LA NAÏVETÉ
Un nouveau Marié , désirant mériter La Pbnsiok que I'Eiut donne A ceux qui pourront présenter Dix Enfans , ainsi qu on l'ordonne , Acbetoit , ce dit-«n , n'aguére dix Berceaux , Afin d'y dâdiner auUnt de Populos , Qu'en Brave U espéroît avoir dans une Année ; Et , comme il s'cxpliquoit sur de si grands Explois , Il disoit que sa Femme , ayant , au premier mois , Déjà d'un beau Garçon commancé sa LnufiB ,
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32(). — Du i. May 1667 (Rouhbt), 834
Il espéroit dans dix avoir , de sa bçoa , Encor Le diùéme Garçon.
Vous laissant à tirer la juste conséquence , ioo Je vais dater ma Lettre en toute diligence.
Elle est du trente Avril , telle-quelle , ma foy. Car mon Mal me réduit en un si triste arroy Que mSme je crains bien <iue , pour l'autre Semaine , Je ne puisse r'ouvrir ma Verne.
A Parti, CIm F. Mntwa, nu J* U Harpt , «ue IrmEi Jttù. ^vte PrMUf da Ktjf.
LETTRE EN VERS A MADAME
[Pak CKAiLit ROBINET.] Du 8. May 1667.
Notfe Rheamatisiiie a feit gîlle .
Il a, tout de bon, détallé.
Et je ne suis plus désolé ,
Mais alaigre , dispos , ag^e.
Je vais donc , comme un Rodomont ,
Regrimper sur le double Mont.
Afin d'y façonner un May pour son Altesse. Ma Clion m'aydera dans ce noble Dessein ,
Et je voi qu'avec alaigresse Elle vient à l'instant me présenter la main.
Il est encor arrivé noise A la JMtb Polonoise , Sur le Pourr de l'AitBiiKEBui Que maints Nomcbs , avec baban , '9 Soûtenoyent être nécessaire Et se devoir promtement &ire.
Mais ce discord fut appaisé Par le Discours bien avisé De CAzmia , Rov de Pologne , ■oQui toujours a prou de besogne. Juges quel est son embarras :
Il a , d'un costé , sur les teas ,
Le Taxtark , d'humeur cruelle .
Avec le Cosaque rebelle ; ^5 II craint les Tdkcs , d'une autre part.
Se voyant contr'eux sans Rempart.
Les Troupes de LrrHUANiE ,
Le Cavteuk de Posnanie
Et maints autres Je ne sçai qui .
)o Rejettons de Ldbomiksqui ,
Avec leurs pieds tortus font rage.
O voyez donc de quel courage
Doit être un Prince revêtu ,
Et ce qu'il lui &ut de vertu
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23o. — Du 8. May 1667 (Robinet).
3i Dans les bizarres conjonctures De tant de sortes d'Avantures I
On écrit que le Grand Sultan .
Animé par Monsieur Satban Contre ledit Roy du Sarmathe ,
40 Que la Guerre intestine matte , Pour , après , le mieux insulter.
Se propose enfin de quiter Ses grands Projets sur la Candis , Quoi que la Renommée en die ,
45 Et que , selon ce sien désir,
Il a fait sçavoir au Visir ' Qu'en bref, avec la République .
Employant bien sa Poutique , Il conclue une Trêve ou Paix.
fo Or, cela Hâtant ses souhais , Voyant bien qu'il perdroit sa peine Devant la M^ropoutaine Et, par un plus rude mécbef.
En suite, peut être, le Chef,
55 II n'oubliera rien , chose seure , Pour la Trêve ou la Paix conclure.
D'ailleurs aussi le Vénitiek Non plus , je croy, n'obmettra rien Sur un Point qui trop le regarde ,
60 Et son Sénat prudent n'a garde De laisser échaper, non , non , Une si belle Occcasion.
Ainsi donc, des uns l'Infortuoe Aux autres seroit opportune ;
65 Mais suspendons tout jugement , Car il en peut être autrement Et , bien souvent , une Nouvelxe D'un jour à l'autre n'est plus telle Et , sur tout , venant du Levant,
70 Autant en emporte le Vent.
Quoi qu'il en soit , le Marquis Ayant quitê la grande Ville [Ville, Où , pour cet EsUt VéNmEN , Il a montré du coeur très-bien ,
75 Comme aussi beaucoup de prudence, 11 s'en revient, en diligence.
Près du beau Duc des Savoyards , Pour marcber. sous ses Etendards , Contre ia Ville Genevése ,
80 Qui fait contre lui la mauvaise ; Mais ailleurs nous en parlerons , Quand un peu plus nous ensçaurons.
Une autre importante Nouvelle Tient les Curieux en cervelle ,
8; Car cela peut estre un faux bruit ; C'est que , du quinze Avril la nuit , A la fin , I'Ame du Saint Hôhe , Quitant le Grand Siège de Rome , Alla , dans le Câlèste Lieu ,
90 En prendre un autre auprès de Dieu.
Ainai soit-il , si d'avanture
L'Avis n'est pas une imposture I
Tout bon Chrétien doit au jourd'huy
Faire ce dernier Vœu pour luy.
95 Ou dit que le Prince de Parme , ^ Priant de la guerrière Allarme Et qui se signale vraiment Dedans le beau Commandement Qu'il a de la Cavalerie
'o° Du Monarque de l'iBéitiE , S'est saisi sur les Portugais , Qui n'en ont pas été plus gais , D'un Fort d assez grande jmpor- Et qui donne pleine fîcencc [tance
>05Aux Fourrage urs des Espagncus
De dénicher des Rossignols.
LeurGouvERNEUR dedans leslndcs.
Où l'on conët le Dieu des Brindes ,
A repris , dessus les Anglois .
1 10 Par un de ses plus beaux Explois ,
L'IsLE de Sainte Caterine.
S'ils en sont d'une humeur chagrine.
Vous le devinez aisément ;
Mais , las I alternativement , ' >5 En Guerbs doit-on pas s'attendre .
Quand on a pris , A voir reprendre ?
Mais je croi qu'on ne verra plus Ce belliqueux Plus & Reâus Entre I'Anoleterre & I'Hoixande, lïoCar, de la façon qu'on le mande .
Elles vont , selon nos souhais ,
Îout de bon conclure la Paix.
éja , pour beaux Pr^minairbs , Qui facilitent les Af&ires , ■ a; Elles sont toutes deux d'Accord .
Pour mieux terminer leur Dîscord .
Qu'elles garderont les Conquêtes Que chacune des deux à faites.
a3o. — Du 8. May 1667 [Robineti.
Ainsi le Britanmique Roy ■jo L'a ^t scavoir, de bonne fby, Par une Lettre bien conceue , Que , tout à mon aise , j'sjr leue .
Aui Puissans Etats Généraux, Comme eux , de sentimens égaux , ■3} Avoyent déjà daigné l'écrire A cet aimable & brave Sirk.
Un petit Lévrier , cependant .
A la Chasse beaucoup ardant (C'est , pour plus clairement le dire, P Une Frégate , ou bien Navire , De quatre Pièces de Canon , Qui s'acquiert un rres-beau Renom .
Sous un Marquis, qui la commande], ' Ce LsvRiER , donc , comme on le ' [mande ,
I) A , n'aguére , presque à la fois , Pris cinq Bahhens des Anglois , Dont l'un (ut coulé sous les Ondes , Autant améres que profondes , Et quatre k Brest furent receus , o Voire même les bienvenus, Sur tout un , où six Dahoiselles , Ce dit-on , jeunettes & belles .
Augmento^ent un riche Butin Qu y faisoit trouver le Destin.
<s Mais , en avançant nôtre Epitre , Passons à quel qu'autre Chapitre.
IDomLut-
Ces derniers jours , à Tarascon , L'ARCHÉnscopus d' Avignon Posa , bien avant dans la Terre , La bénite & première Pierre D'un CONVKHTd'AOOUSTlNS Dâchaux, Qui par tout en ont d'assez beaux.
Mais , de crainte que l'on ne pense Que ce soit contre I'Ordonnance , J'avertis qu'en Quarante-deux La Reyns Mere , au coeur pieux , Se déclara la Fondatrice De ce Monastique Edifice , Et que , tout fraîchement , le Roy , Par sa PATEprrE , en bon arroy, A voulu de son digne zélé Rendre la Mémoire éternelle.
Une belle Procession Releva bien cette Action , Où l'on compta, sans que je mente , Jtisques à quatre cent cinquante
PENrrENs , de qui les habis [gris , Etoient tous bleus , noirs , blancs & Et dont huit , que fort on exalte ,
iSoSont mêmes CHEVAUERsdj: Maltue.
Apres eux , étoient Capucins , Observantins , Dominicains Et d'autres tres-Reverens Pérès , Que l'on appelle Trinitairss ,
iSjAvec le Séculier Clergé , Dedans un bel ordre arrangé , Et plusieurs agréables Anses , Qui vatoient beaucoup de louanges , Portans , en beaux petits Soudards , .
190 Des Guidons Sl des Etendards Aux Armes de la Fondatrice , A qui riKHORTEL soit propice 1
La belle Orfeune de Foix Est decedée i dix-huit mois ,
195 Et cette si grande Héritière , Dans une fort petite Bière, Joint , en leur ténébreux Séjour , q Ceux qui lui donnèrent le jour.
Sans la Parque, un peu trop hStée.
wa Etant & belle & bien reniée , On l'eût vue , en temps & Saison , Brd d'une assez bonne Maison ; Mais jamais cette Mort sévère Nos Interests ne considère.
loj La noble Infante de Toussi , Laquelle deja met Ici A maints Cceur la Puce à l'Oreille , Ainsi qu'une jeune Merveille , Eut vraiment l'honneur, l'autre Jour,
110 D'estre , aux Yeux de toute la Cour. CoNiiERE de nôtre cher Sire , Donnant , comme on vient de me Avec sa grande Majesté , [dire ,
Pieusement , Chr^tientiï
1 15 Au Fils de l'heureuse Nourrice i
Qui , dessous un Astre propice , A donné , jusques à la nn , Du Lait à notre beau Daiiphin.
Jeudy, ledit charmant Monarque, 10 Qui conduit à ravir sa Barque , Vins! se promener à Saint Clou , Lieu des plus délicieux , où Les deux Nompareilles Altesses
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a3o. — Du 8. Msy 1667 (Roi
Qui sont les aimables Hôtesses
«5 De ce Tercstre Paradis ,
Lequel rend les Sens ébaudïs , A miracle le recalèrent.
C'est à dire le fanèrent Tout à fait magniâquement ,
330 Proprement & royalement , Outre leurs Anges invisibles , En ayans la plusieurs visibles , Si beaux , si charmans , si touchans.
Que l'on a les derniers pencbans
1J5 A croire qu'autant que les autres Ils méritent nos Patenôtres , Et que le Lieu des Bien-Heureux Est où sont leurs aimables Yeux.
A propos de visibles Ahgbs , 340 Le plus digne de nos louanges, A sçavoir celuy de Lomcs , Dont tous les Yeux sont éblouis , Nôtre excellente & sage Rethk , Le même Jeudy, prit la peine , 34$ Par un tres-obligeant souci , De venir, ce dit-on , Icy, '"Sq™" Voir les illustres CASMELrrEs , BaMr Qui sont ses chères Favorites , Ayant avec elle un Amour 3JO Qu'elle-mesme s produit au Jour, Son brillant Dacphin , lequel passe Tous les Amours en bonne grâce.
Parlant de I'Ahour aujourd'huy, Je iinis ma Lettre par luy.