‹ Les continuateurs de LoretChapitre 136 sur 217 · Du 24. Février 1667 (Sobusky · texte numérisé non relu

Du 24. Février 1667 (Sobusky

Celuy dont je parloû la Kmaîne paisée ,

Qui penu le rompre & par qui

J'en cnu la course travertée ,

N'en fit point tant qu'on avoit (Ut ; Il ne peut presque rien contre un sort ai maudit. Prêt du Flbdvb Nibupkk , les rebelles iniames

Oiit tué plus de dix mille âmes

Et Fait plus encor de captif ,

Dont les cris tristes & plaintiEs , Comme on les emmenoit la nuit chargez de chatiWK ,

S'entendcHent des Villes prochaines.

Vous sçavez que Lubohirsu

Fut tué par je ne sçay qui .

Dans une émeute popuuùre ?

Estrange Jugement de la Divinité I Il n'estoit plus rebelle , i) estoit débonnaire : 11 n'a sceu pourtant vivre avec impunité.

Le T06CU1 , Mâltrk & le S&nnr Pnt Secourent Candie au Printemps Et fournissent à leurs despens Jusqu'à leur dernière Galère.

Comme il est seur, tout bien pense , Qu'elle ne sera jamais prise , Je voudroîs , par ma foy, pour l'amour de Vckisk , Que le siège en fut commencé.

Le Grand Visut, à ce qu'on manae .

- Fait tout ce qu'il Faut pour cela Et sa diligence est fort grande.

Des Chrestikks Renégats qu'il a Fait passer là Luy Font mille feux d'artifice , Et , d'autre part , il rend justice En faisant decoler OFnaBRS & Bassas Qui n'ont pas bien agy dans les derniers combaa.

n avoit , disoit-on , &it accourcir la taille , Dana la neuve Candie, au Bassa de ces lieux '

On , quand il voudra , dira mieux :

Il ne dit alors rien qui vaille.

Ce Gouverneur s'estoit sauvé je ne sçaia où . Ob véritablement le Tcac luy fît escrire Qu'il se 'rtnt vistement foire couper le cou ; Mais la vérité pure est qu'il n'en fit que rire.

Le papier nous presse , achevons Les Nouvelles que nous sçavons.

A CoRFD , MoNsxtflHBint , un tremblement de ttrre A renversé les murs depuis les fondemetu

>.Cooi^lc

Sb 214. — Du 24. F6Tter 1667 (SvBuam).

Et &it d'étranges changemehs.

A Naflks, la tempette & les coups du Tonnerre «5 Ont emporté le faiste , arec beaucoup d'éclat ,

Ou Pau» du VicARUT.

A Rome , le Tibre en furie

A renrersé pareillement ,

Par l'effort du débordement , 10 Ompidoole , un Palais de rare simetrie.

Le Duc Dx CiuoNE , au mesme lieu .

A donné ces jours-cy d'un air très magnifique A phuieurs Cardinaux & Ballet & Musique

Et la Comédie au milieu.

i> A LtSBOKNK , ta paix ne Eut aucune envie ;

On aime mieux la guerre au prochain renoureau. Le Rot dk Portusal , allant à son Chasteau , Est cheu dans un bourbier au péril de sa vie ,

Et, sans l'extrême profondeur ISO Que le bourbier avoit à l'endroit de sa chute ,

Son Cheval ayant &it sur luy la cullebute , Ce Roy seroit pery par ce fiucbeux malheur.

Pour finir enfin cette lettre Par quelque beau Balst, comme j'ay commencé , t»i A ViBNMK celuy des Chevaux fut dansé.

A Dieu , mon charmant PErrr Mautrb.

 Pari», Ou^ PUrrt U Mamûtr, rw in MtOmiat, aa Fn DM». 1667. Avtt PritiUit.

[Par Chailia ROBINET.]

Du 37. Février 1667.

PUMCKSM en qui l'on void tant de charmes Vainqueurs ït qui mériteriez , selon le commun dire ,

D'estre la Rktnk d'un Empire,

Ainsi que vous l'êtes des Cceurs ;

Altesse du Degré suprCme ,

Quoi que nous soyons en Carême , e vais à mes Lecteurs faire encor hân gras ,

n.i,z.dbvG00i^lc

6^7 2i5. — Du 27. Février 1667 (Ronnst).

Car lei chose* que je dot mettre En la présente Epûrt en Ménts 'o Sont de ce Carnaval encor autant de Plats.

Mais aux mêmes Lecteurs j'ose tnenproteiier Qu'ils peuvent , sans en faire aucune Conscience

Et ni bleuer leur Innocence ,

En toute asBCÛrance en goûter ; Que si durant le temps de la Quadngesîme Ils veulent de l'Eçlisc observer le Régime , Ils n'ont qu'à toû|oun prendre un pareil Aliment,

Et qu'à PÙques ils pourront même Se vanter hautement D'avoir mieux qu'un Chartreux jûné tout le Caitme.

Nâtre CouK éclatante & «aye , Ayant à Saikt Gxuuin en Latx Encor vu , Samedy dernier, Avec un plaisir singulier ,

>5 Le Grand Balet de ces Nedf Belles Qu'on nomme les Doctes Pucelles, En partit . Dimanche-matin , Sans oublier son beau DaupUoi .

Pour aller foire dans Versailles

)o Du Carnaval les FtntétunxKS , Avec tant de solennité Qu'il se peut dire , en vérité , Que l'on n'en veid jamais de telles , Ni si pompeuses , m si belles ,

îïEt.bref, où l'on fût plus joyeux.

Madahb , vous le sçavez mieux Que je ne puis ici le dire ; Aussi , ne vais-je le décrire Qu'en faveur des Lecteurs Amis

40 A qui , certe , je l'ay promis , Car, Altesse d'Attrais pourvue , Chose promise est chose due.

D'abord qu'on fut en ce Château, Si mÎRnon , si riant , si beau ,

4} Que 1 on diroit (à tous j'en jure] D'un Paradis en migniature , On trouva la Table du Roy Servie en magnifique arroy.

Avec des Codvbrts deux fois douze ,

$oTam pour lui que pour son Epoi»e, Comme aussi , Madame , pour vous , Pour MoNsiKDR,v6tre aimable Efovs, Pour l'auguste MADEiioisnJ.K , Et, bref, pour toute la Séquelle

5j Des Dames à PRwcvAtnt Ou de la haute Qualité. Je ne parle point des SnviCBS ' Dont l'on faisoit des Sacrifices Au Goût friand & délicat,

^ Et dont la Vue & I'Odorat Avoyent leur part délicieuse Et tout à fait voluptueuse , Par l'Ordre éclatant Si pompeux De ces Mets exquis & nombreux

^i Et par cette Odeur ravissante Qu exhaloit la Viande fumante.

Le Tact, confondu dans le Goût , De mfime, y trouva son Ragoât , Et . pour tout dire enfin , l'Oon

70 Y Ait plûnement réjouie Par les HA-monieux Concerts Où l'on oyoit maints nouveauxAîn.

Le soir, ce fut la mCihe Cbére Et , pour une Alaisresse entière ,

7} A ce Régale sans ^al On ajouta de plus un Bal, Efaçant celui des Etoiles , Alors que , sans Ombres ni Voiles, Nous les voyons dancer aux Cieux

B° Dans leur Eclat plus radieux.

Nôtre rare & merveilleux Sire , Qu'en toutes Caçoos on admire , Etoit travesti cette fois Moitié Pbrsibn , moitié Chwois ;

M Mais dans la Perse & dans la Cimn On n'en void point de cette Mine , Et chez nul des Peiiples divers Qui composent c«t Umvns

3i5. — Dn 37. Février 1667 {RowKn].

On ne peut trouver un wnibUble 90A ce PoTXNTAT adorable.

La Rktke , qae pour loi kt Dikdx Ornèrent de Dons prétieux Et firent aussi sans Seconde Chez tous les Habitans du Monde , ■» Avoit un Habit assorti , Ainsi que le Rot, mi-parti ; Et MoHsisint avecque Masakx , Par^Uement, de Corn & d'Ame.

Les deux plus beaux IiumiKn

too Qu'au Lien d' Avoua on ait vus , Etoyent, sous des Atours semblables, Couverts de Perles innombrables.

Maâmam- La Grande SocvEajuMB o'Eu , ""^ Où l'on void tant de divin Feu ,

■05 Etoit , quoi que bonne Françoise Ausu lors Pkuiknnb & CHmoiss, Ainsi que le Reste de ceux Qui oompoaoyent ce Bal pompeux Où tans nos DiBDx & nos DAbssbs ,

I loTotts nos pRmcBs & nos Punckssbs, Et les Objets les plus poupins Tracèrent de leon Escarpins Tout ce qu'a de rare la Dance , Et, pour ceJour, c'est tout, je pense.

• ■} Le lendemain, sur nouveauxFrais, Tout de plus belle on fit Flores Et l'on eut , après grand Convivb ( Dont la Descriptioç j'esquive ) , Un Cabrousel des plus cnarmans ,

■ »> Tel qu'iHi en v<»d dans les Romam*.

C'etoit devant l'OtuNOBaix Que , pour cette Galenterie , Le C&HP avoit été dresaé Par un Monel sage & versé

i>ï En pareille Matbémabque .

Et qu'admire le plus Critique ; Juges si vous direz neoni , Car c'en le Sieur Visakani.

La Rktne, ou bien la mêmeGiucE,

i^oSe rendit en ladite Place Avec un nouveau Vest^hbitt Fait pour ce Divertissement , Tout bluettant de Pierkoux* , Parmi les riches Broderies ,

■ JS Cachant deaaous un Masque à lors

De l'Ajiotnt mille chers Trésors.

Cette charmante CouxoimiB Etoit fort bien accompagnée **«Sï°'"De I'Altuir de MoKirmamt,

1 40 Dont la Taille & l'air doux &. fier Nous dépeint bien ces Amazonbs Qu'autres-fois ou veid sur IcsTrônis.

Mais la Pkdicusb en ce moment Montroit , en son Déguisement ,

145 Une ToxQDE des mieux Vêtues, Car, comme j'aj les choses sceues , Son Habit revenoit à plus De dix ou douze mille Ecus.

Maintes Dakxs défrancisées

>3û Et de la sorte turquisées

Accompagno^nt la Rbymb aussi .

Lestes , non pas cossi cossi ; Et , dés que cette Souvuluhk De se placer eut pris la peine ,

>}3 Au milieu des autres Beautés

Séantes à ses deux Costez , ' On ouit les fines Fanfares Et plaisans Tara-tanta-^ares , Dont les Trompettes & Clairons

■^ Remplîssoyent l'Air aux «ivirons , Devancans une Gkossb Taomv , Laquelle avoit le Vent en Poupe :

C'étoit celle des Chevaluks , Ou , si l'on veut , Avaxtorikm ,

■63 Conduits par cet auguste Sni

De qui le triomphant Empire

S'étend , comme sur les Hifmaims ,

Sur la FoRTUKE & les Destins.

Sa noble Majesté Françotse

<7oEtoitvémeila Hongroise Avec un éclat nompareil , Si ce n'est Celui du Soleil , Qui sert de Cokps A la Devisk Qu'A si juste Titre Elle a prise ,

■ 71 Et d'ailleurx montoit un Chevid Bien plus noble que BdcAvmal , Portant bien plus qu'un Alexandre , Ce qu'U sembloit aussi comprendre.

Tant il montroit de fierté

iSoSous cette Auguste Majesté.

Saint Agman, ce Doc qu'on estime Et de qui la gloire est sublime , Avoit devant Elle son Rang De digne Maréchal de Camp , °

■S} Brillant des Pieds )usqu'& la Teste . Et monté dessus une Bestc Qui ne faisoit que se carrer Et mfime souvent se cabrer.

Le charmant thiiupras de France,

■foDéùgnantuaTmc d'importance.

Et mime plus beau que I'Akour , Ayant un Habit en ce Jour

,vj..Co(>t^lc

fig.

ai5.-

Plein de Pbrus Orohtaus

Et point du tout OOODEMTALBS ,

'W Consenroit , en tres-bel arroy.

Son Rang de seul Fkârb du Rot, Marchant proche de ce Monarque , Dessus un Cheval de remarque.

Le jeune & brillant Duc d'ëkguten,

lOD Qui passoit pour un Indien De tres-noble & riche F:imiUe , Où la vertu des Héros brille , Costoyoit familièrement Ce Turc si noble & si charmant ,

^î Et le Reste de la Pelote ,

Dont en marge les noms je cote , Marchoyent après , repr^ntant , Sous divers Habits édatans, Autant de Nations du Monde ,

iio Dont en si grand nombre il abonde.

Or tous ces illusnxs Héaos

Etoyent suivis d'un autre Gros

De SejUITIZ jeunes & brillantes.

Des plus lestes & plus galantes ,

*<5 Qu'escoTtoyent les Jeux & les Ris , Aussi siir des Coursiers de Prix .

Toutes en Mante & Capelline , Conduites par nôtre Héroïne , Ou bien par Madame autrement ,

'»• Et , disant ce Nom seulement , Je fois d'un seul Trait la Peinture D'un Chef-d'Œuvbe de la Nature , De I'Amodr & des autres Dieux , Qu'on peut adorer ainsi qu'eux.

"15 Quand ces deux Troupes si pim- Si belles & si triomphante*, [pantes.

Eurent du Cahp fait le Contour Pour rendre hommage tour à tour A la nompareille TaéMizE ,

- )o Qui le receut tout a son aise , Louis commença le Tourhot Et, selon qu'on m'en a fait foy Et qu'il est aisé de le croire , Ce cher Favori de la GLonts

^'5 Y fit trois Courses , d'un tel air Qu'on ne put assez l'admirer, Soit lançant le Dard à des Mores , Soit en suite abatant encores Des Testes de son Pistolet .

:v> Soit (pour faire un Récit complet } En faisant choir sous son Epée Mainte Hure d'Hydre coupée.

106 Ui aami f>i ittaiaà u trvmitr à la margt «ni Ht omit par Fimtrimtar.

Du 37. Février 1667 IRoiMcr). 691

Les SEKjHnmt qui l'accompa-

fgiïoyent.

uiu j

L'imitans du mieux qu'iu pou- [voyent, 145 Firent aussi chacun leur Course ,

Et, du Jour la brillante Soorck

Commençant lors de s'édypser

Pour en autre Horison passer.

Les Chevauers & Chevalières , ^io S'étans rejoints hors des Barrières .

Firent encor le tour du Camp

Pour saluer tous, en leur rang.

Derechef nâtre Souvbrainr ;

Après quoi, chacun prit la peine as5 De s'époufer deçA , deU ,

Et le SoupzR suivit cela.

Le Jour suivant , aprèc la Ctrfu Qui fiit encor plus que plénière , On balla neuf neures durant,

360 Et le Concours y fut très-grand Des Masques de nôtre Ldt£cb. '

Qu'on receut avecque liesse Et qu'on traita splendidement; Car, par Royal Commandement

1^3 On avoit dressé quatre Tables Qu'on servit de Mets délectables.

Tous les Crois jours, soir & madn.

Voilà du Carnaval la fin ;

On le veid au Cercueil de la sorte des- [cendre

Et dés le jour d'après , il fut réduit en [Cendre.

A propos de Cercueil , la Mort, Qui prend ft le Foible & le Fort , L'Ancien, le Jeune, Pauvre & Riche, Le dix-neuf de ce mois , fit niche

175 Au cher I^unce de GuméNJB.

Par EUle son Sort fut borné, Ed faisant remonter sa Goinv Qui des Pieds au Caur prit sa route.

Mais , approchant des Octante Ans .

iSoCe Seioneur avoit fait son temps.

Et. comme on nous l'a faitenRndre, Chacun retourne dans la Cendre Tout ainsi qu'il en est sorti.

Mais tel Discours , mal assorti

aBj Avecque celui de VsRSAnxs , Ne rdeveroit pas la Paille ; Il vaut donc mieux , Morale i part.

Dater enfin, puis qu'il est tard.

'^.OIW

69$ 2)5. — Du 17. Févier 1667 {RoBwrr]. 694

Je terminé eu Ven pour U Grande HeorieCte , ^9* Le quatrième Jour de la longue Diète.

Aftra. Ckt^F.MmfH, nuitUHarp*. M> Iraà Xmi. jIvk firttUdgt A Kv

(Bîblitith. ut., Le*, 31. X«i. — BiblJDtti. Maurinr , 396. A^. — BlWioth. de rArw») . B. L. 1 1801.

— HUiotb. «k H. le biran Jamei de RollMehlId.)

LA MUSE DAUPHÏNE

[Pu PERDOU » SUBLIGNY.]

iV. SEMAINE.

Du Jeudy 3. Mars 1667.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Vous ne nous dUiez point , SsiGMEint , Que Chau-ks , Roy d'Eapaonk . espoutoit vôtre Sam

Et que , comme on estoît k TaUe ,

Un Courier Masqué , l'autre jour.

Eu avoit apporté les Articles en Cour.

Le party m'en semble sortable ;

Mais ce Courier-lft , quel qu'il soit ,

Fust-ce l'AmusADSiia d'Espaons ,

Comme on sfait bien que ce l'estoit , N'estait guère haslé de l'air de la campagne. La Mascarade est belle & tres-digne de luy.

De tous les adroits d'aujourd'huy

tl n'est pas le moins agreaUe :

Je souhaitterois , par ma foy.

Pour l'amour de son jeune Roy,

Que la chose fuat véritable.

C'est r'appeller le Cawuval De parler des choses galantes Que fit lors ce Makqois dk Fukntes ; Mais , SuGNBDK , est-ce un si grand mal r Je le rappellerois franchement jusqu t Piques , Si je croyois pouvoir en tirer tous les jours De quoT fournir matière k mes petits discours.

Un beau Rasant db Saint Jàcqubs , Apres que le Courier eut repris son chemin ,

n.i,z.dbvGo(>^lc

69^ ii6. — Du 3. Mus 1667 (Sobuokt).

Vint encor chez le Roy, le bourdon à la main . Et quand , d'une voix sans ^alle .

Il en eut citante la chanson En faisant quatre tours de Salle , îo 11 sortit gravement de la mesme foçop.

En habit comme en mine il n'avoit rien de mince .

11 avoit dans son Port certain air de grandeur

Qui plaisoit au beau Sexe & qui gagnoit son coeur. Et , pour tout dire enon , mon Primce , ïï C'estoit encor l'AMBASSADiua.

Peut-on s'empescher, je vous prie , De publier a haute vois Une telle galanterie Qu'à peine feroîent des François ?

4° Je doute qu'en cette occurence

Les plus galans & les plus fins De ceux qui font figure en France Fussent de meilleurs Pèlerins.

Il fout que je vous parle encore

De MaDAHE de MeKLEBOUB '^«MÏÏKmS^

Qui , sous un autre habit , charma toute la Cour, aie a bien du bonheur qu'il faille qu'on l'adore ! Tel , sans cela, qui ne prend pas plabir

A se voir captif d'une fiere

Qui de libériez fait litière ,

L'auroit là maudite à loisir.

La B0UTBVUJ.E , jeune & belle .

Ny Madahk de Chastillon ,

Autrefois , dans cette saison .

N'estoient pas plus charmantes qu'elle.

Mille coeurs , qui n'en pouvoient mais ,

Receurent d'elle mainte frasque.

Avouez qu'on ne vit jamais Une plus dangereuse & plus charmante Masque.

Nous pouvons changer de propos.

Le CoiTTB DE Grahkokt, enfin , a Unt sceu plaire

Par son esprit & ses boas mots

Qu'il en a le Bkxvbt d'affaikc.

A la Cour on sçait ce que c'est

Rt qu'un si précieux Brevkt Est comme qui diroit une puissance entière De rire privémeat avec un Dkmi-Dieu

Et de luy potier dans un lieu

0& l'on manque peu de matière.

Mais allez en parler, sans dire tout cecy,

A des curieux de Province î

C'est un pur hazard , mon beau Prince .

Si . de mille , un l'explique ainsi.

.yGoQi^lc

697 3i6. — Du 3. Mars 1667 (Sdbuony). 698

LoDU s , dit-on , Elit la Covrssn m Fimib 7» Du LowRE la septième Dau ,

Et , par ces extrêmes bontez .

Il l'a mise en un rang d'une si haute game Qu'on n'y mit jusqu'icy que des Divinttez. Eue en est bien une elle-mesme , ■*> Si sur t«Te il en fiit jamais ,

Et mes témoins sont ses attraits.

Mais trêve de raisons. Qui sera la huitième? Comme l'on croit qu'il faut que le nombre en soit pair Et que par conséquent il en teut encore une , *» Mille gens la font attraper

A telle BELLE Blonde , ou telle kelle Bwam ; Quant & moy, si j'estois de nôtre puissant Roy, J'en donnerois la place, & dés cette semaine , Car, s'il attend long-temps , je croy que , sur ma foy. ^ La Cour l'aura donnée i plus d'une doncaine.

Un ABsi voDTOi , l'autre jour, Pensa perdre six cent pistoUes Pour avoir dit un mot d'amour, L'hiitoire est en peu de parolles :

9) I! aroit promis cet argent

A certaine Beauté qui causoit son maitïre

Pour qu'elle se le laissât dire ; Mois , s'estant fait ouyr fort attentivement . Monsieur I'AsbA poctin dit que c'estoit pour rire iM Et qu'il ne dîsoit point de mots si chèrement.

Dés ie lendemain . cette Belle, Confuse de cet affront-là , Croyant l'argent acquis pour elle , En son absence le vola ; >oi 11 fit un grand bruit de cela ,

La poursuivit en criminelle ; Mais l'information & le bruit qu'il en fit Ne luy put ramener que deux tiers de u sonUM. On luy fît accorder, ait-on , en galant homme , "« Que le reste payast le mot qu'il avoit dit

A vous parler avec franchise , On n'aime guère un pareil tour ; Mais aussi , Monssioneux , c est bien à gens d'Eglise A dire de tels mots d'amour.

1 1 5 LuBOKiasEï , l'autre semaine ,

Estoit mort & franc de soucy ; Mais , si la chose estoit certaine , Il est ressuscité , SBiaHnx , dans celle-cy.

Un bruit courut encor qu'ft la tin WAitaonK ISO - Voyok diminuer de sa calamité

699 3i6. — Ou 3. Mtn 1667 (SoRJom).

Pir un Traité de Trérc ami^ement arresté

Avec l'EiTAT DE MoKovn ; Mail Moimsim de MAnwHc , que l'oo atteul W Et qui vient demander du Kcoun pour son Pnnce , 1^ A mandé dans chaque Pronoce

Que j'eatoit une Fable auni.

Ce triste & malheureux Empire , Bien loin d'Kvtrir tant de bonheur.

Par le CotàQm se dcacbiie , ij* Sous l'Ettendard du Gum Smimn.

Une Ambassade se prépare , Magnifique , éclatante & rare , Pour aller le crever d'honneur Et le porter A la douceur.

•J9 Cent Chariots ou davantage ,

Pour le train & tout l'équipage Dn superbe RAsaBOSKi, Qui pour cet effiet est parti ; Mille personnes de mente , 14» Sans en conter les Esta&en

Et d'autres menus Officiers , Composeront sa leste suitte ; Et cet Ambusadeur de pauvres Polonnoii , Pour n'estre qu'envoyé d'un si piteux Empire , l'tf Porte U des presens si dignes des grands Rots

Que , >ï son Prince estoit au point qu'il se désire , Sans desordre & sans bciieux !t dans une Paix nécessaire ,

Je ne s^v comme il pourroit bii Pour en'ibumir de plus fameux.

Le Pautdc ae Cujoe, Leur autre Ambassadsos vers le* VnnniMs . De Venise , dit-^n , descend en Italie , Pour cherdier du secours chez les Princes Cbrestiens. Mais ces Princes jamais n'eurent tant de besogne Et CiMME , A mon sens , retient si fort leur tevs

Que j'ay peur qu'ils ne puissent pas

L'estendre jusques en ntLoem.

Cette place n'est point encor pour le Sultan . Et le Grand Vizie fiit bien bette D'en promettre les c\eh au péril de sa teste. Il pourroit bien la perdre avant qu'il fut un an.

Il semble , cher DAUPiinf , que cette destinée Luy bue déjà de la peur ; Craignant de n'en pouvoir sortir A son honneur, Il a nit venir Femme , enfans ft la CANia , Pour n'avoir rien à perdre auprès du Gkahd Skiohboii. Mais nous pourrons un jour discourir davantage

Ckio^^lc

ai6. — Où 3. Mare 1^67 (Smucinr).

De U ViKtLLB Cakdik & de ks Enoemis ; En attendant , Sbtgmkux , (}ue le ùege y soit mis . Parloiu de nOtre vouinage.

MnatKnu les Holuhsois ne sont point aatisâûts De ce que , pour traitter de Pau , L'Akolois a fût choix de Li Hatx.

Ua appréhendent tout d'un Prince ingénieux : Ce oioix nit»t , dit-on , leur semble captieux Et ta civilité peu vraye.

Ce Prince, de sa part, s'est presque rétracté;

Et quand . dans son humeur drile ,

Il nomma , dit-il , cette Ville ,

Ce n'estoit point pour faire le Traitté , Mais pour envoyer sens vers cette Republique Qui pussent convenir avecquc les Estats

D'un lieu neutre & plbs oocifiqiie

Pour y terminer leurs débats.

On adjoute à cette Nouvelle , Que , l'autre jour, son Parlement Luy fit signer, Dieu sçait comment , Une clause estrange & cruelle. :

Il accorde à ce Potentat Que , tant que durera U guerre , Il lèvera sur rAxcLcrERaE

Tout l'argent qu'il faudra pour le bien de l'Estat ; Mais que , la Paix estant venue , Pour |ustLGer ses projets ,

Il en sera comptable envers ses bons sujets.

Chose telle , Sboneux , s'eat-elle jamais veue ?

Si Messieurs les Estats avoient pesé cecy ? Ils croyroient ce Roy plus sincère ; Mais , les choses allant sinù ,

Jamais la Paix pour luy ne fut plus salutaire.

Je croy que nous l'aurons bien tdt , Quoy qu'on soupçonne du contraire ; Car ceuiy qui la désespère

N'est que le peuple seul, & le peuple est un sot.

Depuis quand pretend-il pénétrer les intr^ues ?

Il aevroit bien savoir qu en matière de Ligues ,

De Trêves ou de Paix , ou d'affaires d'Estat. ' Nostre admirable Potentat Accoutume aujourd'huy le Monde A ne sçavoir potni ses projets Que quand , sur la Terre « sur l'Onde U en a fait voir les effecti.

.yGOQl^lC

ai6. Du 3. Man 1667 (SnuowT).

A tous bazarda pourtant on ^uipc en Hoiiamdk Les superbes vaisseaux d'une âote fort grande , Et lb Doc dk Beadfort, qui d'ailleurs est tout prett A sortir en tonnant , quand ou voudra, d« Basfr,

Si la pais ne plaist point aux Mn^u a'AMatxruuti

C'est de quoy, ca Printemps , faire giynunt la guerre.

iM Je finis en vous demandant

Pourquoy, par toutes les Frontières , Pour commencer la guerre ou bien en l'at^ndaiu , On fait tant d'appareils & de tant de manières. J'ay grande peur que la chanson :

11) TaISEI-VODS , TAIUODB & TKOnmTB ,

Que Satho pour la paix cbanta sur sa musette . Ne soit plus bieiv-tost de saison.

DE SUBLIGNY

ti Parb, Cit^ Pitrrt U Mtutitr, nu dit Ua/baHai , ma Fn Divi: AvttPriviUgt.

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Chaklis ROBINBT.]

Du 6. Mars 1667.

Sous ce beau Nom qui signifie Une jeune Source d'Appas , Plus sage même que Sophie , Allez , mes Vers nouveaux , par tout porter vos pas.

Sous cet illustre Nom su'on aime & qu'on révère De l'un jusqu'à l'autre Eniisriiére , Vous pouvez prendre vâtre Éseor Et , sans craindre aucune disgrâce , Suivre vos Alnez A la trace Et jouir de leur noble Sort.

LuNDT, !a Cour quita Vimailu , 1 D'opulente A bonne ftçon ; Apres avoir bit It gogaille, 15 Apnis avoir des Promenades

&icor quelques jours , en Poisson . | Et des charmantes Sérénades

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