‹ Les continuateurs de LoretChapitre 160 sur 217 · LA MALE · texte numérisé non relu

LA MALE

Un QstUH beaucoup obéré , >?■ S'étant vu mis in Cakc^rb De par la Troupe Créancière , Pour n'y Ic^er Quinsaine entière S'ansa d'un drôle de Tour ,

Que bonnement je mets au jour ,

175 I\>uvant servir de Tablature

A quelqu'autre , en telle AvantUK, D'autant plus que l'Evénement Est arrivé tout fraicbement.

Il se fit porter une Baie ,

»8o Ou plutôt une longue Maie , Qui contenoit plusieurs Donien Et Liasses de vieux Papiers , Sous prétexte qu'en ses A&ires Maints d'iceux étpyent nècessaiits. -

i<5 Mais s' étant enfermé dedans , Par l'intrigue de quelques Gens , La Maie aussi-tôt se remporte Et lui se sauve de la sorte.

Le Tour vraiment n'est pas msn-

'9^ Et le Quidam n'ètoit pas nuis ; [raii Au besoin , qui pourra , l'imite , Et de Prison sorte au plus v!te , Car c'est un maussade Logis.

Mais CCS Tours ne se font pas su

>9S Et , de plus , les Gboubrs de Fbamci Sont un peu trop matois , je peiue , Car . pour vous parler franchement.

Ce singulier Evénement Est arrivé dans la Hollahi» .

joo Et de la Hatb on me le mande.

Ne pouvant tourner le P^ner ,

Je m'en vais dater ce Cahyer , Du mois de May le Quatondéme, Où la Chaleur n'est pas extrïme.

A fvrâ, Cktf F. Maput, ntitU Hmfi , eux mil Rua Ave rrmUgtiu Kaf-

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pak CM«*ti* ROBINET.] Du 32. May 1667.

Hknkiette-Anhe , & non Marie , Belle Altesse Royale , excuses , je vous prie Si dans mon antre Ecrit je mis mal ytat Nom. Hélas 1 alors qu'on se propose

n.i,z.dbvG00i^lc

849 ^^*- — ^ **■ ^*7 >^ (RoBtNBT).

i De discouiïr de vous , soit en Vers , soit ea Prose .

On peut en telle erreur tomber avec raison.

De tant d'Appas dignes d'hommages L'Esprit reçoit alors les brillantes Images , Que, comme en un Dédale il se trouve surpris lo Et songe peu , dans ces Idées ,

De lui tout & la fois ardamment regardées ,

Au vrai Nom dessous qui ce beau Tout est compris.

Aussi , croyez , belle Princesse .

Que l'on connut bien moins les Noms de vôtre Altesse Que ses divins Attrais & ses grands Attributs.

Ainsi , sans reste de scrupule , Je vais nouvèlliser , après ce Préambule Et m'acquitter vers Vous de mes humbles Tributs.

Vous s^vez ce que je vais dire , Mais au Public je doi récrire :

Les Vers seront pour vous & les Choses pour lui. Madame , agréez ce Partage Et daignez , sur ce , sans ennujr , Ecouter mon petit ramage.

*5 En Public , et non en Secret , L'incomparable Duc d'ALsan- , Que déjà la Gloire couronne , Fit encor miracle en Sokbonns , Soutenant , avec majesté ,

io Bonne grâce & facilité .

Son dernier Acte de Licence , Plein d'une profonde Science , Si bien que , répondant couvert , On ne pût le prendre sans vert

jï En aucun eniuoit de sa TnisB , Qu'il vaudroit mieux , ne vous dé- [plaise.

Appeller un gros Livre entier , Qu on pourroit fiûre relier , Car elle condent la Doctrine

40 La plus solide & la^us fine , Comme aussi les Dïmcultez Et rares Curiositez De tous les Siècles de l'EaLisB.

Je puis le dire sans méprise ,

45 Ayant leu la Th£ze . ma foy , Très-belle & dédiée au Roy , Duquel , comme un Astbb proficb , Le Portrait est au Frontispice , Et qui sur le Sujet 'rient bien ,

50 Etant d'un Pumce tubs CHRWimi.

D'étonnement , donc, fut comblée La noble et célèbre Assamblée , Dont , entr'autres Gens bien titrez , Etoyent quantité de MrrxEz ,

Si Le grand CoKoi , dont les lumières Egalent ses Vertus guerrières , MoKsnnm t£ Dsc . son sage Fn.s , Aussi du Rang des beaux Esprits , De Saint Paol, jeune & digne Comte,

te Que dans ce mfime nombre on [compte , Force autres Grands & Ducs & Iws, A nôtre Monarque tres-chers , Et , pour rendre la Liste entière , Maints Messieurs à Robe & Rapière,

6f Sans que j'obmette de coter Deux Seigneurs des plus a noter , Le fameux Prince de Torenns , Si rare & si preux Capitaine , Et le vaillant Duc de Bodulon ,

70 Qui faisoyent les Honneurs , dit-on, En qualité d'ÛMOLs & de FrAre , Ayons lors une ioye entière De voir les Applaudissemens

. Que l'on donnoit à tous momens

75 A ce SoimcMAitT d'importance.

Que sa belle & noble Naissahce

a32. — Du as. May 1667 (RoBmBr).

N'iléve pas , en vérité , Plus que feit sa Capacité .

Sur ceux qui sont en concurrence 80 Pour le même Acte de Licence , Id est les autres Bacheliers , Tant ses Talens sont singuliers.

En concluant donc ce Chapitre , L'un des plus beaux de mon Epître, 8s Ajoutons encore cela , Qu'en&n ce jeune Princb-U , Qui peut à tous faire la nique En PosmvE & Scolastiqoe , Fit conStre qu'asseurément 90 II seroît bien-tôt l'Ornement mn'dî' De ladite Maison illustre , Bonmon Quî tire son ancien lustre De la Valeur & du Sçavoîr Que tous ses Descendans tbnt voir.

9} DouNCHE , le jeune de Guyse , ! Duc d'une tres-charmante guise.

Fils & Neveu de deux Héros ! Dont toujours vivra le beau los,

Receut des Mains de I'Hyhénée , ! 100 Par une auguste Destinée ,

Mademoiselle d'ALENçoN ,

De son Cœur le noble Ameçon .

, Où de nos Roys le beau Sang brîUe

Et de feu Monsieur Gaston Fiixe , I loj Comme le Duc , d'âge vraiment

' Propre à l'aimable Ebatement.

I Une honorable Compagnie

Signala la Cérémonie , I Car , outre les deux Majestez

no Et les Parens des deux cotez, ^ Toute la Cour , gaye & pimpante .

Au nceud Gordien étolt présente , 1 1*'^°' Et ce fut l'EvESQUE d'AuruN .

»oqQ»ue] Prélat qui n'a rien de commun , i ii; Lequel dît, dans ce besu MrsTÉitE ,

I Le CoNjuNGO-vos nécessaire ,

, Que , sans doute , les jeunes Gens

! Font protiter , sacs perdre Temps.

I Alors la nouvelle Duchesse .

' iio Ayant le coeur plein d'alaigresse ,

j Dîna , dans son rang , aux cAtez

De nos chères DiviNrrEZ I Et puis, de deux Pendans d'OuiLLEs,

i Riches , certe , & beaux à merveilles,

>>5 Le plus charmant des Potentats

Ayant régalé ses Appas ,

Le noble Couple , en cette Ville ,

Vint gtter en son Domicile , Au pompeux Palais d'OsLÉANs.

<3oOr Monsieur , les suivant léans .

Avec une pleine franchise, A I'Epous donna la Cheuise , Et la Robe , je pense , aussi ; Mais le beau Dec prît le souci

'3s Que tout Epous qui sjait l'entendre En telle occurence doit prendre .

Et pour emp&her que meshui Sa Race ne finisse en Lui.

La nuit du quinze au seizième ,

<4»Je ne sçai par quel stratagème ,

Cloton surprit Monsieur GoEHAnn,^^ Mais , las 1 dont il fut fort penaut. m Se retirant de chez la Revne , 11 fut saisi par l'inhumaine ,

145 Et , quoi qu'il fist pour éluder Et de ses Paces évader .

Quoi que deux de ses chers Collïgdes Apportassent illec leurs Grégues Et )oignisscnt , pour son secours,

ijo Leurs beaux Secrets &IeursDiscoun, La Masque , s'appellant là Roche.

Dessus Guenaua son Trait décoche, Bravant même ainsi , par ma foy.

Trois grands MÉOEaNS , chez le Roy.

rj; Néantmoins , qu'avec moins de Elle vante cette Victoire : [gloire Le Mort ayant quatre-vingts ans .

Ce fut, comme je croi , le Temps Qui fit , aux pieds de ce Fanrôme .

■ 60 Choir . de la sorte , ce rare Hâme. Cent fois plus grand Praticien Qu'Hypocrate ni Galien.

Mais n'en parlons pas davantage , Il est dispensé du Voyage

165 Que fait la Reyne , en bel arroy , Sur la Fronttére , avec ie Rot, Car , enfin , ce digne Monarque .

Où tant de Hauteur on remarque , S'en va s'avancer , à grands pas ,

170 Dans le fin cœur des Pat&<Bas , Précédé de la RENOwéB Et même suivi d'une Armée De soixante mil Combatahs , Qui sont tous de terribles Gens.

175 Mais , quoi ? le Grand Porte-Coufronne Ne veut faire mal à Personne

'^.OIW

Et ne marche , il est lûen certain , A si grand bruit & si beau Train , Comme Foy de Prince 11 l'atteste

■So Lui-même , par maint Manifeste , Que pour forcer quelque Iluon Dont la louche Rzbeluon Fermeroît la Porte à la Rbyne , Méconessant sa Souveraine ,

i^ï Et qui déniroit en un mot , Dans le Bràbant , dans le Hain&ht El dedans les autres Provinces, Tant les grosses comme les minces.

Ce qui , selon toute équité ,

■ 9<i Appartient à sa Majesté ,

Comme clairement on le preuve Dans l'Impression toute neuve Des Tratisz donnez rie à rie , Même en trois Langues au Public.

Bu Pru^ol*, Baptnol >t Litlp.

[Tam ito oiMt Se la Bajat Tio-Cbr»-

Twù, (•pf^»rli «MWlt, IRT. ID-».]

lo da IM DasâuH da li RajB* dida-

333 — Du 31. May 1667 (RoamEr).

n™i>dod

tUÛMmiii.

m «L iJloa (UUonlfl Ulspani» Madpatu. IMI, S. t.,lil-l9tlB IS.]

19$ Mais quels Peuples , d'flme tygres- Ne recevroyent pas la Princesse [se.

Et, de bon cœur , ne rendroyent pas Hommage à tant de grands Appas Qui , joins à la Haute Naissance ,

»oo Font voir , avec trop d'évidance , Qu'on ne peut en plus belles Mains Mettre l'Empire des Humains î Aussi Louis , & bon & sage , Avant qu'aller A son Voyage ,

»>S Lui remit , avec grand éclat , ' Les Soins du dedans de I'Estat , Luy laissant la pleine Puissance De la Souveraine Régence , Et Sa Majesté mêmement

110 Le fit sçavoir au Parlement ,

Ainsi qu'à la Chambre des Comptes (Ce que je dis ne sont point contes].

Et je dois ajouter ici ; A la CoDR DES AvsES aussi.

315 Sur cela , cette Reyne illustre Receut , en son royal Ballustre , Les Respects de leurs Députsz , Qui furent d'aise transportez A l'aspect de telle Régente ,

210 Egalement sage & charmante.

Au reste , il n'est rien de pareil A nostre Guerrier Appareil ;

On dirait qu'il est bit pour peindre.

Mais il n'en est pas moins à craindre.

'i Tous ces riches Acoutremens , Tous ces lestes Ajusiemens ; Ces superbes Orphévreries , Ces Plumes & ces Broderies , Qu'on void jusques aux Gens de Pié,

1" Sont pour protester amitié , D'une façon plus solennelle Et plus éclatante & plus belle , Avecque Messieurs les Flahkns , S'ils ont pour nous des Sentimens

1$ De chers & bons Compatriotes , Ennemis de toutes Riotes.

Mais s'ils ne parlent pas François Et s'ils paraissent discourtois , Cette même Magnificence

|o Servira , comme je le pense (Et je le pense tout de bon) , A les réduire à la Raison D'une feçon plus solennelle , Et plus éclatante & plus belle ,

>5 Car nos Gens , bien certainement , Sont des Gens Braves doublement Et qui joindront , sans raillerie , La Bravoure à la Braverie.

Mais, attendant qu'aux premiers [jours

<° Nous puissions pousser ce Discours, Parlons un peu d'autres Nouvelles :

J'en, tiens déjà deux assez belles.

En premier chef I'Abbé Padhy .

Lequel a mérite & demy ,

•5 Et dans sa Maison , qu'on exalte , Compte des Grands Mattres de [ Malthe , A qui l'on donne , là , le Daiz , Est Prélat Mitre de Rodez , Et , par notre illustre Archevêque ,[^,

»Qui du même Lieu fut Evêque, m On Icveid. n'aguere, mytrer, "

C'est à dire autrement sacrer .

Ayant , pour Assistans de marque .

Ces deux qu'à côté je remarque.

Les XïBsgiiB! d'AneonlâniB [Prangals d» p*ric«nll et d'AoqipiiifaesifeItu].

•i L'autre Nouvelle . la void :

Par un louable & saint souci , Huit DÉptn-Ez de notre Dame , Où l'on chante eh si belle Game , Composent une Mission ,

Fo Digne de Bénédiction .

.Coo^^lc

Sur les Terre> ob ce CRAnntE

Sei^eurie avec juste Titre , Etf'aysceu, d'un fort bon Marchand, s£l^ Qu'à Saint Màthurin de Lakcrant

37S Ces ravissana Missionnaires Font des Progrez extr'ordinaires , Et (jue les plus grands Pervertis Deviennent de saints Convertis , Ce que je mets en mon Epître ,

iSoPour bel Exemple k tout CHAnnE.

Le vingt-deux du Mois trépassé , Le Pape n'étoit point passé Et combatoit en Alexandre La Mort, qui pensoït le surprendre.

aSj ' Par un mauvais Aspect des Ciedx, En je ne sçai combien de Lieux De ut IhtoviNCE d' Albanie , Comme on l'a sceu de Dalmatie , U s'est fait de tels Tremblemens ,

*9»Que Unt VimnENS qu'OroMANs Ont , avec des Villes entières , Ainsi trouvé leurs Cimetières.

»3a. — Du aa. May 1667 (Ronmr).

Afa I baate encor pour les demieis ; Mais j'ay grand' pitié des premiers.

19J Ailleurs j'en diray davantage ,

N'ayant en ma troisième Page

Que place pour dater & dire que ces

rVen

Sont du vingt-un de May, l'un des i/lcns

[les plus verts.

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