I.es gens du Roy sont-ils palans
Et croyez vous que ces VaiUans,
Estant neuf ou dix mille ensemble ,
Fussent capables d'estonner
Ceux qui voudroient trop raisonner?
A vous en dire avec franchise
Et nettement ce que j'en croîs ,
S'il s'agissoit d'une entreprise ,
Ils n'en feraient point A deux fois.
On m'a dit ce qu'ils observèrent
Dans leurs Exercices divers
Et l'ordr-e auquel ils se trouvèrent , Soit à FoNTAmE-BLEAu , soit auprès de Trevers. D'abord , un vray Dragon , dont l'audace est connue , A la teste de tous , occupoit l'avenue ,
Comme poi^r le garde du Camp ,
Et c'est Pegdillin qu'on le nomme.
Je raisonnay fort sur le champ Quand Je sceus que c'étoit ce Maistre Gentilhomme ,
Et dis , au nom de PEQunj.iN :
L'Adage n'est plus qu'une beste.
Qui dtt qu'en queue est le venin :
Il est maintenant à la teste.
S'il sçavoit ce que j'ay dit là ,
Il seroit peut-estre en colère ;
Mais dequoy serviroit cela?
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. 145. — Du i5. Juillet 1666 (Sdbuomy). 56
Je ne pretens pas l\iy déplaire :
Il n'est qu'un venin en effet , Et le plus daneereuz que la Nature ait fait.
Oh se plaint dans quelques ruelles Que quelques cœurs atteints en sont prests A mourir, Et, si l'Estat avoit â vanger des querelles , On en verroît encor nos Ennemis périr.
Mais passons. La Cavalerie
Qui sert & la Garde du Roy ,
Et qui seule est égale & S07, Estoit sur une ligne, en posture aguerrie ;
Rien ne sentoit mieux la grandeur
D'un si redoutable Monarque.
La pompe , la taille , l'ardeur
De cent jeunes Seigneurs de marque.
Qui sont les Gardes de son Corps , Pour tous les Estrangers estoîent de vrays trésors ;
Mais les Broilles , dit-on , entr'autres
Y paroissoient superbement.
Les vites-vous , Dauphin charmant? Toujours ceux de leur race ont secondé les Nostres ,
Et je croy bien , entre nous deux.
Qu'on fera quelque chose d'eux.
Ce beau Monde avoit bonne grâce
A camper avec la cuirace ,
Et c' estoit un objet fort beau
Que de voir tant d'Illustres Gau>es
Avec les diverses coquardes
Qu'ils portoient tous à leur chappeau.
On m'a rapporté que les Tentes ,
Toutes de diverses façons , Estoient de la couleur des plumes différentes
Qui distinguoient les Escadrons ;
Qu'elles estoient Fort bien rangées
Et la pluspart bien ouvragées ; Que la Tente du Roy, toute pleine au dedans
De bijoux & de broderie .
Avoit esté prise en Hongrie
Sur un Basga des Ottomans ,
Et que son Altesse Royale En avoit une encor qui o'avoit point d'égale.
Pour la Tostre aussi , Monseigneur ,
Vous pûtes vous en Mre honneur ,
Car, comme vous estiez tres-leste , Je croy que son éclat a deu répondre au reste. Une Tente servoit à deux communément , Assez souvent à trois , à quatre rarement : Et chacun 6 ses frais faîsoit son tripotage
Et faisoit aller au Foura^e.
Que j'auroîs eu là de plaisir
De me voir au nombre des Belles
tort*. I 67 (4 Et tnitca de couleur de* plumet diffcrenlcs.
- (éA ErtoicDt de. \ j6BC encore.