‹ Les continuateurs de LoretChapitre 198 sur 217 · LE NOUVEL ACTÉON · texte numérisé non relu

LE NOUVEL ACTÉON

*5) Un bon & véritable Hsriotb , Et non point du tout hypocrite (Comme maint, <iigne d £tre Hon- Allant de Guise à Trcpigny, [ny,) Prés d'où , dit-on , étoit sa Grote ,

160 Comme il feisoit un tamps de crote Et que le Jour, jl-cu réduit , Faisoit place à la noire nuit , Il fut pné, par bien-séance , De gtter en certaine Censé

165 Qui se trouvoit sur son chemin.

L'Hâte, le prenant par la main , Ravy de tenir le bon Père , L'emmené , lui fait grande chère , Et puis , luy-même , le conduit

sjaEn bonne chambre & fort bon lit.

Or le brillant Fallot du Monde N'eut pas mis le nez hors de l'Onde Pour redonner naissance au Jour, Commençant son obliqua Tour,

in 0-^^ '^y pareillement déglte ,

Pour s'en retourner ■■ frfos vttE En son solitaire Manoir.

Mais enquelraal-hcurT»-t'ilch(ùr Et quel est l'étrange Oeaastre

iloOti le conduit son mauvais Astre ?

b'Ulec & peine est-^l dehors , HélasI qu'il se sent prendre au corpi Par huit gros Limiers de la Censé , Qui prennent sur lur la licence

iSj Que prirent , dit la Fiction , Autrefois les Chiens d'Actéon Sur le corps de leur propre Maître.

Mais quoy ? dans ce dernier BisiétR.

L'Hermite n'étoit point cornu

190 Et n'^voit, certe , non plus vu, Comme ledit défunt Profane, A nud le beau corps de IMane; C'est pourquoy donc ces Chiens

[perren Avoîent bien l'esprit de travers

19$ De traiter ainsi le pauvre homme.

Aussi , pour tout vous dire en som- Ils n'ont pas fait inpunément [tat.

Ce Meurtre si fëlonnement ; La juste Justice de Guise

>M Les ayant fait , de belle guise , Tous étrangler par l'Ecorcbeur, Pour montrer, par telle rigueur, A tous Dogues des autres Censés A corriger leurs violences ,

)oj Et ne pas aller fiùre ainsi

Un Qui-pro-Quo. comme ceuxd.

Voila ma Lettre assez remplie :

Puisse-t'elle vous plaire , 6 PaiH-

[crise accomplie-

En Octobre , le vinst-&-deui , jio Je la rimay pour vos beaux Veux.

i. Olrarait, tmp. A Ub^ mtitU Hachttti, mux Armts ta M.<yf. Avtt friàUti i-

.yGOQl^lC

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par CaAiLia ROBINET.]

Du 29. Octobre 1667.

Je vais faire, au Parnasse, un tour de Biooac

Pour le plus digne Ol^et qui . de France en Affriqui ,

Mérite qu'on le loue en Vers , Prose & Musique ,

Et qui soit plus fécond en Appas , sans Mi&-Mac.

Muze . qui haïssez le Parfum de Tabac ,

Déesse de 1 Histoire &de la PounQDB,

Par qui tous les huit jours ma Lettre je fa Buqdb ,

Sus , la Belle , aidez-mc^, non Ab hoc & Ab bac.

Le Jour déjà s'avance & s'enfuit sans Remède ;

Donc, de par Jupiter &son cher Gamiu£ihi,

Dépédiona nôtre "TAche & laissons les Risus.

Apres , nous souperons de Poulet ou d' Eclahche ;

Mais bon I eu mange-t'on la veille du Dinanche ,

Si l'on n'est ParpoUloc ou Chrétien de Bibos ?

ij On a conduit , de Vabbovib , La Retmb morte à Cracovik .

Dans un riche & pompeux Cercueil, Avec tout le superbe Denil Que la vaine Grandeur Royale

"■Dedaas les Obsèques étale ; Et ce Corps , jadis plein d'Appas , Mais maintenant par le Trépas Rendu, sans doute, affreux & bave.

Est logé dans la sombre Cave

35 Où gttent tous les Défunts Roys Et les Reynes des Polonois.

Telle est par-tout la CatasD-ophe Des Personnes de cenc Etophc , Car, en tous lieux , en tous Estais ,

3» Les plus sourcilleux Potentats , [rc ; Comme nous, ont leur dernière heu- Faut , di-je, que chacun d'eux meu- Qu'il entre dans le Monument , [re, Jusques au jour du Jugement ,

Jf Et qu'ainsi sa Gloire s'efface ,

Sans qu'il en reste aucune trace , Sinon par quelque petit bruit Qui bien-tôt après se détruit.

Mais brisons sur cette Pensée ,

40 Quoi que très-juste & tres-censée , I^3ur a)oû(er que Cazimik .

Qui ne peut nre ni dormir, Ce dit-on , en aucune sorte, Depuis la mort de sa Consorte ,

45 Voulut assister au Convoy, Quoy que d'ailleurs eu désarroy.

Et par la Fièvre Sl par la Goûte , Où nul Médecin ne void goûte.

Et dont chacune , tour-â~tour,

30 Attaque ce Prince , en son Jour, Comme si ces deux Maux barbares S'entendoient avec les Tastares Et les Cosaques rebellez , Par qui ses Pays sont troublez.

sj Quand les unsgémissent&crient.

Les av.tres chantent, ballent , rient ,

35S. — Du 29. Octobre 1667 (Rob«bt).

io63

' Et l'on void cela tous les jours :

Des choses c'est l'ordre & le cours.

Ainsi , des Aigles le beau Sirb ,

60 Tandis que Cazimir soupire , De son côté , se réjouit Et d'un charmant plaisir jouit , Voyant le Fils qu'a mis au Monde Son Epouse belle & féconde.

6; Il poussa , d'aise , maint élan

Lors que, parleGrandChaoïbelUn, Il apprit de cette Naissance La Nouvelle de conséquence.

Et fit au cher Poneur, de plus ,

70 Un Présent de dix mQlc Ecus.

C'est une assez honnête Somme , Et je croi que ce galant Homme Feroit volontiers , dans neuf mois , Même rapport, une autre-^is .

75 Pour tel nix & pour tel Régale De la Faveur Impériale.

Si je lis bien dedans le Cœur De cet ezcélent Empereur , Il voudroit bien aussi , je ga^ ,

Bo Dans neuf mois, un pareil Message; Mais je proteste , en bonne-foy, Qu'il ne tiendra du tout h Moy.

Le petit Piuncb en belle Chambre Nflquit. le vingt-huit de Septembre ,

85 Sur les huit heures du matin , Et [de cela je fais certain Tout Maître Faiseur d'Horoscope, De peur qu'en la sienne il ne chope).

Le lendemain aussi , vingt-neuf,

9all fut bit un Chrétien tout neuf, L'Impératrice DoUAiRiiRB Et Monsieur I'Empéreur , son Père, L'ayans vu tenir sur les Fonts Et baptiser de six beaux Noms ,

95 Pour les Majestez Catoltques [Que DiEO gardde toutes Coliques!].

De ces Noms si vous m'enquerez.

Tous six ici vous les aurez :

Ce sont Vehcesias , dont la gloire 100 Triomphe encor dans la mémoire .

Ferdinand, Léopold &, bref, Michel , Eléazar , Joseph , Noms de Patriarches , d'Archanges Et d'Empereurs, pleins de louanges.

■05 Ainsi , cet Enfant est , de Nom , Déjà Prince de grand Renom.

Ici , le RÉSIDENT de Vienne "^

A fait voir l'allégresse sienne , En fiiveur de ce nouveau Né,

10 Par un Peu bien imaginé, Qui rendit la Nuit de Dimanche, Devant son Hôtel , toute blanche Et plus luisante que le Jour, Tant il en voloit à l'entour

5 De claires & belles Fuzées , Qui , prenans au Ciel leurs visées.

Semèrent l'Air d'Astres nouveaux Et de cent briUans Serpenteaux , Lesquels, par leur bruit, sembloienl [presque

10 Publier en Langue Tudesque Tout ce qu'ici je vous ay (Ut Du petit AscHiDuc susdit.

Mais il ne me faut pas obmettrt Que , pour la gloire de son Maître ,

ij Qu'il soutient assez dignement.

Ce Ministre traita vraiment D'une manière magnifique Une Compagnie authentique , Et de François & d'Alemans,

loAvecquc les Concerts charmans Des Violes, Hauts-bois & Troropet- Fifres . Tymbales & Muzettes, [tes, Et mêmes des Tambours du Rot, Qui sembloyent aussi foire fby

1; De la part que ce rare Sirk Prend aux Gesses de l'Empire.

D'ailleurs , les Boëtes & Mortieit Poussèrent des Tons fort altiers.

Par l'ordre du Traitant encore,

lo Qui , si bien je m'en remémore ^ar on m'a dit ce que j'écris).

Traita force Gens de Paris , En leur faisant donner des Tables Tous les Reliefs , trés-manducablu,

\i C'est A scavoir î Viandes & Fruits-, Les uns cruds & les autres cuits, Et , pour rendre la bonne Chère Plus accomplie & plus entière , Du Bec d'un Aigle , ce dit-on ,

;o Et du gros Muâe d'un Lion Il sortoil une ample Vinée , Dont , par gaillarde Destinée , Sans s'épargner aucunement , Plusieurs burent tudesquement.

ij J'apprendqueleDDcdeCHEmott,

i5S. — - Du 39. Octobre 1667 (Roamn].

N'ayantpas moins l'Ame amoureuse Que le Cceur brave & belliqueux , A si bien fait valoir ses feux Avec sa Morn£ , jeune & belle ,

itio Qu'elle aussi , secoadant son zélé , L'a régalé d'un très-beau Fils , Dans les neuf mois , ft jour pré6x.

Ainsi , les voila auite ft quite , Et , si l'on juf[e de la Suite

itij De leur prenuer Embrassement Par ce couç d'Essay si charmant.

On doit voir, de leur Hymenée , Une ample & gentille Lignée.

Mais tel est en tout le Bon-heur

170 De ce Ministre plein d'Honneur, Lequel Monsieur Colbert se nomme Et rarement d'Affaires chomme , Sans Trêve agissant pour l'Etat Et pour son digne Potentat.

175 Mais , & propos de Mariage , A Genne un fort beau se ménage , Ou même est peut-être arrêté , Ainsi qu'on me l'a raconté :

C'est d'une belle & riche Fille ,

iBu Et laquelle est de la Famille Des fameux Pauavicini , Avec un Rospigliosi , Aussi tout-à-fait galant Homme Et Neveu du Grand Chef de Rome.

iSj Cette Fille a, comptant, pour dot (On fait à moins un Cceur capot) Trois cens mille jaunes pistoles , Et pareille Somme en paroles , C'est comme dire après la mort

■90 (Qui venant vite aura moins tort], Tant de deux Oncles que du Père, A qui donc il est nécessaire De plier bagage au plâtdt , Pour rendre complette la dot,

191 Car aux Héritiers il ennuyé De trop compter sur l'autre vie.

Mus passons ft d'autres sujets , Soient sur la Guère ou sur la Paix !

Je sçai que le Seigneur IbAre , :'□ Embarrassé de la première, Qu'il a dans la Flandre avec nous , Pour mieux se parer de nos coups , A bit tout ce qu'il a pu faire ,

iM Un laipk.

A dessein de sortir d'Aflaire ,

«>5 Avec nos amis Portugais ;

Mais, comme ils ne sont pas des niais. Ils ont répondu , d'assurance , Qu'ils ne pouvoient point sans la Désormais traiter avec luy. [Frakcb

lia Ainsi donc , l'Ibére , aujourahuy.

Consterné d'une étrange sorte , Aux Pays-Bas tous ses soins porte ; Mais, comme il lui faut de l'Argent, Et qu'il en est moult indigent ,

3tj On tient que son Conseil complote D'enlever celui de la Flote Qui vient de son Pérou nouveau , bS»™ Et, bref, d'assigner bien & beau Les Intéressez sur..... . que sçai-ie,

iio Et comment, diantre, ledirai-je?

C'est dessus les Neiges d'Antan.

Le Sieur Gouverneur de Mhan , Pour travailler ft des Levées , Qui sont fort loin d'estre achevées ,

3JS Attend , de demain en demain , Du Vice-Rot Napoutain , Ce dit-on , de grandes Remises ; En eftet , ce sont des remises , Qui se feront , je croi , longtemps ,

ajo Et non pas des Deniers comptans.

Ce Vice-Monarque , n'aguéres , N'ayant pas de grandes Atraires , Déterra 1 Exploit triomphant Que fît le Cardinal Infant,

135 A NoRLiNGUBN , Où la Victoire Une autrefois couvrit de gloire Nôtre célèbre de BonaBOw , {J"^

Et &t resonner le Canon , uamn»

Avec toutes les Alègresses .

14a Les Solennitez & Liesses , Pour ce beau succez suranné , Comme pour un Combat gagné Dans l'Estrémadoure ou la Flandre, Depuis peu; n'est-ce pas l'entendre ?

«45 Mais quoy? s'il attendoit aussi Un sujet tel que celui-ci De signaler par quelque marque Son ^au zèle envers son Monarque, Il pourrait attendre long-temps.

ijoJe le tiens donc de très bon sens D'en chercher ainsi dans l'Histoire , Et d'en rafraichir la Mémoire.

\vl6fj

Page 1