Du 4. Juillet 1666 (Matolu
Il faut que le monde confesse Qu'un Amant pour une Maîtresse , Ny pour une Epouze un Epoux , 90 N a jamais fait de plus beaux coups. Montré plus de réiouyssance , Ny marqué plus d'impatiance Que I'Ehpêredr avec sa Cour En a témoigné , l'autre jour, 9; Ayant sceu par un prompt message Le départ & le Manage De l'Objet superbe & charmant Qui fait tout son contentement , De riupÉRATKicE , ou I'Ikfants ,
iDo Dont la démarche est un peu lente . Puisqu'il fît d'abord , ce dit-on , Pour cela chanter Te Deuh Dedans l'Eglize Augustinîenne , Une des plus belles de Vienne.
10; Maints canons mis sur les ramparts Faizoient ouyr de toutes parts La nouvelle , en cette journée , De cet important Hymenée , Dont les heureux événemans
iioRéjouyssent les Alemans.
L'iKPiRA-nucE & les Princesses , m Avec Duchesses & Comtesses, Allèrent avec gayeté A ladite solennité ,
tt5 Et vingt Seigneurs, sans hyperbole.
Lors tous vêtus k l'Espagnole , Dédaroient, suivant rEMp£iiBait, L'extrême plaizir de leur coeur.
On ftit en suite aux Favorites ,
1 10 Maizon non pas des plus pelâtes , Mais un Palais des plus pompeux , Pour y jouer mille beaux jeux.
Ignace , ^i vaut un Pompée , Emporta le prix è l'^pée ,
j*5 Et le susdit prix qu'il gagna L'iMPéRATiucE le donna , Qui fut une Ediarpe dorée .
De Diamans toute parée.
Après ce diveitissemant ,
ijo Dans ce Château vaste & cbannant.
Elle fit un fort beau regaie A cette Troupe Impériale.
Madenooizdle de Nmosits Avance doucement son coure.
1; Cette Princesse illustre & belle Est arivée à la Rochelle Avec celle qui la conduit.
140' — Du 4-' Juillet 1666 (Matolu).
E>ont U «erra beaucoup iduît.
Le florissant Duc de VbmdÔhs , [^ Un des Grands Princes du Royaume, Dépuis des jours quatre Ibis trois , Chemine vers les Rochelois , Et cduy qui fiùt l'Ambassade, Peut-être se trouvant malade, 14; Daaa on' litière ayant été En icdle ville poitâ , Ce Prince , dont je suis bien aîze .
Pour sa Majesté Portugaize Pompeuzement l'épouzera , ijoPuis un autre l'escortera.
Prézentement dans la Pologne, L'on pariemante & l'on se cogne.
Bon-jour, bon-œuvre 1 l'on m'a Que. Jeudy dernier, l'on ouyt [dit
155^ grand matin marcher du monde Qui Mzoient doucement la ronde , Non à l'entour de mon hôte! , Mais autour du Pont Saint Michel.
Le Bouiigeois, qui chaque an s'aprête
i«D A célébrer cette grand Fête , Avoit &it , d'un soin diligent , Amas de vaisselle d'argent Pour des écus prés de cent mille , Et de mainte pièce gentille ,
it$ De maint tableau . ac maint miroir. Pour mieux orner le Repozoir.
Vingt personnes portans des mas- [ques.
Des longues brétes & des casques , LepistcMet & dague en main ,
iToAmmez d'un mauvais dessein , S'en allèrent dans la boutique Du Pourbisseur plus antentique , Qui cbez-Iui conservoit encor Cette parure &. ce trézor.
■75 Ils marchandèrent une lame ICachans le dézir de leur ame) , Mais , l'a^ans découvert bien-tôt , Celur qm ^rdoit le dépôt , Sçacnant bien manier les anses ,
iio Repoussa fort loin ces Gens^l'ar- Avec l'aide de ses voizins , [mes , Sa confrères & ses couzîns , Et prit un de ces Personnages , Qui lors ne sembloient pas trop sa-
ik Et cela leur fiit bien amer {ges ;
De ne rencontrer que du fer, Que ptqu^ & que halebardes , Et des Fourbisseurs sur leurs gardes.
Ce bi-uit cauzant de la terreur, 190 Avant détourné leur labeur, L apareil de cette ioumée Est remis jusqu'à l'autre année.
Madame de MoNmoKBNcy Est exempte de tout soucy.
19J Cette Duchesse vertueuse , Aussi constante que pieuze.
De l'illustre Sang des Uasnts , Vient de décéder à Moulins Au Coavent de Sainte-Marie,
300 Où pour Elle encore l'on prie, Y possédant la qualité De la Supériorité.
Son Corps , avec pompe fiinébre Non moins lugubre que célèbre ,
105 Pozé dans un plombé cercueil , Le premier apareil de dueil , Fut transporté dans son Eglize (Où son Nom l'on immortalize) , Qu'elle a fait bâtir richement
iioPour luy servir de monument.
De difèrentes Armoiries , Toutes faites en broderies , Dessus un Drap de velours noir.
Sur son cercueil se faizoient voir 1
313 Une grande Chapelle ardante , Au^si triste que rayonante , Eclairoit ce sombre apareil Au lieu des rayons du Soleil.
Cela fait , on Bt le Service :
110 Le Chapitre y fit maint Ofice ; Le Révérend Père Dodoy , J*w"« Beaucoup plus éloquent que moy.
D'une foçon scientifique Prononça son panègirique ;
laj Puis on mit ses os préaeux Prés du sepulchre glorieux Qu'à son Epoux elle fit faire Avec un soin extr' ordinaire.
Comme elle m'estimoît un peu,
«30 Dés-à-prézent je fois le voeu , En fidelle historiographe , De mètre îcy son Ëpitaphc :
Passant, tu vois dans ces contims Damk Hbkriette des Ursins.
1 j5 Sans aaiirr & sans plbuks fais ta poze :
ElLB a TANT PLEUKÉ , TANT VEILLÉ ,