‹ Les continuateurs de LoretChapitre 209 sur 217 · Du 24. Décembre 1667 [Robinet · texte numérisé non relu

Du 24. Décembre 1667 [Robinet

315 Les trouvans-là , selon leur gré , Beaucoup mieux en Terre qu'en Pré.

Mais . sortant de son caractère Et devenant irréguliere , Voici d'Eiie un contraire effet

ajoQui vous surprendra tout-à-fait.

Un Personnage atrabilaire , Songe-creux & Visionnaire , En bouillant & croisant les bras , Médite un tour sur les Appas

ijï Dont son Epouse étoit pourvue Et , dedans son humeur bounie , Fait lors , saturniennement , A peu prés ce Raisonnement :

« Toute Femme gentille & belle

140 » Veut , » dit-il , « qu'on la croye-

[teUe,

» Et même som'ent , sans besoin ,

> Avecque étude , avecque soîn , » Sçaît joindre l'Art à la Nature » Et coucher ainsi d'imposture ,

>45 » Pour attirer, de toutes parts , » Sur elle , en foule . les regards.

> Or, lorgnant une belle Femme , » On peut la convoiter en l'ame ,

> Et , si l'on peut ta convoiter, 150» Ensuite on peut la mugueter ,

> Et puis au logis s'introduire , » La cajoler, bref, la séduire,

» Et , par un trop sinistre Affront ,

» Faire à l'Epoux germer le front.

333 » O que je crain , de par la mienne,

> Que telle infortune m'avienne !

» J'en sens un trop cruel souci , » Et , pour m'en délivrer aussi ,

» 11 est bon que je m'en défasse. »

ï6o Alors , il trépigne , il grimasse , Et , comme il a longtemps resvé :

« Voici l'Expédient trouvé , »

Dit-il : « il faut que je la vende.

» Elle est blonde, elle est grasse &

Igrandc ;

165 > Elle a le teint & les yeux beaui,

» Et d'or j'en auray maints boisxaui

> Du Sultan de Constantinople ,

> Qui dent sa Cour dans Andrino- Ayant de la sorte conclud, [pic. >

170 En même temps , il résolut

De se rendre au Levant belle-errc, Voyageant par Mer & par Terre.

Et l'Histoire m'aprend qu'enfin Il exécuta son Dessein.

17s Mais voyez de sa Jalousie Quelle est l'étrange frénésie :

Il craignoît que sa Femme plût Et qu'on jettat un Devolut Dessus son charmant Bénéfice,

iSo Et , par un aveugle Caprice , Lui même l'expose , la vend Et , de cette façon , consent Que chacun ses choux-gras en hsx\ Véramektâ , cela me passe ,

iSj Et la Jalousie est en Lui Bien irréguliere aujourd'hui.

Sur ce , Princesse bonne & beDc, Clion demeure vôtre Ancellc.

Le vingt-quatre, en chantant No3.

)oJe concluds cet Ecrit tel quel.

APOSTILE.

Il faut enfin que je m'explique.

Touchant mon Prophète Londrois :

Ce n'est qu'un Conte ênigmatiqut.

Et c'est un Coc , en boa François. '

j1 Paris, clit^ C. Chtnmtt, nu dt la Hackttlt

194 C»«< facèlie ni fort aneiaiae. Il hmi s*ffirt dt rtm.vjltr à la Prenosliotion frtrt Thibnl réimprimct par MM. dt UoHl^iglo» tl dt RotiukiU (Recueil de PoOie* fnnçoiiis, XII , 1 1) " •" QliBitior» et Propoeîtion» enignutiquei, ïmjM. compi»eei et mÎM) en proie, jiii J* Irtoveal iaK W Moti et tentencei dorée* du nuUtre de uigcMC Caton [Paris, Pirm Groaut, i. d., pttil imS t«lt-, J* Pv, r^.

(Biblioth. Minriiw. 196 Ai.)

.yGOQl^lC

LETTRE EN VERS A MADAME

[P*i CRAkti* ROBINET.]

Du 3i Décembre 1667.

Je vai viste courir, termïiMDt mon Biooac

L'Europe, l'Amérique, & l'Asie ft 1' Afpriqub,

Pour vous narrer, eo Rime, & non pas en Mosiquk,

' De cent Peuples divers tout le petit Mic-iuc ,

De ceux-l& le Commerce , aux Climats du Tabac ,

De ceux- ci la subtile & rare PounQOB ,

De ces autres encor la Ruse & la Ru Bkiqoie,

Et je n'oubUeray rien, ny d'Ab hoc ny d' — Abhac.

Fort long est ce Circuit , mais il n'est de Remède ;

Pour Madahb j'irois oùgtte GANwâDB:

Je le dis constamment £ sans aucun R^bus.

Mais , avant tout , mangeons une traiKhe d' Eclanchb ,

Puisqu'on peut foire n'as la Veille de Dikanchb,

Et l'arrousons d'un Vin qui n'est pas de Bibus.

>5 C'en est fait , je sors de ma Caze ;

Me voila perché sur Pégaze , Où tout Autheur étant grimpé Se croid un Homme fort huppé.

Dieux , que cet Animal va vite !

1» Déjà je me rencontre au Gîte Chez ce Crésus , le Grand Mogol T Qui ne lit jamais dans Saint Paul.

Il a toujours , sur le Commerce , Maille à partir avec la Perse.

ai Mais qu'ay-je dit? Maille à partir?

Ah t je SUIS plaisant , sans mentir ; Ils ne partagent que des Perles , Hus grosses que des yeux de Merles, Des L^amans & Lingots d'or.

J^J'allois bien passer pour Butord Si , par une reprise sage , Je n avois corrigé l'Adage.

Voyons ce que fait le Peksan :

Je te p-ouve en un grand hahan ,

ff Touchant sa Guerre avec la Porte ;

Et , faux ou vrai , l'on me raporte Que , leur Trêve étant & sa fin , Il doit , peut-être dés demain , Aller fondre avecque vitesse 40 Sur les Etats de sa Hautesse Et . du moins jusqu'à Baoadet , Vaillamment pousser son Bidet.

Le TuKC, cherchant de la Besogne, Fait des Desseins sur la Polognb ,

45 Pour le prochain Printemps, dit-on, Mais c'est un ancien IMctum , Que mal étraint qui trop embrasse , Car Candie assez l'embarrasse , Et faut qu'il livre encor maint choc,

joAvant que, pour lui, ce soit Hoc Et qu'il plante léans les Bornes Du vaste Empire de ses Cornes.

Cependant , Monsieur le Sultan .

Qu'or dit un vrai Petit Sathan ,

55 Fait dans le Serrai! des Merveilles Qui sont, en Amour, sans pareilles.

Engendrant, presque tous les ans.

Quatre-vingts dix petits Sultans.

Le Moscovite , à sombre Tragne, 60 Désire , nvecque la Pologne , Changer leur Trêve en une Paix Qui les unisse pour jamais ; [conte.

Mais, comme il veut, à ce qu on Y trouver un peu trop son compte, 6j On ne croid pas que ce Traité Soit encor si tôt arrêté.

La Pologne , un peu plus quiète , Va se remettre à la Diète , Le grand Remède auquel toujours ,

70 Dedans ses maux , elle a recours ; Maisl'on craint bien que les Tartares, Gens piUars & des plus barbares.

Ne reviennent , à contre-temps , L'y traverser à ce Printemps ,

7j Car, avec eux , chose assurée , Ce n'est jamais que Paix fourrée.

it'rasM Cependant , le Kam ancien , dans Voulant rentrer dans l'Etat sien , ''''**^- Dont il est chassé par la Pôrtb , Bo A cause , comme on le rapporte , Qu'il la sevroit des beaux Tributs Qui par tel Prince lui sont dûs , Y fait, depuis peu, grands vacarmes Par ses Cabales & ses Armes.

8$ Or, Monseigneur le Kam nouveau En tremble en sa timide peau , Appréhendant bien que cet autre , A son tour, ne l'envoyé au Peautre , Par un Jeu de Boute-debors , 90 Et , certe , il y tait ses effiirts.

Le Danzkarc un peu>haut chante, Touchant la Debte ou Paraguante Dont il demande payement Aux Holandois très-instamment ,

95 Depuis que , sur Mer & sur Terre , Ils ont I%ix avec l'Angleterre ; En quoi le bon Roy Frédéric , Leur reprochant tout ric-ft-ric , Dit leur avoir, avec maints Princes

iM Rendu des Services non minces , Ergo , que leurs sages Etats Ne dévroient point en être Ingrata.

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