‹ Les continuateurs de LoretChapitre 33 sur 217 · Du lo- Juillet ib66 [Robimet · texte numérisé non relu

Du lo- Juillet ib66 [Robimet

So

»UtK Solemnité si belle.

L'Ambassasedk de PotturoAL , En un Carrosse sans égal Et brillant comme celui-mfime De Phoebus , quand il n'est pas blêiijSe rendit , le soir, au Palais [me , Qui récëloit les grands Attraîs De la SoovEaAiNE future , Etant tout couvert de dorure , Avec un Train brave & pimpant, ijoOb rien ne paroîssoit rempant.

Il avoit jusqu'à douze Pages , Tous Ad(^escens beaui & sages , Qui sembloyeat des Amours Co-

[quets.

Mais verts comme des Perroquets ,

i)j Et des Estafiers en bon nombre .

En jjareille étofe peu sombre ,

Qui plus que des Paons se carroyent

I Et dans leurs Plumes se miroyent ,

Etans tooa fiers de leurs Livrées ', I 1(0 De riche galon chamarrées.

I Un Cortège de Chars pompeux ,

Dont la beauté charmoit les yeuz , ' Et remplis de fort ^ans Hommes ,

Je crojf. Portugais Gentils-hommes , its Le soiTtMt honorablement , I En l'escortant conjointement

Avec une Troupe bien leste De cent Hommes & tout le reste.

De Vandôhe le Dec accort , >;i}Ainé du Héros de BKAnFORT , Le receut avec une Suite De Gentils-hommes, tous d'élite, Et le conduisit galamment Dedans te propre Appartement isjOù la Princesse , étant ornée Comme en sa plus bette Journée , Fidsoit voir mille Appas nouveaux Qui sembloyent n'avoir point d'é-

Et tous nais à cette heure même r4«pDur la grandeur du Dudèjie.

Cette fiiture Majesté

^ AvOTi i lors â son côté 'C ^ grand' Maman , rare Princesse

'^ Qu on prend pour la même Sagesse;

'•■■■^^ Et , si tôt que l'AMBASSAXtEUR, Qui certe agit là de bon cœur.

Eut dit ce qu'il avoit à dire De U port at son jeune Sire ,

Et la Princesse répondu

170 Ce qui d'Elle étoit attendu , On passa dans une Chapelle Tout exprés parée & fort hel\e , Où de Laon le digne Prélat Accomplit avec grand éclat

175 De I'Hymen la Cérémonie , Au plaisir de la Compagnie.

La Princesse , dés ce moment Etant Reyne certainement.

Sur un Trôme alla prendre place .

iSoEt, bref, avecque tant de grâce De ce haut Rang fit les Essais , Recevant les premiers Respects , Que l'on auroit jugé sans peine Qu'elle avoit toujours esté Revue.

1S5 L'Ahbassadeur de son Epous , Pliant tout bas l'un des genoux , Luy ftit en même temps remettre , De sa part , une belle Lettre , Où , sans doute , l'illustre Ahant

:9o Luy parloit passionnément De la noble & charmante fldme Qu'Ellc avoit fait naistre en son Ame, Et des beaux transports qu'il aura En l'embrassant , « cœTERA.

19$ Sans m' amuser k la moutarde , Je dois ajouter que la Garde Dés lors à son Palais monta , Et , dés le soir, qu'on la traita En Souveraine véritable ,

100 1^ Fauteuil au bout de la Table , Et le Cadenas : en un mot , Comme aux Majestez il le faut.

A propos , parlons de la Nôtre A qm semblable n'est nule autre ,

aof J'enten le merveilleux Loms, De qui les Fais sont inouïs.

Comme il a I'Axe belliqueuse Et des beaux Explois amoureuse , Si bien qu'au défaut des Combas,

lia Qui feroyentses plus chers ébas, 11 se ptaist dans les Exercices De ses florissantes Miuces , L'autre jour, ce brillant Héros Veid deux mille sept cens Chevaux

115 Dedans une verte Carrière ,

Devant Trevers , sur la Rivière. 1 Avans tous passé sous ses yeux , Honneur pour eux bien glorieux , Ce charmant Porte-Diadlme

«Wital

MO Doanft l'ordre, en Personne même , Pour établir leur Caupement, Ce qui se fit si promptement Qu'on veid à l'instant mille Tantes, Dont plusieurs cstoyent éclatantes ,

laj Former comme une Ville ou Bourg; Et , dessus le déclin du Jour, Ces Troupes firent trois décharges , Par Escadrons fort beaux & larges , Puis le Roy les veid défiler

330 Auparavant que s'en aller.

Le lendemain , ce digne SmE , Comme on a daigné mé l'écrire , Reprit ce Divertissement Et régala royalement ^s ,

335 MoNSŒUK , Madahe & maintes Bkl~ Qui , faisans un peu les Cruelles , Paressoyent là sous le Harnois Des Ahazônes d'autres-fois.

Ce fut au beau milieu des Tantes

340 Que ces friandes Combatantes Trouvèrent dequoy festiner Et des mieux coUadonner, Dans un gay Salon de Feuillée , Avec symmétrie assamblée

MïPar le fameux Vigarani , Et le Tout de Lustres garni.

Après la Chère grande & belle , On nt sonner le Boute-selle Et l'on revint toute la Nuit ,

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