Da i5. Juillet 1666 [Stibuoht
Les Blsclaves en liberté ; Qu'on leur mettroit en main une torche allumée Pour brûler les ANctois jusques dans leurs maisons , Et l'on en vit bien-tost la puante fumée
Et les déplorables tisons.
Leurs Cannes de sucres brûlantes Y causèrent , dît-on , mille morts violentes ;
Leurs propres Negkes , révoltez ,
Leur firent mille cruautez
Et , profitant de leurs allarmes ,
Donnèrent moyen à nos Armes
De faire tomber sous le fer Ceux dont l'embrasement n'avoit pu triompher.
Leur GouvERNBUK périt luy-mesme
Dans cet effroyable fracas , Et l'on ne nous tua que quatrc-mngts Soldats. Nostre Illustre de Salle en ce desordre extrême Pérît , je vous l'avoue , en causant cet effroy. Mais on ne meurt jamais quand on meurt pour ls Roy
Enfin , HOH PuNCE , enfin , la Flotte de Hollande , S'esunt toute assemblée à la hauteur d'OrrANox , Le sept , qui fut un Mercredy.
DDKEERQnE U vît du rivage Passer en fort bon équipage, A deux heures après midy.
On y compte cent vingt-sept Von.BS , Tant en grands qu'en petits Vaisseaux , Qui se font craindre sur les eaux Et tiennent les vents dans leurs toiles. Ne trouvans pas à qui parler Dans la route qu'elle avoît prise , Le soir mesme , on la vit aller Mouiller l'ancre vers la Tahise , ' Et c'est-à-dire , Moksbigneor , Que , pour déboucher ce passage , Il faut se battre avec courage Et qu'il y va du point d'honneur.
Douze Marchands , armez en guerre , Suivent 1' Amiral des Estats Et ponent six mille Soldats , Qu on doit descendre en ANOLBrEUtB.
Les Avanturiers Hollandois Ont pris , ris-à-vis de la Manche ,
100 A Otdm ot mrible fracu.
ir FiAWïoii j fut >UHi i:>il) A Tmt cq grâaiM qoe pctiu ^ m camnt dcuiu la I
115(4 N'iTint, di^on, traavépcnannelqut ptrler, 310-11S A Qpe pour dcboucher ce gnnd fleuve U liiul qu'on te batte au. qu'on trtn.
Et qu'il j n du point d'honneur.
a2f A Doou vâiMum nurcbindi qui >ont irmti [eajuwB.
63 145. — Du t5. Juillet 1666 (Subuokt). 64
Six Vaisseaux Marchands aux Anslois, 130 Et, le penuldesme Dimanche,
Trois autres furent pris par un de nos Fumais.
On prend par force en ANaLKTEMU Toutes sortes de gens pour aller à la guerre. On dit encor cent nouveautés ; 3JJ Le feu se met de tous costez ;
Il brûla . ces jours-cy, vingt maisons ft Corbie , Et , cette auit mesme , il s'est pris Chez un Okvevke de Paris , Dont la famille entière alloit estre rôtie 1^ Sans un bon Augustin , le Frère Nicolas.
Le Roy vostrk Pkrk en fait cas ; C'est un homme à qui Dieu découvre Le secret d'arrester viste un embrasement.
Et lujr mesme, au grand feu du Louvk, 145 L'éteignit seul en un moment.
Après le feu vient l'Eau. Je reçois un mémoire Qui me dît . tout 4 l'heure , une terrible Histoire. Vous connoissez assez le Marquis de Pisibux , Car, soit de renom , soit de veue , 3JO 11 est de ces guerriers d'une voleur connue
Qui se font paroistre des mieux.
Comme il voulut passer le bac dans son Carrosse , Prés d'un certain Village où la rivière est grosse , Les six chevaux à peine y furent à bon port ijj Que , le reste du train faisant sauter la corde ,
Lia bacule abaissa , le bac perdit le bart , Et les alloit noyer tous sans miséricorde. Vovez ce qu'on auroit perdu , S'il n'estoit pas sorty d araire , t6o Car ses efforts nous ont rendu
Et sa charmante Ssur & son illustre Mebe , Que ce chien de carrosse alloit faire noyer Et qui ne pouvoient plus crier.
Hé , Dieu [ si cène belle fille , ^, L'incomparable Sillery,
Avoit de la sorte pery, Qu'en auroit-on dit dans la ville ?
A s'embarquer, nom Phncb , elle doit craindre un peu , Car, se noyant , on diroit d'elle 2J0 Que Dieu la puniroît d'une mort si cnidle
^ur avoir fait mourir les autres dans le feu.
DE SUBLIGNV.
A Paris, CA«f AUimiJrt Lmtlia, aaeoi» it la nu Datiphimi, inantU Poniutaf Avte PriàUgt
361-161 <4 Son idminbliS<BUiftionilliutre Mbu, I La ûgKahtri de Faulnr tl Tairtsu dalibrairt nt Qpa ce cfaicn de cirroue lydrat i m nofcr. | it traavtmt fut dam A. — BCploMat ià la éaU, [A La Mitfe de Cour 1666 (vojr. «orne I , col. 909) pp. $7-64. B Lt Mme Diupbine 1667 — pp- éj-^j.
C U Mue Dâuphine ib6S — pp. 65-7*)
LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS
[Pmi U GEUVBTTE i» MaYOLA^]
Du 18. Juillet 1666.
Duchesse , Altkssb , de Nrmouks , Pour qui je travaille toujours , Ma MuzE jamais né s'absente ; Sans cesse tous êtes prezente
; A aoa oeit , & son souvenir :
Quand il faut vous entretenir, Soit aux champs ou bien à la viQe , Je ne rabaisse point mon stile ; Soit aux champs ou lùen à Paris ,
M Une Lettrz je vous écris.
Rien n'augmente nj diminue Son afection continue ; En quelque-part que vous soyez , Telle qu'elle est vous la voyez.
ij La choze est assez surprenante De voir la Flote trionfante Des victorieux Hoiandois , Dessus tes orgueilleux Anglois , Etre si-tôt en état mize
M De voltiger sur la Tamize , Aussi vite comme le vent , Nombreuze comme auparavant , Et de nouveau se trouver prête A faire quelqu'autre conquête.
15 Pendant que le grand Rutter , A la Holande bien-fort cher , Dans Amsterdam & dans la Haye , Voyoît les gens , rangez en Haye , Ou courans de tous les cotez
jo Aux plus importantes Citez , Le congratuler sur la gloire De cette dernière Victoire , Lonans tous d'un ton général Ce bon Chef & brave Amiral ,
;i Ainsi que Tkoup , dont la vaillance Au combat parut d'importance ; Pendant , dis-je , qu'à leurs Etats , Aux Sénateurs & Magistrats , Ils rendoient un compte fidèle loDeleurtiionfè&deleur zélé.
Recevans d'eux incessamment Un très-juste aplaudissement , On travaillolt de telle sorte A multiplier la Cohorte ,
45 Que les noyez ou les blessez Furent doublement remplacez ; De mâts , de voiles , de cordages , De Mariniers adroits & sages On fit encor provizion ;
JO De diverse munition ,
De vivres , d'armes & de poudre , Fort rézolns d'en bien découdre ; De plumes , d'encre & de papier, En cas qu'il faille historier ;
55 De vaisseaux , brûlots & chaloupes , Commandez par de bonnes Troupes, Tant radoubiez que nouveaux faits , Non assurément sans grands frais. La Flote , si bien assortie ,
60 Du Port de Vhjnch est sortie , Ou , si vous voulez , du Téxel , Car ce n'est pas un Port tel-quel , Pour mieux combatre l'Angleterre , Qui semble assez aimer la guerre ;
6$ Mais on pouroit bien l'en saouler , Trouvant par-tout à qui parler.
Les François, avec quelques Nègres, Qui sont aussi vaillants que maigres, Comme vous l'avez pu sçavoir,
70 Ne firent pas mal leur devoir Vers les Isles Christopfaohnes , Car, par leurs armes & machines , Chacun si-bien fit & frapa Qu'aucun Anglois n'en échapa ;
75 II fut pris ou réduit en cendre Par ceux qu'il prétendoit surprendre.
A propos , depuis plus d'un jour, 76 Par ceux qui prétendaient.
i46> — Da 18. Juillet 1666 [Matous].
Ils nous vouloient jouer un tour, Croyans décendre en nôtre terre ,
80 La veille du puissant Saint Pierre , Où l'on fait coûtumiéremant Des Feux de joye au Bord Normant.
Deux Frégates d'humeur gaillarde , Croyans qu'on étoit hors de garde ,
85 Vouloient, avec un bateau plat.
Prés du Hftvre faire dégât; Mais le Gouverneur de la Place , Dont la vigilance outrepasse Les surprises des Ennemis,
90 Dans les environs avoit mis Sentinelles & bien du monde , Qui teuoient l'œil au guet sur l'onde, Et défendu pareillement Ce brillant divertissement.
9j Aussi-tôt donc que maint Gendarme Vid l'An^lois , il donne l'alarme A ses Voizins trés-vigilaos Pour acueillirles Assaillans, Qui , voyans bien sur nôtre Côte
100 Qu'ils avoient pu conter sans l'hôte, S'en êtoient vite retournez Avec , au moins, un pié-de-nez.
Le Duc de"SAiNT-AiONiN, trés-Brave, Courageux , vigilant & grave ,
loj Couroit vers eux fort promptement, Vaillamment , agréablement ; Mais la nouvelle luy fut dite , Et son seul nom les mit en fuite.
Si par-tout on trionfe d'eux ,
lioNe sont-ils pas bien mal-heureux?
On me l'a dit , ou bien je rave , Que le Polontm a f^it trêve , Ou la fera dans quelque-temps , Pour treize, quatorze ou quinze ans,
njAvéque le Duc Moscovite?
Et l'afaire n'est pas petite , S'il est vray qu'il ait fait la paix , Car il pourra mieux dézormais Combatre & ranger les Rebelles
110 Qui (onaent des Ligues nouvelles ; Mesmc oh dit que les Otomans , Fâchez de ces événemans , A ce Roy font sans artifice De grandes oËres de service.
135 Monsieur Colbert se porte bien Et son mai à prézent n'est rien.
La Cour, qui l'estime & qui l'aime ,
En ayant un r«cret extrtme.
Voit avec grande gayeté >J° L'heureux retour de sa santé , Qu'il employé avec zélé immance A l'utilité de la France , Et nous voyons incessanunent Qu'il veille înfotigablement.
'ii On balye , on pare Vinceine Pour nôtre Rov, pour nôtre Rems Et les principaux de la Cour, Qui feront U Quelque séjour , Dans le mois d'Août ou de Septctn-
140 Jusques à celuy de Décembre, [bre.
Les habituis de Magdebourg Pour l'Electeir de Brandebourg Ont telle estime & déférance Que , sans être plus en balance ,
us Us reçoivent, avecraizon,
lllec très-bonne Gemixoo , [mes , Jusques au nombre de mille bom- Soldats, OËcters. Gcncib-hommes , Qu'& propos ausii-tôt on œJt
ijo Sous les Loix du Colonel Smit.
L'Impératrice est à Candie Et va bien-souvent à Dénie Prendre le pass^temps fort bean .
Tant sur la terre que sur l'eait .
<}S A la chasse , à la promenade ; [Isde. Mais , Dieux , on dit qu'elle est ma- Ce bruit , véritable ou tromjjcnr.
Pour l'Empereur m'a fait bien peur.
Au moment qu'on faizoit , A Pra- 160 Une réjouyssance vague (S^e ,
Et que les Alemans joyeux De tous cotez faizoient des feux »
Dans les places & duis les fuea Et sur toutes les avenues, 16s Pour cet Hymen Impérial Qui rend leur coeur plus jovial , Des poudres , êuns transportées Pdr des personnes trop hâtées , Eurent un funeste destin.
170 Avant que d'être au magazin , Des susdits feux trois étincelles , Prenaos promptement en icell^.
Luy servans comme d'ameçon > Acrurent de telle façon.