Du 18. Septembre 1667 [Rounet
Ainsi , sans vous rien garantir.
Je m'en tais , de peur de mentir.
Finissons par l'Historiette Que je trouve sur ma tablette , aijLaquelle vient de Londre aussy, Telle que je la mets Icy.
LE QUAQUER AMOUREUX.
Un de ces Gens à Trogne bléme Plus que d'un Jeûneur de Carâme , Qu'on nomme Quaquers ou Trem- [bleurs , aaoA cause que ces bons Messieurs De propos délibéré tremblent , Quand dans leurs Temples ils s'as- [semblent.
S'étant senty navrer au Cœur Par un Objet plein de douceur, iij Fit croire à cette Créature , Un peu simplette de nature , Qu'Q avoit sceu , ce mande-t'on ,
Par une sainte Vision, Que c'étoit un cas nécessaire
ijo Qu'il accomplist le doux Mystère Avéque ses charmans Appas, c Hé bien I je n'y résiste pas , > Dit cette Belle , aussi Trembleuse.
Plus niaise que scrupuleuse ,
ijj « Faisons du Ciel la volonté. > Lors le QuAQUER , tout transporté , Eut telle accointance avec elle Que , de leur réciproque zelle , S'ensuivit certaine Tumeur
1411 Laquelle causa grand'rumeur ' Chez les Parens de la Trembleuse , Qui , sans en être plus honteuse.
Leur conta sa naïveté , Dont il fut mille fois pesté
141 Contre ledit Quaquer impie.
Après cela , que l'on se fie A ces francs Hypocrites-U I O Ciel i qu'il est de ces Gens4à Bien autre-part qu'en Angleterre;
jjo Mais , las ! encor il s'en faut taire 1
Traînez-vous vers Màd&mb, en son Villers-Cottrés , Et-U , mes Vermisseaux , saluez ses Attrais.
Le dix-sept j'enfantay cette petite Engeance, Pour laquelle au Lecteur je drâaande indulgence.
»ïj J'ay fait en Vers irréguliers Plusieurs Discours Epistoliers, Pour plaire k d'habiles Cervelles Qui jugeoient ces Rimes plus belles, Et , de fait , plusieurs du fin goût
'60 Y rencontroyent plus de ragoût ; Mais, comme il est plus d'imbéciles, Sans doute , que de Gens habiles , Les premiers , en lisant ces Vert , Les laisoyent aller de travers
i6j Et , n'entendans pas la Cézure , En rompoyent toute la Mézure.
D'ailleurs , & parler franchement , Ce fiit toujours mon sentiment, Que ces Rimes irréguliéres
170 Pour des Epltres familières
N'étoient pas d'un succez trop seur, Et que, pour rendre en un sens pur Une Historiette ou Nouvelle , La Rime unie étoit plus belle.
>7I A ces Causes donc , j'ay reprit [N'en déplaise A ces fins Éspns] Mon ancien petit Ramage , Hors l'endroit où je rends Hommi- A la Jeune Divinité [gt
aSo Qui m'a donné la liberté
De produire sous ses Auspices, Qui valent cent Astres propices.
Mes nouvellistes Vermisseaux.
Ce sont ces Préludes , nouveaux
"85 Dans toutes mes Lettres en rime, Qu'en plusieurs bons Lieux on estî- [me, Et d'où, par maints écriu charmant, Je reçois de doux complimens , Comme encor, sans en rien rabatre.
*9«'J'en ay receu depuis peu quatre; L'un desquels , en Vers trés-polis Et passant , certe, les jolis , Est d'une trés-cbarmante Miue ,
;,Ca)1>^Ic
349' — Du 'S- Septembre 1667 (RoBiNcrj.
Qui rend la Mienne bien camuse 195 De n'avoir rien vraiment d'égal :
C'est Mademoiselle Paschal ,
Qui sçait , tant qu'en Bime qu'en Ecrire mainte belle chose. [Prose ,
LETTRE EN VERS A MADAME
[Pak Chàilii robinet.]
Du 34. Septembre 1667.
Ma Musette , je viens d'apprendre Qu'on attend dans deux jours , en leur Palais Royal , Ce Couple si charmant , si noble & si loyal , A qui de nos Respects le Tribut il faut rendre.
O l'agréable nouveauté ,
Dedans nâtre grande Cité, De revoir ce Héros brillant de fine Gloire , Et sa belle Héroïne étalant mille Attrais I Ouvrons doncpromptement, CuoN, ndtre Ecritoire Et , pour les régaler, tenons nos Vers tous prests.
Je suis si ravi des merveilles Qui charmèrent mes deux Oreilles , Dans nfitre Sorbone , Lundi , Pendant tout un Après-midi ,
15 Qu'il faut que par ce beau Chapitre Je débute dans mon Epître.
Le jeune Prince , & vieux Doctkuk, Dont chacun est l'Admirateur, D'Albret, dans cette Vespertine,
to Dessus la Science Divine Continuant de s'exercer Et tous ses Rivaux surpasser, Etoit l'Autheur de ces Merveilles Que je puis nommer non-pareilles.
2j Avec quelle vivacité
Douceur, grâce & facilité , Soûtînst-ilses Antagonistes , Quoi que trés-doctes Sorbonistes I Avec quelle fdrce d'Esprit
yi Mît-il A bout qui l'entrqfrit
Sur chaque sçavante Matière Qui servoit alors de Carrière !
Avec quelle solidité , Avec quelle fécondité
3) Et quelle admirable mémoire Cotta-t'il de la Sainte Histoire Les Passages qui lui servoyent Et ses Assaillans confondoyent I Avec quelles lumières pures
40 Ecarta t'il des Ecritures Les divines obscuritez , Pour mettre au jour leurs vérîtez \
II ne faut pas que je me taise Des deux plus beaux Points de sa
[Thézc,
4j Dessus lesquels on prit l'essort Et qui , certe , me plurent fort , N'Stans pas moins Philosophiques , Sans doute , que Théologiques.
On damandoit . au premier cai ,
.,Ca)i>'^Ic
ioa3
z5o. — Du 24. Sflpnmbre 1667 (Rohmct).
ï» Si le Signe qs'Eséchias Jleceut de sa suite future , Ainsi que porte l'Ecriture .
Fut la Rétrogadation (Curieuse est la Question)
55 Seulement de l'Ombre Solaire , Ou du Corps du Grand Luminaire?
L'autre , aussi curieuse encor, Touchoit NacabudoRosor :
Sçavoir si ce Prince superbe,
60 Qui fut réduit & brouter l'herbe, Etoit & dedans & dehors Changé, tant d'Ame due de Corps.
Or, sur l'un & sur f'aDtre Thème, Ou sur l'un & l'autre Problënie,
6$ Ce Pmnck , toujours glorieux , Discourut & prouva des ^ieux ; JJ^ Et d'AniKNS le PïiuiT illustre , Dont le m^te a tant de lasone.
Ne l'ataqua sur ces Points-là .
70 Avec les beaux Talens qu'il a , Que pour lut donner plus de gloire De sa belle & pleine Victoire.
Donc , ce Sorboniste HtROs Receut un universel los ,
75 Tant des Citoyens de Sorbone. [ne.
Qui certe en grands Docteurs fcnso- Que de plusieurs sçavans Prélats , Ducs & Pairs, Princes, Magistrats, Et d'autres de haute votée ,
^Qui lors composoieht l'Assamblée.
Mais , Hardouin de Perefix -, L'auguste Prélat de Paris , Qui scait si bien dire & bien bire , Présidant illec dans la Chaire ,
Sj L'apostropha dessus la fin , En élégant & beau Latin , Et , d'une grâce sans seconde , L'élogisa le mieux du Monde , Au nom de tout le grand Concours,
90 Qui fat charmé de son Discours , Où , sans aucun mot bas ni mince , U conclud fon bien que ce Pukcb, Doué d'un si docte Cerveau , Etoit un Prodige nouveau.
93 Le lendemain , en grande Sale , Et Sale Archiépiscopale , U receut , de belle hauteur, L'illustre Bonet de Docteur, Ainsi que la juste Courone 100 Que lui préscntoit la Sorbone.
^ Le Chef de l'Université .
Avec grande »
Le Im donna donc , en présence D'une ou^ifique Assisonce ,
to5 Oh nOtre admirable Prélat , En son pontifical éclat , Faisoit fort dignement âgure , En tête de la Prélature Et de la docte Faculté,
1 10 Charmée . en bonne vérité , De voir dedans sa Compagnie Un Docteur de si haut Génie , De telle Naissance & , de plus , Orné de toutes les Vertus.
1 1) Les C&NDiOTs , par Contre-mint*.
Rendent inutiles les Mines Des laids & cornus Musulmans , Et TOUS en font , & tous momens.
Sauter en l'Air un si grand nombre
I M Que le Visnt, tout morne & sombre, En enrage au fonds de son cœur, Perdant l'espoir d'être Vainqueur.
Car, enfin , sans en rien rabatre , Encor deux milk & deux cens qui-
11; On fait le saut comme cela |tre
Avec ces Contremines-là ; De plus, dans an Assaut, n'oguéres,,^ Cinq cens de ces malheureux Hérei »
Furent'de mtaie abasourdis
ijo'Et mortellemerttiétourdis , Si bien que toute leur Armée , Au dire de la Renommée , A le cctilt failli tellement.
De maint semblable Evénement,
ij) Que les Spahis & Janissaires .
Qui sont leurs meilleurs Militaires, Crièrent l'autre-jour ■ Paix , Paix 1 (Comme rOhjet de leurs souhaits) Au Secrétaire de Venizb ,
140 Dont le beau Renom s'éternize.
Au Teste , ft l'Assaut ci-dçstus.
Où ces Turcs furent bien receus , Le brave GiNteAmsuiE Parut , certe . vaillantissime
143 Et , dedans ce guerrier Trie-Trac , Receut mSme dans l'Estomach Une Otomane Mousquetade, Mais de qui toute la boutade Contre son Hastron s'amortit ,
ijoEt ni mal ni peur ne lui fit.
Le fweax Savoyard, MutQnn-Vtixs,
;,CA)Og
imS 35o. — Du 34. Septembre 1667 (Rmikbt).
Y montrant »oa cceur en beau itite, Eut aussi , dedans les Cheveux , Un coilp de Flèche fon heureux, 15; Et ndtre AvAimnuBR illustre .
Commençant d'7 mettre en son
[Lustre , Ou , si TOUS voulcE , en son Jour, Ce Feu qu'il tient du Grand d'Hu-
[CODR,
De même 7 receut , au Visage .
16a Ainsi i]u'oa le mande , un Outrage,
Mais 81 léger, grâces aux Cieux ,
Que ce n'est qu'un Coup glodeux.
Lecteur & Lectrice, hé-bien I qu'est-
Ma Muse est-elle Prophétesseî [ce?
165 Vous BÇBTeK ce qu'au dernier jour
Je priais du Prince d'HutcODR.
Et TOUS To^ex , à la huitaioe ,
Cette Prédiction certaine.
A propos de guerriers Explois ,
170 Au nand dépit des Bnixelois, Le wioeux nmcs de TimxiniE .
Qui , pource , de nôtre Hypocréne Mérite bien tant soit peu d'eau , En vient de faire un assez beau.
17J Sans s'ànuuer & la Moutarde, Ayant eu l'avis d'Qudenarde Que l'Espagnol faisoît complot De se retrancher dans AsAt, Place par Nous sur luy gagnée
iBo Et puis par Nous abandonnée , Fut vite de ce cdté-U .
Pour vous les dénicher d&-là.
Arrivant illec , l'onzième , Il fit pousser a l'instant même,
1B5 Par de fiers & vaillans Dragons , Une Garde vers l'un des Ponts.
Le soir, on ouvrit la, Tranchée , Et , le lendemain , la Nichée Dénicha dés le point du Jour,
190 Sans bruit de.Trompette &Tambour, Et fut droit conduite à Bruxellc , Pour réjouir Monsieur Castelle.
Au reste , cette Garnison N'étoit pas petite , dit-on ,
195 Car elle étoit de huit cens Hommes. Y compris quelques Gentils- hom- Et, croyant-lft passer l'Hyver, [mest De peur d'être prise sans vert, Elle avoit Plomb &.Poudre & Mèche.
•00 De la plus fine & la plus sèche.
ioa6
Jusques k quatorze milliers , Deux Canons des plus meurtriers.
Du lard , des teah . des choux , des [raves , Qu'aiment fort plusieurs de ces Bra-
aoj Et maints autres Ingrédiens , [ves , Desquels profitèrent nos Gens.
Après-quoy, Von a mis belle-erre Alost à bas , rez pied , rez terre , Afin d'empêcher aesormais
«i« L'Espagnol H'v nicher jamais.
De CouRCBixE, en cette rencontre, ^^^^ De son Courage faisant montre , r«ntn«ia D'un Mousquet sans discretitm Receut une Contusion.
Il j De CoALiN , Duc de mérite , [quite , Pour beaucoup moins s'en trouva Car son Cheval , heureusement , Pour lui fut blessé seulement.
Bkktilulc , en propre personne , ^^^
laoY fut maltraite de Bellonne, OudM
Mais légèrement, toutefois , Et sans danger pour cette fois ; [dre, Mais Dkcbok, plus que tous & plaio-^^tM Par malheur, sy sentit atteindre Ovah
t») D'un coup tout è travers le Corps ,
Qui l'assigna parmi les Morts. j
De-li , l'on fut devers Liqubrouk, Près de Brdxslle & non de Brbsub, Se saisir encor d'un Château ajo Fait à l'Antique , & bon & beau , Et qu'on fit, parlant de tout prendre.
Sans coup fènr, sur le champ rendre.
[François Mais quoi donc , quoi î les setus Aux Pays-Bas font des Explois , ]j; Et les Ennemis , en extase , Demeurent nichez en leur Case , Sans faire voir, en Gens de cceur, Quelque Echantillon de Valeur?
Non, non, vraiment, de par le
[Diantre i
140 Et ne faut point que sous le Ventre On aille leur mettre le Feu.
Chût , donc , écoutez-nous un peu.
Et voua verrez qu'en conscience lis se frotent & d'importance.
14J Deux Partis . sortu , pour le vrai .
s5o. — Du 34. Septembre 1667 (R(»Dm).
De Valbmciknnb & de Caiorai, S'éuns joint! dedans un VUUge, Pour enlever sur son Passage , "dSÏS* ^" Corps-Saint. l'Intendant Taloh, Bimwt Au retour de Lus , dit-on .
Où , sans doute , pour quelque Af- II s'étoit trouvé nécessaire , [faire Le Sieur Gouverneur de BoncHADi , De ce Village-1& prochain ,
af} Ayant une ferme croyance
Que c'étoient des Troupes de Fran-
Envojra soixante Frotcurs [ce ,
Pour très-bien froter ces Messieurs.
Ib viennent & , sans reconétre
160 Qu'Us sont sujets d'un même Maître, Dessus le Qni-vrvs abusez , A l'instant . en mal-avisez , Se chargent d'une telle sorte Que , sâon qu'on nous le raporte ,
16) Du moins quarante & cinq ou six Furent navrez , ou bien occis , Avant qu'Us sceussent leur bévue , Tant . lors , Us «voient la berlue.
Hé bien ? après cette Action .
170 Puî-je pas dire tout-de-bon
Et sans que l'on s'en fiche en Franck Qu'Us se frotent , & d'importance ?
Mais en Fundrk Sl par-tout aussi
Nous les frotons, nous, Dieu-merci.
17s Ouy. de PBRPtONAN l'on nous mande,
Dans une gaillarde Légende, Qu'en la CsKOAioia ayans voulu Jetter un guerrier Dévolu Sur trente deux ou trois VUlaget ,
iBo Assortis de beaux Paysages , Et qui sont & Sa Majesté En vertu du dernier Traité , Le prudent & brave Noinxx , Duc qui &it tout sans qu'U piaille ,
185 Envoya réduire & Quia Un Poste appeUé Vrru , Presqu'au mtUeu de ces VUagei , Où seigneurioyent ces mal-sages.
Pour y réussir comme U îaut,
tyo U chargea le Sieur de FoucAur De cette entreprise honorable , Et ce Lieutenant, fort capable [Jugez-en par l'Evénement), En treize neures tant seulement ,
195 En fit détaler, sans que j'erre.
Soixante Joueurs de Guiterre , Id est Castillans renommez .
Compris d'Oficiers Réformes, Comme je pense, une Oixaine ,
joo Avec un vaUlant Capitaine , Ou bien fanfaron Capitan , Et je croî que cela s'entend.
Ainsi l'on mit en assurance Tous ces Vilages pour la Framci ,
jas Et l'on en sevra ces Messieurs , Qui n'ont pas pour eux les Rieurs.
AUez vite , mes Vers , vous fourrer sous la Presse , Attendant le retour de l'une &. l'autre Altesse.
Septembre avoit encor six jours jio Quand de ma Veine ils prirent court.
A Pmis; tk€X C. Chratmll, Impr.. ntdéla HKlMt. m* Anm d» Xçr-
.yGOQl^lC
LETTRE EN VERS A MADAME
[P*i Chaklii robinet.] Du premier Octobre 1667.
Hé bien I nous «vona vu nos Altesses Royales. Que de nouveaux Appu Elles o^t toutes deux Et qu'on peut bien , Clîon , les dire sans égales , Et des plus cbers Enfans des Dieux I Qu'il est channaot & qu'elle est Belle I Qu'elle est digne de Luy, comme il est digne d'EUe Et que ce Couple enfin est un Couple pamiti Mais , Ciel , que ce Héros & que cette Héroïne , Recerans nos respects, nous ont fait bonne mine. Et que de leur accueil j'ay l'esprit satisfit 1
Ce PmupB , si 6er dans les Champs de Bellonne . Dont il sembloit pour lors avoir pris tout le cceur. Humanisant pour nous sa guerrière Personne ,
Me parut rempiy de douceur ;
Et son HsinunTK adorable Ne me semble pas moins qu'à l'ordinaire af^ble Pour l'avoir aprocbé sous ses Lauriers iameux. Que tant de grâce donc nous enfle le courage ; Tachons de triomfer en leur rendant hommage , Et de rendre nos Vuts , en un mot , dignes d'Eux.
Monsieur Colbut, aussi digne [Homme Qu'il en soit d'icy jusqu'à Rome , Et des plus utiles , je croy, Au Service de ndtre Rot,
a; Alla n'aguére , prés d'Auxerre , Visiter une sienne Terre , Par une espèce de Campos , Ou de relâche & de repos.
Mais , comme ce rare Ministre
j»(Que Disn gard de tout cas sinistre!) Ne laisse perdre aucun moment , MSme en son Divertissement , Qui pour l'ordinaire est fort mince , Sans le consacrer à son Prince ,
jf U voulut , uissant ainsi Dans cette Ftomenade aussi , Qu'elle eût encore quelque marque
De son zélé pour le MoNARQn.
Les Corps donc de cette Cité ,
40 L'ayant cheï-luy complimenté , Il Keut si bien , par soq langage , En sa Réponse toute sage , Leur repnîsenter les Bontez De la Perle des Majestez
4jVers les Peuples qui sont sous Elle, Et la Dépense solemnelle Qu'EUe nït si royalement Pour l'entier rétablissement Du Trafic qui par Nous s'exerce ,
jo Chez te Grand Mogor, chez le Perse, Et, pour tout dire, en tous les Lieux Qu'éclaire le Flambeau des Cieux , Comme aussi ses soins & ses cures Touchant tant de Manufactures ,
j5 Qu'elle introduit dans son Etat ,
sSi. — Du I. Octobre 1667 (Robinkt].
io3t
Par leiquelles ce Potentit Attire , dans toute la France, Une florissante Abondance & donne k chacun le moyen
to D'avoir son Pain quotidien , Par un Employ doux & tranquile Autant qu'honnSte , autant qu'utile; Il sceut , di-je , par son discours , Où la douceur régne toujours ,
fij Leur transmettre si bien son zelle , Digne d'une gloire immortelle , Que ces Corps , dés le lendemain , Pour mériter du Souverain
. La Bonté , par tout signalée ,
70 Firent une grande Assemblée , Où . par noble Emulation .
. Outre une Contribution Unanimement résolue, irAD Qu'ft cinq mil Frans on évalue .
7j On conclud encore, de plus , De remédier aux Abus Qui se sont glîssez-là , je pense , Dans l'Ouvrage des Pomts de Fran- D'întroduire chez~eux aussi , [ce ;
80 Par un non moins digne souci.
Les Serges & les bas de Laine , D'établir Pension certaine En faveur vraiment de tous ceux Qui , d'un Esprit ingénieux ,
Bj Trouveront dedans leurs Cervelles Quelques Inventions nouvelles , Et de payer la Taille enfin Pour ceux qui , par un bon Destin , Etans fécons dans leurs Familles ,
90 Fourniront trois Garçons ou Filles , Pour travailler de leurs dix doigts En quelqu'un des susdits Emplois ; D'où la belle Ville Auxerroise , Et fort peuplée & fort bourgeoise , ' ^ Ettend un lustre tout nouveau.
Mais, si son Sort devient plus beau.
Elle doit mettre en sa Mémoire , Comme je le mets dons l'Histoire , Qu'elle le doit à cet expert
100 â nomparùl Monsieur Colbert.
Lundy, le Cours de Rouvuxe .
Jeune . bien-fait , d'humeur civile , Et qui d'ailleurs a des Jauoets , Sans qui les Gens sont fort benêts , lot Epousa , par bonne fortune , La belle Infante de EiniuNS .
Fille de ce Défunt Seieaeur Qui fut le Chevalier tTHonneur De ndtre auguste & belle Rsyin, oQu'icy bien -tôt Dieu nous r'amànc Pour y mieux passer les cours joun:
Mais passons A d'autres Discours.
Son Epous , Lotus QoAToaziiiu, L'Honneur certt du Diadème ,
1 1$ Et Prince grand Justicier,
N'aguére , au Sieur de Baïuosa A concédé la Survi'rance De sa Charge de conséquence q En feveur de son propre Fils ; <
laoCe rare Potentat aes Lys , Qui fait tout avéque lumière , Témoignant . de cette manière , Qu'ayant de bons & de fins yeux , Il a conu de tous les deux
11$ Les Services & le mérite.
C'est , Sans que du tout je hésite , Ni que j'erre , ni peu ni point , Comme je conclus sur ce point.
Sa belle & glorieuse Armée , ijoDe qui la Dame Renommée Dit maintes choses dans Madrit , Dont l'un est dolent & contrit , Est encore (loin de Dunquerquc) En son dernier Camp de Liquerque, i3j Tandis qu'Alôt à bas est mis; Et , pendant cela , ses Partis S'en vont par-tout batre l'EsCrade, Donnans Aubade ou Sérénade Aux Portes des Villes & Bourgs 140 Des Espagnols , qui font les sourds, Ou marmotent leurs Patsnftcres , Sans jamais rien répondie aux N^ [très.
C'est, dit-on, que, fort sagement.
Ils attendent patiamment
145 Toutes les Forces nécessaires; Mais ce sont de grande* Affiûrea, Et les Ministres , A Madrit , Sur cela perdent leur Esprit Ils vouloient envoyer à VnwKX
150 De leurs Doublons mainte centaine.
Pour y lever des Faotastins ; Et puis , ea cbaogeaat de Dtsaeiiu,
ioS3
De crainte de ■'■lier mjpreadre , Ils ont crû qu'ils deroieat anendre t5f Que l'Empereur, premièrement.
Eût déclaré son Sentiment Sur cette Affaire d'importance , Qui fort l'inquiète , en conscience.
Cependant, de nôtre Côté.
160 Nôtre brillante MairstA ,
Désirant mettre à bout I'Espàohb Dedans la future Campagne, [prâts, Donne ordre à tous ses grands Ap- Qui devant le temps seront prêts ,
165 Et , pour avancer ses Conquestes , Il feit Chois de certaines lestes Dont l'ancienne & sage Valeur Pour les Ennemis me bit peur.
D'ailleurs , nOtre îllustrie Jeunesse ijoOu bien nôtre ieune Noblesse, Brûlant de cueillir des Lauriers A coté de ces grands Guerriers Et sur les pas de la Victoire Qui nôtre Roy couvre de gloire , ■ 7S Apprend le beau Métier de Mars , Et comme on force des Ramparts , Attaquant une Forteresse , tjFm- Qu'au plus grand Faux-bourg de Oanntin L'Académiste BsRNAaoY, [Lutéce )8a Personnage d'un comr hardy.
Exprés pour l'instruire , a fait bire.
Par un zélé Qu'on ne peut taire.
Monsieur le Muquis de Bréval , Qui des mieux se tient à cheval , 1B3 L'Attaque du Poste commande , Avec une adresse fort grande , Faisant ce qu'on fait en cela , Mais , pour le repousser de-lft , ij^og^ Saint Mahiuce fait la Sortie , 190 De Cadets très-bien assortie , cM^ Et , bref , l'Autheur du Fort susdit
u*ttra' Est dedans , à ce qu'on m'a dit ,, UauSu- Pour travailler à sa Défense ; "'i'^ Ce qui se fait en la présence 193 Du plus beau Moncle de Paris .
De cette belle Guerre épris , Où de franche poudre àe Chypre
gtui rime des mieux avec Ypre) n charge , je croy, les Mousquets , «M Pour en tirer des coups coquets. Mais vite bornons nôtre Epitre ,
»5i. — Du I. Octobre 1667 (RoBmxr). 1034
Enfin , par te demiw Cfa«i^tre.
Les Amns cogpiblxs i>inns
Certain Noble Proinncial , Que le Nceud mi^monial ao3 Assembloit avec une Belle , Tout-i-fait digne de son zelle , Et qu'il aimoit aussi , dit-on ,
Avec beaucoup de passion , Etant allé dans un Voyage , loS'y piqua pourtant d'un Visage
Où , sans doute , la nouveauté Lui fit trouver plus de Beauté.
Ce nouvel Objet de sa Flâme A tel point donc touche son Ame ,
3 15 Qu'il est l'Ascendant amoureux
De ses soupirs & de ses vaux ,
Et qu'il l'engage en un Dédale
Où se pert sa roy conjugale.
Etoufent ainsi raminé
MO Qu'il doit à sa chère Moitié .
Tous ses soins alors il aplique A se faire aimer d'Angébque ^ous nommerons ainsi l'Objet Dont son cceur devient le sujet).
la; Comme il poussoit bien la rleu- [rette. Que sa Personne étoit bien-faite Et qu'il possédoit , en un mot ■ Ce qui peut faire un coeur capot , , Angélique prend feu de même ,
ajo Et, quoy qu'en autre-part, elle aime. Devenant mfidelle aussi , Donne son cœur A celui-ci.
Un seul Point arrête l'Affoire, Et ce Point est en tel Mystère
JJ5 Proprement le Nœud Gordien , Car on ne veut accorder rien Que sous les Loix du Mariage , Et le susdit Amant volage , Ainsi que vous l'avez appris ,
140 Pour Duppe , de la sorte , est pris. Mais voyez , tant sa fiâme est forte , A quel Crime noir il se porte Pour trancher ce Lien sacré , Des plus Barbares révéré.
14; 11 s'accorde aveque Angélique Et , dans son Transport frénétique.
Vient , comme un Tygre sans pitié ,
7pe Etrangler sa belle Moitié.
De ses propres mains it l'iounole
Cîoo^lc
io35
■50 A M noavelle & cbére Idole .
Et , paliant d'un Accidant Ce Crime au seul Ciel évidant , Avec la Défuote il l'enserre , Dans un Cercueil dessous la Terre,
»5S Ayant versé de feintes pleurs Et montré de fausses douleurs Qui trompent tout son Voiûnage, Pour jouir du Prix de sa rage , Sous de beaux Prétextes il part
>fo Et , sur sa route , tout gaillard D'avoir si bien joué son râle.
Devers son Angélique il vole.
Mais où court ce coupable Amant?
On vient de mettre au Monument
»^f Cette Angélique , aussi coupable.
U apprend (ceci n'est point fable) Que ce digne Objet de son coeur Avoit fait faillite â l'Honneur Et qu'en un mot , son triste Père ,
170 Avant sceu le honteux Mjrstére , L avoit , par un Poison vangeur.
Immolée à ce même Honneur.
Jugez ce que l'Epoux perfide ,
i5i. — Da (.Octobre 1667 (Rounbt).
Et de ta Femme l'Homidde , 375 Devient en apprenant ce cas Et quels sont les affreux combas Que du Ciel la juste Vengeance Luy livre dans la conscience!
Ils sont tels , 0 mon cher Lecteur, aSo Qu'à lui-même tout plein d'bomur De son énorme Barbarie , Poussé de plus d'une Furie , n s'en retourne sur ses pas Foire ce qu'autre fois fit l'in&meJudu.
185 En finissant , je viens d'apprendn Ce qu'à peine je puis comprendre , Que la Fièvre a surpris Momsiedi, Lui . di-je , qui luy faisoit peur A la Teste de U Tranchée .
190 Où cette mièvre étoit nichée.
Cela ne peut-être , ma foy.
Ou bien , si la chose est . je croy Que son beau Sang , tout en coin, Chez lui ne la souffrira guère ,
195 Et , sans nulement en douter, Je m'en vais promtement , doter.
Ceci fut rimaillé , le premier jour d'Octobre , Par moy qui puu me nommer Sobre.
DiglizedbvGoOglC
io37
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par CHAàiii ROBINET.]
Du 8. Octobre 1667.
MâUKS , quoi qu'une Insomnie .
Procédant de quelques ennuya , M'ait disloqué tout le Génie Depuis du moins quatre ou dnq nuits , Quoique je baflïUe & je sois IftcBe ,
Et que , pour réussir en mon illustre Tâche . Je me sente en mauvais état , A tout bazard , je m'y rais mettre , De crainte de passer pour Fat
Si i'âois quinze jours sans tous écrire en Métré.
D'ailleurs , Altkssb belle & grande ,
On me fait ft présent l'honneur
D'imj)rimer ma Lettre en Holande :
Ainsi je doi reprendre caur ;
Autrement Messieurs de la Haye Aurotent chez l'Imprimeur une plaisante Baye ,
Si j'allois demeurer tout court ;
Car, se tenant seur de ma Veine ,
Il leur a fait sçavoir le jour Que se vendroyent chez-4ui mes Vers chaque Semaine.
Mais , n'en déplaise an Typographe ,
Il auroit dû aie consulter
Et même avoir mon Paragraphe
Avant qu'ainsi me débiter.
Car l'Imprimeur de Paris grogne Et me dît lâ-dessus , en faisant grise trogne ,
Que moindre en sera son Débit.
Mali ce n'est pas là vôtre Ai^re ,
Et , pour moi-même , il ne s'agit (C'est là mon intérest) que de vous sadsfiûre.
Hé bien I i'ay des miens raisonné Et sans nul doute de*îné Touchant cette mol-sage Fièvre Qui, bonne pour un sang de Lièvre, j3 PensMt tenir son Quant-à-toy Dans celui du Fb^ du Rot, Car la Félonne & la Perverse, Qui se fiommoit DouUe-Tlerce,
A qnité la Place aussi-tât ,
40 Sans Aioumcment sur Défaut ,
Tant d une foçon vigoureuse
Il a repoussé la Trembleuse,
Louis , par un cfaonnant sond , De son Saint-Germain vinst Id ,
io39 »5i. — Du 8. Octobre 1667 (Roi
45 Pensant dédder la Querelle
Que Philippe avoit avec elle ;
Mais ce Momarqub plein d'Appas
Ne la trouva , par ma Fo^, pas ,
Et , sur le point de sa visite , }o Elle avoit quité son beau CSte
Pour aller chez les Ennemis ,
Où tout lui peut être permis ,
Et même d'être CoirmtuB ,
Si nôtre Guerre continue.
itl.
ï5 Ainsi , sa Grande MaibstA , Apres avoir félicité Le Princb dessus sa Victoire , Plus ravy qu'on ne le peut croire , Reprit bien & beau le chemin
<o Oudit Chftteau de Saint-Germain , D'où son adorable Tateizs , Qui des Vertus a plus de tréze , Avoit , par un m£me souci , Envoyé vers Monsiedk aussi,
«3 Diverses fois , un galant Homme Que Dbvizâ par tout on nomme , Et qui fort honorablement S'aquita de son Compliment.
Je me suis aussi laissé dire 7» Que nôtre auguste et digne Snti , Grand certes de toutes façons , A 1b Comtrub de Soisaoïis , Dans ce temps-là , rendit visite , Cette Altesse de haut mérite 75 Se trouvant sur le dernier mois Qu'il lui convient, selon les Loix De nôtre Grand'-Mére Nature , Mettre au Monde une Crteture Qui doit-être , de sa fi^on , 8oOu belle Fille, ou beau Garçon; Mais , comme aussi Monsieur son Est de moitié dans ce Myitére, [Père Si c'est UQ Mâle , je prévois Qu'il aimera les beaux Exploia.
S) C'est trop garder nôtre Nouvelle Tout-4-fait curieuse & belle , De ce grand Jésuite Profez .
Lequeïde Maroc & de Fez Portcroit le beau Diadème .
90 S'il n'eût préféré le Saint Crème A cette Couronne d« Prix
Que porte maintenant son Fils.
En voici donc' toute l'Hisoiire Bien digne de nôtre Ecritoire.
Ce PxiNCB , travesti , dit-on , Allant au tomiieau de Mahom , Rendre Grâces , Toille^ue-vaîUe .
Du gain d'une grande Bataille , En TAn cinquante, ou cinquante-un, Fut pris sur lés Flots de Neptun
Par fun de nos Héros de Maltbe , Digne qu'à jamais on l'exalte Pour ce plus beau de tous ses Fais , A sçBvoff Balthazak Mbnckz.
109 Or, comme donc il se d^uise Et qu'il ne passe , dans sa rase , Que pour un Seigneur Marocain , On lui donne campos , soudain .
Qu'il a donné queloue finance
1 itt À>ur sa Rançon & Délivrance ; Mais , dés qull pense à son retour, La Gracb 1 onète à son tour, Et le rend . dedans ses Entraves , L'un de ses plus fameux Esclaves.
T15 Ce R07 se fait déturquiser, Et c'est-à-dire baptiser.
Le propre jour de Saint Ignace :
Et , conduit par la même Grâce , Il prend le Nom de Lovou ,
itoJoignant même à ce beau Nonh4à Ceux de cet illustre Corsaire Qui l'avoit pris sur sa Galère.
Ensuite, il apprend le Latin Et se fait Sacekdos enfin ,
115A dessein d'aller, en retraite, Vivn en trés-humble Anacorethe ; Mais , suivant la Direction De la sainte Inspiration , Il se fait Jésuiste dans Rome,
t jo Et , sur le bruit que le SADnvHôia Le vouloit , par un digne éclat , Elever au Cardinalat, [vaine,
Luy, dont l'Ame est humble & 000 Pane dans Naple , puis à Qenne ,
ijjOù, prêchant admirablement, Id-ext apostelîquement , Il convertit , par son mat stile , Des Otonuna jusqu'à deux mille.
Depuis , par son aile embrasé .
140 Ce erano Chrfoien s'est avisé D'aller dedans son Pays même.
Pour prêcher aux Siens le Bitteie- C'est ceqn'on mondede Bordcsux, Ville où l'on fait de beaux Caioja-
■4» Et qu'ayant pasaé par Tholow .
Que la claire Garonne airoae , Il y fut receu , Bonne^oy; Tout ainsi qu'on reçoit ua Roy, Mains devoCa Diseurs d'Aotùphoinn,
■s» A sçavoir tant Preitrea que Moines , L'ayans , k ce qu'on dit , traité Du beau titre de Majesté.
Arrivant le jour Saint Ignace , Il en &t . de très-bonne grâce
>>5 Et d'un air noble & souverain , Les Ëlogcs , le iendemain , En présence d'une Assemblée De tout le beau Monde comblée , Et des plus Doctes mémement ,
160 Qu'il jetta dans l'étonnement.
Au reste , ce Prêcheur illustre .
Qui dédaigne un Royal Balustre , Est de sa Personne bien-fait , Doué d'un Esprit fort complet.
■6} Du plus beau Naturel du Monde, Et, comme en Talens il abonde.
Outre ces grandes qualités Qui conviennent aux Majestez , Il peut en quinze ou seize Langues,
■ToOuyr&f&ifedes Harangues; Mais , ce qu'on estime le plus .
Des grands Saints il a les Vertus , Et , dans son zélé , il ne resf^re Rien que la Glcùre du Martyre. .
~i 7j Du Sénat de cette Cité *"'••" Dont Je vous ay le nom cité ,
Les Députez, tous Gens de marque, Ont harangué nfitre Momakqdb Dessus les glorieux Progrez 180 Que chez le Flamand il a fais.
Celuy qui portoit la Parole S'aquita bien d'an si beau Rôle.
Etant , & d'effet & de nom , "JJ^îû' ^" ^'"^ * **8" Salomon.
coat- Il faut aussi que je vous die ■"^ Qu'il est de nôtre Académie
Et qu'il étoit, dés dis-huit ans , Un des plus beaux Esprits du Temps, Faisant , tout du long & du large , 190 D'Avocat Général la Charge , Dans le Barreau du GrancTConseil, Avec an renom sans-pareil.
Mais, k propoad'ExplcMs de Guerre
sSs. -M* Dn 8. Octotm 1667 (RoBorrr).
Sur ladite Flamande Terre .
19J Ils sont bornes par la Saison
Où chacun sarde le Tison ,
Et , dans tr&-peu de jours, nos
["Troupes .
Vont tailler & manger leurs Soupes
En de fort bona- Quortien d'Hyver, looJusques au temps du notiveau Vert,
Où naissent les Lys & les Roses ;
Ainsi donc, partons d'autres choses.
Le Sâuutiie , ou le Polonoîs , A toujours le Mal Tartarois ,
10) Car enfin ces maudits Barbares , Que l'on amelle les Tartares , Par leur Sultan-Golba conduits , Se sont dans l'Ukraine introduits , Au nombre de cinquante mille,
iio £t , d'une façon incivile , S'y sont en^arez de CziwF .
Pour entamer ce grand Terrain Dont ils vont feire leur Conqneste , Si bieo-tôt on ne ks arreste.
ai, OnditquerOrgueiUettzCaoBUKT Va moins croissant que décroissant En son beau Siège de Camub , Et . quoi qu'à la Portb on en die .
C'est un I\>înt presques assenré
jM Qu'il ne sera point arboré Dans cette Métropolitaine, De qui la Garnison Chrétieniie , Malgré les efforts aans Vertu Du Grand Vizir , cogne-Fétu ,
115 Tous ses Dehors encor conserve :
Duo toujours ainsi les préserve 1
L'EspAGitOL , aimans les Débas , J^^ S'amuse & disputer le Pas , «Aitorp]
Dans RoKE, au sage Doc de Chauxe; 110 Mais il lui fait voir son Bec-jaune Et le convainc avec éclat Que c'est à nôtre Potkmtat, Si puissant & si magnanime , A jouer par-tout k la Prikb.
15 Passons , ma petite CUon , Du costé du Septentrion Et discourons un peu de LonOU ,
i5s. — Du 8. Octobre 1667 (RMontr).
Où maint deuus sea Œuft n pondre, Soui les &vorables Aapecta 140 Du divin Astre de la Paix.
Illcc donc . la belle Princew , ^^ Laquelle d'YoacK est Duchesse , ^doTif?' A mis au Jour aouvellement ^^1 Un Prince tout-à-fût charmant , I4J Pour reparer U triite Perte
Par Elle & son Epous soufferte , Des premiers Fruits de leur Amour, Dont fort gafc est I'Awuxhss Codr.
Terminons enfin nOtre Epitrc ,
tjo En disant on mot du Chapitre Que tinrent, dans les Cordeliers , Ces derniers jours , les Cskvalibbs "'^^ De ce rare & ftmeux Aschanqe Qui fit choir la noire î%alange ,
afs Laquelle , dans le plus haut Lieu , Entreprit de détrdner Dbo.
hà. , le cher Duc de RoQUBumx , Depuis huit bons Ans veuf encore , Comme Commissure du Rot,
iteSe rendit en pompeux arroy, Suivy de force braves Hommes De sa Maison , tous Gentils-hommes, Et, bref, d'un Train leste & nom-
[breux.
De plus , ce Seigneur généreux
■«jYfit, dans une grande Sale , Une Chère presque Royale A tous les Chevaliera susdits , Qui parurent tuen ébaudis De voir les exquises Pktures ,
170 Les beaux Fruits & les Confitures , Qui furent , avec tant d'appas , Servis dans un si grand Repas , Au son des Hauts-BtHS, des Muzet- Et des Luths & des E[»nettes. [tes ,
175 iAn» il les ravit plus encor
Quand, sous un Dais tout faagt Stt Et dans un Fauteuil magnifique , Avec cet air dont il s'apliqoe , Rempli de charme & d'agréfflcnt.
iSo U leur exposa nettement Les Intentions favorables D'un MoHAKQDi des plus ainublei.
Et le plus plein de MajeMé , Pour leur belle Société.
iBj En achevant cette CaLomiB , J'apprend que la Retni, en Penoo- Avec maints Anges, vïnstid [k, Voir hier son Beau-Frére aussi , Ainsi que vôtre auguste AL-rnss
190 Et Maskhoiskllk , sa Nièce , Qui déjà , d'Esprit & de Corps ,
Fait briller, comme Vous . de merreil- [leux Trésofi
Mais il me semble que la Muse Un peu trop long-temps vous amiuc; *95 Obiet donc de ^oire éclatant , Je la congédie à l'instant.
Ces Vermisseaux A la Dousaine.
Le huitième Octobbr, sortirent de mi