‹ Les continuateurs de LoretChapitre 205 sur 217 · Du 3. Décembre 1667 (Robimbt · texte numérisé non relu

Du 3. Décembre 1667 (Robimbt

Il meine ainsi cène Poncette , Ou bien cette Reyne Gillette .

A la Comédie , aux Marets , Pour y faire voir ses Attraits

ijï Et tout ce nouvel étalage ,

Qui fit bien lorgner son Visage.

Or, elle , couvant dans son sein Un assez drôle de dessein , Ainsi que vous l'allez entendre ,

160 Lui dit , avec un accent tendre : « Mon petit Amour, mon Mignon ,

> N'as-tu point là quelque Bonbon?

> FouiUonsuupeudanstaPachette; » Je KOt que mon fruit en appette. »

165 Lors , le petit Archi-Nigault , Ne trouvant pas ce qui lui Ëault , Pan de la main, pour l'aller querre.

Cependant elle , du Parterre , A|^>elle un Martin, Jacque ou Roch,

1 ;o Son 6eÎDt Epoux & maître Escroc , Qui fait jouer 1 din-mussette , Hastivement , dans sa Pochette , A tous les Bijoux éclatans , Et puis déniche en mtme temps.

3; 5 L'autre retourne en diligence , Sans qne la pauvre Duppe pense Qu'a régaler le rare Objet Dont son cceor est l'humble sujet ;

Mais , 6 Ciel, quelle est sa surprise,

tSo Dés qu'il apperçoit son Orphise Sans Boucles, ni Poinçon, ni Croix!

11 fait un grand cri , par trois fois , Qui, plus qu'un éclat de Tonnerre , Efroye & Théâtre & Parterre .

185 Et , chacun étant en suspend , L'un croit que la voûte se fend ; A quelqu'autre Peureux il semble Qu^ ce soit quelque Terre-tremble ; Tel pense ou on brise le cou

190 A quelque Diable de Filou ; Un autre , du moins , s'imagine Que c'est quelqu'unqu'on assassine; Et chacun , dans cène rumeur. S'amasse vers ce grand brailleur.

195 Mais , enfin , on se met à rire , Sçacbant ce que je viens d'écrire .

Que ce n'est qu'un Drôle attrapé , En un mot , on Cornus Doppé.

Mais trêve , enfin , ici de Rime ; o Allez mes Vers, qu'on vous imprime.

Trois jours après la Saint André .

Qui n'étoit frîie , ni poudré.

•4 Ptrâ. eluf Ch. CkaimaU, Imp. & Lit., rit lU U Hnei

.yGOQl^lC

LETTRE EN VERS A MADAME

(Pa> CHAKti* ROBINBT.J

Du 10. Décembre 1667.

C'est aujoard'fauy, Clîon , que nous fotsoiu Biooac

Pour cedmn Ok^t qu'adoreroit 1' Anvom;

C'est un Pcùnt mieux- r^lé qu'un p^ier de Mosiqsb;

Faiions donc le Devoir, sans détour ni Mic-Mic.

Qu'écrit-t'on de Candie & des Lieuxdu Tauc?

Quedit-onde Madrid. Ville st Poutiqijs?

RdjAtirs-t'on Londreoade Pierre ou de Buquk?

Que pouvons-nous écrire, & d'Ab hoc&d' Ab aàci

Aux maux delà Pdlogne a-t'on trouvé Rbkâihî

Que fait le bel C^aeau que monte Gurattoi?

N'avons-nous point de-4à , du moins , quelques RAbds Î

Tout est msi^a en ce Jour, qui nous sévre d' EcLâncBx:

Si fautnl grifbnner ; il est demain Doumchb ,

Et toutes nos raisons sont raisons de Bmus.

1) La PoLOOMB , toujours flotante Dans une Fortune inconstante , Va , dit-«n , jouir du repos , Grâces k l'un de ses Héros , Ki^u Lequel Sobieski se nomme ,

Tout-i-fàit brave & galant Homme.

S'étant , comme on vous l'a conté , P»*^ Retranché dans une Cité , Pour amuser à la moutarde Le Tartase , A mine hagarde ,

>5 Et le Cosaque , Traditor, Tandis que son Ror, qui peu dort , S'avanceroit de belle sorte , Avec mainte alaigre Cohorte Et tout le Noble Arriéreban ,

}o Où l'on ne void pas un Turban , Il a , pendant qumze journées , Aidé des bonnes Destinées , Si bien maté les Ennemis Qu'à traiter il les a soumis ,

i3 Et mêmes avec plus de gloire , Que s'il en eust eu la victoire ,

Par un Combat où sa valeur Eust feit enfin bouquer la leur ; Et , certainement , telle issue 40 Fut par hïj sagement conceue.

Par cet avantageux Trahé .

A chaux & ciment arrSté , Les Tartares , pires que Reitres , Doivent en bref tirer leurs Guêtm

45 De tout le Pays Polonois ,

Et les Cosaques , francs sournois - Prenans bien & beau l'Amnistie Qui leur est du Roy départie , Et quitans tous félons Projets ,

50 Redevenir ses bons Sujets , Ce qui n'est pas petite Afaire, Car c'esttout ce qu'ils pourront ^H' De plus , dans l'Accomodemenl Il n est stipulé nulement

55 (Et la Ports ou non en piaille) Que Canmir rompra la nulle .

;,Ca)1>^Ic

iCi. — Da lo. Décembre 1667 ih.OBimif(,

Ni touM-fiak , ni peu , ni pnn , Avec ses Amit de Motcou.

Mais , pour ne lalseer rien k dire , «o Faut ajouter le mot pour rire , Que Monsieur Argent, qui Eut tout, A conduit cette Auire à bout.

Que vous diraî-je de Candie i Bonne-foy^, je ne le sçai nue ,

6; Tant l'on paiie, dans ce moment.

De son Destin diversement Et sans aucune certitude. Or nôtre Clion , un peu Prude , Aimenût mieux n'écrire rien

70 Que de ne pas écrire bien , C'est-à-dire en Muze Histtirique , Fort éclairée & v^idique.

Selon des uns ie beau caquet .

Les Turcs ont levé le Piquet ,

75 Et cette Métropolitaine

Est libre , pour chose certaine ; Suivant des autres le discours , Leur Vistr la presse toujours , Et , doive y périr son Armée ,

80 De Peste & ne Faim consumée , Ou détruite des Candion , Sans nul progrez & sans nul las , Il pounmvra son entrwiae Jusqws à la dernière Crise.

8) On (Bioit qne le Portoosl (Mais cet Oii-là disconnût mal) S'acccnnmtxloit avec l'EsPÀons ; Car. par Monsieur Saint Charle-

magne , C'est un conCe à dormir debout

90 Et , certe , U n'en est rien du tout. Ce bnùt vient de la Pt^tique De Mi.inai, qui beaucoup s en pique.

La Ville de Lohdu , i la fin , Se relève de son Destin 95 Et sera bien-tôt rétablie , A l'épreuve de l'Incendie.

Le Doc d'Yosk, dernièrement , Y fut surpris subitement Par la Sœur de Dame Rougeole , loo Qu'on nomme Petite Vérole; Mais , à ce qu'on dit . son venin Se trouve pour loi fort bénin.

Le Paubhsmt, moins débonnaire Au Seigneur HroDB , son beau-Pére

loj (C'est le Comte de Clarendon).

Lui fait son Procez tout-de-bon ; Mais lui , seur de son innocence, Avéque ferme contenance , A son Examen répond sec

tioEt fait voir qu'il a trés-bon Bec.

Je ne pus, dans mes deux Demié- Etant surmonté des matières , [ree , Poursuivre l'Histoire du Fort Qu'a^aquoit le Sieur de Buwort

1 1 $ (A former des Si^es habiles).

Au çrand Faux-bour^ de cette Ville.

Or. justement , le vingt^-trcHS , C'est h sçavoir de l'autre mois , Il fit . sans batre la Diane .

tM Monter en Garde de Tavamb , Et commanda, dans le moment.

De Saox pour faire un Logement.

Puis , on onit avec furie lltttamarrer l'Ardllerie ,

ti) Que secondoit , faisant beau |eu .

De la Tranchée aussi le feu.

Lors , ceux qu'envelopoit lé Siège , Craignans de tomber dans le Piî^e , Sonireot .vigoareusement ,

ijoPour brûler ledit Logement ;

Mais-la, des Gens d'Armes alaigres.

Les uns gras & les autres maigres , Les receurent d'assez bel-air ; De phis, un Chevalier expert

ijj Dans le belliqueux Exercice .

Qu'on appelle de Saint Maitucb ; Etant sorti fort brusauement De derrière un Epaulement , Les soûtinst , avec sa Cohorte ,

140 De si brave & galante sorte Qu'il recogna bien-tôt che»-eux Les Assié^ , quoi que irés-preux.

Pour fiure, enfin, toutes les mines.

En suite on fit jouer les Mines.

)4} La Demi-Lune on attaqua , D'oti l'Ennemi l'on débusqua , Et ledit Bbaufokt & Tavahb, Bien loin de faire tllec la Cane, Montèrent intrépidement

15a Et dressèrent leur LosemeDt.

De l'autre-part . par Contremine , On l'eut bien-tôt mis en ruine .

Et le Sicur Gouverneur Chapat

ekBdlE.

&. uancenarwi jKHdoHz.

■99 Faiiilrye ukdr aâMc pkiaK , 1 oi^K picmc 4c fendre CB^ttBift , Pour lickB de fiédUr «m fSEor Et de s'en nndn le *iiiiqiieiir.

Mm. vojrant qa^ perd Ml fleUiede*

MoLat {dm doncea A pltM tcodrcttci ,

nie Acbe.

yefckiBgelÉAe

■^ n^i^Vptt, pVMNI eSxt,

A TA^CHor damer b mort , SartiB'dk le aure poloc .

>» De dâpic a de boMB âane ,

Ele cnnn vcn nn paod Brasier.

^^4é . pooT u Donner, A SB oÉncs cve lonBiolei Comme pdit le gnnd Sczvoii a« An fcn U nenne sbandoona .

hmr avoir manqné Ponenna.

Ccsfonrspasus,!] P*r one Ënmble ir

HDSt 11

- ^ A qui pe "^""OK de Belle.

- -: '!'> 5^.ndea"*''"'"WlW.

& ""^tiîjnœKle:.^^

Mi"!?

sfii. — Du lo. DecflBibre 1667 (Hotmcr).

(Car c'ttoit * bon Chat boo Ru) 15; rît une Sortie uses sÀ:he , Pour un peu. rajuster la Brèche.

Mais cela n'eut pas grand'veitu , Et Saint Maurice , &anctëtu, .

Y montant, tout à rfaeure-mfime , lAoAvec une furie extrême >

Y planu cr<5-bien & tr6»<beau , A ce qu'on m'a dit , son Drapeau.

Alors , 00 fit nouvelle Ataque , Et Fon fit tant & tique & ûuiiue ,

165 Qu'en suite de ce long conflit , Le Logement oa rétablit , Et contraignit ceux de la IHace , Malgré leurs Dents & leur audace, A promptement s'humilier,

1 70 Ii> EST à demander Quartier.

C'est ainsi que nôtre NoUesse S'exerce ,'se stile & se dresse.

, Chez Messieurs du Pays Flamant On vit assez tranquilement ;

175 II ne s'y fait nul Exploit dArmes Que puissent célébrer mes Carmes ; Mais l'Amour, au défiiut de Mars , Y déployant ses Etendards , En fournit à mon Ecritoire

■Bo Cette rare & tragique Histoire.

LE SCEVOLE FEMININ.

Un , dont le nom ne se sçait pas , Ayant trouvé beaucoup d'Appas En certaine Dame de Lile (Elle , en Beautés , dit-on . fertile) .

185 S'en pique , & l'aime d'une ardeur Qui se biume enfin en fureur.

Car, l'ayant long-temps poursuivie Sans ou i son amoureuse envie Elle reponde peu ni prou ,

190 Plus enragé qu'un Loup-Garou , Un jour qu'il rencontre la Belle , 'Toute seule , dans sa ruelle , Il se prooterne à ses genoux Et , filant encor un peu doux ,

19} Employé encore mainte phrase , Toute pleine de tendre emphase .

Pour tâcher de fléchir son cceur Et de s'en rendre le vainqueur.

M ûs, voyant qu'il perd ses Betarcttes

MO Les ^us diMices & pliu tendtettes ,

Il se sert de la force enfin Pour exécuter son dessein.

Elle aussi se met en défonce Si bien , contre sa violence ,

Mj Qu'elle le met hors de combat Et , bref, tout sanglant , vous l'abit D'un coup qui , pour tout dire en

[somme.

L'empescbe désormais d'être Hom- [em.

On accourt au bruit du conflit,

1 10 Et , comme on con Jt le Délit Et le châtiment sans exemple. Les deux Combatans l'on contemple.

Sans sçavmr qui l'on doit le pins.

En cet Acte qui rend coniiia ,

113 Des deux louer, blâmer, ou plaindre; Cor, sans rien déguiser ni nindre.

Si la Dame est fort à louer.

Ainsi qu'il le faut avouer.

Et si . dans un Acte semUaUe .

110 L'Amant est aussi fon blâmable , A le prendre sur l'autre pié .

Est-il moins digne de pitié De se voir au rang des Pro&nes Qui sont les Argus des Sultanes,

115 S'il faut que , malgré sa douleur, Las I il survive A son malheur ?

Mais, pour qui quetut'interesKs, Mon Lecteur, sospend tes tendrestet Et mêmes ton étonnement

ijoJusqu'au bout de l'Evénement, Car, ui ce Lieu , la Tragédie N'est pas entièrement finie.

Cette Dame, prenant A coetu* fneur, Trop chaudement son Point d Hou-

135 Contre sa blanche main se fiche , Et, soit^'elle la juge Uche De n'avoir pu , par son efibit , A l'Agresseur donner la mort , Soit qu'elle la croye polue ,

»4o De dépit & de honte émue , EUe court vers un grand Brasier, £t-U , pour la purifier, A ses flfimes elle l'immole , Conune jadis le grand Sorois

a4j An fsu la nenne abandonna , Pour avoir manqué Ponenna.

Ces jours passes, nôtre MoMAiiqvi.

Pu une fnorable marqne .

Tinst le Fîb ftp ' "

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