‹ Les continuateurs de LoretChapitre 169 sur 217 · uin 1667 [Roi · texte numérisé non relu

uin 1667 [Roi

tri.

■45 Mail une insolente Grenade

Luivinst, psrun coup trop maus- Emporter la Main & les Yeux [sade, [O quel accident , justes Cieuxi], Puis une Baie meurtrière .

' jo Ne pouvant lui rompre en visière , Le trapa tellement au Chef Qu'il tomba mort de ce méchef. Jamais l'inhumaine Bellonne Traita-t'elle plus mal Personne ?

<f 5 Le Cheviûkk de Villemok , Désirant vanger cette Mort , Fit , ce m'a-t on dit , des Mervnlles, Lesquelles ont peu de pareilles Et , quoy au'il fut percé de coups ,

160 Persistant aans son beau courrous , Il combatit sans nul relâche

1 Voyez si c'esloit estre lâche} > usques à ce que le Destin A leur Choc mrieuz mit fin.

)ti5 Faute de place , en ma dernière , Où me surmontoit la Matière, Je n'y pus narrer ces Explois , Et j'en rechignay mille fois , Car c'est à tels Fais pleins de gloire ■70 Qu'on doit un beau Rang dans

[l'Histoire.

Les Troupes que le Duc Lomuin Envoyé k nôtre Souverain , Par zèle , par reconessanae , Et comme bon Ami de France .

I7S N'aguère, ont pa»é par Arras , Et , laissans , de peur d'embarras , En ce Lieu-Û tout leur Bagage , Qui bien souvent nuit au Courage , Elles prirent , en bon arroy ,

iBo Leur Marche vers le Cam? du Roy.

Le cher Dauphin decegraqd Sire, Que de plus en plus on admire , Cet aimable Eniant (que Disu gardl] Est & présent sain & gaillard ,

<S5Et. daise , chacun à la Joyc Abandonne son cœur en jpn^e.

C'est avecque raison aussi , Car , verahent£ , jusqu'ici On n'a vu nul Dauphin en France

■9« Dont l'on eût plus grande espérance.

L'autre jour , ce Prince charmant

Envoya faire Compliment.

Par Homme qui des mieux s'eiplt-u— r-

A nôtre Retne Ban-ANiouE . [que , ^^ >95 Sur le DÉcEos triste & tuai «"in

Du beau petit Duc de Kendal , ^5ïf|;|!,î

Sans oublier l'illustre Altesse

Pour oui je fais rouler la Presse ,

A qui Von dit que cette Mort looL'avoit, certe. louché Irien fort.

Nôtre auguste Reynb , sa MAre , A ces pRiHcsssBS a fait faire Des Condoléances aussi , Envoyant tout exprés Ici *<>ï Un Harangueur de bonne sorte , Car c'étoit, comme on le rapporte.

Le ùeur Marquis de Hautefort .

Seigneur pieux & tres-accort.

Voila pour les Nouvelles nôtres ; *■<■ Ajoûton»-«n un peu des autres.

La DiÉTE des Polohois Est terminée à cette fois , Et , sur le point d'être achevée , On résolut une Levée "5 Pour le payement des Soldats , Qui seront contans en ce cas.

Lors que le Pape eut rendu l'Ame, Dont si lone parut la Trame , On fut reconétre son Corps ,

ai» Comme on fait ft tous Papes morts.

Et , selon ce qui se pratique Par un Usage assez antique , L'Aneao du Pescheur fut rompu Et , de plus , comme je l'ay sceu ,

"5 On difforma le Plomb des Bulbs , Qui demeurèrent ainsi nules.

En suite, ce Corps sans vertu , Quoy qu'en Pontipe encor vestu , Fut , avant qu'être mis en Biérc ,

1)0 Conduit, dedans une Litière, Au Vatican belliquement Et comme on eut conduit vraiment) Autres-fois , défunt Alexandre , Dont il ne nous reste os ni cendre.

•Ji Sept belles Pièces de Canon Suivant ce Pape de son nom.

klQi^lc

iiy. — Du 36. Juin 1667 (Robinkt).

Depuis , on a fait ses Os£ques , Où l'on ne veîd point d'AKcHSVES- [ques , Mais où le Collège pompeux 140 Des Ehiksnces , deux à deux , Faisoit beau feu par l'Ecarlate Qu'elles ponent sur l'Omoplate. Après , du Conclave on parla Et l'on résolut , sur cela , >4ï Toutes les choses nécessaires Qu'on observe dans ces Mystères :

l'oila ce aue le Déposant £n peut dire quant à présent.

L'un des derniers Mois, à Lisbon-

»5«La charmante Portb-Couronne [ne.

Qu'idolâtre le Portugal , Où l'on ne peut rien voir d'égal , Fit entrer en leur Monastère Quatre Filles d'un Ordre austère .

*'''™"' Qu'on nomme de la Passion, capAdiM Que , par excès d'affection ,

Cette Princesse illustre & belle , D'ici , fit aller avec EÙe.

Cette auguste Solennité

360 Fut de sa haute I^eté

Comme un Triomphe magnifique , Dont nulement je ne me pique De vous peindre Ici le Tableau , Car rien jamais ne fut si beau.

'^5 Ces Pénitentes Héroïnes , Qui n'aimient rien que les Epines De leur divin Caucmâ , Dont leur Cœur est Déifié .

Ne passèrent que sur des Roses ,

170 Encor tout fraîchement ècloses .

Sur des Œillets & sur des Lys ,

Pour arriver à leur Trdllis , Et . marcbans & la PEKrrENCE A travers la Magnificence 37$ Qui déployoit tous ses Trésors , Chacun auroit juré pour lors Que celle-ci , dans ses Entraves , Les traînoit comme ses Esclaves.

De Pabis le rare Prélat ,

180 Dont les Vertus ont tant d'éclat

Et que par tout si fort l'on prise ,

Receut au Bercail de I'Eglise

Une Ouaille , le dernier jour ,

dl» RHlna HlobBil 1 Bot at Seinat d(

Bien digne d'estime & d'amour , 1B5 Et , certe , c'étoit grand dommage Qu'elle fût dans le Pâturage Des 'Troopbadx du Pasteur Calvin , Dont le CocrniE est presque plein.

En bornant ici mes Nouvelles , 190 Que l'on doit , je croy , trouver bel- Je veux bien vous faire sçavoir [les , Que l'on vient de m'en faire voir Une , galante & fort gentille , Du Stile d'une docte Fille ,

ouu, qui a* qvDjw ddbi j9 moi mDoa, u

195 Qui , mieux qu'aucun en l'Univers , Sçait composer en Prose & Vers ; Et vous pourrez apprendre au large Le reste en la procbaineMarge, Car je ne sçauroîs ajouter

joo Que deux Vers encor pour dater.

Le vingt & cinq de Juin je fis cette Légende , Sentant une chaleur tAs grande.

A Parh , Ckt^ F. UugMti .nuit la Harpe , an* Inà Ktit.

.yGOQl^lC

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pai Chaklii robinet.]

Du 3. Juillet 1667.

pRiMCBUE , qui pourriez , par mille Appas vainqueurs . Faire par tout la Guerre aux plus illustres Cœurs , Vous s;avez de quel air Louis , vôtre Beau-Frére ;

La fait dedans les Pays-Bas , Et comme , en cette noble & pénible Carrière , Philipes , ^tre Epous , marche sur tous ses Pas.

C'est ce que , de mon mieux , je vais dire en mes Vers , Qui , sous vôtre grand Nom , vont en cent IJeux divers. Le Champ est vaste et beau , l'on n'y voit que Trophées ,

Que , dessus l'héroïque Ton , Je laisseray chanter a nos doctes Orpbées , Et que je oarreray sans art & sans façon.

Loms , de mine haute & âére , Poursuivant sa marche Guerrière

■5 Du FoBT CiLutLE-RoY vers Toukm£ , Qui sous nos Lvs est retourné , Eut avis que certains Croates (Qui sont de terrestres Hrates] , Sortis des Bois des environs ,

10 Vouloyent , en plaisans Fanfarons , Venir charger sur le Bagage , Pour en faire entr'euz le Rutage, Or , pour les arrêter tout court , v^ Il y dépêcha Rohecoukt ,

dM Homme de cceur , Homme de mise, J^^^ Qu'en son Métierbeaucoup on prise, Et son auguste Majesté , ■>

Pleine de magnanimité , Tout ainsi qu'un simple Gendarmb ,

jo Courut même au Lieu de l'allarme.

Phiupe , ayant ouy le bruit,

, Quoy qu'a peine il se mit au Lit , En un tourne-main se r'habille , Et ce jeune Héros qui brille ,

J5 Etant a Cheval remonté , Aussi-tôt se veid au côté Du grand & du martial Sike , Prest à mieux faire eocor qu'a dire.

Mais Romecour , par un beau 40 Qui le fist louanger bien Fort, [Sort, Avoit , d'une verte manière , Recognè jusqu'en leur Tanière Ces grands Affamez de Butin , Mais , au lieu duquel , le Destin 45 Les Et froter d'étrange sorte Par Gens qui n'ont pas la main

[morte

A son arrivée a Tourné , Nôtre admirable Coorohné , Reconnut lui-même la Place

soAvccque une Guerrière audace.

Cette PeAle des Majestez Ayant Monsieur à ses costcz , Avec le célèbre Turenne , Si sage & si preux Cartaine ,

55 Et quelques autres de sa Cour , Les plus dignes de son amour.

Puis , ayant soupe dans sa Tante (C'est une chose tres-constante).

Au Heu de jouer au Triquetrac ,

60 Ils allèrent au Bivouac , C'est a dit« faire la Ronde ,

Page 1