‹ Les continuateurs de LoretChapitre 32 sur 217 · Du u. Juillet 1666 [Mayolas · texte numérisé non relu

Du u. Juillet 1666 [Mayolas

ty, Par leur pi^t^ trts-fameuzes , Et c'est , selon mon Alphabeth , Celuy <ie Sainte Elizabetb.

Pour son ame en ladite Eglize Chaque jour Messe on solennize ,

il5 Et le défunt , pour cet éfet , De dix mil écus don leur fait.

Son Epouze , illustre & âdelle , Ressent une douleur mortelle Et, dans l'eicez de l'amitié

14a Qu'elle a pour sa chère Moitié , Oézonnais elle ne peut vivre Que du seul espoir de le suivre.

Monsieur La-Hatx-Ventblâ

Fut splendidement régalé 145 Par le Grand Vizir de Turquie, En belle & bonne Compare , Ce qui marque qu'il est aimé Et fort justement esdmé Pour son adresse &. sa prudence ajo Et pour le titre d'Eicélence.

Altesss , j'ay mis quatre mots Au Prélude ion ft propos , Mais ma Muze dans son Ouvrage N'en métra jamais davantage.

aj; J'aT RUÉ TOUT CE QUE JE DIS

En JniixEr idstbmbkt le dix.

it dt la HMekMt. AmtPrMUpit

(Kblioth. de I'AtmuI, B. L. iiSoo.— Biblioth. <le M. le NronJiniMdeRallMchUd. — Ce dernieT eiempliirt porte li dite du t4 juillet et la idreues niinntei : A PaHi, Oui C. Ctouatt. Iw^. A Ui., AuxArma du Ref, nu it U Hadutu. Av€e PrhiUgt dt S. U. CJi//M, cU{ M. HdAmf, i S. Tiomai tAiptim.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pai Charlii robinet.''

Du 10. Juillet 1666.

Je doi , sans partage en ce Jour , Tous mes soins à la celle Altesse Pour qui ma Muze a tant d'amour Et travaille toujours avec tant d'olaigresse. A part donc tout autre souci ; Je vais voir si , coussi coussi , Je pourray de nouveau &dre quelque Missive Qm vaille l'exposer à son brillant Esprit. Caa 1 je n'espère pas cette gloire excessive , Mais je vais au hazard commancer mon Ecrit : L'Héroïne prendra par sa bonté propice La bonne Volonté pour digne Sacrifice.

Ayant , ainn qu'en un clein d'oeil 1

Etjwu vîste que le Soleil, I

■1 Fat presque tout le tour du Monde |

Et visité la Terre & l'Onde , Depuis le lumineux Berceau D'^'* Jusqu'au non moins brillant Tom-

i44> — Dq ">• Juillet i6€6 (RoBnrrr).

De cet Astre de Is LtmiiéitB ,

loJe n'ay dedans cette Carrière Rencontré nule nouveauté Digne de curiosité.

Tout s'y retrouve en même place .

Et , rien n'ayant changé de face ,

a; Les Afpairss, je ne mens point , Y sont encor au même Point Que l'ont chanté mes petits Métrés Dans la dernière de mes Lettres , Hors qu'à Naples les M^comtahs

30 Y font tres-mal passer le temps ^J^ A leur nouveau Vice-Monakque ; iTAnciHi] Que l'homicide & laide Parque A , dans son An soixante & six , Pris l'EiuNENCH MÉDias ,

3j DoTENKE du Sacres Collège , Sans croire faire un Sacrilège ; Que Gbnnes a réduit à deux Les huit Ambassadeurs fameux Qui, d'une façon triomphante,

4oOevoyent complimenter I'Infante , Epouse du Sire Aixemand , Qui de son beau cœur est l'aimant ; Et que la même République , Qui tranche de la magnifique

4î Tout autant que le plus grand Roy, Envoyé, en un tres-bel arroy , A sa Hadtesse Ihpéiuale (Et ne croyez pas que j'embale] Des Regales & des Présens ,

5oValans six fois cent mille francs , Sur lesquels aura sa Çrèbande (Il ne faut pas qu'on le demande) Le pRiiuER MiNisntB , ou Vizir .

Qui même pourra bien choisir.

55 LesC^sTiNs, tres-braves P£res, Dans l'un de leurs sacrez Repaires , En Savovb , à Villerfalet , Se sont signalez tout-à-fait , Et c'est à dire d'importance .

60 Sur la bien-heureuse Naissance Du beau Prince Piémontois, Que l'on feste depuis deux mois.

Comme ils ont l'ame toute'noble , Ils envoyèrent à Grenoble ,

6i Non sans le coût de maints Doublons, Quérir l'Elite des Violons Et les meilleurs Entonneurb même, Pour, en cette alaîgresse extrême Qui lorstriomphoit dans leurs coeurs.

70 En rendre Grâces k deux Chonma.

Après , dèsirans.d'en découdre.

Avec deux gros Barils de poudre Et des Feux Artificiels , En pareil cas essentiels ,

75 Ils nrent rétendr leur joyc Dans ce Canton de la Savoye ; Et je croirois bien mêmement Qu'ils purent fort honêtement , Quoi que le Mémoire s'en taise ,

80 Encore signaler leur aise Par quelque an-éable Festin , Car un petit de Chère enfin N'est pas aussi moins de l'essence De semblable réjouissance ;

85 Puis , quand la Musique a chanté , Elle a grand' soif en vérité.

A propos de Feux d'Artifice, Je ne sçaurois, sans injustice.

En obmettre un des plus galaas ,

90 Des plus bruyans, des plus brillans. Que, sans de Poudre être Econome, On fit à l'HÔTEL de VandÔhe , Lundy, quand la Ninr se fit voir Et nous vint donner le bon soir.

95 Tout au moins, plus d'une grosse Pleure [ Si je ne dis vrai que je meure ) , Il remplît la Terre & les Airs Et de Tonnerres & d'Eclairs , Et de Serpenteaux & d'Etoiles ,

looQui, de la Nuit rompans les 'Toiles Et faisans renattre le Jour, Contraignoyent dans tout le Con- La pauvre Nocturne Bninette [tour De ]Ouer à Cligne-Mussette.

105 Or ces Artifices bruyans ,

Par leur bruit, alloyent publians Jusques dans les Célestes Sphères , Qui de Joye en sembloyent plus clâ- Que la charmante de Nemours [res ,

1 10 Venoit , au milieu des Amours , Par une iUastre Destinée , De conclure son Hyménée Avec le Rot des Portugais , Qui, sans doute, en seront bien gais,

115 Car, enfin , cène Afîiaire est faite , Et je m'en vais tout d'une traite Vous en mettre Ici le Rept , Vous racontant comment Be fit Ces jours passez , k U Rochills .

Page 1