Du 10. Decnnbrc 1667 Robinet
3J0 D'un vaillantissime Baron , Avec l'HÂROÎNE Henriette , Pour qui nôtre Clion caquette , Dnt*!tai Et c'est le Baron de Bnsc* , ^^^ Lequel , depuis un an , busca
3Î5 La fortune de l'Hjmenée c'-inuBAvec une Fille bien née vtwatm Et qui même un très-beau Poste a ch^tm Chez cette auguste Altksss-U.
Mardy, le Bal, sentant fort l'am- 160 Parut encor dans une chambre [bre, De l'Apparument de Loms , Où les yeux furent éblouis Par ceux de quantité de Belles , A qui peu de coeurs sont rebelles ; 265 Et la Grande de Montpeksiex , Qui montre un air & doux Se. fier.
Et si digne de telle Altesse , En augmenta lors l'allégresse , Y semblant un Astre nouveau , 370 Au retour de son Saint-Fargeau.
J'achève, en trois mots, ou dans En f>aiiant de la CiioPÂTRE [quatre.
Qui se joue , en pompeux arroy, Par la propre Troupe du Roy.
17Î C'est , sans doute , une belle Pièce , Où l'on void & force & justesse , Et maints délicats traits de l'Art ; Ouy, toute flaterie M'ait , Et son Autheur. la Toriluére ,
iSoEn vaut louange singulière.
Mais, à tout dire comme if faut , J'v trouve un notable défaut :
C est le Défaut de ta Cabale .
Avantageuse ou bien fatale
18$ Aux Ouvrages les plus complets , Selon ses bizarres Décrets , A qui , mêmes les plus Habiles , A la suivre un peu trop faciles , Se laissent mener tous les jours,
190 Tout ainsi qu'on mené les Ours.
J'en pourrois dire davantage , Mais je suis au bout de la page.
Le dix , je conclus cet Ecrit , En plaignant fort les Gens d'Esprit.
A Pttrù. duiCk. Ounantt, Imp. & lii.,rmdtU HucktUt. Avte priviUgi it Sa MajetU. 1*7 dJEuc. (BIblioth. mt., Le', ij. R*j. —
LETTRE EN VERS A MADAME
[Pas CHAkLS* ROBIHGT.]
Du 17. Décembre 1667.
Je dois encor deux fois rimer sur le Biodac ,
Mot , ce semble , Tudesque , ou dré de 1' AmuQOS ,
Qu'on n'a jamais placé, que je pense, en Musiqua,
Et qui fait dans les Vers un étrange Mio-Mac.
C'est un Terme qui sent la Poudre &le Tabac;
Mars seul l'a Mt trouver dadint sa PounQDS,
sâs. ~ Du 17. Décembre 1667 (Roumbt). 11
Et c'est d'un fin Guerrier la gaillarde ru Bkiqiji,
De peur d'Are surpris , ou (TAbhocou d' Abbâc.
NàKitmotDs , il eo £aut sortir, c'est le Rsh^de ;
Mais parlons de Nectar & du beau GANniDs:
On en peut ici (ain un fort plaisant R£bi».
Mais songeons en ce jour, qui n'est pas iour d' . . . Ecuwxk ,
Que je dois à Mamhs une Lettre Duumchi,
Et que c'est un Emplo^qui n'est pas de Bbus.
■ï Au beau Jour de mainte Lamiére, Samedy, le Bal prit carrière Dans le grand Palais de Momsieub , Dont le charmant Extérieur Etoit ce soîr-U , pour la Dance ,
»o ParÉ de la belle importance , Car ce Prince , des plus Galans , Est toùjours-là des plus brillans. Madame , sa rare Consorte , A qui les Grâces font escorte , .
15 N'avoit pas lors sur son beau Corps Les riches & brillans Trésors Dont l'Inde Oriantale abonde , Mais, par les plus beaux Yeux dn
[Monde , Un Teint printanier. jeune & frais,
f Que Nature a Mt à ses Frais , Un Enjouement rempli de grâce , Qui proche d'Elle tout é&ce .
Et par son Port majestueux , Tel que l'ont les Enfans des Dieux ,
a Elle paressoit dans la Sole , En tout , Madame sans égale.
L'admirable de Monaco , Plus grande & plus belle qu'Yo , Qui mt en Vache transformée
40 Et du Dieu Juptn tant aimée , A son ordinaire , étoit-là Et par dessus mainte y brilla.
D'nAKconRT, la mignonne Princesse, A qui sied assez bien l'Altesse ,
4} Y raisoit lorgner ses Appas , Qui sont de sa Maman Brancas La vive & charmante Peinture , Faite des mains de la Nature.
Les COAQDIN & VrrrEKBERG ,
5° Qui surprénent maints Cœurs sans Les CAsrBLNAtrr & de Sodbisk, (vert.
Dont la face est blanche & non bise, 1 Les Viu-squiEB & d'EtrnicouR . 1
Aotrea beaux Aatres de la Cour |
a Par leurs joyaux & leurs paupières.
Y répandoient mille lumières.
Maints autres Objets gracieux.
Qui font le Paradis des Yeux , Des Soleils Levans . des Aurores , 60 Des Psiché. des Daphné. des Flores Et des Anges , même , incarnez ,
Y montroient leurs aimables nez :
EnCr'autres , Croient de remarque D'AjtQDIEH , CoiÈiLooiM, la Makqoe.
65 La MoiVE , aussi de L,okoosval. ^ Dont l'Aspect aux cœurs est fatal; <,-j Item , & (I'Ampierre & de Fikniiu , « Par qui l'Amour lait bien des sien-t| Et. comme la Mode, en ce Jour, [aes; '
70 Est , à la Ville & dans la Cour, Que toutes les Beauiez des Gaules Montrent amplement leur^ Epaules, Au Lieu des Gorges qui , jadis , Rendoient nos yeux tout ébaudis,
7ï On en veid trente Paires nues , Des plus blanches &plus charnues, Et qu'on auroit voulu pouvoir Toucher, aussi bien comme voir.
Pour plaire ft ces Grâces célestes .
80 Les Seigneurs étoient tous trés-lestes, Et Monsieur le Duc de Bsaufort L'étoit mêmes, dit-on , bien-fort.
Deux Princes amoureux de luîmes.
Sçsvoir Vaodshont S. de Salmes,
Bf En cette Cour passans l'Hyrer, Attendant le Printemps tout vert, Etoient aussi de l'Assamblée , D'Honnêtes Gens ainsi comblée.
Qui firent deux cents mille pas ,
90 Et par mesure & par compas. Enfin, illec, Fruits, Confitures, Et d'autres exquises Pâtures Furent servis dans des Bassins , En moult beau nombre, non sucdns.
gjAvec d«s Liqueun ambrosiaes, .
.Cîoo'^lc
a6a. — Du 17. Dcocmhre 1667 (Robinb*).
Dont Balutini & Baladinea Se refirent bien l'ioteatm ; Et puis , comme il êtoit matin , Chacun congé prit au plus irite M> Et se retira dans son Gîte , Où tous ces grands faiseurs de sauts Dormirent comme des Sabots.
Mardy, chez Loois & IVbsksB , Qui des Vertus ont plus de seize ,
■oj Le Bal derechef repassa ,
Et de même 00 i'y trémoussa ; Mais la belle Perle des Reynes , Qui , dignement, tiendnnt les Reanes De l'Empire de l'Univers .
1 10 Par tant & tant d'Appas divers , Ne fut à lors que Spectatrice , Et pas le moins du monde Actrice.
La raison est raison d'Etat, Qui doit , avec le Potentat.
1 15 Bien réjouir Toute la France :
C'est que l'on a quelque appanince Que la Nature , derechef.
Est'occapée k mettre & Chef, En ses beaux Flancs , quelque Mys-
1 10 Qui la rendra peut-être Mère [tére. D'un second & ravissant Lts:
C'est comme qui diroît un Fils.
Or, Dame , il la faut laisser bire , En plein repos , dans tdle Afbire.
ta) Mais, au défaut des charmons Paa De la Reykb pleine d'Appas , Qui font , par un Los légitime , Souteoir qu'en tout elle prime , Loois , le plus grand des Morteii
I )D En traça , non pas de tels-oueli , Mais, certainement, des plus justes Et mèmement des plus augustes , Menant. Madame , que l'on sçait Dancer, aussi , bien tout-à-&it.
t jj Phhjppë , Epous de son Ai-tess» , Ne montra pas moins de justesae , Car ce Prince si slorïcux , [mieux.
Lft , comme en Flandre, agit des Le cher Chevauer ^e Lokbaine ,
14a Qui de la plus belle Inhumaine Pourroit enfin toucher le cceur.
Et le FAvoai de Monhsor , D'AaiuoMAC , cet aimable Com»
Dont an chacun ioit tant de ccHopte, I4J Le Duc de Goyss &, qoe je croy, Le beau MAKQtns de Villerot, Avec quelques autres encore , Qu'ici je ne me remémore , Etoient du Divertissement , 150 Et tous danc^rent Joliment ,
Comme ausù les Dames & MiKet , Qui nesont point Personnes minces.
Que je vous ay cotes au Bal Daucé dans le Palais-Rotal , t jj A qui j'ajoute . avec Liesse , De VAOJOi» la belle Ducseue Et Madame -de Guicme aussi.
Que volontiers je nomme ici.
Les gais Thaqueeiars de Bixtaghr,
160 Où l'on saute en Genêt d'Espagne, Et que Bbaupokt, le Doc blonmn Qui fut si long-temps Dieu-marin , A transfères en cette Ville , Fur«nt-1A dancea en beau stîle ,
16s Dit-on , plus de cent trente fbâs , Aux Flûtes douces & Hauts-bois.
De plus encor, la Comédie , Non la folette & l'étourdie , Mais la grave qui , dans MAsarr,
17a Plus que chez nous est en crédit , Fut de ce jovial Régale ; Aprés-<juoi , dans la Coint Royide , Je ne diray qu'on ait balle , Sinon après le Jraujî ,
I7J Car, jusque-là , sans nule Mme , Elle doit être la Cona-SAiinx Et qui d'Exemple servira A qui ce Jubilé fera.
C'est pourquoi, sur cette matière,
iSoJ'ay pris un peu plus de carrière.
La Favorite de Pluton , Fantôme sec comme uo Cartoa , Qui sans an les Vivana enlève , A fait raâe du Sieur Boisl^ve ,
iB} Qui d'AvRANCHX étoit le Pasteur. Daignez prier pour luy. Lecteur, Car, hélas I tout Défunt à Mytre , Nonobstant l'éclat de ce Titre , Comme un autre , a souvent besoin
190 Que l'on prenne pour lui ce soio.
Ilenest main tslesquels, sans-doute.
En mourant vont, en dnxi^ rouie ,
36a. — Du 17; DKoabre 1667 ■'Roiii«r>.
Au charmant Séjour des Elus ; Maû je dis , en franc CarOlus ,
19$ Que maint, s'il monte à cette Gloire, C'est , du moins , par le Purgatoire.
Au reste , l'Evesché vaquant Est trés-bon & , par conséquent , Comme on n'endésirepointd'autre,
300 Maint , pour l'avoir, dit Patenôtre Et , volontiers , iroit , ma-for.
La demander tout droit au Koy.
Mais des Personnes plus de seize M'ont dit que , dans le Oîocâxe ,
loj On avoit sceu , par vision .
1d est , par révélation , Que la Providence dinne A certain Mortel le destine , Dont te nom se termine en Dot,
aioAumânier, dit-on , & Dévot, Et que ladite Providence (Tr&-infaillible conséquence) Qu'à lui l'Episcopat est dû:
En Bénéfices a pourvu
11$ De vinst-cinq mil livres de Rente.
Si la Vision est constante , Les Brigans brigueront en vain.
Mais je n'en suis pas bien ceroin.
Pour revenir à nôtre Parque , 110 Qui de Cakok peuple la Barque , Elle a du Cakdhul d'Ahrach , Qui jouoit beaucoup au Tric-trac Et faisoit bien un Epigrflme , ParuUement coupé la Trame , axf Et de Don Mario Cbici ,
Tout ainsi que d'un Boustangi .
Encor de même racourcie , Par une prompte Apoplexie.
Mais, n'aguére, en un seul mo- 330 Elle mit dans le Monument, [ment, D'un coup de sa Flèche mortelle , Tant elle est barbare & cruelle Envos tous ceux du Genre-Humain, Un Grec, un Sarmathe, un Romaio, ajj Un Otoman , un Perse , un Scithe , Un Espagnol , un Moscovite , Un Capitan . un Empereur, Et [voyez quelle est sa tureur) Un Villageois , un Secrétaire , 140 Un Satrape , un homme d'Affaire , .Un Bergv & maint autre encor :
Et cette Madame la Mort , L'Intendante des Parricides , Fit ce grand nombre d'Homidiln
S4f Et de tout un beau Pot pourri En assassinant Mohtfudri , Qui , d'une façon sans égale , Jouoit dans la Troupe Roïaie.
Non iei Rôles tendres & doux,
3$o Mais de Transport & de Courroin,
Et lequel a , jouant Oaxsn , ^
Hélas ! joué de tout son reste. »
O Rôle tragique & mortel , ' i,
Coqibien tu fais perdre à l'Hôtd ■
1S5 En cet Acteur immitable 1 C'est une perte irréparable.
O vous , qu'il a tant ébaudis , Dites pour luy De profdndu !
LesTARTARES, quitans l'Uuuiin.
t6o Province loin de rHypocréne , Sont allez chasser de chex-eux Certains Calhoques belliqueui , Qui leurs taillent force croupières , Non avec Mousquets ni Rapiéra.
3^ Mais avec de maîtres Bâtons , Dans le Feu durcis , & fort loni, Qui leur servent comme de Lsun- Dont ils s'escriment d'importance, Etans armez , outre cela ,
170 Ainsi qu'on Le mande de-U , De Haches & de grosses Flèche*.
Dont ils font de mortelles brèches.
Or ces Rustauts sont si vaiUam , Soient Défendans, soient AssailUm,
17; Qu'on assure qu'une trentaine En bat d'autres une centaine.
Ils idolâtrent la Totaon , Pour être prés de l'Hortson Où , jadis , quoy que bien gardée.
180 Jason , secouru de Mtote , En fit [fiit-ce soir ou matin), Bien & beau . son riche Butin.
Les Femmes, chez lesdits Calmu-
[quej, Qui n'om nuls cheveux sur leurs [nuque.
t8$ Comme les Hommes vont auicou|».
Et jamais elles n'ont d'épous Qu'au retour de queloue Avanture.
Elles n'ayent reporté la Hure D'un Ennemy qui , de leun bns-
i9ciAit receu le coup du.trépas.
a62. — Du 17. Décembre 1667 (Robinet).
»95 Ainsi, je vais barrer ma Veine Jusqu'à la semaine prochaine.
J'ay bien encor quelques nouvel- Mais , ô curieuses Cervelles , [les , Ce présentmien Ecrittoutneuf [œuf; Est , bonne-foy, plein comme un
A Parii, cii^ C. CItauull, rut dt ta Huehetk,
Le dix~sept, en ma chambre-clos.
Je fis ces Petits mal-édos.
LETtRE EN VERS A MADAME
TPai CHAkLia KOBtNET.] Du 24. Décembre 1667.
A Présent je suis bit à rimer en Biouac ,
Comme à vaincre un Lion l'est un Chasseur d' Affriqdb ,
Ou comme à la Débauche un Maître de Musique ,
Ou comme un Courtisan l'est au petit Mic-iuc ,
Ou comme un bon gros Suisse & prendre du Tabac ,
Ou comme un grand Ministre en fine PoLmquE,
Ou bien comme un Manoeuvre ft joindre Herre & . . Brique ,
Ou comme un Ecolier à l'Ab-hoc & 1' Ab hac ,
Ou comme un Médecin ft donner un — Rshédb ,
Ou comme à la Boisson un fameux Ganih^de ,
Ou comme un grand Jaseur à conter des Rébus ,
Ou, bref, comme un Bourgeois A souper d'une.. Eclamchs;
Et vous aurez , Madaue , encor demain Dimanche ,
Ce Prélude plaisant de mes Vers de Bisus.
>J Belle, jeune & sage Princesse, Grâce à vôtre sublime Altesse , De prime-abord , je me dédis De ce que , l'autre-jour, je dis , Que l'on ne me verroit point mettre
w Dans ma Légende, Epître, ou Lettre, Qu'en nôtre Couit on eût balle , Sinon après le Jubilé ; Car le Bal , jouant de son reste , En vôtre Appartement si leste
ïï Parut encore , Samedy, Aussi brillant qu'en plein Midy.
Mais quoi ? les Ris & les Délices , Des jeunes Désirs les Complices , Sont si fort joints & vos Appas ,
jo Qu'ils marclient dessus tous vos pas, Et, certe , il est bien difficile De les banir d'un Domicile Dont un Objet aussi charmant A fiiit leur plus doux Elément.
fî-
iia3
263, — Du 24.. Décembre 1667 (Ronkr).
33 De ^*olU'm&ne ils prennent naissan- Qu'on juge donc, en conscience, [ce:
S'ils peuvent être , mSme un Jour, Absens de leur natal Séjour ?
Non, Madame, &, Dimanche mtoe, 4* Quoique vôtre Altessk Suprême Tâchât de les mettre à l'écan Et de faire un peu bande à part .
Je les apperceus autour d'Elle , Lui faisans Escorte âdelle , 45 Dans vôtre Chambre ou Paradis (Car c'est tout un ce que je dis] , *^^^ Lors que Richard , sur sa Régale , <i'Ocr>« Par un harmonieux régale , t^^ Touchoit si délicatement •PP«Mo. Et si miraculeusement
Les beaux Cantiques (]ue l'on chaste.
Sur la Naissance ravissante Du DiviN-Fnj de I'Eternel , Dont l'on fait un Jour solennel , Jï Et que vous même, ainsi qu'un Ao- Sans nule flateuse louange , [ge , Vous chantiez de telle façon Que j'en crûs ouir, tout-ae-bon.
L'un des plus beaux , en vôtre Al- [tessb, ^Etje le crois encor sans-cesse.
Comme j'étois ainsi , ce Soir, Madame , en vôtre beau Manoir, Snié^in De Monsieur de Vahanoeville , coiointa- Dont j'stme la façon civile , datran J'apprîs , Vraiment , une Action ^n^ Du blond & mytré Chakvalon , Raam Rare Prélat de Rothomage ,
Digne qu'en mon petit ramage
J'en fasse part à tout Lecteur,
70 En l'honneur de ce beau Pasteur.
Un grand Orateur de la Chaire , Et qui soutient ce Caractère Depuis plus de vingt-&-dnq ans , Preschant , k Rouen , les Avens ,
73 Fut , un jour de l'autre Semaine , Par Rhume , pire que Migraine , Tellement réduit à qdia , Ayant dît I'Ave- Maku , Que , sans dire ni oui ni voire ,
>oIl laissa-là son Auditoire.
Or , Chanvalon s'y trouvant lors , Comme il jiosséde les Trésors De U belle & fine Eloquence ,
Et qu'il a mfime une présence 85 Toute surprenante d'esprit Pour parler comme un autre Ecrit.
Avecque grâce non commune , Il monta dessus la Tribune , Et, sur le Texte déjà pris , 90 Ravit & charma les Esprits , Par un Sermon d'une heure endérc, Plein de sçavoir & de lumière , Si-bien qu'il est trés-assûré Qu'il en fut cent fois admiré.
9$ Ah ! j'en sens pénétrer de fOjt Tout mon Cœur, ma Rate & mon [Fow.
Non pource ^u'il me veut du Bien Et tyi'ii en dit de moy très bien , Un }Our, chez feu la Rbtns-M£u, too Mais pource que je le révère Et , bref, que j'en fois tout l'étai Qu'on doit &îre d'un grand Prétit'
Vous avez sceu , comme je peut.
Comment , en toute diligence ,
10$ Le Sieur Cokte de Curendon .
Pour qui, dans Lokdiie, il fait peu Est venu, comme en un Azite, [boa.
Elire à Calais Domicile , De peur que , par un mauvais tour.
110 II ne fût niché dans la Tour, Par l'ordre de la Chambre Basse, Qui , ce dit-on , du grez lui casse.
Ce Seigneur est bien avisé D'en avoir de la sorte usé ,
1 15 Fust-il dedans sa Conscience Assuré de son innocence , Car ces Communes-là , vraiment.
Jugent les Gens trop brusquemcDC Et souvent , par un pur caprice ,
I M Vous crieront Toixi sans justice.
A propos de Londre , on m'a dit Qu'on a sceu d'illec , par écrit, Qu'il s'y voit un certain Prophète Dont la Peinture ainsi m'est faite.
laj 11 porte , & double ou triple ran{. Couronne & Barbe , tout de sang:
Sa Robe , riol-piolée .
Semble d'une étofe émaillée.
Où de couture mémement
I jo 11 ne parfit aucunement.
Sa démarche , sans hyperbole ,