais , si vous 7 manquez , jamais je ne m'y fie.

Le RoY vint voir, hier, si le Louvre estoit &it . 10 Et s'il pouvoit servir ft son Royal usage ;

Il l'a trouvé , dit-on , magnifique & parfait : Venez-y donc , Seigneuh , sans tarder davantage.

Comment se porte , s'il vous plaiat , ' L'illustre Mamam Marescralls.

\f J'inty voir, ces jours-cy, dans quel estât elle est.

Si toujours sa bonté pour mes teux est égale.

Et prendre le jour avec vous Qu'il TOUS plaira , Sbionsox , devenir mon Espous.

Commençons cependant nos discours ordinaires. M Les AnaUHS ont bien des affaires ;

Six cens Escossois révoltez , Sans qu'on sçache ce qui les arme , Courent ^dit-on , de tous costez Et par tout font sonner l'allarme.

S) Leur Monarque , d'ailleurs , &rit aux Hollanoois ,

Sous le cachet des Suédois ,

MéIi l'il n'y comprend rien, Siiohsur n; ma; f DM plw.

On dit que U Rot d'ANOLtriHi aj  Or Mk pooT rAnoLOi* •« !• fliu «t nfloi ; | A fdt Mcrin iiu Kqliahdou.

57$ loi. — Du 34. Decembft 1666 (Subuomt).

Les moyens de finir la guerre.

On dit qu'on s'en ennuyé enfin dans l'AKOLETtitu , Que l'on fera la pais bien tost , sans contredit . *a Et que sur ce sujet une Lettre est pressante ;

Mais la caution est méchante , Quand c'est Monsieur On qui le dit.

MoNsiKOK ConKTm revient en Funcb , Pour aller la seconde fois , 15 Dit le mesme On encor, traitter avec l'AMOLOts :

En ce cas , à la Paix je verrois apparence.

Qu'on la fasse , Ssismint , ou qu'en n'en finie Les EsTATS sont tout prests à se deffendre bien ;

Et déjà , depuis trois semaines , .

Trente-4ii Vaisseaux neu& que l'on a &it bastir

Ont trente-six vieux Cafntaiaes ,

Qu'on ne verra pMnt démentir.

L'cHi arresta, dit-on > la semaîaeiderniere , Prés de la Charité , leur charmante Bcmbel ,

A quatre pas de ion Hostel. ,

Je veux vous conter la manière

Dont elle prit ce traittement :

Ce fut , SsioMEui , fart plaisamment.

Pendant qu'on luy crioit : « la bodrsb I » avs

Et que tout son monde trembloit.

L'aimable fille cajollott

Ses trois voleurs de bonne grâce.

Vous attendez que , sans rumeur.

Enfin cette belle personne Leur donna son argent de cet air cajoleur? Tout de mesme . Daopbin , qu'elle donne son coeur.

Quand il semble qu'ule le donne.

Un Laquais courut au Logis

Pour en donner vïste l'avis , Et , dans le mesme temps , L'AmASSABBim son Père Fit sortir tous ses gens contre ces trois Filous ,

Qu'ils rouèrent de mille cous.

Encor sont-ils heureux que , dans ce sort contraire. Le plaiûr d'avoir eu son entretien charmant Leur coûte une douleur ai foiblc & si légère.

Un innocent & tres-honneste Amant En a tnen quelquefins le trépas pour salaire.

18 C* MTl mnqiu éMS A.

48 jf Ce fut UMt pliiummcat.

)£ A Tout comme élit donne >an ctenr.

jM7 A Un Anunt , de ion enlrWien,

Qjii piroiit tout remplir de ih«n Ne remporte que dei illirmej, Q)ii fort lOBTeat ne **llcnt rien

Et cet banneitn teoi, de •> c*)oIlitlt, Qpi icmbloit k lttlr|T4 Inir devoir tMt daew N'eunBtriMqiudiÉeiwpi. ponct hmc far»

Dont ceiu de u miiion le* norcnt Htrtiaer. LAfsqac le Rot le K«it il en tilt «a cëkit ; Miii I ocU, SnoNiuR. que hir« F

.yGOQl^lC

«M. — Ou 24. Décembre 1666 (SuBuâNY). 578

Oo D'aToîtpas dans les Faux-bobbs

Encore mis de Corps de Garde

Et dans la Ville on n'auroit garde

De venir faire de ces tours.

Toutefois , MoNSKiGHEux , c'est une étrange chose ;

Malgré le Chevallier du Guet .

Qui peut seul mettre par effet

La Police qu'on se propose ,

Les Filous sont de fines ^ens ,

Qui trompent les plus diligens ;

Et, dequoy que le Guet se flatte.

Des gens , ce dernier soir, furent dévalisez

Par quatre voleurs , déguisez

En enfans du bon H)fpocrate.

Il e«t vra^ qu'on les prit, mais quelle invention

Pour faire une indigne action I

Ma surprise en est sans seconde.

Sans doute , Prince, ces ^os fins

Ont pensé que les Medecms PouToient en asseurance assassiner le monde.

A ce propos d'assassiner.

On m'a dit une étrange histoire , Et je ne sçay , Sbignbcr , si vous la pourrez croire , Parce qu'on ne la peut qu'A peine imaginer.

Un Père, chargé de famille ,

Voulut pistoler une fille

Qu'il avoit de son premier Lit , En faveur des enfants d'un second mariage:

Et ce paricide maudit

En auroit assouvy sa rage Si le Ciel, ennemy d'un semblable forfait , N'en eut point em[>esché l'épouventable effet. La Forest d'Orléans fut le témoin du crime : Ce fut U qu'il mena cette pauvre victime , Qui ne craignoit rien moins qu'un monstre si nouveau. Et que son Père pust devenir son bourreau.

Quand, sous couleur de compagnie , Ce tigre l'eut conduite au plus secret du bois : « Ce n'est PontT poor ceu qu'en ces ubux tu us vois , » Ma fille, c'est, > dit-il, « pour t'arr&chek la. vie 1 > On dit qu'il y joignit un petit compliment

Et quelque amitié paternelle

Pour qu elle te prit moins crûment ;

Mais, charmant DAupiim , bagatelle!

Jamais à civilité telle

On ne fit un remerdment.

}l A Toulefoi* , voyci-voiu.

7S-79 vf Cci dtmicn leira, mm qu'on *e flitl Do gtat titttat dcvdUci.

byGoQl^lc

$79 *03- ~ Du S4. Décembre 1666 (Sdbughv).

La pauvrette fut obligée ■■} De se préparer à la mort.

Tant qu'enËn, se voyant maaquée.

Elle fît pour sa vie un vigoureux efTort, Alla prendre aux arçous du cheval de son Père

Va pistolet qui luy restoit "o Et, comme à redoubler le cruel s'apprestoit,

Ellc-mesme tua ce tygre sanguinaire.

Elle se mit aussi d'etle-mesme en prison Et Messieurs d'Orléans jugeront cette affaire. Qu'en dites- vous , Seigneur ? je tiens qu'elle eut raison ■*t Et, quor que le Juge décide

CXi veuille dire de cela ,

Selon mon sentiment, c'est U

Faire sans crime un Parricide.

Le Marquis de Soukius est mort.

Qu'il a vescu , Dauphin , dans un glorieux sort ! C'est faire , à mon avis, ses louange* eatierec Que dire, sans chercher des termes plus exquis..

Que ce vieux Sl riche Makquis Estoit homme de bien de toutes le* manières.

On dit que le Marquis d'Alluy A d'ORLÉANS la Survivance ; Entre nous, mon Prince , je pçnM Qu'on n'en pouvoit trouver de plus digne que luy

Dites-moy, je vous en supplie 1

Si le Duc os Bbad-Fort est icy d« retour. On m'a dit aujourd'huy qu'il eatoit à la Cour Et qu'on en ressentoit une joye accomplie.

S'il est bien vray qu'il soit icy,

Je veux m'en rejouir aussi Et le complimenter avec toute la Fkance. Croiriez-vous que j'en sçay que ce Doc dk Beau-Fort Remplit , par son retour, d'une telle espérance

Qu on ne voudroit pas estre mort ?

Un petit Princs , qui se nomme

Le beau CusvAUEit se Vendoiuie, Croit que rien ne peut plus l'empescher départir Pour aller avec luy sur la Flotte de France. Lors que cet Amiral , au Prin-temps qui s'avance , Retournera dans Brbsx pour la faire sortir.

laoïf Et comme ■ redoubler enci

ia6if D'un (Bcident conm* ctli.

IJ) jt Qfie ce vieui & funeui Man] 148^ Qu'il ne vaudrait.

it df)i pnti à partir

Qutnd , lu Priotcmp* prediiiii

ao3. — Du 34. Décembre 1666 (Sublignt].

Avez-vous sceu la repartie Que fit ce îeuae Prince au Roy, Lors qu'il \uj demandoit à qucy Il pretendoit passer sa vie ?

« Envoyez-moi suk Mek, » dit-il, « avec vos gbks, * Et pouk l'Esté prochain aqaéez mon sebvkb; » Et comme ce qkand Roy l'eut remis à deux ans : < Faites-moy , > reprit-il , < un fed plus de justice ;

» Vous LE VOUDREZ LORS SANS EFFET i

» Et les autres auront tout fait. »

Je souhaite , Seigneur , plus qu'on ne le peut croire.

Qu'il ait bien tost de beaux emplois ;

Ce sera, je croy, cette fois Qu'il me pourra venir de beaux sujets d'Histoire.

Je ne sçay quel bruit court du Comte de Qdelus , Que l'on croit tout d'abord & puis qu'on ne croit plus. On veut (^u'on l'ait sauvé des mains des Mousquetaires

Qui le conduisoïent aux grands Jours.

Mais ce sont de grandes affaires :

J'en croy d'autsnt moins ces discours Qu'il faudroit, pour uo coup de cène force extrême. Qu'un mortel eut osé se jouer au Roy même.

Hé Dieu I quand je lis quelquefois

Les Annalles de Hsnri trois.

Où l'un de ces Quelus meurt tout couvert de gloire , Au retour d'un Duel entrepris pour son Roy ,

O fortune I dis-je , ô Histoire, Combien differes-tu de tout ce que je voy 1

Adieu ; je a'ay plus de Nouvelles .

Du moins que j estime assez belles ,

1 itt jI Q)>'il flt SM immittt jour* ui Rov.

QyileAiioitiedefficr

16a /f < Ah 1 Mrres moi. > dit il.

One MoHMtUK Dl QUILUI K pOt juAffln-,

l&s ^ Jï K.uh.ile . m. fty. | L. Cour ?

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