LE NOUVEL ACTÉON
*5) Un bon & véritable Hsriotb , Et non point du tout hypocrite (Comme maint, <iigne d £tre Hon- Allant de Guise à Trcpigny, [ny,) Prés d'où , dit-on , étoit sa Grote ,
160 Comme il feisoit un tamps de crote Et que le Jour, jl-cu réduit , Faisoit place à la noire nuit , Il fut pné, par bien-séance , De gtter en certaine Censé
165 Qui se trouvoit sur son chemin.
L'Hâte, le prenant par la main , Ravy de tenir le bon Père , L'emmené , lui fait grande chère , Et puis , luy-même , le conduit
sjaEn bonne chambre & fort bon lit.
Or le brillant Fallot du Monde N'eut pas mis le nez hors de l'Onde Pour redonner naissance au Jour, Commençant son obliqua Tour,
in 0-^^ '^y pareillement déglte ,
Pour s'en retourner ■■ frfos vttE En son solitaire Manoir.
Mais enquelraal-hcurT»-t'ilch(ùr Et quel est l'étrange Oeaastre
iloOti le conduit son mauvais Astre ?
b'Ulec & peine est-^l dehors , HélasI qu'il se sent prendre au corpi Par huit gros Limiers de la Censé , Qui prennent sur lur la licence
iSj Que prirent , dit la Fiction , Autrefois les Chiens d'Actéon Sur le corps de leur propre Maître.
Mais quoy ? dans ce dernier BisiétR.
L'Hermite n'étoit point cornu
190 Et n'^voit, certe , non plus vu, Comme ledit défunt Profane, A nud le beau corps de IMane; C'est pourquoy donc ces Chiens
[perren Avoîent bien l'esprit de travers
19$ De traiter ainsi le pauvre homme.
Aussi , pour tout vous dire en som- Ils n'ont pas fait inpunément [tat.
Ce Meurtre si fëlonnement ; La juste Justice de Guise
>M Les ayant fait , de belle guise , Tous étrangler par l'Ecorcbeur, Pour montrer, par telle rigueur, A tous Dogues des autres Censés A corriger leurs violences ,
)oj Et ne pas aller fiùre ainsi
Un Qui-pro-Quo. comme ceuxd.
Voila ma Lettre assez remplie :
Puisse-t'elle vous plaire , 6 PaiH-
[crise accomplie-
En Octobre , le vinst-&-deui , jio Je la rimay pour vos beaux Veux.
i. Olrarait, tmp. A Ub^ mtitU Hachttti, mux Armts ta M.<yf. Avtt friàUti i-
.yGOQl^lC
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par CaAiLia ROBINET.]
Du 29. Octobre 1667.
Je vais faire, au Parnasse, un tour de Biooac
Pour le plus digne Ol^et qui . de France en Affriqui ,
Mérite qu'on le loue en Vers , Prose & Musique ,
Et qui soit plus fécond en Appas , sans Mi&-Mac.
Muze . qui haïssez le Parfum de Tabac ,
Déesse de 1 Histoire &de la PounQDB,
Par qui tous les huit jours ma Lettre je fa Buqdb ,
Sus , la Belle , aidez-mc^, non Ab hoc & Ab bac.
Le Jour déjà s'avance & s'enfuit sans Remède ;
Donc, de par Jupiter &son cher Gamiu£ihi,
Dépédiona nôtre "TAche & laissons les Risus.
Apres , nous souperons de Poulet ou d' Eclahche ;
Mais bon I eu mange-t'on la veille du Dinanche ,
Si l'on n'est ParpoUloc ou Chrétien de Bibos ?
ij On a conduit , de Vabbovib , La Retmb morte à Cracovik .
Dans un riche & pompeux Cercueil, Avec tout le superbe Denil Que la vaine Grandeur Royale
"■Dedaas les Obsèques étale ; Et ce Corps , jadis plein d'Appas , Mais maintenant par le Trépas Rendu, sans doute, affreux & bave.
Est logé dans la sombre Cave
35 Où gttent tous les Défunts Roys Et les Reynes des Polonois.
Telle est par-tout la CatasD-ophe Des Personnes de cenc Etophc , Car, en tous lieux , en tous Estais ,
3» Les plus sourcilleux Potentats , [rc ; Comme nous, ont leur dernière heu- Faut , di-je, que chacun d'eux meu- Qu'il entre dans le Monument , [re, Jusques au jour du Jugement ,
Jf Et qu'ainsi sa Gloire s'efface ,
Sans qu'il en reste aucune trace , Sinon par quelque petit bruit Qui bien-tôt après se détruit.
Mais brisons sur cette Pensée ,
40 Quoi que très-juste & tres-censée , I^3ur a)oû(er que Cazimik .
Qui ne peut nre ni dormir, Ce dit-on , en aucune sorte, Depuis la mort de sa Consorte ,
45 Voulut assister au Convoy, Quoy que d'ailleurs eu désarroy.
Et par la Fièvre Sl par la Goûte , Où nul Médecin ne void goûte.
Et dont chacune , tour-â~tour,
30 Attaque ce Prince , en son Jour, Comme si ces deux Maux barbares S'entendoient avec les Tastares Et les Cosaques rebellez , Par qui ses Pays sont troublez.
sj Quand les unsgémissent&crient.
Les av.tres chantent, ballent , rient ,
35S. — Du 29. Octobre 1667 (Rob«bt).
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' Et l'on void cela tous les jours :
Des choses c'est l'ordre & le cours.
Ainsi , des Aigles le beau Sirb ,
60 Tandis que Cazimir soupire , De son côté , se réjouit Et d'un charmant plaisir jouit , Voyant le Fils qu'a mis au Monde Son Epouse belle & féconde.
6; Il poussa , d'aise , maint élan
Lors que, parleGrandChaoïbelUn, Il apprit de cette Naissance La Nouvelle de conséquence.
Et fit au cher Poneur, de plus ,
70 Un Présent de dix mQlc Ecus.
C'est une assez honnête Somme , Et je croi que ce galant Homme Feroit volontiers , dans neuf mois , Même rapport, une autre-^is .
75 Pour tel nix & pour tel Régale De la Faveur Impériale.
Si je lis bien dedans le Cœur De cet ezcélent Empereur , Il voudroit bien aussi , je ga^ ,
Bo Dans neuf mois, un pareil Message; Mais je proteste , en bonne-foy, Qu'il ne tiendra du tout h Moy.
Le petit Piuncb en belle Chambre Nflquit. le vingt-huit de Septembre ,
85 Sur les huit heures du matin , Et [de cela je fais certain Tout Maître Faiseur d'Horoscope, De peur qu'en la sienne il ne chope).
Le lendemain aussi , vingt-neuf,
9all fut bit un Chrétien tout neuf, L'Impératrice DoUAiRiiRB Et Monsieur I'Empéreur , son Père, L'ayans vu tenir sur les Fonts Et baptiser de six beaux Noms ,
95 Pour les Majestez Catoltques [Que DiEO gardde toutes Coliques!].
De ces Noms si vous m'enquerez.
Tous six ici vous les aurez :
Ce sont Vehcesias , dont la gloire 100 Triomphe encor dans la mémoire .
Ferdinand, Léopold &, bref, Michel , Eléazar , Joseph , Noms de Patriarches , d'Archanges Et d'Empereurs, pleins de louanges.
■05 Ainsi , cet Enfant est , de Nom , Déjà Prince de grand Renom.
Ici , le RÉSIDENT de Vienne "^
A fait voir l'allégresse sienne , En fiiveur de ce nouveau Né,
10 Par un Peu bien imaginé, Qui rendit la Nuit de Dimanche, Devant son Hôtel , toute blanche Et plus luisante que le Jour, Tant il en voloit à l'entour
5 De claires & belles Fuzées , Qui , prenans au Ciel leurs visées.
Semèrent l'Air d'Astres nouveaux Et de cent briUans Serpenteaux , Lesquels, par leur bruit, sembloienl [presque
10 Publier en Langue Tudesque Tout ce qu'ici je vous ay (Ut Du petit AscHiDuc susdit.
Mais il ne me faut pas obmettrt Que , pour la gloire de son Maître ,
ij Qu'il soutient assez dignement.
Ce Ministre traita vraiment D'une manière magnifique Une Compagnie authentique , Et de François & d'Alemans,
loAvecquc les Concerts charmans Des Violes, Hauts-bois & Troropet- Fifres . Tymbales & Muzettes, [tes, Et mêmes des Tambours du Rot, Qui sembloyent aussi foire fby
1; De la part que ce rare Sirk Prend aux Gesses de l'Empire.
D'ailleurs , les Boëtes & Mortieit Poussèrent des Tons fort altiers.
Par l'ordre du Traitant encore,
lo Qui , si bien je m'en remémore ^ar on m'a dit ce que j'écris).
Traita force Gens de Paris , En leur faisant donner des Tables Tous les Reliefs , trés-manducablu,
\i C'est A scavoir î Viandes & Fruits-, Les uns cruds & les autres cuits, Et , pour rendre la bonne Chère Plus accomplie & plus entière , Du Bec d'un Aigle , ce dit-on ,
;o Et du gros Muâe d'un Lion Il sortoil une ample Vinée , Dont , par gaillarde Destinée , Sans s'épargner aucunement , Plusieurs burent tudesquement.
ij J'apprendqueleDDcdeCHEmott,
i5S. — - Du 39. Octobre 1667 (Roamn].
N'ayantpas moins l'Ame amoureuse Que le Cceur brave & belliqueux , A si bien fait valoir ses feux Avec sa Morn£ , jeune & belle ,
itio Qu'elle aussi , secoadant son zélé , L'a régalé d'un très-beau Fils , Dans les neuf mois , ft jour pré6x.
Ainsi , les voila auite ft quite , Et , si l'on juf[e de la Suite
itij De leur prenuer Embrassement Par ce couç d'Essay si charmant.
On doit voir, de leur Hymenée , Une ample & gentille Lignée.
Mais tel est en tout le Bon-heur
170 De ce Ministre plein d'Honneur, Lequel Monsieur Colbert se nomme Et rarement d'Affaires chomme , Sans Trêve agissant pour l'Etat Et pour son digne Potentat.
175 Mais , & propos de Mariage , A Genne un fort beau se ménage , Ou même est peut-être arrêté , Ainsi qu'on me l'a raconté :
C'est d'une belle & riche Fille ,
iBu Et laquelle est de la Famille Des fameux Pauavicini , Avec un Rospigliosi , Aussi tout-à-fait galant Homme Et Neveu du Grand Chef de Rome.
iSj Cette Fille a, comptant, pour dot (On fait à moins un Cceur capot) Trois cens mille jaunes pistoles , Et pareille Somme en paroles , C'est comme dire après la mort
■90 (Qui venant vite aura moins tort], Tant de deux Oncles que du Père, A qui donc il est nécessaire De plier bagage au plâtdt , Pour rendre complette la dot,
191 Car aux Héritiers il ennuyé De trop compter sur l'autre vie.
Mus passons ft d'autres sujets , Soient sur la Guère ou sur la Paix !
Je sçai que le Seigneur IbAre , :'□ Embarrassé de la première, Qu'il a dans la Flandre avec nous , Pour mieux se parer de nos coups , A bit tout ce qu'il a pu faire ,
iM Un laipk.
A dessein de sortir d'Aflaire ,
«>5 Avec nos amis Portugais ;
Mais, comme ils ne sont pas des niais. Ils ont répondu , d'assurance , Qu'ils ne pouvoient point sans la Désormais traiter avec luy. [Frakcb
lia Ainsi donc , l'Ibére , aujourahuy.
Consterné d'une étrange sorte , Aux Pays-Bas tous ses soins porte ; Mais, comme il lui faut de l'Argent, Et qu'il en est moult indigent ,
3tj On tient que son Conseil complote D'enlever celui de la Flote Qui vient de son Pérou nouveau , bS»™ Et, bref, d'assigner bien & beau Les Intéressez sur..... . que sçai-ie,
iio Et comment, diantre, ledirai-je?
C'est dessus les Neiges d'Antan.
Le Sieur Gouverneur de Mhan , Pour travailler ft des Levées , Qui sont fort loin d'estre achevées ,
3JS Attend , de demain en demain , Du Vice-Rot Napoutain , Ce dit-on , de grandes Remises ; En eftet , ce sont des remises , Qui se feront , je croi , longtemps ,
ajo Et non pas des Deniers comptans.
Ce Vice-Monarque , n'aguéres , N'ayant pas de grandes Atraires , Déterra 1 Exploit triomphant Que fît le Cardinal Infant,
135 A NoRLiNGUBN , Où la Victoire Une autrefois couvrit de gloire Nôtre célèbre de BonaBOw , {J"^
Et &t resonner le Canon , uamn»
Avec toutes les Alègresses .
14a Les Solennitez & Liesses , Pour ce beau succez suranné , Comme pour un Combat gagné Dans l'Estrémadoure ou la Flandre, Depuis peu; n'est-ce pas l'entendre ?
«45 Mais quoy? s'il attendoit aussi Un sujet tel que celui-ci De signaler par quelque marque Son ^au zèle envers son Monarque, Il pourrait attendre long-temps.
ijoJe le tiens donc de très bon sens D'en chercher ainsi dans l'Histoire , Et d'en rafraichir la Mémoire.
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