VOM
APOSTILE
J'oubliots une Nouveauté jM Qui doit charmer ndtre Cité.
MoLi^KB reprenant courage , Malgré la Bourrasque & T'Oran.
Sur la Scène se Wt revoir : rtoir! Au nom des Dieux, qu'on l'aiOs
 fêrit, tM*^ C. ClumaMa. nu i» U Hwt*».
îdbvGoo^lc
LETTRE EN VERS A MADAME
[Pai CHAtLit ROBINET.]
Du iS. Octobre 1667.
Mea Hiatoriquea Vers , il boit aller denitio Rendre Hommage à Madame , au Chtteau S. Genttiin ;
Ne faites point le Sit derrière.
De bien plus beaux que vous , pour un si grand bon-heoT.
Voleroyent dans cette carrière ; Mùf de TOUS pr^<frer Elle tous fiùt l'honneur.
Aussi , sentex-vous lùeii de quel beau Prix il est Et , comme tout charmex de ce noble lat&'est . Sans force , de ma Veine un chacun de tous coule. Ouy, voua êtes si prompts, au gré de mes souhaits .
Que TOUS vous jettez presque en Moule , Dés que de mon Ecrit j'ay choisi les Sujets.
La NouTelte étoit bien certaine Que le Tartub dans I'Ukiaimb
ij Avoit fait une Irruption ; Mais il n'est pas constant , dit-on , Qu'il tienne Cz^ww dans sa Manche, Car je lus un Ecrit , Dimanche , Qui porte que le Gouverneur,
M Homme de courage & d'honneur, A des mieux réprimé l'audace De cette Tartaroise Race , Soutenant d'un aîr glorieux Quatorze Assauts , tous furieux ,
11 Et qu'ayant . par sa résistance , Beaucoup émoussé la vaillance De ces nombreux Assiégeans , Il a , pour banqueter ses Gens , Durant une Trentaine entière ,
|o D'une façon fort singulière , Fait saler maints maigres Chevaux , Faute de Bœuft , Vaches & Veaux , De Moutons, d'Agneaux ft Volailles, Qui plaisent mieux à nos Entrailles,
J5 Espârant, dons ces trente jours , Recevoir, par un bon Secours, D'autres Munitions de Bouche ,
Avéque enfin tout ce qui touche Le Salut de ce Poste-lA , 40 Et c'est ttre Brave au de^là 1
Cependant les Tourne-Casaques , Qu'on conét trop pour les Cosaqubs, Avec grand nombre d'Otomans , Comm'eux de mauvais Gamemans ,
4f Ont paru devers L^polb , Pour y faire leur Monopole ; Or la Noblesse , en desarroy.
En est dedans un tel éfroy Que . pour sa Défense plus grande ,
jo L' Arriére-ban Elle demande.
Mais , comme un peu l'on la conCt, Elle recevra , s'il lui plaît , Pour la seuretf des Affaires , Des Cohortes Auxiliaires .
5j Et mêmes un Chef Etranger, Qui puisse au Devoir la ranger ; Et , sans cela , point de nouvelle Et point d'Arriére-tun pour Elle.
Mois tout cela ow tût frémir
a53. — Du i5, Octobre 1667 (Rororer).
toft
*o Pour le bon Sou CunuR
Et aon Roysume de Pologne ,
Cor c'est très-bien de la Besogne ,
Et, pour moy, je ne compren pas
Comment, dans un tel embaraa , 65 On peut chérir une Couronne ,
QueujUe Brillant qui l'environne.
Mais on ditquele GauiB-SEiGNEtnt,
En Prince de bien & d'honneur.
Lui jure une Amitié nncére , 7« S'il veut seulement se dé&ire
^ontte est la Condition)
De rUkrénoîse Portion
Qu'à présent Sa Haursik ocupe.
Qu'en dites-vous ? est-Elle Dupe ?
75 Cette Hautesse veut de plus
tMats je crain pour Elle un leiiu)
Que le susdit Caùmir quite
L'Alîsnce du Moscovite ,
Ou qu'il n'en fasse au moins meshuy 80 Une plus étroite avec luy.
Ce fiusant . Elle s'am«doue
Et , ce dit-Elle , désavoue
Tout ce que le Tartare a &it.
En un mot, voila sob souhait; [die, S5 C'est au Polonois , qu'on veut too-
\ juger comme il doit répondre.
fgneur, rand-Sei-
Mais, à propos du Grai Son VisiR , malgré son grand cœur Et ses Travaux, presques d'Hercule,
go Loin d'avancer, toûjoun recule Dans son Siège des Cakmots , Qui ne sont point des Idiots.
Soit par dessous , ou dessus Terre , Qu'il croye le« gagner, il erre ;
91 II en est repoussé par tout Et, le plus souvent, mis k bout.
On dit qu'il tlche , par des Flèches, De &ire dans leurs cœurs des Bré- [ches.
N'en pouvant faire & leurs Remparts,
100 Leur mandant au bout de ces Dards, Par des Billets en stile tendre , Que, s'ils veulent vers lui se rendre.
Il leur donnera Monts &. Vaux.
Mais quoi ? ce sont Brîdes-à-veaux
■os Et , soit qu'il lionne ou renarde , Toujours sa Conqueste retarde , Et lors ce Visir, perdant cœur.
Loge chez GuiUot le Songeur,
Pensant que . s'il fout qu'il nporte
110 Sans Laurier son Chef à la Poaii, Le Foudre dessus tombera , Qui décolè net le fera. ' C'est dequoj, certe, il court Fortune, Vu la Défence non commune
tt} De ces chers Métropolitains , Chez qui même les bons Destins .
Qui contre les Mahoms s'irritent , Les Amazones ressuscitent , Afin qu'ils soient mieux soutenus
ISO Contre ces Assaillans cornus.
Car on asséure que les Femmes , Voire jusqu'aux premières Dames, Les secoiûlent A qui mieux-mieux , Par un courage glorieux ,
115 Et que, méines, l'une d'entr'elles.
Des plus Guerrières & plus belles , Laquelle étoit leur Thalestris , De la Gloire cherchant le Prix , Fut mise hors de Combat, n'aguére,
ijoPar une Boule meurtrière.
Ah I pour le Sexe délicat Cette Valeur a trop d'éclat Et, selon moy, ses divins channes Veulent un Combat d'autres Armes.
1^5 C'est en ce Combat que j'entens , Où de plaisir meurent les Sens.
Que le Wave EJfnSum Iokaci Et cette belle & jeune Grâce , Dont l'Hymen a fait sa Moitié ,
r^o^ar chacun est-U de moitié) Ont formé ce Poopon aimable
Qui cause une jore incroyable
En leur Impériale Cour
Et même en ta Nôtre , en ce jour
145 Où la Nouvelle en est venue , Et , Mardy dernier, fut receue De l'une & l'autre MuEsri , Avec beaucoup de gayeté.
Vraiment , ce Monarque des Aigw
ii«De l'Hymen entend bien les Reigiei De faire ainsi, dans les neuf Mois, Voir ce Fruit de ses doux Eqdois Et, par ma fdy, s'il veut m'en croire, Pour mettre le comble A sa gloire ,
I5J Tels beaux Fais il continuera Et Rkis les autres lainera .
Où je crai, sans aucun mécoote ,
aS3. — Du 1$. Octobre 1667 (RoBom]. loSo
Ce sera pour mon autre Lettre.
Qu'il pouiToit moÏDS trouver son
[compte.
Ceux de Flandres, pour le Présent,
160 Dont ne rit pas le Païsant , Contisient en Courses utiles , Où . jUM^ues aux Portes des Villes , Nos Partis enlèvent , dit-on .
Toujours le Bœuf & le Mouton.
163 D'autre part aussi , nôtre Armée,
Dont va si loin la Renommée ,
Ayant toujours de bons Quartiers ,
Les avoit pris , les jours derniers ,
J^J, Proche d'Èn^yen , & Gamérage ,
•* Où tout abondoit en fourrage
Pour les Hommes & les Chevaux.
Mais ajoutons , en peu de mots , Que cela fSche , dans Bruxelle .' Beaucoup le MiutQuis de Casteixb ,
>Tl Qui • P^ la Podagre arrêté , Ne peut , en bonne vérité , S'opposer à tous ces désordres Que par de tels-quels petits ordres.
Lesquels , aussi malsains que lui ,
iSgNe pourront empCcher mesbui Les Nôtres de faire leurs Orges.
A propos , le Comte ds Lorces Est allé , dans un bel arroy.
Pour commander à Chakle-Rot,
1S5 D'où MonsieurleMuQnisD'HmuiKs, Pourvu de cœur & de lumière.
Est venu prendre promptement De LiLB le Gouvernement, Nôtre auguste & si sage Sias ,
190 Ainsi qu'on vient de me le dire , Donnant au Marquis de Belfoks (Car il a, d'Honneur, plusieurs
[Fond«] Quelqu'autre Etnploy non moins
[insigne .
Ni de sa Bravoure moins digne.
t9) Un obligeant Monsieur du Mars, Sur la Frontière un petit Mars , Où . par d'heureuses Destinées, Depuis quatorze ou quinze années , Il sert le Rot trés-dignement ,
MO M'écrit un triste Evénement ; Mais , ne le potivant icy mettre ,
En la Ville de Montperrand .
Qui dans l'Auvergne dent son rang,
105 De dignes & nobles Vestales
Ont du grand Saint François de Sa- Qui fut leur cher Instituteur, [les, Ouvert , d'une belle hauteur, La Dévotion solennelle ,
iioEt rien n'est semblable à leur zelle. Toute la susdite Cité Seconda bien leur Piété Par ses Feux , son Artillerie , Et par son Escopéterie ,
iijQui fit grand bruit duranthuit jours, Où , par autant de beaux Discours , Huit Orateurs se signalèrent Et leur éloquence étalèrent Sur les Vertus du Saint PrÎlat,
110 Sujet qui n'avoit rien de plat.
D'iceux étoit de Haitteville , Docteur passé , de cette Ville .
Et voire Auteur de beaux Ecrits Qui plaisent fort aux bons Esprits ,
3i> A savoir ses Litres Royales , Contenant des Gloses loyales ^
Dessus ce que Moyse écrit »
Des Œuvres qu'en sis Jours Dieu fit. ni Voyes-les , car je vous assure ■"
ijo Que charmante en est la Lecture.