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Du i5. Octobre 1667 (Rohhr

io5s

Enfin , ils les servent & Table ,

tjo Et , si ce n'est pas une Fable .

Ils viennent mêmes , en leur Lit , Les cajoler pendant la NuiL

Les Maris n'en sont pas en Ffte Et de cela gratent leur T<te ,

135 Les croyans Galans aCriens , Ou bien de francs Magiciens , Lesquels , leur causans la Berlue , Dérobent leurs Corps à leur vue , Pour les pouvoir cocufier

■te Sans redouter leur courroux âer.

Qui pourroît punir l'Amourette D'une gaillarde Bajonnette :

Mais venons aux Esprits malins Qui tont-Ià les maudits Lutins.

■«) Ils ont un plaisir délecuble

Sur-tout de vous troubler a Table , En vous arrachans Viande , Pain Et le Verre enfin de la main ; . Ce qui, vraiment beaucoup inquiète

170 Les grands Ennemis de la Diète.

La Nuit de mSme , à tout propos ,

Ils traversent vdtre repos

Par un Sabat de tous les Diables ,

Et , bref , ces Esprits intraitables ,

17J Qui sont , ce semble , peu Crédens ^ Font enrager les Véni&ens Par cent autres tours de souplesse Qui leur causent grande détresse.

Hé quoi donc ? n est-ce pas asses

iSoQu'iu soient par-tout si traversez Par les Turcs A maussade Trogne , Qui leur taillent tant de Besogne , Sans que ces Je-ne-sçai-qui-U Viennent encor comme cela

iSj Les tourmenterpar leurs Fredaines?

Eussent-ils les Fièvres Quaitaines !

Ceux qui d'Esprits ne créent point Se soQriront dessus ce Point , Et le prendront pour Bagatelle

19a Plutdt que pour une Nouvelle ; Mais ils sont libres là-dessus ;

Sans les contraindre A rien ma Lettre je Iconclus.

Allez , Vers destinez pour la SuprSme Altesse , Vous multiplier sous la Presse.

Soient-ïls dignes d'estime ou dignes d'Stre honnis Je les ay Cùts sept jours après la âunt-Deois.

APOSTILE.

Comme le Sieur de Riche-Sodrcb,

Ainsi que je l'ay dit ailleurs , Est des Talens d'espnt une très-riche Source , Vous êtes avertis, Mesdames & Messieurs ,

Que dans son Hôtel on délivre , JJj*

Pour trente sols , un joly Livre ,

Ce que j'appelle le donner ; Car un tel Ëpigramme , à part toute hyperbole ,

Y vaut une bonne Pistole :

Voyez , A quatre cent , combien donc c'est gagner.

A Petit. ti*t C. Ouamdi, ntitU Htuittu.

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LETTRE EN VERS A MADAME

[Par CNARtif ROBINET.]

Da as. OcMbre 1667.

Epouse d'an Héros, ai charmé du Bionac

Qu'on 1';^ verroît voler jusques même en Affrique .

Agréez mon Gabier qui n'est pas en Musique,

tans en Vers gazetiers . exempts de tout Mic-mac

Jusqu'aux Lieux reculez ou croit le noir Tabac,

lis sont lus aujourd'hui de tout grand Politique ,

Et, bref, en maints Hotels, qui ne sont pas de. ... Brique,

On les trouve tournez tous ab hoc & Ab bac.

Depuis qu'ils sont i Vous , on a vu. sans Remède ,

Cinq Muzeurs, j compris un Fameux Ganiméde,

Donner du Nez en Terre, avec leurs beaux Ribus.

Mais il est demain jour où l'on mange l'Eclanche

Et l'on prend Linge blanc , c'est-i-dire Dimanche ;

. Ne perdons pas le temps en Discours de Bibus.

■5 Nos Vaillans Palladims de Fuut- [drss, Ces Frians de guerriers Esclandres , En attendans le gay Printemps , Commancent de passer le temps A baller en l'honneur des Muses ,

30 Qui ne sont plus Filles camuses Depuis que ndtre grand Vainqueur A pris leurs Intérêts A coeur.

Ce qu'on danse sont huit Entrées, Qui sont les plus considérées

'3 Du Balet de l'Hyver dernier.

Ainsi que je l'appris hier ; C'est A sçavoir, celle des Basqdu , Dont, comm'eux, les Pas sontfontas- Des BsKGXM&desBoBÏiiaEiis, [ques,

jo La plus-part êtrangas Cbrédens ,

Des DtooMS, Gens fort laids &haves.

Des Patsuis & des Escuvss , Des Madkxs & des Espagnols , De nos Progrès pires que Fols ,

35 Et qui , dedans leur Decadanw , N'ont guère le coeur à la Dance.

Quoi qu'il en soit , de beaux Réds , En ce Spectacle sont oays , Ob , certes , l'admirable Htl&irk

40 Charme par sa voix nette & claire.

Okf£b , ou Baptiste , pour luy [Car c'est bien tout-un aujourd'hoy), Y tient , sous ses rares merveilles , L'ame en Lesse par les oreilles.

4S Les grands & petits Violons ,

Qui sont comme autant d'ApoIlons, LÀ pardUement voua ravissent .

rc.,z.d.vCo(>t^lc

io5S

aS4. — Du 23. Octobre 1667 (Rqumbt).

Et, sous leurs tons, les Sens languis- Par le sentiment du plaisir [sent ,

50 Qui vient doucement les saisir.

La Scène est pompeuse & brillante , Plus que n'est la Sphère roulante D'où chaque jour natt la Clarté , Et nôtre auguste Muisri ,

SjGuerriérecommeunDieudeThrace, Des Pas de Souverain y trace , Parmi ceux de ses Courtisans , De Complimens grands Artisans.

Le grand Bal s'y donne à l'issue , 60 Od maints Objets charment la vue , Tant par leurs Attraits gracieux .

Leurs rouges Bouches, leurs beaux Et le reste de leurs visages , [yeux Que par leurs riches Equipages.

6j Nos deux exquises Mussrxz , Toutes couvertes de clartez , En font les Démarches premières Avec leurs Grâces coûtumières , Et tous leurs Pas , en noble-arroy, 70 Sont des Pas de Reïne & de Roy.

Le Fils dé ce Cooplb adorable , Nôtre D&nrHiN incomparable , Avec quelque Grâce , à son tour,

Y parêt plus beau que l'Amour.

Tï MoKSiEUR , qu'on void si 6er en

[Flandri , Reprenant illec son air tendre ,

Y danse , non coussi cousâ , "Tout ainsi qu'un Mars radouci , Et . pour tout dire , en fin finale ,

80 En ce Bal , on sert un Régale , Et de Bonbons & de Liqueurs, Pour ravitailler les Danseurs , Et(quoy q ue tous trés-jeunes Couples] Leur rendre les Jambes plus souples.

S) Grande HéRoïm & qui j'écris , Vous sçavez tout ce que je dis , Car, en qualité de Bergère , Et la phi» belle & la première , Voua avez , dedans le Balet ,

90 Vôtre Entrée & vôtre Rôlet , Ob vous semUez une Déesse Bien plutôt qu'une humaine Altes- Mais , sous vôtre Permission , [sa; Je Eus cette Narrràon

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>5 Pour tous ceux qui lisent ma Lettre, Où je vais encor ainsi mettre , Sous vôtre bon Plaisir aussi , Quelques Chapitres que voici , Oantenant, certes , maintes choses

10 Qui ne vous sont pas Lettres doses.

Louis , le dernier Samedy.

Vinst Ici , dessus le Midy, Voir son Palais des Tuuxeries , Jadis Lieu des Golenteries

>5 De la Bourgeoise & du BouraecHS ; Et ce plus grand de tous les Rois Pût voir que l'Art & la Nature (A tous Etrangers je l'assure] Ne sçauroient , joignans leurs èfom

o Par leurs plus ravissans Accords, Lui foire un plus beau Domicile Pour le glter en cette Ville ; Car màme les douze Maisons Où loge le Roy des Saisons

f Ne sont au pnx , chose certaine , Que des Maisons A la douzaine.

Qu'il y vienne, donc, pour l'Hyver, Sans faute, après la Saint Hubert; Dans ce Palais, où rien n'est mioce.

10 II sera logé comme un Prince , Et tout le Peuple de Paris D'aise en poussera mille cris , Car avec ardeur il désire De revoir ici ce cher Sirb ,

19 Que l'on considère, en tout Lieu, Tout ainsi qu'un franc ViCE-Dœa.

De- là, passant par le vieux Louvre, Un tant soit peu distant de Douvre, Il alla voir les Gobeuns ,

v» Dans le Faux-bourg des Marcelios , Où Colbkrt. le grand Major-dame.

Des Finances digne Econome , Avoit tout fait mettre en état De charmer nôtre Potxntat.

1} De ce beau Lieu-4A donc l'Entrée D'un grand Arc étoit illustrée , Avec les Tableaux de le Baim , Dont le Knceau n'est pas commun.

Et maints Reliefs aussi fort rares ,

10 Le tout exempt des moindres tires.

Itxm , la spacieuse Cour De ce divertissant Séjour, EttHt superbement tendue .

Et. U, pour cncbtnter la vue ,

ij Dans le ibnda étoit un Bufiet

.Cîoo'^lc

1657 *^4- — ^*i ^^- Octobre 1667 [Robimet],

D'Architecture, très-complet.

Où paressoit, sans menterie.

Tout ce que l'Art d'Opbévrerie

Peut montrer de rare aux Humains; ijoMais, sur-tout, vingt-quatre fiassins

Y jettoient les Gens en extases ,

Avec pareil nombre de Vases

Et tout autant de beaux Brancards,

Du Dessein de ce Maître cz arts, i;s De ce le Batm . de cet illustre ,

Qui se couvre d'un si beau lustre.

Mais ce n'est pas encore tout,

Et je ne suis pas même au bout ,

Ajoutant deux grandes Cuvettes , 160 Aussi très ardstement faites ,

Deux Chenets , quatre Guéridons ,

Ornez de petits Cupidons ,

Et vingt-quatre autres puissans Va-

Pour servir de superbes Cases [ses 16; A des Orangers fominez ,

Pour plaire à Locis destinez.

Tous ces grands Ouvrages, sures-

Formans un Spectacle céleste , [te ,

Dont l'on étott émerveillé ,

■ 7°Sontd'un bel Argent cizelé ,

Et d'un Travail dont la manière De beaucoup passe la Matière, - Eticor qu'elle soit (par Saint-Marc] Du poids de vingt-cina milleun Marc.

■ 75 Sa Majesté , pour lors suivie

D'une nombreuse Compagnie , Dont étoit le fameux Condé , Qui va bien-tôt avoir le Dé , Passa de ce pompeux Spectacle , tlo Qui paressoit un Tabernacle , En d'autres endroits de Lèans , Où se font , par diverses Gens .

Les superbes Tapisseries , Les charmantes Marqueteries ,

■ S5 Les Sculptures & les Tableaux,

Autant de Chefs-d'oeuvres nouveaux;

Puis , Elle vid , & fut ravie ,

D'autres Pièces d'Orfèvrerie ,

D'un second Bufet commencé , 190 Sur un autre Dessein tracé;

Et tout cela servoit de marque

De la Grandeur de ce Monarque ,

Qui peut faire de si grands Frais ,

En Guerre comme en pleine Paix ; ■9} Ce qu'il faut que Monsieur I'Ibérs

Sérieusement considère.

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Monsieur, par un digne souci , Vinst, n'aguére. à Littéce aussi.

Pour assister au Val-de-Grace

100 (Où des Cieux coule toute grâce) , A l'Anniversaire pompeux , Autant que dévot & pieui .

Qui s'y tait pour la R£yns-M£iie , Dont la Mémoire nous est chère.

305 Après , il hit , tout net & franc , Dîner chez le Sieur de Boisfranc ,

En son beau Palais de plaisance , Où je diray, sans complaisance , Qu'a sa charmante Altesse il fit Un Festin qui fort l'ébaudit , Tant ce propre & galant Régale Lui parut fiiit à la Royale.

Je me souviens que, l'autre-jour.

Cette jeune Source d'Amour,

It^MADEHOISELLE , vôtre FiLLE ,

Brilloît comme un Ange ft la Grille Des Carm^utes du Bouloy.

Prjtant en un très-bel-arroy.

Et c'est comme dire à merveille , i3oAu P^RB Mascabon l'Oreille, Qui , des mieux , ^mègyrisa La grande Sainte ThékIsa, Et fust mainte chose jolie En parlant de la Jalousie.

uj Toujours en nôtre grand Faux- [ bourg , Prés le Palais de Luxembourg , A l'Assaut d'un Fon on s'exerce , Mais sans qu'on tue & que l'on per- Ni qu'on y fasse mal ni peur, [ce ,

ijo Mardy, Beaufort, Homme de cœur,

Lsdll SlsDi da Baatort art FO* ds oglnj qnl ■ iBDiiM les Bxmloei) ta Ousna m HoT-

A son tour attaqua la Place ,

Et de Chapat, avec audace ,

Entreprit , suivi de ses Gens ,

De jener un Convoy dedans 135 Et , pource , de forcer les Lignes ,

Par des efons de lui bien dignes.

Mais , quoi ? ce brave de Beaufort ,

Qui vouloit emporter le Fort ,

De telle sorte le mal-traite 140 Qu'il le contraint i la Retraite,

wfi9

1S4. — Du «t. Octobre 1&S7 (RoBiMcr).

EMuitte , le* AMÎégM ,

D'un H mauvais tour cnrafiex.

Sur lui firent une Sortie ,

En laquelle sa repartie 34; Les fit, plua viste qu'un éclair,

Jetter dans le Chemin couvert.

Au surplus , toute la Soirée

De leur grand Feu fut éclairée ;

Et puis, comme aux Siégea du Roy, ijaOr fut au Biouac ou Bîvoy.

Sus , finissons nôtre Ecriture Par la malheureuse Avanturo Que je ne pus , le jour dernier.

Insérer dedans mon Cahier.

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