‹ Les continuateurs de LoretChapitre 135 sur 217 · LE RAPT · texte numérisé non relu

LE RAPT

La Veovb d'un feu Theowustb .

Qu'icy je nommeray Caliste , Laquelle a dans ses Revenus

a6o Beaucoup plus d'Appas que d'Ecus , Etant bonestement pourveue De ce qui donne dans la Vue Et fait passer au fonds du Cœur Les Trais de l'Aveugle Vainqueur ;

165 Cette Veuve enfin, grasse & blanche. Allant à la Messe, Dimanche.

Un certain petit Cascaret , Qui n'etoit point un mal-adret , L'accoste & lui Eait ce Message

17° D'un air posé , prudent & sage :

c Madame , » lui dit~il , « voilà , » ( Lui montrant à trois pas de lit » Un Carrosse avecque trois femmes) » Ma Maîtresse & deux autres Dames

175 » Qui voudroyem bien vous dire un Caliste s'avance aussi-tôt [mot. > Et . d'une obligeante manière Faisant abatre la Portière , L'une des trois lui tend la main ;

*S« Mais , l'ayant fait monter, soudain De tous costez le Coche on ferme , Et le Cocher, qui touche ferme , En moins d'un BéKéiacrvi , Les tire hors cette Ciri.

aSs A ce Procédé , je m'asseure Que vous jugez de l'Avanture , Et devinez que c'est un Tour

^Caio^^Ic

3i3.— Du 30. Février 1667 (Robimbt).

De ceux que fait faire l'Amour.

Vous mettez le doigt sur la Corde,

>9o Et je vous diray, sans Esorde , Que les trois Femmes ci-dessua Etoyent trois Gars ainsi vfitus , Dont l'un , qui seul leva le Masque , Comme l'Autheur de cette frasque ,

*9ï Etoit de CujsTE un Ahant, Lequel , l'aimant éperduemcnt , S'avisa , dans sa peine extrime ,

D'en jouir par ce Stratagème , Disant , comme on dit maintenant : JooToin- En Dx Cuftn-PuiuMT.

Pourtant le Tour n'est pas bonête.

Et cela sent le Coupe-Teste ; Mais ce n'est pas nôtre Intérêt:

Datons , ma Clion , s'il vous pldt.

i°i Di Flvaixa lz Bix-innjniiit , QuTu louu âvamt lb C*>tia.

A Pirit. Cht^F. Mafft. nu it ti Harpt, , (Bibllotb.

K Inis Ktit. Âvtt pTxvilitt an Rey.

.. Le', 1). R«i. — BibliDth. Muirinc , 19$. A^. — BibUotb. de l'Aracnil , B. L. 1 iBoi. — BlbUoth. d> M. le bwm JtMC* de RotlMchlId.)

LA MUSE DAUPHINE

[Pak PEXpOU 01 SUBLIONY.j

m. SEMAINE.

Du Jeudy 24. Février 1667.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Helas I que de mines contrites

On voit déjà dans vôtre Cour

Pour n'avoir fait maigre qu'un jour î On nommeroit à tort les François hypocrites :

J'en connoîs , à les voir marcoer ,

Qui feroient un scrupule extrême

De rompre chez eux le Caresme Et qui ne voudront pas seulement y toucher.

Balet , Bals , Mascarade , Courses ,

Et d'autres plaisirs infinis , Qui remplissent l'esprit en vuidant bien des b En ce temps-^y, SBiaKEOK. seront-ils tous bannis ?

On dit que nôtre grand Monarque ,

Qui les a déjà fait cesser , Attendra pour le moins , s'il but qu'on s'y rembarque , Jusqu'à la My-Caresme a les recommencer.

Hé I mon Dieu , si l'on recommence , Que ce soit par nôtre Balet ;

n.i,z.dbvG00i^lc

677 >i4- — I^u '4- Février 1667 (Sdbuonv:. 67S

Je croy qu'il n'est penoane en FtuNCS M Qui n'en soit revenu de tout point satisfait ;

Mais pas tant toutefois que Mohsisux de Ltonne.

Un Rot qui mieux que tous sçsit porter la Courpane ,

A luy seul , à ce que je vit ,

Dit, luj faisant une agréable avance :

*5 « MoNSUDk DN TBI. , Il SUIS DB VOS AMIS ,

» Et « DONNE Lk sraviVAMCi ^''S.^SSiSÏÎSlîSïiiïi*'

> Db tôtu Charge a vOtu Fiu. CtaMna^siinyï

» Chekcbicz l'on «k CBS roms en Feance, » Pooft vdni Fille , un dbs mbolboes pakhs ,

i' » Et N'APntEHEKDEZ POINT DB MANQUER DE ChBVANCB. »

On seroit satisfoit k bien moins que cela : Aussi ce grand Ministre a bien sujet de l'estra :

Il n'a jamais connu peut-estre

Deux amis comme celuy-li.

If Sortant de ce Balet , plus doux que le Caresme .

Sçavez-vous ce qu'on fit encor ?

On maria Branqoeite au CoirrB db Moni^Lox.

Bramqqette , ce Tendron ? ouy, BRANqcErrx eUe-mesme :

Elle est Princesse , & tient un Mary si charmant 4» Que plus de cent Beautez en auront de l'envie.

Mais à (]uoy songe-t'on i Hélas I la pauvre Eafiint .

Elle a bien acheté la gloire de sa vie.

Elle ne dormit point le nuit du Samedy,

A cause du Balet où l'on la vit dansante ; 41 Dimanche elle épousa l'Amant que je vous dy ;

C'estoit pour moins dormir encor la nuit suivante.

Jugez , en achetant cela si chèrement , Si le bien luy vient en dormant.

Le Prince d'Harcoort, son Bbad-Pere , jo Luy demanda , dit-on , le lendemain matin ,

S'il fsisoit bon coucher avecque son cousin ; Vrayment , c'estoit un beau comte à luy faire : Qui ne sçait pas qu'aujourd'fauy, chez les Grands , Le plaisir est charmant d'une double manière » Lors qu'on le communique à ses proches Parens ?

Au reste , Monseigneur , ce couple inestimable Pourra passer la vie ensemble sans ennuy : La cbaiînante Brancas est jeune & plus qu'aimable , Et MoNT-LoR n'en voit point qui soient mieux faits que luy. te D'ailleurs nâtre Puissant Monarque

A , dit-on fait, voir une marque .

Des Royales boutez qu'il a En faveur de cet Hymen U.

Le CoKTB DE Brancas ne les peut reconnoistre : tf Une Auguste Maistreste autrefois . par sa mort ,

;.Cooi^lc

679 ^*4- — I)u 34' Février 1667 (Subuoitt).

L'avoît mis en estât de se plaindre du sort ; Mais on ne perd pas tout quand il reste un bon Mainre.

Branqueite n'est pas seule au monde Qui , depuis t^ue je suis mariée avec vous . 7° Alt pris cet exemple sur nous ;

La Noire , la Brune et la Blonde Ont toutes souhailté de se voir des Epoux. FoDiLLOUx a commencé de prendre , la première , EVAllUv, l'Illustre fils du Marquis de Sourdis , 7» Sauf a ce bon deffiint de Père

D'en gronder, s'il le veut , là-haut en Paradis ;

Mais , quo;r qu'il dise ou quoy qu'il gronde , Cet Amant a ce reconfort Que celuy qui veut qu'il ait tort So N'est point du tout nomme du monde.

A l'envy de Moksisur d'Alun, Le Marquis de KEimr, qui ne vaut point son Père (Et cecy sera dit , Seigneur , sans luy déplaire , Car personne ne croit qu'il soit Saint comme luy] ,

A pris femme & femme fort belle.

Mennbvillê , autrefois le charme de la Cour , Pourroit bien l'accuser d'estre Amant infidèle , De l'avoir là laissée après trois ans d'amour ; Mais quoy ? tous les Brions ne sont pas morts pour elle.

Launay-Gravé , fille d'une Maman

Dont l'oeil fait encor bien des siennes Et qu'on nomme en tremblant la Marquise di A pris pour son Epoux Monsieur de Nirestan. MoKTBRON , te Lieutenant de Monsieur de Vahdibus ,

Commandant des Noms Mousquetairbs , A pris pareillement une jeune beauté.

Je ne vous déduis point une longue enfilade De gens qui s'en sont mis autant à leur costé. Si j'en croy mesme un bruit , Monsibur db la Feuuade

A son mariage arresté.

Pour ce dernier, mon petit Maistre,

Il surprendroit fort tout Paris :

Comme on Ta tant chanté pour l'effroy des Maris , On ne croyra jamais qu'il se resoude à l'estre.

Mais c'est assez parlé d'Hymenée & d'Espoux : Causons de quelqu'autre nouvelle Qui nous touche & qui soit de vous.

La Feste de Versailix estoit illustre & belle ; Les ajustemens diSêrens De ceux qui coururent les testes

n.i,z.dbvGoOi^lc

2i4> — Du 24. Février 1667 (SmuowY). 68

Estotent , dit-on , asses honnestes :

Le moindre d'eux coustoit quarante mille francs.

Le Roy sembloit un Alexandkb

Sotu un habit Persan qui lui seioit fort bien :

Quand ce Héros forçoît l'Univers à se rendre.

Il aToît tout son air, son port & son maintien.

Lorsque la course fut finie ,

Vous vous plustes bien , (yit je croy ,

A voir l'illustre compagnie

Qui s'alla rendre chez le Roy.

Les Daines , tantost Persiennes , Tantost Gsbcqdss , tantost belles EGTmemtKS , Eltoient sur toute chose un spectacle charmant ;

Mais , sous la dernière figure , Je croy que bien des gens leur turent franchement

wmander la bonne aventure.

On dit que vous aviez un habit de satin ' De la mesme couleur dont Arlequin s'agence : On pouvoit donc bien lors , sans vous raire une offence , Dire que vous estiez un plaisant Aki.equin , Car vous plaisez toujours & de toute manière. Vous faites à dessein rire ainsi vos amis , Jusques à ce qu'un jour vôtre mine guerrière Fasse pleurer nos Ennemis.

A ce mot d'Ennemis , souffrez que je demande

Si MoKsiEua LE MiLORD Germain Est venu pour traiter icy de Paix sous main

Avecque Nous & la Holiande.

Ces jours passez , un Houandois Me fit voir une lenre où , pour nouvelle v/aye , On assuroit qu'enfin le Potentat Anglois Pour lieu de Conférence avoit nommé la Haye,

Sur ce pied , si je m'y connoy.

Nous pourrons estre en Paix la Campagne prochaîne

Par bleu ! si la chose est certaine , Ce Monarque est adroit & digne d'estre Roy.

Je soufaaitte que l'on t'accorde .

Afin que, dans ces premiers mois , On puisse secourir le pauvre Polonois ,

Qui périt sans miséricorde.

Ce nuNCB , des plus malheureux ,

Voit quatre-vingts dix mille traîstres Qui , de mauvais Sujets voulant estre ses Maistres, Permettent que le Turc pourtant règne sur eux. Contre un si grand Torrent la résistance est vaine ; Quoy qu'on puisse opposer, il n'est rien qu'il n'entratne.

Le Wayvode Sedohinski ,

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