‹ Les continuateurs de LoretChapitre 122 sur 217 · L'HERMITE · texte numérisé non relu

L'HERMITE

Un de ces vagabonds Hermites

210 Qui font si bien les Charemites Et passent l'Espîégle en bons tours.

Estant venu tes derniers jours Prés cette Ville , en un Village Où l'on festcHt le Patronage ,

1*5 Et sçachant que chez le Ctnté Tout éMit<lei mieux préparé Pour traiter bonne Compagnie .

Au bout de la Cérémonie , Se ptopOÈB tres-lHen & beau

'}" De prendre sa part au Cadeau Et d'en tirer ou Pied ou Aile Par une ruse assez nouvelle.

Chacun étant lors au Sermon Que falsoit donc du Saint Patron

335 Un CoRDBLiBR ambulatoire, Qu'admiroit son bel Auditoire , Celuy-ci va chez le Pasteur En guise du Prédicateur, Et dit au Valet qu'il rencontre

94» Que tout à l'instant il luy montre L'endroit où Monsieur le Curé Loge son Cidre & son Poiré , Pour rafraîchir un peu sa langue Toute sèche de sa Harangue.

M5 Le Valet , sotement séduit , Prend un grand Pot ; il le conduit.

Luy, qui de saints Propos le berce .

A^ant tasté du Cidre en Perce , Dit qu'on voit bien à la Couleur

«50 Que ce n'est pas lA le meilleur, Et , pour exécuter sa pièce , Il vous en perce une autre Piétt.

ao5. — Du g. Jan-Aw

Mail , 8Î-tfit qu'il eu a goûté , Faisant encor le d^oûté , >53 Branle la Teste , crache , tousse Et luy fait mettre au trou le poulce , Tandis que , d'une habile main , Il perce le Tonneau voisin Et vous en tire Tasse pleine .

*6oDont il rafraîchit sa Bedaine.

En suite , tenant le Foret :

< Ah I je n'ay point fait de fosset , > Ce dit le franc Fourbe d'Hermite :

< Mettez-l6 l'autre poulce vite , *^i » Et j'en vais faire promtement. »

Mais , au lieu de ce , prestement 11 emporte le Poulet d'Inde Qu'on destinoit à faire Brinde , Avec l'Edanche , l'Alwau 370 Et mêmes jusques au Gâteau , Sans rien laisser pour le Convive.

Alors le vray Prescheur arrive , Qui fortement entend crier

1667 [RoBinr]. 608

Le Valet du fonds du Cellier ; Il y court & le pauvre Hère , Ne démêlant pas le bon Pire D'avec celuj qui l'a duppé.

Pour être trop préoccupé , L'apostrophe avec mainte injure.

L'autre , le voyant en posture Fort plaisante k s'imaginer.

N'a pas de peine A deviner Que c'est le Tour d'un faux Hermite Et luy fait des Fossets bien vite , Tandis oue le puivre Garçon Luy dit la Pièce tout du long.

Là-dessus, la Grand'Messe dite, Le Curé s'en revient au Gite , Avec ceux qu'il a semoaoea , Lesquels sont tous moult étonnes De voir, par le Fil de l'Histoire , Qu'on leur a laissé dequoy boire .

Mais qu'ils sortiront de Léans Sans nul besoin de Cure-dents.

Madame , c'est assez écrire ; Je m'en vais clorre mon Cornet, Car, si je vous faisois trop lire , On pourroit m'appeller un plaisant Robyset.

Je fis ceci deux jours après l'Epiphanie , Où l'on fait des Gâteaux la bachique barmonic

.1 Paru, Cht^ F. MupiÈt, nu di ta Harpt, dH trait Rfii. Avtt PritHig* Ju Ksf.

(Bibliotb. ut., Le', 11. Ré*. — BiUioth. Muarinc, syi, — Bibliath. it l'Anentl, B. L. iiBoi.

— Bibliath. de M. 1« biron Jimca àt KothMbild )

.yGOQl^lC

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pau Cii««li* ROBINET.]

Du i6. Janvier 1667.

Que le Froid rigoureux change les Eaux en Marbres, Qu'il fasse des Jardins mourir les tendres Fleurs, Que de Feuillages verds il dépouille les Arbres Et que du Dieu du Jour il glace les Chaleurs ; Que même , s'il se peut , il éteigne les Fiâmes Que le fils de Cypris allume dans les Ames , Et qu'au Centre du Cceur il gèle les Soupirs , Son austère rigueur sur mon Devoir est vaine : Il faut que pour Madame il cède k mes Désirs Et qu'elle ait malgré luy les Tributs de ma Veine.

Si . dans ma Lettre prétérite , On a leu que le Moscovite Préféroit aux douteux Explois La Paix avec le Polonois ,

■ï C'est, Lecteur, qu'on a, par méprise, Une Rime pour l'autre prise.

En laissant passer Polonois En la place de Sc^dois; Et, comme Historien fidèle,

10 Pour la vérité plein de zélé , Je veux bien vous en avertir.

Car, pour ne vous en point mentir, A peine croit-on qu'une Trévk, Quelle qu'elle soit, longue ou brève,

*i Se puiise faire à cette fois Entre le Peuple Polonois Et ce finet de Moscovite, Qui ne va vraiment pas si vîte .

Croyant, comme aiUeurs je l'ay dit,

joTirer un notable Profit De cette intestine Bellone Qui trouble encor cette ConitoNNE.

Sa Diirs, hélasl rien ne produit Que du grabuge & que du bruit 35 Après des Jours plus de Trentaine, Et l'ui croit, pour chose certaine ,

Qu'elle pourra se terminer

Sans qu on voye par là borner

Les tristes Mal-beurs du Sariu»trk, i

V Qui du repos plus ne se fiate.

Les Mutins , reprenans l'essor.

Vont réveiller le Cbat qui dort Et tâchent d'échaufer TArmék, Qui tant soit peu s'étoit calmée,

4S Pour la faire rentrer, dit-on .

Dans la Conv£d£ration.

Ainsi vainement l'on besogne A pacifier la Pologne, Et c'est , sans aucune vertu ,

5° Ressembler au Cognk-Fétu.

Le SnâDois , trouvant aux Aambi Tous ses plaisirs & tous aa charmes, Comme Amateur des beaux Explois, Est demeuré sous le Hamois ,

55 Depuis son grand Blocus de Bkrhb, Et les Nouvelles disent mSme Que son Conétable Vrangel , Qui ne craint ni Gel ni Dégel , A receu ordre en bonne forme

^ De ne faire aucune Réforme Des preux & des hardis Soimuts 46 M.

.yGoQi^lc

2o6. — Du i6. Janvier 1667 (Rounkt;.

Qui sont dessous ses Etendars.

On doit , dans la Pohékànib .

Quand la Bise sera finie, <5 En faire aussi d'autres passer.

Ce qui fait justement penser Qu'ils ont quelque dessein de Guerre.

Soit sur la Mer, soit sur la Terre.

Apres les Devoirs Nuttiaiix

70 Des deux Conjoints Ikpéruux Et maintes agréables Joutes Dont les Amours , lors aux écoutes.

Ont fait un Récit curieux Qui se d^ite en divers Lieux,

7ïL'E»iPKREUR. n'ayant pour visée Que de plaire fl son Epousée , Divertit ses rares Appas Par toutes les sortes d'Ebas, Y compris celuy de la Chasse ,

B0O& le susdit beau Sire Ignace A fait expirer, à ses veux , Plusieurs Sangliers turieux , [vres Des Cerfs, des Dains, Perdrix &Lié- Et d'autres Animaux tres-miévres ,

'ï Qui tous ressentirent à lors Les ardans & pressans transpors De sa Flâme préliminaire , Qui fut, cette , un peu sanguinaire.

Les EsTATS seront à Presbouro 9° Au mois de Mars le premier jour.

Pour couronner selon les Reigles Cette Souveraine des Aigles Rbyne de Hongrie ; après (}Uoi, On la doit, en tres-bel arroi , 9i Couronner Revne de Bohême ; Et puis, par un Honneur suprême Et par un glorieux Destin, Elle ira se parer enfin

De riKPéRIALE CoURONME

"^ En la Ville de Ratisbonne. [Chefs . Les Dieux , sous ses trois Couvre-

Gardent son Chef de tous méchefs !

Il n'est Reyne , Déesse ou Fée ,

Qui puisse mieux être Coëffée.

■05 Mais de l'Impérial Séjour,

Passons un peu dans nôtre Cour.

L'Auguste & charmante Accou-

Encor dans son beau Lit couchée , S'y porte à ravir, Dieu-merci,

■oEt son aimable Infaktk aussi .

Prés de qui, par un heur extrême, Iris, ou bien la Vertu même, i*^ Occupe un Poste glorieux, Dont je suis tout-à-fait joyeux ,

■}Car, sans pousser ici pour Elle Trop loin les marques de mon zélé.

Elle mérite, en vérité, ■ Une illustre Prospérité.

Le jourdes Rots, nôtre Grand Sms, laoQu'on craint, qu'on aîme & qu'on [admire.

Traita les Beaotez de la Cour, A son Versaiixe, vrai Séjoor Des Ris , des Amours & des Graos.

On y veid aux premières Places , '^5 Ainsi que de raison, Monsieur ' Et le digne Ousr de son Cceur, Dont l'on mevoîdlegrandNoH mettre A chaque mienne Èpître en Mëtke.

Je ne décris point ce Banquet, ■30 Car, avecque tout mon Caquet , Je ne vous traceroïs qu'une Ombre Du bel Ordre & merveilleux nombre De frians Mets qu'on y servit.

Mais , vous disant ce que j'ay dit :

'35 Que c'estoit nôtre Auguste Sire Qui trsitoit. N'est-ce pas tout direï

Les deux Altesses du HAUT-RAHfi, Purs Rejettons du Royal Sang , Ou les deux Altesses Royales ,

'4oL'une envers l'autre si loyales, Ayans été cinq jours Ici , Pour faire la fieue au Souci En ce Temps de Réjouissances , De Balets, de Momons, de Dances,

Mï Ont , avec les Ris & les Jeux , Masqué, je pense , un soir ou deux, Etans bourgeoisement vêtues .

Afin d'être mieux inconnues.

Les Seigneurs qui les escortojrent

ijoSous divers Habita se cachoyent.

.Cîoo'^lc

Représcntans , entr'autres choses .

Dep aisans Avocats sans Causes.

Trois aussi des Filles D'Homnin, Contre qui ne tient aucun Coeur,

■555einbloyent, sous pareille Soutane, De ces mêmes Gens à Chicane , Mais avec lesquels on perdroit Cent & cent fois le meilleur Droit; Et leur charmante Cahakade,

'60 Qui le Franc-Arbijre dégrade , Avoit pris les simples Habis D'une Gardeuse Je Brebis.

Or cette Troupe bigarrée , Très-importante & peu parée ,

■6$ Alla faire montre A l'Hôtel De la belle de Forcadkl , Ci-devant Fille de Madame , Et, depuis fort peu de temps, Fetn- Oû se tenoit un Bal ouven, [me,

170 Avec un excellent Concert.

Merci^i , ma grande Patrons , Qu'une pleine Gloire environne , Le donna dedans son Palais , Où lors ses merveilleux Attraîs

'7^ Auroyent fait éclipser de honte Ceux de la Rbyne d'AïuTONTE.

Monsieur, sous un brillant AtouF, Plus aimable aussi que l'Amour Qui dedans ses yeux étincelle,

'^Commança la Danse avec Elle, Et ce Couple si plein d'appas Faisoit si bien quadrer ses "Pas , Qu'on y conessoit la Justesse DesCaurs derune&.rautreALTEssE.

'>5 Monsieur le Duc , tout éclatant , Apres eux , en les imitant ,

Y mena sa belle Consorts Tout A fait de galante sorte ; Puis , chacun slissant à son tour,

'90 Plus de la Moitié de la Cour , Et dont étoit tout le beau Sexe ,

Y fit des Pas de toute espèce , Lesquels marquoyent en maints en- La souplesse de leurs Jarets. [drets,

'95 Quantité de Trodpks de Masques, • Mais Gens Saees & non fantasques , Apportèrent îUec leurs nez , La plus part drôlement tournez.

Au reste , ce Bal d'importance 100 Oti l'on veid si belle Assistance , Fut assaisonné . c'est le bon ,

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