‹ Les continuateurs de LoretChapitre 144 sur 217 · Du ao. Mars 1667 (Roi · texte numérisé non relu

Du ao. Mars 1667 (Roi

95 Mais-quoi ? ce n'est qu'au Grand

[Seigneok Qu'appartient aussi tel Honneur.

[mande, D'Albp pour nouveautez Ton Par une assez ample Légende, Qu'à M0USSOL& maints autres Lieux

100 II s'est fait un Bal curieux .

Où dansoyent cinquante Villages , Quantité de vers Paysages , Cinq Citez & quatre grands Monts , Qui mêmes , faisans divers bonds

'<>; Hors leur assiéte naturelle ,

Comme s'ils avoyent eu querelle , S'entrecoignérent longuement.

Voire très -éfroyable ment , Et que du Bal la Catastrophe ,

1 10 Dont eût tremblé tout Philosophe , Fut que Villages , , Monts , Citez , Par des Pas fort précipitez , S'évanouirent sous la Terre , '

Au bruit de maints coups de

"5 Avec les tristes Habitans, [Tonnerre, Qui décédèrent en sautans.

NiNivE fut de cette Danse Et se trémoussa d'importance ; Mais elle demeura sur I^é .

I30 Et le Seigneuk en eut pitié .

Pour sa Pénitence ancienne , Qui fut si promte & si chrétienne.

Car c'est cette Ville , Lecteur, Où ce rare Prédicateur

■ 15 Qui fut vomi par la Baleine Fut prêcher à perte d'haleine , Et d'un tel air, qu'en bonne foy Tout en trembla. Peuples & Roy , Si que chacun (c'est là l'entendre)

' io Se couvrit de Sac & de Cendre.

Dedans nos Carêmes , hélas I Où sont de semblables Jonas 7

On ajoute que la Ciole A balé de ce même Stile.

■j) Le Ciel nous garde d'un tel Bal Et d'un Tremblement si fatal , Nous punissant de nos Fredaines , S'il lui plaît, par de moindres peines !

La PoLOONB se void , dit-on .

'**> Depuis la mort de son Brouillon , Exemte de guerre intestine ; Mais la Fortune , qui s'obstine A la persécuter toujours , Ataqua , l'un des derniers jours ,

'4f Son Héroïne couronnée ,

De tant de grands Talens ornée , Et , par- un Catabre soudain , A ses jours voulut mettre fin; Mais cette admirable Maue

>5>>Presqu'aussi-tôt en fut guérie

Et CÂeUUR & tout l'ËSTAT ,

Lequel en fait un grand état .

Autant qu'ils eurent de tristesse En ont ressenti d'alaigressc.

■55 Mais passons à d'autres Sujets , Autant agréables que gais.

Des Chapsaox KotniBS I'Eoomoiie

A l'illustre Duc de VandAke A fait justice , cette fois ,

160 Au gré du plus digne-des Roys , Et l'on va traiter d'EiaNSMCK Ce Prince , k Rome comme en

[Fmahci.

Cènes , ce Sort est glorieux , Mais qui pouvoit mériter mieux ,

■6; A bien dire le vrai des Choses , L'OxMEHBNT , de couleur de Roses , Que ce Prince . où l'on void unis Tant de mérites infinis Et les Vertus fondamentales

170 Que l'on appelle Cardinales i Car en nul Sujet , aujourd'huy, On ne void mieux briller qu'en luy La JtnncE & la Tempérance , Ni la Force , ni la Prudance ,

'75 Qui seules font les grands HéKos Et le Fondement de leur Los.

J'ajoute ainsi , sans âaterie ( Que je hais comme Idolâtrie ) , Que le Roy n'a pu demander

■ BoNi le Saint Pontife accorder, Depuis qu'il a le Privilège De remplir le Sacré Colléos , Un Chapeau lequelfiit mieux dû Et plus dignement soutenu ,

iSj Quoi qu'à d'autres Suppôts d'élite Et sans doute d'un haut mérite H en ait donné , ce dit-on ,

745 Z3I.-— Duxo. Mars 1667 (Robinet)

Jusqu'à Sept dont TWci le Nom :

i» Iknn] , pou rBmpenaTi la duo Honlalta, poiu l'Bi|iMU; MMorD pUnl, Pililadi* Mqnllt*, pooi VuL M altnr R^artl, NoDO» «D FranM [la ilaor SUnolLHoïKietTlsiiiia: laslmr Vlsconitj, NoioB i ItodlU , et ke alsur CuHdoU ÂDdlvDr dfl la Cwnbn Apoatonq».

C'est de la part du Duc de Chaunk, 19a Dont souvent )e parle en mon Prône, Qu'au Roy cet Avis est venu , Qu'il a lout-à-fait bien receu , Mais avec un peu moins de joye .

Apprenant , par la même voye, jsw. Que le mal de Suppression , ^ Qui cause mort & passion , Avec une Fièvre sévère , Poussoit presqu'à bout le Saint PéitE.

Qu'il ne suive pas Vincknzo .

sooOu I'Ehinent Maculano ,

Du Papk Ukbain Hott CméATuiE , Lequel est dans la Sépulture , Par un Croc-en Jambe du Temps , Ayant bien quatre-vingt onze ans.

los Au reste , ledit Duc de Chadnb , Egayant tout le long de l'Aune Lu RoHAiNs, dans le Cahnsval, Par un Régale Musical Ou bien par une Cohi&die

aïoA la moae de I'Itaue , N'aguére encor, les festoya Dans le beau Palais qu'il a là , Présens les Neteui et les Nièces ( Qui pour lui se mettroyent en

[pièces)

aij De ce grand Pobtk-Clkfs des Cœur ; Et, comme il entend tout des mieux.

Il fit apporter en bon ordre A tout fe Monde de quoi mordre , C'est à ^re mille douceurs

110 Et, pour boire, autant de Liqueurs , Dont huit cent Masles & Femelles Chatouillèrent leurs Gargamelles.

Autre chose il a bit depuis ; Mais , Lecteur, comme je ne puis »j Id tout le Chapitre en mettre.

Ce sera pour mon autre Lettre.

Jbudy , le RoY vinst à Paris Et , par des milions de cris , Ce plus aimable des Monarques

a?» Receut d'incontestables marques De l'amour qu'a cette Crré Pour son auguste Majesté , Et que sa joye , à lors profonde , Seroit la plus grande du Monde

*}i De la voir, pour un mois ou deux Dans le Louvre neuf ou le vieux.

Le retour sur nôtre Emisphére Du Grand Astre de la Lumi1^.re Et celui du plus beau Printemps

34° Nous rendroyent beaucoup moins [contans Que le retour de ce cher Sire , Que depuis un an on désire , Certainement, avec des Vœux Des plus forts et plus amoureux.

a45 11 disna dans les Tuilleries , Qui ne sont guère encor fleuries , Au charmant Hôtel de Regnard , Bijou riant & fort mîgnard , Le nouveau GRAKoPaiEURdeFRAHCB, la

150 Qui s'entend en belle Dépense , g^ Ayant fait les Frais du Festin , D un trcs-bel air, il est certain.

En suite ce Roy, plein de gloire .

Fut , je pense , .enrichir la Foire

i}5 Par maints de ses Portrais en Ok , Et puis il reprit son essor, Laissant la Foire toute gaye, [Layb.

Vers l'heureux Saint Germain en

L'autre jour , parlant de Traci , iCoJ'obmts (ce que j'ajoute Ici) De vous dire que son Armer Est une Mission armée Où les grands H£rauts de Jésus Vont comme des Enfans Perdus , ■65 Tous brûlans des célestes Fiâmes , Pour gagner au bon Dieu des Ambs.

Que ces Cokquerans glorieux Ont de mérite dans les Cieux , Et qu'ils recevront de Louingcs »7<» De la bouche même des Anges 1

Je voudrois prendre à tasche aussi De faire leur Eloge ici ;

747 "<■ — Duao. Mars 1667 iRoamir). 7f8

Mais ndtre iameux Soutahib , 1 *7f Et voici , par un beaa Dixaiu,

CiUWEiin, me force de me taire , Comment s'y prend ce Ciuxia-

Illustre Compagnie . aussi docte que sainte. Qui ponez du Sauveur & le Nom & l'Amour , Votre zélé parêt , sans fard comme sans crainte , aSo Jusqu'aux extrémités où naist & meurt le Jour.

La Science des Saints est vdtre Souveraine ; Le Ciel , qlii vous benist , fait que vôtre Domaine Est fameux au Calvaire ainsi qu'au dinible Mont , f Et l'envie aux abbois , toute confuse , admire

18s Qu'en cueillant des Lauriers pour vous orner le Front .

Vous cueillez encor mieux les Palmes du Martyre.

Madame , après ces Vers , mes Vermisseaux confus N'ont plus rien à voua dire ; Ainsi , belle Héroïne où brille cent Vertus , 990 Pour huit jours je cesse d'écrire.

J'ai fait cette Missive en bref Le jour de Monsieur Saint Joseph , Que reclament toutes Femelles 194 Qui craignent de mourir PucKlles.

A Para, Ckti P. Mutuel, ne it U Harpt, tmx lr»U Kaii. Av*c PrniUit i* Roy.

(^''lioth. oat., Le*, u. Ké*. — Bibliotb. Miurioc,

.yGOQl^lC

LA MUSE DAUPHINE

[Par PERDOU m SUBUGNY.]

Vil. SEMAINE.

Du Jeudy 24. Mars 1667.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Pardonnez moy, petit Espodx ,

Si je suis toute sérieuse ;

J'aime mieux sembler ennuyeuse Que d'attirer sur moy la haine ou le courroux. Lors que mes petits )cux se prennent pour offense ,

Helas I Mon charmant Prince , helas I

Honny soit-îl qui mal y pense 1 Si le ton s'écrivoit , cela ne seroit pas ; J'ay tasché par mes Vers jusqu'icy de vous plaire

Et d en divertir quelquefois ,

Le plus puissant de tous les Rois , Avec un enjouement , ce semble , nécessaire ; J'ay pour le faire rire apporté tous mes soins , Quand j'ay cm pour cela quelqu'Histoire assez bonne ; Mais , que j'eusse dessein ae déplaire à personne , élen ■

'est à quoy j'ay pensé le moins.

Le Pape est toujours plein de vie :

L'autre jour, on se trompa fort

De publier qu'il estoit mort ;

Tant s'en faut qu'il en ait envie , Que tous les jours encor, par quelque effort nouveau , Qu'en ^veur des Chresûens luy fait faire I'Eousb ,

En dépit des droits du tombeau ,

Ce Saint Perh s'immortalise.

Ses Galères , depuis un mois ,

Sont en Mer pour la RiPDBUQUB ,

Et d'ailleurs , dit on , il s'applique

A ruiner, s'il peut , ceDe des Genevois :

Il veut donner secours aux Armes de Savoye.

Vous sçavez , que je croy, Seionedr .

Qu'au Duc de ce Pals celuy de sÂxx envoyé

Quatre mille hommes plein de cœur :

rc;,z.d.vCo(>t^lc

75i 3sa. — Du 34. Mars 1667 (Soeusinr).

Ils ont déjà joint son Armée ,

Qui . plus fiere de ce renfort , n De Genève s'approche fort.

Dieu veuille , pour la ReDonunée

De ce Prince jeune & par&it ,

Et que chérit la Desûnée ,

Que l'entreprise ait son effet 40 Et qu'il triomphe cette année I

Il ne luy faut pas peu de soins S'il pretead y menre le siège :

S'il est assez puissant pour luy dresser un piège , A se défendre bien elle ne l'est pas moins. Ai On dit que , pour munir leur Ville ,

Déjà les Genevois ont receu des Cantons

Soixante gros & grands canons , Et des meilleurs soldats , au nombre de deux mille. Us font sur le Léman bastir, de leur costé . 30 Des chaloupes en quantité ,

Qiù ne luy rendront point la chose si facile ; ' Mais , pour un Prince comme luy.

Qui ne manque point de courage , I^us cette place aura d'appuT, 3i Plus i s'en rendre maistre il aura a'avaatage.

Ses troupes , m'a-t'on dit , auront pour Gênerai. Un Capitaine tres-habîle , Qui se nomme le Marques Ville ; Cela ne l'aidera point mal. te II l'a fait revenir depuis peu de Candie ,

Ob , si tout, l'an passé , n'a pas bien réussi , Je ne croy pas qu'un jour on die Qu'à Gbneve il en soit ainsi.

VsNtsB perd , en sa retraite , <5 Une Couronne de laurier.

Que , cet Esté , ce grand Guerrier Pour elle sans doute auroit faite.

Résolu de chasser, dit-on , le Grand ViKir , Ou de perdre en la peine avec gloire la, vie , 7» il s'estoit jette dans Candie ,

Pour la defîendre mieux jusqu'au dernier soâpir.

Sans Genève & sa brouillerie , Venise enfin par lui vaincroit ses ennemis ; Mais quoy ? le Marqdis Ville estoit à sa Patrie TS Avant que d'estre à ses amis.

Pour cela je ne veus point dire Que Venise ait dequoy trembler :

Le General de Vert Muller ,

n.i,z.dbvG00i^lc

753 »»». — Du 34- ^"* 1^ (ScBUffiiT). 7$4

Secondant sa goenien , pour elle peut suffire. to Ce Chef, des plus ingénieux ,

Dépend Candik en telle sorte

Et par de tels travaux , ai grands & si fameux ,

Qu il r'abaisse déjà de l'orgueil de la Poktb

Et que , de son espoir interrompant le cours , t>> Il contraint sa fierté de chercher du secours.

ï.e GuND Viza , dit-on , demande à sa Hautbssk Encor vingt mille combatans ,

Pour luy pouvoir soumettre avec plus de vitesse Cette Capitale au Printemps ; 90 Mais , moy , j'ay toujours dans la teste

Que ce Vizia qui veut , par gageure de fou ,

Qu'à faute de la prendre on luy couppe le cou ,

Sera plutost sans cou qu'au bout de sa conqueste.

C'est là sans façon & sans art 95 Vous débiter une Nouvelle ;

Mais aussi , complaisance à part , Tout de bon , la trouvez-vous belle ?

Pour le goust fin & délicat De la Cour du Rot nostre Pbiib , ■M) Sans le petit sel nécessaire

On ne sçauroit Eaire un bon plat.

Malgré mon humeur sombre & notre , Je ne puis m'empescber de vous dire une liistoire Où règne plus de gayété.

■03 De ce mann , l'on m a conté

Une avanture assez plaisante.

Une femme de qualité Et Lyonnoisb , fort charmante , Traittoit depuis deux ans avecque dureté ■ <« Un de ceux que l'on peut appeller galans hommes

[C'est un meurtre au siècle où nous sommes , Et sur tout à Lyon , d'avoir tant de fierté , Et jamais telle tyrannie , Dit-on , n'y demeure impunie ).

■■} Le ifdserable , à tous momens ,

En estoit prest à rendre l'ame , Quand la trop rigoureuse femme , Qui prit pitié de ses tourmens , Eut enfin la bonté , par de douces paroles, ■M D'emprunter de luy cent pistoUes.

D'autres que de bien fins Amaus , Peut estre , trouveront cette pitié risible ; Cependant , cher Dauphin , c'est là , sans complimens . Dire : « MoNsiana , je suis sensible , > ■*ï Et celles i^ui , dans nfttre Cour,

N'osent dire le gros mot : « j'aime , « Faisant pareil emprunt un jour Se feroient entendre de mesme.

Nôtre Amant , toutefois . en fut un peu surpris :

n.i,z.dbvGo(>glc

755 233. — Du 24- Mars 1667 (SDHjamj. 7Sfi

>J« En efiet . & Lton aussi bien qu'à Paxis ,

Tel y peut dépenser mille plaintes frivoUes Et deux ans endera de soûpïn , Qui n'a point comptant cent pistolles Pour donner à Fobiet de ses tendres desin. 1» Comme pourtant l'amour ne manque point d'adresse ,

I/amant en sceut user dans cette occasion. Il avoit , dit l'histoire , une étroite union Avec l'Espous de sa Maistresse :

Il en emprunta cet argent 140 Qu'il promit bien-tost de lui rendre.

Durant plus de huit jours que l'Espoux fut absent . Il en eut de la femme un remendment tendre ; Puis , dés qu'il apperceut ce Mary de retour, Le prévenant en galant homme, ■45 11 luy dit que , depuis un jour,

Il avoit A sa femme enfin rendu la somme.

Le tour asseurement n'estoit pas mal adroit.

Et sur tout le Mary n'eut esté guere-en droit

De prétendre en faire querelle,

■ s» Car, par des moyens inouis ,

Pour obliger sa femme à n'estre point cruelle . 11 avoit donné cent Louis,

J'appelle ces tours-là de pures gentillesses , Lors qu'ainsi les maris se laissent affiner, '55 Et , pourveu qu'ils n'ayent point afUre à des Diablesses.

Qui les bssent assassiner, Quoy que les femmes puissent faire , Mon Prince , vogue la galère I On decola dernièrement, tte A RotiEN , Madame de l'Isle ,

Pour avoir fait tuer le sien cruellement. Combien , depuis trois ans , a-t'on dit dans la VîSXt Qu'elle avoit trop d'amis dans tout ce Parlement . Pour avoir la teste tranchée ?

1^ La v(»la pourtant depeschée ,

Et son cnme a son cnastiment.

Pour garantir cette meurtrière , U eut fallu que l'InTEwriAin', Le juste ia Gaussonnirre , lyo N'eut point esté là résident ;

Il eut fallu , Mon petit Prince , Que , quand le forfait fut commis , Le Parlement n'eut point promis D'en faire exemple à la Province.

<75 La Justice chez lui règne sévèrement ,

Autant qu'en Parlement qui soit dans cet Empire . Et, quoy qu'il soit un franc Normand , II n'estoit point peur s'en dédire.

A propos de dédire . on dit

n.i,z.dbvG00i^lc

757 M3. — Du S4- Mars 1667 (Subught). 7S8

■>o Que , dans Lombrbs , on s'est dédît :

N'est-ce jpoint une estrange af&iire ?

Je ae sçay, ma loy, plus tout ce qu'ils pensent fiûre.

Vous avez sceu comment & quand Monsieur le Duc de Bouquinquan , ■Si Le MiLORD Fairtax , son beau Pere ,

Le CoviE SE Bristol & deux de leurs amis , Tous cinq, dans la Tour furent mis ?

Parbleu 1 voyant tout ce mystère, La Paix est pour I'Anglois diantrement nécessaire : '90 Je ne sçay qui le fait suivre d'autres avis.

On me vient d'apprendre one Histoire

De leur Gehttl-hoiiick Irlandois ,

Que j'aurois de la peine à croire , Si l'on ne me l'avoit redite mille fois. '95 II alla de son chef proposer en Holi^lndk

De faire descente en Irlande ,

Fit demande d'un homme adroit

Qui pût l'y suivre en diligence ,

Afin d'y prendre intelligence *^ Avec le factieux qui s'y souleveroit.

Et mesme proposa de le mener ft Londss ,

Où d'autres factieux secrets

A se déclarer seroient prêts ,

Quand la cloche se voudroît fondre.

ȕ L'Homme des Estats l'y suivit ,

Descendit en Irlande , y vit

Toutes les choses disposées

Comme on les avoit proposées ; Mais I'Iriandois , dans Londrb , en avertit te Roy , •'* L'instruisit de tout ce Mystère ,

Qu'il avoit entrepris de soy.

Pour voir ce qu'en tel cas la Hollande eût pu faire -

Et , quand cet Agent mal-heureux

Envalitssoit desja dans l'ame •'* Tout ce qu'il voyoit à ses yeux

Et s'applaudissoit de sa trame , Il ce vit tout A coup mener je ne sçais où ,

Comme coupable & comme traître ,

Dont il oe sortira peut-estre "^ Que pour se vmr couper le cou.

J'aurois autre chose à vous dire ; Mais , Adieu : l'ennuy me reprend.

S'il estoit toujours aussi grand.

Je n'oserois plus jamais rire.

M SUBLIGNY

j4 Parit Ckt^ Htrrt U Mtmutr, nt iti Mlkarim , a% Pn iitm. Avte PrtviUgt.

(Li Mate Dauphinc , «te. , ttOT — «ij. fc n« 309. col. 640—, pp. »j-9».)

LETTRE EN VERS A MADAME

[P*K Chaklii robinet.]

Du 37. Mars 1667.

Belle Déesse aux Ailes d'Or.

Fameuse & légère Couriére , Qui de l'Astre du Jour mesures la Carrière

Par un continuel Essor,

Chère & puissante Renommée , Qui de mon Héroïne es tellement charmée Que c'est à la prôner que tu fois plus de bruit > ^le aussi, tant soit peu, de sa Muse fîdelle, Et Ms que l'Univers par ta Voix soit instruit

Qu'elle est assez bien auprès d'EUe.

Ayant dit ces deux ou trois mots.

Lesquels ne te coûteront guércs , Ses Vers pourront courir par les deux Enûsphérea Avec le Destin des plus beaux.

Ah I je voi qu'avec alaigresse Tu veux bien l'obliger en faveur de l'Altesse Dont le célèbre Nom fait tout son Ornement. Va donc nste établir sa Gloire universelle , Et, dedans cet Espoir si doux & si charmant. Elle va mettre au Jour sa Missive nouvelle.

LuBOHUtsQtn , ce franc Bourru , Après sa mort ( l'auroit-on crû ? ] , Pensoit encor à la Pologne Tailler de nouvelle Besogne , 3$ Ayant , à divers Boutefeux Laissé son Esprit factieux , Par des Ecris & des Mémoires Contenant ses Intrigues noires , A6n qu'ils pussent aujourd'huy

30 Brouiller les Cartes après Lui.

Mais , grâce au Ciel, ces Emissaires Ont en paix laissé les Affaires , Et les Diètes présentement Se tiennent encacement,

15 Si bien que chacun en espère De l'EsTAT guérison entière.

Chez le Vanou-e & chez le Goth,

On s'est èbaudi comme il faut ,

Durant la Saison Carnavale , 40 Et leur Reyne , assez Joviale ,

S'en meslant agréablenwnt ,

l^ finit solennellement

Ehr une rare Mascarade ,

'n>ute de Masques d'un haut Grade, 4j Et vestus magnifiquement ,

Comme aussi des plus galamment.

L'ExcHAtrrEtia du Château d'Ax-

Bftti , ÎG croi, sans Pyramide, [mide,

Etoit le Titre spécieux ïo De cet Ebat ingénieux ,

Où même une fine Harmonie

Délecta grandement l'Ouye,

Et la Collation , le Goût .

Où l'on servit, pour dire tout.

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