‹ Les continuateurs de LoretChapitre 161 sur 217 · AVIS · texte numérisé non relu

AVIS

La Veuve à la Mode se joue AnPAk^ joo Et franchement je vous avoue

Que , si l'on veut bien rire, il feut la [voir exprès ; Voyez la donc , je vous en prie.

Elle parfit sous les Attrais De Mademoiselle de Bric Qui, Veuve, auroit bientôt uo Epoux [jeune & frais.

D'ailleurs , la mignarde Molière Y fait le Rôle d'une Sœur Avec qui l'amoureux Mys^re Est , je croi , bien plein de douceur.

A Ptrù , Cluî F. MagatI ,mit!a Harft , aax Trait Km. Ave PrnUigt du Ktf.

(Biblioth. nit., Le*, m Rte. - Biblioth. de ['ArMiul , B. L. M Jimc* de RathiehiU.)

LETTRE EN VERS A MADAME

Du 29. May 1667-

Jeune Source d'Appas , adorable Merveille ,

Pour qui j'ai la Puce à l'oreille

Si tôt que ce Samedy vient

Et qu'enfin , depuis deux Années ,

Par de charmantes Destinées . .

En ce Jour ma Muse entretient , Voici , sur nouveaux frais , nôtre Lettre nouvelle : Madame puissiez-vous la trouver un peu belle. Car , quand par tout d'ailleurs on m'en diioit du biea .

kio^^lc

857 >33- ■*- Du >9- May 1667 (Robikkt).

10 Comme on m'en dît assez sans cesse ,

Je compte tout cela pour rien Sanc l'approbadon de ma grande Princesse.

>■ n] Le Rot de Perse , par le Vin , A ses Jours a vû mettre fin ,

■ 9 Et de ce cas voici l'Histoire , Comme la contient un Mémtnre :

Ayant trop pris de ce bon Jus Du Compare Indien Baccds, Comme d est plus chaud qoe l'Eau [d'Orge,

>°I1 lui causa dedans la Gorge Une telle ioâamation Qu'il s'en ensuivit , ce dit-on , Une subite ScinmAifaB Qui . l'étranglant , finit sa vie.

>) Voila donc comment par le Vin Il veid terminer son Destin A trois fois dix & trois Années , Onze Mois & trente Journées , Qui sont , comptant poEdquement ,

}o Trente~quatre Ans tout justement.

J*^ Le Fux dudit Sophy de Perse , Lequel n'a plus de Dents en perce , Depuis du moins plus de quinze ans, Pnt place au Trdne en même temps,

a Et , s^n du Pats la Mode , Qui me parét bonne & commode , Nonobstant la Pompe du Dueil Pour le Père dans le Cercueil , On en fit une d'alaigresse

40 Et l'on bannit tome Tristesse Pour le Fils au Trône monté , De qui la jeune Majestâ , Plus que la Défunte , se pique D'être pimpante & magmfique

4S Dans les Spectacles , les Tournons Et les autres Plaisirs de Roys.

On ajoute qu'aimant la Guerre , Il la doit porter sur ia Terre De son Voisin , le Grand Moaoa ,

»oNon pour avoir ses Lingots d'or, Car Je Richesses il n'a cure , Mais pour se vanger d'une injure Qu'il a faite à l'AnBASSADsint De son P£rk , & qu'il prend à cœur.

15 C'est que , dedans une Audiance , Il lui fit , avec indécence , Arracher le Turban du Chef,

Puis , le mal traitant derechef , Lui fit , par un second outrage ,

^ Ecacher dessus le Visage Je ne sçaî combien de Melons ^'insulter étranges ^ont 1] Et , pour comble de moquerie Et de piquante raillerie ,

65 L'ayant fait monter en Cadet Sur un misérable Bidet , Le renvoya devers son Maître En ce risible & piteux être.

Mail , d'autre part , on dit aussi

7« Qu'il eut raison d'agir (ûnsî Et que le feu Sopm de Perse , Dés long-temps sa Partie averse , Avoit , avec quelque hauteur , Mal traité son Ambassadeur

75 Et je croi que , dans quelqU'Epître . Je vous en ay fait un Chapitre.

Quoi qu'il en soit , laissons les là, Car , pour mettre entr'eux les holà , Je voî trop de diemin à faire

BoEt peu nous chaut de leur afEaîre.

Le Grand Sxisnrcr n'en manque

[pas,

Car plusieurs trop fringans Bassas ,

Font des leurs en plusieurs Pronnces

Et trenchent-là des petits Princes.

B5 Son grand Visia n'en a pas moins, Voyant que , malgré tous ses soins , La maie Peste & la Famine Toutes ses Troupes extermine , Qu'en vain il attend tous les jours .

90 De divers Endroits , des Secours Pour exécuter sur Candie l*

Son Entreprise si hardie , Et qu'il a des ordres pressans.

Pourtant, de n'y point perdre temps

95 Et de faire cette Conquête , Ou d'apporter en Cour sa Tête.

Les RjptmucAms de SAnnvMxRC ,.

Qui de Gloire auroyent maint bon [mare

333; — Du 39. May 1667 (Roiihbt].

Si l'on pouvoit peser la Gloire.

looAfin d'obtenir la Victoire

Dessus les Turcs , de toutes parts , Amassent de nouveaux SoucUrds , £t , sur la Mer & sur la Terre , Font de fort beaux Apprêts de [Guerre,

10$ D'autre part , leur sage Sénat , Polissant des mieux leur Etat , A fait une étréte Défense A toutes Fiu-BS de Licence De se trouver aux Lieux sacrez ,

no A la Heté consacrez.

Sous [>eine à Uute Refractaire D'une Amande Pécuniaire , Ou , si le mal'heureux Métier Ne peut fournir pour la payer ,

iijD'une autre peine Corporelle Qui n'est ni plaisante ni belle.

Ce que j'ay dit ne s 'ente ad point liie vous trompez pas sur ce Point) Pour Celles qui , bien Pénitentes

1» £t de leurs Fautes repentantes , N'iroyent dedans ces Saints Lieux-Ii Que pour dire Mea-Culpa , Mais pour les seules Madelaines Qui n iroyent que pour leurs Fredai-

las Et pour attirer les Chalans [nés Par leurs Attrais af&iolans.

Las, helas I si, pour ces dernières.

Dont nous avons des Pépinières .

On faisoit Ici tels Eldits ,

r)o(Certe en soupirant je le dis)

Qu'on verroit dans les saints Mysté- Aux Paroisses & Monastères, [res , Le Troupeau Féminin petit ! La Chose est sans nul contredit.

ij Le deux de ce mois, le Sautt Etoit encor vivant, à Rohe, [Hohmg Et tenoit , ainsi que jadis , Les grandes Ci£FS du Paradis.

Je gage bien , & point je n'erre , 140 Que vous voulez du Tremble-Terrk Avoir le petit Suplément , Que je promis dernièrement.

Sçachez donc qu'en cette Aventure Dont j'abbrége id la Peinture ,

■45 ^'y voyant pas [las I tant s'en feut 1} Pour en rire le moindre Mot , Raouse , cette belle Ville , Que maint beau Port , mainte belle

: beau

Maint beau Temple , maint I

[Palais,

■5° Maint beau Jardin rempli de Jets , Maint bel Arc, mainte belle Halle.

Mùnt beau Lieu pour garder du hft- Et , bref, mainte rare Beaot£ , [le Rendoit charmante en vérité ,

"îï Se veid (fl Disgrâce înouie !) Dans un clin d'ceil évanouie Avecque tous ses Habitons, A la réserve de huit cens , Tristes Reliques de huit mille ,

160 Qui , sur les ruines de la Ville , PÔussoyent de longs Gémissemens Ou de lugubres hurlements.

Quand cette ViUe désolée Se fut de la sorte écroulée ,

t6; De ses Matérieaux confus , Où lien ne se distinguoit plus , Des Vents & des Fiâmes sortirent , Des Monts avec bruit se fendirent.

Un Château , du Débris resté ,

■7° Ainsi qu'il est bien attesté Pai le Récit de cet Esclandre , Auquel tout Cœur dur devient ten- Deux fois s'ouvrit & referma [dre , Et , par bonheur , point n'abîma.

175 On ouyt deux grands coups de [Foudre , L'Air parut tout épais de poudre , La Mer , avec certains abois , Fit le Plongeon par quatre fois Et Ifl , depuis , ne s'est point vue.

iBoMais détournons viste la vue De ce Spectacle trop affreux .

Ajoutant , en un mot ou deux ,

Que TrAU , CaTTERO , SRBBNlQtlS ,

Trois Villes de la Repcbliqiib , °'

1B5 Furent, dans ledit Tremblement ,

Trembleuses réciproquement ,

Et qu'aussi mainte & mainte Place

De la Mahohétane Race .

Dont, sans mentir, tres-peu mechaut, 190 Y dança , certe , comme il fout ,

Sur tout Ddlcicne & Castel hove.

Sus . passons à quelqu'autre Nove.

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