‹ Les continuateurs de LoretChapitre 125 sur 217 · nit., Le*, 11. Ré*. — Bftlioth. Mâarine · texte numérisé non relu

nit., Le*, 11. Ré*. — Bftlioth. Mâarine

— Biblioth. de l'Anenil , B. L. 1 1803.

- Biblioth. de M. la bon» Jum

.yGOQl^lC

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Charli* ROBINET.] Du 33. Janiicr 1667.

Quand Dimanche approche , je doit Agir de l'Esprit & des Doigts Pour faire une Lettre à Madame.

Appliquons-nous donc à ce soin , Et vous , Clion , dont j'ay besoin , Venez transmettre en moy vôtre Historique Flame.

Ab I j'ay d^ja ce que je veux ,

Et vous répondez à mes Voeux

Aussi-tôt que je vous reclame.

Mais je vais rimer prestement

Sans vous en faire Compliment , Car , 6 chère Clion , c'est pour plaire à Madame , Et, si pour Elle encor j'invo<^uois vos huit Sœurs , Elles me répandroyeot à l'envi leurs Faveurs.

■5 .Parmi les Troupes joviales Qui chez tes Altssbks Rotalbs Furent en Masques à leur Bal , Qui ne peut ^ére avoir d'égal .

A bon droit , |e me l'imagine ,

10 Parut la Dcchésss poupine Que l'on nomme Mazabini , Objet de maints Attrais munis Et qui pourroit Uen, ce me semble, Avec tant de Charmes ensemble ,

>} Rendre heureuxMoNsiBua son Epons, Si le Sort , de son heur jaloux , N'alteroit sa Santé sans cesse , Car ce Dnc rempU de Sagesse A d'ailleurs , ai Seigneur en a ,

)o Provision de Mahhona.

Dieu veuille donc , je l'en conjure , Lui rendre une Santé qui dure Et , par là , remplir les Souhais Que sur ce Point j'ay déjà fais.

H Mais , fermans cette Parenthèse , Retournoos vite k nôtre Thèse.

Avecque cet Objet charmant , Sous un gaillard Déguisement - Etoit cette autre Auzonsnnr

40 (Et c'est à dire Italienne) , Sa Soeur , qui Mauane a nom , Dont l'Espnt & le Corps mignon , La bonne Grâce & la Sagesse La rendent si digne Duchesse ,

4ï Et, pour en faire tout le Plan ,

Epouse du Grand Chambellan u.ieDi

Qui de GoDEFBOY résuscite Bo^ac

En lui le Cœur & le Mérite.

Le PaiNCB aussi de Mkklkboubo , ^^^

$0 Fort estimé dans nôtre Cour, Et la Princsssk sa Consorts , Laquelle a toujours pour Escorte, Les Grâces , les Ris & les Jeux Et le plus beau de tous les Dieux ,

ï5 Y furent en riche Equipage, Et mêmes eurent l'avantage D'être parmi tous reconus Au grand air dont ils sont pourvus.

i-sir

X07- — Du 33. Janvier 1667 {Robihkt).

Aus« , dit-on en haute game , 60 Que la belle & brillante Dahs Soùtenoit des mieux le beau Rang Qu'à présent par tout Elle prend, Par 1 ordre du Roy , de Pkincsssk , luH Comme chez sa Royai^ Altesse 6; Elle avait fait depuis deux Jours , Sans affecter qu'un grand Concours Fût lors le Témoin de sa f^loire ; Car on m'a dit, j'en ay mémoire.

Que le Cekcle (Etoit au déclin 70 Et beaucoup plus vuide que plein Quand Elle alla prendre sa Chaise, N'étant plus âére ni plus aise De cet Honneur qu'on lui rendoit Que d'une chose qu'on lui doit.

7j Le Soir m{me , cette Princesse , Qui fut de Chatillon Duchesse , Courut pareillement , dit-on , Avec son Epous , le Mohon Et fut en un beau Bal de Ville,

80 Dans nfitre aimable & riante Ile , Au logis des fameux Sainctots , Où, pour tout dire en peu de mots , Une Beaitt^ de leur Famille, Beauté laquelle beaucoup brille,

8j Qu'on nomme Madame de Dkeux , Bien digne d'Hommage amoureux , Etoitdes Pas la Souveraine, 'Ou du Bal l'admirable Reyke.

Aussi s'y fit-il un Concours

90 Tel qu'aux beanxJours l'on void aux

[COOHS ,

Et je pourroia encor plus dire , [re. Sans qu'en Faux l'on pût s'en inscri- Que 1 on y courut comme au Feu, Car le Soar , souvent Trouble Jeu ,

95 Par là voulut que I'Assahblée ■Dans ses Plaisirs se veit troublée.

Mais, presques en un Tourne main.

On éteignit ce Feu malin , Et, si l'on cpa davantage r

■m < Au Feu , au Feu , > ce fut, je gage. Celui que Madame de Dkeqx Allumoit aux Cœurs par ses yeux.

Au reste , Moksikdk & Madame Qu'unit une si noble Flams , 10J Cachans leurs beaux Individus Dessous des Atours de bibus ,

Honorèrent de leur Présence Le susdit Bal de conséquence , Et pareillement, le Jeudt

1 10 (C'est le précédant que je dy) , Furent chez ce Foudre de Guerre , Le grand la Ferté-Sénetexrb , Lequel , en Monel r' adouci , Donnoit chez lui grand Bal aussi

1 15 Et souffroit (6 quelle merveille I) Des Violons à son Oreille , Lui qui n'écoute volontiers Que les Instrumens meurtriers [ne, "Pai qui , dans les Champs de Bello-

>>o S'explique la Parque Félonne.

Mais ne voua en étonnez pas :

C'est le doux Effet des Appas De sa Moitié, charmante & sage , Qui mitigé ainsi son Courage ;

■*) Et c'est ainsi que Monsieur Mars , Chef de tous les belliqueux Gars , Parfit tout rempli de Tendresse Aux Pieds de la belle Déesse Qui mit au Jour le petit Dieu

'3° Qui dans tous les Cceurs met le Feu.

On compte , de cette Semaine , D'autres Bals plus d'une Vintaine Donnez avec Solemnité Dans la Parisienne Cité , 1^5 Et plus de cent Fredons de Masques Qui. sans commettre nules frasques, S'y sont trouvez soQs divers Noms Et des Habits des plus bouffons.

La Coca, à Saint Germain en Latb, i4i>0tise rencontre mainte Laye, Se divertit semblablement , Tout à fait agréablement , Et l'excellent Balet des MuzBS , Qui vraiment ne sont plus camuset M5 Depuis que , de belle hauteur, Louis se dit leur Protecteur , Coudent tant de choses plaisantes Et (}ui sont si satisfaisantes Qu'il vaut seul , par ces Agrémens ■50 Lies autres Divertîssemens.

A propos de Réjoi De Cadeaux , de Momons, de Dao- Cloton aussi ne fait pas mal , [ces ,

De son coMé . le Cuinavu, ,

i»Et l'on danse en toutes Contre Son grand Balet, d'autant d'Eimtéss Qu'il est de Mortels &. d'Emplois Sans excepter Papes ni Roys , De cette Loy dure & griéve.

(^UJJ# L'Arbâ de SuNTE Geneviève .

N'aguére s'acquica des Pas Qu'on fait au Branle du Trépas ; Le Grand Prieur de Franck encore, Que pour ses Vertus l'on honore

■ 65 Dans le Tk»k,b &. partout Ici , A fait la même chose aussi ; Et Machadt, qui dans I'Intsmdance, En servant I'Estat d'importance , A fait raccourcir tant de Gens ,

170 Vient de faire à quatre-vins(t-ans Pareille Danse que les autres.

Dites pour eux vos Patenôtres , Et pensez . ô pauvres Mondains .

Que vous serez des Baladins ,

i7}T6t ou tard, de Madame Parque Et que vous passerez la Barque.

Vous v«nez eneor récemment D'apprendre , sur le MoNUMSin' De nôtre auguste Re\ne-Mérs ,

iBo Cette Vérité nene & claire.

Vous avez , 1 son Bout de l'An , Non sans pousser maint triste Elan, Oui les deux Discours Funèbres g^^^ Qu'ont fait deux Orateurs célèbres,

FAbM Qui vous ont appris de nouveau *• ''™*~ Qu'Anne d'AoTRicHE est au Tom - Et dire que la Destinée [beau ;

N'a pas cette Reyne épargnée , C'est un infaillible Argument

190 Que vous mourrez pareillement , Après des Ans une Trentaine, Ou peut-^tre une Quarantaine , Dont plus du Tiers ( 6 triste Sort ! j Se doit au Frérb de la Mort.

>9ï Mais , sans pousser cette Morale Qu'Ici , chemin faisant , j'étale.

Cet Article en forme mettons , Et succintement ajoutons Que Monsieur avecque Madame ,

300 Lors triste jusqu'au fonds de l'Ame, Mademoiselle avec sa Sœor, Si dignes d'un brillant honneur, Plusieurs autres d'illustre Titre , Et même force Gkns à Mytre

307, — Du ï3. Janner 1667 (Robmbt)- 6s

Se trouTérent à ces Discours Qui furent fais ces derniers jours

Avec de solemnels Services Et de célèbres Sacrthcbs , Tant ei I'Eglise Sjint Denys ,

10 Lieu du Tombeau des Roys des Lys, Qu'au beau Temple du Val de Gxack, Où tombe abondance de Grâce, Et dans celui de ces Nonains Qui seront ui Jour des Corps Saints,

'5 Sçavoir les Nonains Carmélites , Pleines de célestes mérites , Et que la Reyne asseurément Aime & protège tendrement.

Mais passons à d'autres Nouvelles.

"> De Pologne elles sont peu belles , Car la Diète, dan« son decours , De mal en pis va tous les Jours Et les Lqdohirscains font rage Pour grossir un nouvel Orage.

115 De I'Empirs on dit, pour ce coup, Qu'en certaine Chasse du Loup Pour divertir I'Impèratrice, Soit par raison ou par caprice.

Monsieur I'Ibébe & I'Allemant

1^ Se sont rossez terriblement , Et que I'Ambassadeux d'EsPAONE , S'étant voulu mettre en Campagne Pour la défence de ses Gens , Fut obligé malgré ses Dents

Uï De fuir en diligence grande , Craignant la Fureur Allemande , Et d aller décharj^er son coeur Dessus ce point à I'Empereur ; Mais que, n'y trouvant pas son [compte ,

14» Du moins ainsi qu'on le raconte , Ou pour mieux dire qu'on l'écrit , Il dépescba viste à Madrit Pour en informer la Régente , Qui d'ailleurs n'est pas trop contante,

145 Si certain Bruit qui par tout court Est véritable dans sa Cour.

Ce Bruit est , sans que je l'altère Et ni que j'en fasse un Mystère , Que le Vice-Rot du Pérou, ijo Fécond & riche Païs , d'où ,

Mardi,

Uer-rtij

'..ooglc

bJ

«07. — Du a3. JanTier 1667 (Roanotr).

Venoyent des Jaumets i I'Espaons

Pour les Frais de chaque Campagne,

A tourné Casaque & s'est mis

Du costé de ses Ennemis , i$5 Qui s'en regorgent dans leurs Fraises

Et sans nuldoute en sont bien aises.

Que dt-je? ils le sont a tel point

Que, si ce Bruit-là ne ment point,

Ih refusent, k la Pareille, aéo De prester à la Paix l'oreille

Et ne parlent déjà par tout

Que de pousser I'Éspasms à bout.

Voila, bref, comment l'on jargonne;

Mais rien je ne vous cautiomie , ><ï Et , sur ce Bruit un peu douteux ,

Je veux attendre le Boiteux.

Un autre Bruit encore trote , Mais seulement en basse note , Qu'avant que Floib & le Pwntemps

>7o De leurs Beautez parent les Champs, La Paix terminera la Gusrre Entre I'Holande & I'Anoleterse , Nous compris, cela s'entend bien , Car sans Nous îi ne se foit rien.

>7$ De tout mon coeur je le désire ,

Mais , comme je vient de le dire , Ce Bruii-U n'est rien qo'uD Bruit [aoDrd,

Et la Nouvelle hautement court Que. chaque Pakti se dispose ,

180 Apres cette Hyvernale Pose , A guerroyer sur Frais nouveaux , Apprétans pour ce maints Vaisseaux.

Et telle est leur impatience De se témoigner leur Vaillance ,

185 Que cinq NivnES Hollamuois En af&ontérent des Anglois , Par une Bravoure imprudente , A ce qu'on dit , au moins Soixante Qui revenoyent de Goi'ikmbuuxg ;

39° Lesquels aussi, pour trancher court. Se jouana dans cette Avanture , Firent de Trois soudain Capture Et donnèrent la Chasse à Deux , Mais qui , bien meilleurs VoiÛers [qu'eux,

195 De telle Chasse se moquèrent Et fort & propos esquivèrent.

Voila mes trois Costez remplis ; A son Atteste adieu je dis.

Du vingt & deux Janvier ; où, non pas sans Tristesse, ïoo Chacun veid que Paris redevenoit Ltmica

Par un sale Dégel qui nous Eaisoit crier Que la PoUce «ifin s'y venoît d'échouer.

1* Farit , Ck*^ F. Hmftt , m it la Harpe , au* (raû Km. Avte PrivUigt tla Kaf.

(BibliDtb. ut. Le'. 11. Réi. (EiMBplilr* incomplet''. -- Bîbliolh. Miurinc. 196. A^ — Biblioth. d« t'Araciul , B. L. 1 i8ai. — BiUieth. d* M. le baron Jinwo de RotKKhiM >

îdbvGoOgIc

LETTRE EN VERS A MADAME

[P«K Chailis ROBIHBT.]

Du 3o. Janvier 1667.

Voiu soQvient-il . Grande Princesee, De ce que dût d'Anjau , Marquii de tant d'Esprit,

Lors que vâtre charmante Altease

Lisoit mon p^uld^me Ecrit ?

Que sa peine étoit de comprendre

Qu'un Homme voulût entreprendre Un semblable Travail de huit jours en huit jours ? Il en jngeoit fort bien & très-juste est sa peine :

En effet , c'est un grand Discours De rimer trois cent Vers ainsi chaque Semaine.

Vous le voyez pourtant , Madame .

Je poursuis ce Travail depuis tantfit deux Ans ,

Et mesme avecque plus de Flfime

Que je n'eus dans mes Vers naissans.

Mais quoi i lors que l'on s'imagine

Qu'on écrit pour une Héroine Où l'on rencontre auUnt de grands Appas qu'en Vous, Je l'ay dit autresfbia dans un Préliminau'e ,

Le plus grand Travail semble doux.

Et l'on De pense plus qu'à l'honneur de lui plaire.

Je r'entre donc dans ma Carrière , Epris & transporté d'un honneur si charmant , Et de ma Muze Gazetiere C'est l'Appas , le Charme & l'Aimant, Mais l'ai-je . 'cet Honneur extr£me , Belle Altesse du Rang suprême , Et n je m'en flatois , seroit-<e point en vain ? Ah [ pardon , je ne sçai ce que je vous demande : Sans éclaircissement je reprends donc mon train Et je vais commancer ma petite Légende.

Le vingt-an du précédant Mois , La Difn en6n des Pou)nois., Diéte par trop infortunée , S« vdà sans suceez terminée

}j Par le Micmac des Factieux •

Qui des Troubles veulent chex-Eux Fomenter & nourrir le Germe.

Pourtant, d'une fafon n ferme

ao8. — Du 3o. Janvier 1667 (Rosikktj.

Et si pleine d'Autorité

40 La PoLONOiss Majesté , Tout-â-fait courageuse & sage .

Montra quel serolt le Domipage De ne lui pas redonner cours.

Qu'on la prolongea pour trois jours,

45 Malgré de certains Emissaires Qui, voulans brouiller les Adirés, Refusoyent leur consentement , Sous le prétexte d'un Serment Quederompre ils faisoyent scrupule.

3° Mais le Roy, sans long préambule, Leur ayant dît d'un accent doux :

a De ce Serment je vous absous , d Ils changèrent tous de langage Et , bref, donnèrent leur Sucrage.

» De joye on en fît des Banquets , Où plusieurs se firent Roquets , Beuvans alors , d'une ame quiète , A la santé de cette Diète ; Et neantmoins, Lecteur, hélas!

60 Plus saine icelle n'en fut pas , Car t la deuxième Journée La Chance se trouva tournée.

Elle aigrit si fort les humeurs Des Nonces , terribles Messieurs ,

^ Qu'ils grondèrent , qu'ils trépigné-

[rent,

Qu'ils jurèrent , qu'ils fulminèrent,

, Et se dirent des Mots si forts ,

Dedans leurs bilieux Transports ,

Qu'on eut peur que cette Boutade

70 Aboutis! à quelque gourmade.

Un sur tous des plus furibonds , Faisant de dépit divers bonds [siéte, Comme un homme en mauvaise As- Dist a l'autre qu'après la Diète

75 Ils pourroyent se voir autre-part.

Je ne sçai pas si le Gaillard , Qui paressoit tout flambant d'Ire , Par ces paroles vouloit dire Qu'ils pourroyent se voir sur le Pré,

80 Ou si c'estoit Jeu préparé Afin de rompre l'Assemblée ; Mais , d'icelle toute troublée , Le Menacé sortit soudain Sans retourner le lendemain ,

35 Si bien que la Diète fut crue Absolument par là rompue.

On a . dit-on , accommodé Et de tout point déjà vuidè La Noise , Querelle , ou Castille

90 De l'AiEBÀSSÀDEn de Castille

Et du COMTK KÉVSNHm.EB ,

Lequel fit sa Cane voler.

D'une façon un peu lusdque , Sur un ùen certain Domkstiqdb, 95 Lequel aussi , trop curieux, ' Vouloit entrer dedans les Lieux Où lors l'iMPâRATOR Ignace Prenoit le plaisir de la Chasse.

Or le CoETE . par le Tturrt ,

100 Dcvoit , avec sincérité

Et d'une manière authentique , S'excuser audit Domestique De ces Coups dont il eut l'hanneur D'estre en son endroit le Donneur,

■oj Déclarant , pour chose certaine .

Qu'il n'en auroit pas pris la peine S'il eût conû ce qu'il étoit.

Puis, comme hier on me le coatoit.

Ce Comte encor, par pénitence,

1 10 Nonobstant toute répentance , Devoit aller hors de la Cour Se promener un petit tour.

D'ailleurs , 1' Ambassadeur d'EsPA- Au susdit Comte d'Alemagne [an

1 1 s Devoit protester que ses Gens De cela se tiendroient contans , Sans aucune Dent ni Rancune .

Ni penser à Vengeance aucune , Et l'on devoit enfin encor

iio Défendre , sous peine de mort , De tourner cette Baterie Aucunement en raillerie Ni des Batus faire mépris -, A quoi volontiers je souscris.

115 Mais je dois ici me dédire De ce que l'on m'a fait écrire :

Que le VicEROY du Pérou , Par un tour d'Espiègle ou de Fou , Avoit , comme lin malin Cosaque ,

ijo Contre son Koy tourné Casaque.

Depuis, j'ay sceu de Gens d'Honneur Que ce n'est que le Gouveriieur De quatre Villes sur la Plats , Dont la claire Onde se dilate , ",

j; Par un cours prompt & diligent , w Sur un Ut de sable d Argent ; "r

Mais ce n'est pas un Avantage , ^ Et c'est toujours perte & dommage.

Suivant autre Avis de Maortt .

io8. — Du 3o. Janvier

>4oQue void tel qu'on noua l'écrit.

Toute l'EspACNB est allarmée , Non par quelque é&oyable Armée .

Quelque Déluge , Tremblement , F^sste. Famine, Embrasement,

■45 Ou telle autre triste Avanture .

Qui m€me éfraye en sa Peinture , Mais tout simplement , ce dit-on , Par le Son é. le Carillon D'une Cloche qui , d'elle-mSme

■50 Et sans nul humain stratagème.

S'est fait entendre par deux fois , L'un des jours de ce présent mois , D'abord seule . puis secondée D'une manière dégond ée

•a Par deux Camarades qu'elle a , Dans la Ville de Vatilla.

Or ce qui cause l'épouvante Elat que des Ans sont bien cinquante Que , ta première ainsi sonnant

'^ D'on ton tout i fait étonnant

Et comme quelque Voix des Asthes.

L'Espagne essuya maints desastres , Et qu'aujourd'buy qu'avec ces Deux Elle rend un son plus affreux ,

'^i On craint aussi qu'elle menace D'une extr'ordinaire Disgrâce.

Mais , le Cas soit ou noq certain , Le Présage [>eut être vain.

Le Carmaval dans la Savot^

'T'Se fait avec beaucoup de joye Et , par un Prélude si beau , Et si galant & si nouveau , Son Duc en a fait l'ouverture , Qu'il mérite , je vous assure ,

'7! Qu'on vous en donne en racourci Une légère Idée Ici.

C'estoît, sans qu'au Récit j'ajoâte.

Une délicieuse Jours De I'Amour & de la Vertu ,

iSoOti ce Nabot fier & testu ,

Sur un Char triomphant de Gloire Et tout bouffi de sa Victoire, Qui lui faisoit voir à ses pieds Maints Potentats humiliez ,

<8ï Défioit au Combat ceux & celles Dont à son Joug les Cœurs rebelles Lui voudroyent contester l'honneur D'estre rDNivBiisBL Vainqueur.

En ce Défi de conséquence,

'9«Se$ Seconds , Braves d'importance ,

1667 i'RoBnwr). 63o

Etoyënt toates les Passions , Qui des plus vaillans Champions Font tnen souvent dans ses Entraves De honteux & chetifs Esclaves.

Mais, d'une autre part, la Vertu, En dépit du Siècle tortu Où peu la Belle l'on contemple.

Sur un autre Char , dans son Teh- Parut . ayant à ses costez [ple

Les Grâces & d'autres Beactez , Sous des Atours Amazoniques , Avec des Dards , Lances & Piques , Et l'on ta veid si vaillamment Assaillir le beau Garnement , Qu'avecque toute -sa Séquelle Il en eut , bonne foy, dans l'aîle.

Mais , pour tout aire , la Vertu , Alors qu il en fut abatu , Parut avecque tant de Charmes Qu'il lui fallut rendre les Armes , Car enfin la Vertu pour lors Etoit logée en ce beau Corps Dont la Duchesse de Savote De son Epous comble la joye.

5 On se divertît chaque jour Aussi des mieux en nôtre Cour.

Mardi, dans le charmant Versau.- L'on fut encor faire gogailles. [les , Là , par le mouvement des Eaux

10 Qui coulent en divers Tuyaux , ' On entendit une belle Orgue Qui fait à toute autre la morgue.

Je pense aussi qu'on y balïa ; Que veut-on plus après cela ?

13 Les autres jours de la Semaine , Ainsi de Plaisirs toute pleine , On a des Muses le Baltt.

Mais ne croyez pas, s'il vous plaît, Que Louis . dedans ces Délices ,

o Laissa ses nobles Exeruces.

Comme Infatigable toujours.

Il fut encor, l'un de ces Jours , Voir ses Troupes , dans une Plaine, Les tenans sans cesse en haleine

J Et choisissant des Officiers - Qu'Û conêt frians de Lauriers Et propres aux pArrs militaires.

A la Teste des Mousquetaires i

Il a mis pour leur Lieutkmant

io8. — Du 3o. Janvier 1667 (Rounet,.

340 Un de ces Preux de maintmant , QueieSieurd'AxTAONAM l'on nomme, Auui qu'un autre galant Homme , De Cœur haut autant que de Corps, Ensbione en ses Gardbs dd Cokk ,

345 Et cet Officier plein de zélé En son nom Dimsi s'appelle.

D4Mt ■npannat prHBlir Cv(Wd* ft H 4or ta Ugami a» IContfMU.

Nom à la CouK auez semé Et par les Employs renommé.

Mais retournons à ndtre Sire , 350 Dont je dois deux mots encor dire.

Ce véritable Potentat, Voulant foire de son Estât Un Séjour de bonne Fortune Où plus rien ne nous importune ,

•55 Apres avoir porté ses soins Sur la pluspart de nos Besoins , Va détruire I'Hydre fatale ' Qui se retranche en un D<£dale De Formalitez & de Loix ,

**• C'est A dire , en meilleur François , Cette Chicamb monstrueuse A Procédure tortueuse Et capable de faire peur, Qui, l'acharnant sur le Plaideur,

*65 Dans ses longueurs ronge & mutile La pauvre Veuve & le Pupille.

O que ce charmant Cooxonn^ Est un vrai Lonia-DiEu-DoNNÊ I

Quand au Grakd PxikitkA deFiiN- 170 II est déjà hors de vacance , [es ,

Et le CoiDuifBECa de Sodvxat ..

De grand mérite , à dire vray.

Le remplit depuis la huitaine.

Le Ciel en santé l'y maintienoe, >75 Avecque l'heureux & beau court

De plus (le sept mil six cent jouis !

Déjà fort pleine est cette E[»*tre, Mais il faut encor un Chapitre.

Un grand Homme est mort depuis 180 Tout rempli de ce divin Fed [peu, Que l'EsPRrT SAwr met dans lu»

[Ahes.

Les sanctifiant par ses Fiâmes.

Son Nom est fameux dans Québec, Od l'on ne va point à pied sec :

38J II s'appelloît SiuoK le Motns , Religieux & non Chanoine, Et (ut de la SoaÉT£ Par qui I'Ekfer est surmonté , Qu'on appelle des J^ottes , *9^ Plus utiles que les Hermites , Evangâisans en tout lieu Le Nom & la Gloire de Dnu.

Un Célestin , bon Géographe ,

)S «nUr.]

Lui consacra cette Epttaphb :

Le Moyne gît Ici , qui par son Ministère Fit triompher la Foy dans des Païs affreux. Si des Moines pareils fbrmoient un Monastère , On pourroit le nommer le Ciel des Bien-heureux. Aux Climats des Démons il porta le Batéme ; Il veid cent fois la Mort sans avoir le Teint blfime , N'ayant que Dieu par tout pour Guide & pour Appui. Mourir en vrai Martyr fut sa plus forte envie ; Mais, ayant sur Xavier toujours réglé sa Vie, L'ordre du Ciel portoit qu'il mourroit comme lui.

\n Après ces Doctes Vers dont j'honore ma Lettre ,

Je vais viste le Date y mettre.

Je la fis , plus pleine qu'un ceuf , Au mois de Janvier le vingt-neuf.

A Para , Ou^ F. Uugutl , nt ir la Harpi . jh« Inâ Kiii. Àvtt PrimUp im Jt»».

(Biblioth. lut. , Le* , 11. Ri*. — Biblioth. Miurtnt . 196. A^. — . Biblioth. de M. I* biron iiMC* de Rntinchild.)

LA MUSE DAUPHINE

[Pa> PBRDOU db.SUBLIGNY.J

[Du Jeudy 3. Février 1667.]

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Quaod j'estois , l'An passé , la Muse de la Couk ,

Si l'Europe fut étonnée

Dç me voir prendre de l'amour , Que dira-t'oR , Seigneur , apprenant cette Année

Que c'est aujourd'huy l'heureux jour

De nôtre Royal Hymenée ?

Nos Poètes , accoutumée D'avoir k leur secours neuf sçavantes Pucelles Et qui ne peuvent rien s'ils ne sont animez Par ce nombre complet de Belles , Vont < je pense , faire un beau bruit Quand ils n'en verront plus que huit.

Et la médisance , féconde En termes railleurs & piqnans , Dira bien pour ce coup qu'on n est plus dans le temps De voir des Pucelles au monde.

Si pourtant les Beautez qui se laissent aller De U même façon cessoient toutes de l'estre , Cette médisance peut-estre N'auroit pas tant de quoy parler.

Mtûs, SuoNBUK, méprisons cet odieux lai Puisque nôtre grand Rot vient de faire un "

Avantageux au Mariage , Il nous en faut tous deux faire nôtre profit.

U est vray que la chose est tout A Mt nouvelle : Qu'une Muse , qu'on croit une Viei^ immortelle , Contre son vœu t'engage fin des liens si doux ;

Mais elle est encor moins étrange

Que de voir marier un Ange , Et la belle Colsekt a tnen pris un Espoux 1

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