‹ Les continuateurs de LoretChapitre 47 sur 217 · XI- SEMAINE · texte numérisé non relu

XI- SEMAINE

Dq Jeudy dnquiéme Aoust 1666.

A MONSETCNEUR LE DAUPHIN

Deux de- ces braves Modsqdetaires Qui sont depuis peu de retour Me demandèrent, l'autre jour, Si j'avois de grandes af&ires , Parce qu'ils vouloient me donner Un magnifique déjeuner.

Je m'imagine encor voir leur cérémonie :

« Hé I bonjour, Mamie , faé bon Dieu ■

BCptrUmlâmtUmaayi. Scswinc.

.yGoogIc

i54> — Du S- Aoust 1666 (SDBuatnr).

» Depuis quand estes-vous de retour en ce Ueu?

» Qu à vous revoir icy ma joyc est infinie ! > Et puis , bras dessus , bras dessous :

r Allons » , dirent-ils , « suivez-nous. » — « Je ne puis pas > , leur répondis-je ; c Comme il est M ercredy msttn ,

> Le soin d'écrire ft mon Dauprin

> A vous quitter icy m'oblige. »

Mais en vain je crûs m'excuser :

Si longuement ils raisonnèrent , Et firent tant pour m'amuser Qu'au Cabaret ils m'entraînèrent.

Je croy qu'au nom de Cabar^ Mon beau petit Amant s'estonne Et va penser, Dieu me pardonne , Que sa Muss ayme le cuîret.

Mais , par bonté , je luy demande De songer que j'estois en main De gens revenus de Hollande , Qui n'entreprennent rien en vain , Et que jamais on ne rebute

Des Mousquetaires bien armez Et pnr la guerre accoustumez D'emporter tout de haute lutc.

Nous allâmes donc au Rais» , Où pour égayer le Festin , Avec eux , s'd vous faut tout dire , Je dis mille contes pour rire.

D'abord, ils firent un bon plat

D'un mal- heureux jeune Avocat

Et d'une belle Mburtubhk ,

Qui , par un coup de desespoir , Le tua l'autre jour, â la Croix-du-Tîroir.

Cette Belle estoit Tapissière ; Je ne sçay si quelqu'un vous en a Eut redt , Mais , quoy qu'elle ait passé pour avoir de l'espr^ ,

Us la trouvèrent fort grossière.

En effet , dans cette saison ,

Poignarder les gens de k sorte

Pour une frivole raison ,

En est une preuve assez forte.

Le plus grand mal que luy faisoit Ce gentil Avocat, qu'a détruit sa fiirie , Estoit de travailler, alors qu'il luy plaisoït .

Avec elle en Tapisserie ,

Et l'on dit qu'il ne fut puny , Par cette criminelle , au plus beau de son âge , Que parce que , ccoyant feîre un ouvrage uny,

liBC n

rj A Dt MouiQurr*! 1

fo A Dc« (cni Gomme

i54> — Du 5. Aoost 1666 (Subugky). t34

Il l'svoit &it à persoonage.

Noiu parllmes de la Buu-LtEU ,

Qu'on pendît hier en effigie.

Et dîmes que c'estoit un jugement de Dieu Que toute fadssb-Meu ainsi finit sa vie. Faisans mesme entre-noua plusieurs reflexions

Sur ce procez de conséquence

Qui , suspendant toute la Francs , A nornm^ Sukt-Gkban à tant de Nations.

Nous remarquâmes une chose :

Qu'il sembloît que le Ciel eut toujours difleré

De lujr faire gagner sa cause , Jusqu'à ce que luy-mesme il se fiit déclaré.

La Bud-uku paroissoit coupable

Par une preuve indubitable :

Le Sang , l'Amour, les Traits , les Yenx De l'Enfant supposé découvroient la naissance ; Il ne restoit qu à voir si sa rare vaillance Ne dementiroit pas celle de ses Ayeux ;

Or, Dieu mercy, dans la Honoris

Elle parut , sans flatterie ; Et c'est surquoy rouloient nos profonds Argumens, Qu'il ae pouvoit manquer d'emporter la balance , Ayant eu pour témoin du vol de sa Naissance

Un Camp de cent mille OrroiuNS.

Eu parlant de ces Infidellu , Nous entrâmes sur leurs Nouvelles.

Mes Dekt-Hollandois firent presque serment Que CxNiiiA-NEnTVE estoit prise Et qu'on leur mandoit de Vemisb .

Que l'on n'en doutoît nullement.

Au gré de ma libre boutade , Je aisoia qu'il n'en estoit rien , Lors qu'un Soldat Venhieh Vint demander la Caristade.

Il nous surprit , à parler franc , Et nous pensâmes croire , en cette conjoncture , Qu'un Diable familier avoit pris sa figure , Pour venir se mesler de nostre différent. Estans hors de cette surprise, On ne laissa pas toutefois De s'informer en quels endroîs Il âvoit servy pour Vknisk , Et nous sceumes par son discours Que , pour venir en cette VîUe , n iToit déserté le Camp du MiRQnis-ViLLfi Depuis deux mois & quelques jours.

u <• pncCT d'impotUncc. ) 76 ^ ElU ■ para. — lOj A on mob.

kio^^lc

iS4- -<-r Du 5. ApW 1666 (Sobugny).

II nous asseura que ce Buvb Assiegeoit Candu , d'une telle façon ,

Que l'on n'avoit aucun soupçon

Que le Turc n'y devint esclave ;

Que la pluspait des habitaqs ,

I^voyant bien lei^r Oesdiiée ,

Avotent sauvé dans l4 Cak^b

Leurs mçuhtes leq plus importans , Et qu'au mesme moment qu'il 4isoit ces Nouvelles ,

Il ne doutoit aucunement

Qu'il n'en eut vigoureus^mept

Déjà bannis les Infidelles.

Ce mesme Soldat nous apprit

Que , depuis qu'on a fait ce Siegq , Toujours ce grand Marquis a donny sur un Siège ,

Dont , asseurément , bien I\iy prit :

Sans cette rare vigilance ,

Un de ses Esclaves séduit Par le lâche Bassa d,e ce lieu d'iznportançQ ,

L'auroit assassiné la nuit.

II adjousta qu'une Ahazomke ,

Qu'on nonuQ^ au Capip la Daiult> >

âlant tous les jours ea pitfty, Y faisoit admirer son cceuc & sa personne ;

Qu'il Avoit esta le témoin Du sang dont son espée avoit &it rougir l'herbe ;

Mais, à tout cela le Proverbe :

A beau menUr qui vient de loin.

En suitte , j'ouvris ofifi lettre Qu'en mes tQÙns l'on venoit dç nwttre.

Et qui , par des termes plaisans.

Me rendoit cQOte d'upe chasse Qu'Amiens voit îaixe. tous les «Mi,

Tant par ses Gouvkrnïuxs qpe par sa Pcff«b*ÇB. Peu de monde est peut^stre vistrvtt De cette Ch^e sans seconde , Qui, dans Paus, feroit un bruit A remplir bien-tost tout le monde, Le premier Mardy du mois d'Aoust.

On voit, pour cette grande fe^tç.

Les habitans du lieu , de l'un à l'autre bout , Tenir chacun s^ Barque preste ; Chacun l'ajuste , à qui tpieui Daicux .

De chiffres & de baiÂderolles ,

Et , quand je conteray plus de mille gondollee Qui, ce jeur-l&, frappent ^s yeux I^ leurs dinérentes bannières ,

I flt ^e Sic^. I llB <f dormit deuiu un licg

i54. — Dn 5. Aonst 1666 (SoBLioin].

Je ne voo* mentiray de gueres.

Depuis que le Sdôl a commeocé son coun

Jusqu'à la niùt presque paatéc , On entend que haut-faoia , que Sûtes , que tambours . Que violon touché , que tnandore pincée

Que luts , que voix & que concerts ,

Qui par tout remplissent les airs.

Dans chaque Barque est une table ,

Que l'on ne dégarnit jamais ,

Et que l'on sert de &iands mets

Et du vin le plus délectable.

Je me suis trouvée une fois ,

Ce jour-lft , dans cette Province ,

Et ]e vous jure bien , non Psimcs , Qu'Aoust est dans Ajqeks un agréable mois. Avec tous les concerts que je vous viens de dire ,

On a des canons , que l'on are .

Chaque f<HS au' 00 ooit la sauté

De Vous ou at Sa Majksté.

Vous verriez cent batteaux, se suivante la file,

A rangs doubles & prés & prés ,

S'entrecouper souvent expiés , Pour faire voir d'entr'eux quel est le plus halnle ; Et le moindre plaisir que 1 on ait sur les eaux N'est pas celuy d'aller loin de plus de deux mille

Des murailles de cette viUe , Sur un canal couvert de superbes rameaux. Cette Chasse qu'on ^t tous les ans pour lbs Ciones

Fut encor &ite , devant hier,

Avecque l'ordre ûngulier

Qu'on observe aux lestes insignes ; Mille feux d'artifice éclairèrent la nuit ,

Et meslerent leur charme au bruit Qu'y bisoit une aimaUe & douce mélodie ; De sorte qu'on peut dire , après cet entretien ,

Que le peuple de Picardib

N'est pas si sot qu'on croiroit bien.

De U , nous vinsmes à la guerre.' Nous discourûmes des Combats , ''• Que les Victorieux Estats

Vouloient livrer à L'AMaLRTBRKE.

L'un dit qu'on luy donnoit avis

Que dix-nuit Vaisseaux dans Hartis

Serment pour les Akglois un secours inutile ,

'*> Et que I'Ajubal de RirriVR ,

Les disant aaaa cesse guetter.

Leur osu>ît les moyeiu de quitter cette Ville ;

'5' ^ pitre*. , t€4A Qsx l'Aoïut eM

1» A MCMlole. (74 <f CM ElUl

l6i A il mt naeoDtïïtj phuiciin Ibîi. | 190-191 A Q)ie chtahm . . ..

'h A O jaa U «kdtiM li Province. | A rwdic aiMln fAMtmiu.

i39 154. — Du S. Aoust 1666 (SobuomtI.

Que , dés le vingt-six du pusé , Les euDemis devans sortir de la TinsB , 100 II estimoit que , sans remise ,

Le Combat seroit commencé .

Et que , si la chose estoit telle.

Nous en aurions iMen-tost Nouvelle.

L'autre assura qu'il estoit vraj Que devant Hakwis & Noktiut

Rdytek avoit si bien occupé les passages

Que les Amglois feraient un inutile eSort , Et mesme ne seroient pas sages S'ils tentoîeni de sortir du Port ; Mais qu'il n'estimoit pas de mise Ce que l'on disait des Anglois , Qu'us estoient hors de la Takisk Dès le vingt-six de l'autre Mois.

' Ce n'est pas aussi ma pensée Que cette Flotte soit passée ; Je sçay bien qu'elle est en estât De sortir pour rendre Combat , Et que la Vedette Hollàhdoise Peut , de son poste , à tout moment Conter assez facilement Les voiles de la flotte Angloisk ; Mais elle n'ose s'avancer, De peur que , devant qu'estre au large , L'AinKAi. RuYTER ne la charge Au point qu'elle voudroit passer.

Elle a raison , Prince , sans douce.

De craindre une telle déroute Et de ne se jamais frotter A ce dangereux de Rdyter :

Il est encor suivi du Duble

Qui les emporta tous, dans le dernier Combat , De Trokf , dont l'audace eflro^rable Les mît en si fâcheux estât ;

Et l'on m'a dit encor , pour Nouvelle certaine , Que le Chevalier de Lorraine Et le Chevalier de Coasun

Avi^nt à sa Victoire engagé le Destin.

On les vît monter sur sa Flotte , Le vingtième du dermer mou ; Nous aprendrons leurs beaux exploits Si la Flotte Anoloise s'y frotte.

Le premier est un enragé , Qui , se tenant fort outragé

I 140 A àc beMi nphuti.

D.,l„o,H,GoOglt'

141 i54- — Qu S. Aouat 1666 [Subuokt). 143

Que la Mort ait nirprii soo invincible Père , m Eiîlaat pour jamais du party des Framçou

Cette cruelle sanguinaire , La chassera chez les Anglois ; Et le second , qui suit la trace De cent Cavauers glorieux , 1^ Qu'a produit sa fameuse Race ,

Ne pourra pas manquer d'estre victorieux.

Après avoir dit ces Nouvelles , A quoy nous n'adjoustâmes rien , Sîoon que la Pologne estoit toute aux Rebelles , i5> Nous finismes notre entretien.

L'un & l'autre Amy MonsQUErAixE Me demanda que , quelque fois , Je vous contasse ses Explois , Et je leur promis de le taire.

i«o Vous sçaurez donc , Princk , en un mot ,

Qu'après m'avmr priée avec cérémonie De manger en leur compagnie , Ils me firent payer l'écot.

DE SUBLIGNY

 Ptris, Cli*f ÀUxmndri Leatlùi. an cam it la rmt Da^hiiu , dtvoKt le Pûmi-m4a/. Avt PrMUgi

t^iaÊsA. —BCpUetmtitilaiak, fw

iA La MoM de Cour ifi66 iyoj. tome I , col. 909) pp. Bi-88. B La Miuc Dauphinc 1667 — 9a-loo.

C LaMoM Oupbint 1668 — 91-1 oo)

LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS

[Pas LA GRAVETTB di MAYOLAS.] Du 8. Aoust 1666.

I , à ce coup , je parie Que plu^ d'une personne rie , ranr peu qu'elle XHt en humeur.

Car la Lectrice & le Lecteur, .

5 A qû uot bon-heur Je Aéàn , Ne sçaurment s'«spicber de rire

En oyaat , voyant on lïzant Cet accident assez plaizant , Qui ne doit point passer pour fable , o Puis que l'histoire est véritable.

byGOQl^lC

iSS.'—DuS. Aeust i666<Matous).

Sur les dix heures jIu mado , Dimanche , poussant mon chemia Vers la Grève , place marchande , Quoy que quelques gens on j poade,

■ 5 Etant allé dans ce quartier Avec un homme du Métier, J'aperceus une Populace Amassée en icelle place, Qui regardoit avec plaizir,

30 En ayant alors le loizir.

Deux fiers combatans & deux drôles.

Qui se donnoient des croquignolles Et , tous-deux étans bien terrez , Se portotent des coups bien serrez.

3j L'un êtoit de couleur rougeàdre Et l'autre de couleur blanchâtre ; Ce n'êtoit pas petits Bidets , Mais bien deux fantasques Mulets Qui , se trouvans liez fort proche ,

jo S'en treba tirent sans reproche, [mens Leurs beaux premiers commence Furent quelques hannissemens , Et les secondes saluades Poursuivirent par des ruades ;

)} Dans les troiziémes incidens , Se mordirent k belles dens.

Un, plus méchant qu'un âne rouge, Mangea l'oreille & 1 autre , d'où je Conjecture , dans cet instant ,

40 Que c'êtoit-là le plus méchant.

Cependant , la foule s'augmante , La troupe devient importante , Et les grands comme les petits S'arêtoient pour voir ces conflits :

45 Fenêtres , balcons & boutiques , Les plus rares , les plus modiques , S'emplissoient de banne-façon , Les places valans un teston.

Les Maistres de ces bonnes-bêtes ,

50 Qui peut-être êtoient à des Fêtes , Au bruit de ces deux champions Et de leurs belles actions , Plus intéressez , s'aprochérent , Les datèrent , puis les grondèrent,

55 Mais enfin , réconoissans bien Que sur eux ils ne gaignoient rien , Avec le fer un chacun tâche De rompre leur çrosiière «t«ch« , Croyant , les éku^ans d'un pas ,

60 Qu'après ils ne se mordroient pas ; Maïs CCS animaux , de plus b«lle , Lors, continuans leur querelle, )é lu M mordirtot.

Ne se sentaas idus «ochalnez , Furent cent fois plus éfrcnez :

«5 Se mordent & se font la guerre ; Ils se jétent d'abord par terre , Les quatre pies ou fers en haut , ËQ se oïl-butans comme il feut.

En vain , avec de grosses barres

70 On vent apaizer leurs bagarres ; En vain , on met fiamberge au vant :

Ils sont plus fougueux que devant , "Ea les armes dont ils se parent Vont droit h ceux qui les séparent.

75 Les grands combats , plaizans ou

[beaux.

Des lioas , des coqs , des taureaux , N'ont point causé plus de délice Que ces deux Mulets dans leur lice ; Deux mille témoins de ce jeu ,

80 Qui ne dura pas pour un peu , Pouront dire la mène choze Qu'en rimes icy je compoze.

Je croy qu'encor il dureroit , Ou qu'à grand'peine il finirott

85 Et leur victoire & leur injure , SI d'avoine quelque mèzure.

Qu'on leur prézenta devant tous , N'ût enfin finy leur cooroux.

Par l'ardeur qu'ils ont fait parottre ,

90 Ils ont pu donner 6 conoltre , Tant à leur Maître qu'au Valet , Qu'il fait bon garder le Mulet.

En certains lieux de la Hongrie ,

La Cent y semble assez aigrie , 95 Car, de temps en temps, les Hongrois

A maints Turcs donnent sur les

[doigts ,

Qui , dés qu'ils peuvent , se revan- [chent ,

Tueqt, pillent, rognent le traocheat.

Ils ont mis mêmes , depuis peu , 100 La Ville de Turnaw en feu ,

Ou , du moins , on les en acuze.

Je ne sçay si le Turc s'excuze ,

Mais je sçay-bien , de ce zbtt ,

Qu'on brûla toute la Cité , lojHorsmis l'EgUseprinei^lc.

C'est-4-dire U Calédrale.

Des Jézuistes la maizon ,

Par bon-heur, mimcle ou rgizoD ,

Fut haureuMount {pvaotie 1 10 D'une si cruelle partie.

.CoQi^lc

i55. — Du 8. Aousl 1666 ^Mayoias).

En Eté prineilMieinent On doit tMyr l'embraxmMnt , Et btAlcr une ViUe endure C'est agir d'étrange maiû^re.

iij Le Stesr Tbubbrt a prézenté A nôtre Auguste Mjub6t£ Le Tnké de la Piîx condae Et par ta France rézolue Avec le Royaume d'Alger,

imQib bous taisse lit^e la Mer.

Il ne faut pas que ndtre Plume Obméte la bonne coétame Qu'en ce temps die a chacun an ; EcrivoD6-d(H)c comme Gosiun , iij Tragédie en tout acbev^e , Fut reprézentée ou jouée Dans u Caiége de Clermont, Où de grands Personnages sont Enseignaas , inatruîzans sans cesse tjoLa plus Sorissante jeunesse.

Les Danseurs du Balet du Temps DoBoérent t»en du puse-temps ; Ib dansèrent tous d^mpoitance , Et le Maître de cette dance .

ij L'adroit Chicankau , qu'on vanu , Fort dignement s'en aquita.

Les Violons & les Trompettes Toochoient d'aimables chansonnet- Et force Gens de qualité [tes ,

i^De la Cour & de la Cité ,

Mardy dernier, là se trouvèrent , & divers pUûzirs y goûtèrent , Admirans tous , sans fiction , La riche décoration 145 De ce Téatre maniaque Où parut l'Ouvrage Héroïque.

U sufit de dire le nom De cet Auteur de grand renom Pour sçavoir si la Pièce est belle :

ijoC'est l'éloquent Père RmaixE , Qui n'est pas moins grand Orateur, Qu'il est ton Versificateur, De qui le génie & le stîle Ne doivent rien à feu Virgile.

■}} Les Acteurs , richement parez El tout-à-&it t»cn préparez , Avec pompe , avec grâce extrême , Rédtérent ce beau Poërae.

118 tatelaf naat. — 119 Entre le Rqnume.

BuminoMT, qui ftizdît le Roy, àm

160 Le faizoît fort bien , sur-ma-foy; """

Le second joua bien son rôle pu.

Et du geste & de la parole : "" ^'

C'êtott l'aimable de Bretedil ,

Qu'on voit en tous lieux de bon oeil ; 165 Ce Fila d'un rrés-iUustre Père

Et d'une trés-parfaite Mère ,

1^ septième de leurs Enfans "■*>■

Qui sont en veitus trionians ,

Dont l'ame se voit ocupèe 170 Et dans U Robe Adans l'Epée,

Ce Fils emporta les cinq Prix ,

Rèconipense des beaux Esprits ,

Et ces cinq en Éont ving-&-quatre ,

Dont il n'en £ftut que deux rabatre , 175 Qu'il a dignement moissoDoez ,

^odX ses travaux sont couronnez.

De La vvxré, , dans son jeune ftge , s«oMt«n<

Y fit fort bien son personnage ,

Dansa de plus fort galament iSo Et receut un Prix justement :

On voK bien par ce qu'il sçait faire

Que c'est le Modèle du Père ,

Comme Mamicah & Pohcet,

Qui . sans mentir, ont fort bien fait, iSj Et tous enfin , que dans ma Lethie

Entièrement je ne puis mettre ;

RouvROv, LANflSitOM & Cxiss£ ,

Et de ViLÉNE ont bien dansé.

Quantité d'autres , que j'honore , 190 Eurent alors des pnx encore ,

Quoy qu'Acteurs ils ne fossent pas

Dans cet Acte remply d'apas ,

Dont j'êtois le témoin à l'ombre ;

Et , parmy ce rang & ce nombre .

19; En ce beau champ si bien ouvert ,

J'ouys nommer Seignblay-Colbkrt,

Digne Fils d'un Père sublime ,

Qui s'aquiert une haute estime , .

Et les Trompetes ft ce Nom 300 Rehaussans leur ton & leur son ,

Jouans & faizans des merveilles ,

Flatoient doucement les oreilles

De ce grand nombre d'Assistans

Qui s'en allèrent fort contans.

305 Thereze , ma Grande Princesse, Se porte bien dans sa grossesse.

Le Rot, qui fait tout

i55. — Do 8. Aoutt 1666 (Matous).

Reconnoiuant le jugeaient, L'esprit & le sçavoir insigne fo De 1 Abbé de Gbignak , trés-digne , Et les services merreilleux De ses deux Oncles vertueux , Assavoir, d'Arles l'Archévesque ,

115 A cboisy pour Coadjuteur d'Aï)»

De U Soii»one ce Docteur , Dequoj content est tout le monde, Conoissant sa vertu profonde.

Doi»-ie croire ce que l'on dit , 110 Que la Princesse de Madrid , C'est-à-dire l'Impératrice , Qui ne fait rien qu'avec justice , Doit difërer son partement , Son vofage & débarquement aijJusques ftla fin de Septembre?

Si c etoit jusques en Novembre .

Tant d'Envoyez , tant de Seigneurs , Légats , Princes , Ambassadeurs , Ayans fait beaucoup de dépence', ijoMourroient, je croj, d'impatience , Et l'Empereur, qui m'est fort cher, iKMt luy-méme la chercher, Mais , étant k présent fort seine , Elle épargnera cette peine,

aji Le charmant Prince Piémontois ,

Encore qu'il n'ait que deux mois , Semble qu'il en ait plus de quatre :

Son teint est plus blanc que ralbttre;

Il est déjà si gros , si gras , 340 Et l'on voit en luy tant d'apas ,

Que toute la Cour de Saviyye

Nage dans une mer de joye.

Je vous le dis pour le certain ,

Car je le tiens de bonne-main .

14; Et même bien-tôt on espère

Qu'il sera secondé d'un rrére.

Monsieur le Procureur du Roy. l'j Qui fait sa Charge , en bonne-fby.

Aussi-bien qu'Homme du Royaume,

150 Agissant en juste Econome , Alla , d'un air fort jovial , Jusqu'à l'Hâpital général ; [geoizes.

Devant vingt Bourgeois À Bour- Qui sont bons François & Françoi-

>]5 Fit faire à divers Boulangers , [zes , Entendus , gaillards & l^[ers.

L'essay du pain , de la urine , Qu'on cuit, qu'on pattrit, qu'on [r'afine.

Par son soin, on trouve au Marché

a6o Tout le pain à meilleur marché , Et son zélé en tout se remarque Pour te Peuple & pour SOD Monarque.

A1.TESEE , ces Vers fort récens Iront vous récréer aux champs.

aéi J'ay PArr mon Erints RiSTORiQnB Tsois JOURS apb£s saint DomKIQtlB.

ÀParù. ClLt^C.CktMtiU, Imp. &Ub., AaxArmuiaKey.nuitUHuduttt. Ant Frn. (b S. U.

(Biblioth. de l'Ancnat, B. L. 11800.— Kbiioth. d« M. lebuon JimadeRotbwhîM. — Ce dernier eiempUin porte U dxte da It aoât , mni l'adrcwe du libraire n'a pM éM

.yGoQl^lc

LETTRE EN VERS A MADAME

[P«« CxAiLia ROBINET.]

Du 8. Aoiut i€66.

Les Philosophes l'ont biea dit , Il est certain , en conscience , Que l'Objet émeut la Puissance :

L'Azidme ne peut souffrir de contredit.

Oui , cet Objet émeut sans peine.

Soit pour l'Amour, soit pour la Haine , Selon qu'il te peint à nos yeux ; Et quand la belle Gloire on aime , Elle passionne bien mieux

Dans un divin Sujet qui semble être Elle-même.

Ah ! ma Muse , qui n'a d'ardeur

Ni ne feit de Vœux que pour Elle ,

Le reconest bien à ce zele

Qui croit sans cesse dans son cœur.

C'est que la charmante Déesse

Se peint en sa Royale Altesse

Avec tant de brillans Attrais , Qu'en Elle on jugeroit qu'EUe soit Incarnée ,

Ou que Madame , ayant ses Trais , Soit sa Cadene , au moins d'autant d'Appas ornée.

Parlant dans un autre jargon Et d'un Epistolaire ton , En pouvoit-on dire autre chose Quand, plus vermeille que la Rose

)} Et plus blanche aussi que le Lys , Dont sur son Teint des plus polis n se fait un si beau mélange , On la veid briller comme un Ahce, En ce Grand Cercle de Lundy,

)" Où Monsieur Rey, tout ébaudv , Eut de son Altssse Audiance r Non , je le dis en conscience , On ne pouToit en dire moins ; El î'aurois entre mes Témoins

)) Cet AjfBASSAOEin de Pologne , Mortel . certes , de grave Trogne , Pour TOUS assurer qu'on crut voir.

Non sans en sentir Je pouvoir,

I Ce wn , «nii à rimpriuio* . a ili rifUi a ém ttmfa wr l'uitmptairi it la

La Gloirs Elle-même en Pbrsoknb ,

4° Avec l'éclat qui l'environne.

Autour d'EUe , maintes Beadtbz , Ou subalternes Déitez , [mes ,

Faisoyent un doux Assaut de char- Qui mettoyent les Cœurs en allar-

4$ Et mes licentieux Regards , [mes; S'émancipans de toutes pars , Tombèrent surplus de vingt Gorges Où l'AMona sçait faire ses Orges , Je n'en doute point , à cooo.

50 La PawcESSE de Monacho Etoit l'une de tant de Belles Qu'ainsi lorgnoyent mes deux Pru- Itkm, la mignarae d'Elbeuf , [nelles ; Objet encor tout clinquant neuf,

55 Et l'éclatante de Socbise ,

Qui n'est, ma fov, nulement bise ;

Itkh , Madame d Arpjjon .

De l'AMOim autre beau Dmijon ;

■,..j..,Coi>t^lc

i56. — Du 8. Aoust 1666 (RoBi^n).

Et de Gramkokt, gente Comtesse , Ayant la taille d'une Altesse ; Dm» Item, Madame deGomuoN, i^aa Qui des Cieux a receu maint Don , Er du Bellay, l'Illustre Fille, Dont le visage & l'esprît brille ; Item, du Lddre. . . ah f non vraiment, '^TtaT' ^^ ^^^^ ^'O't 6° ce moment Hiira Dedans sa Chambre retenue d«>on Pour légère déconvenue, "^Sê. '-'^ V^ ia}nt asseurément

70 A ce Cercle quelque Ornement; Mais enjîn d'AMPiERRE & de FnwNs, Par qui maint coeur encor s'allienne En faveur du plus beau des Dieux , Montroyent aussi Ift leurs fins Yeux.

75 L'Ahbassadecr trouva ce Cekcle (Et laissons là la Rime en ercle] Eclatant & beau tout à fait , Et s'en alla fort satis&it, A quelque trouble près, dans l'Ame, 8a Et d'AMOUK un petit de ââme , Car, à vrai-dire , bêlas I comment S'échaper de son Elément Sans en sentir quelque étincelle , Eust-on l'Ame la plus rebelle ?

B5 11 avoit eu pareillement , Honestement, civilement.

De MoNSiBiiH publique Audiance , Avec un concours d importance De ceux qui composent la Cour

90 De ce Prince digne d'amour.

Lequel , d'obligeante manière , Entendit la harangue entière Qu'il lui fît dessus le Déceds Qui nous cause encor des regretz ;

95 Car c'estoit , parmi d'autres choses , Qui pour mov sont des Lettres clo- Le sujet qui de son Païs [ses ,

L'amenoit en celui des Lts , Pour faire la Condoléance 100 Aux deux Majestez de la France, ( De la part de ses Souverains fAvec , je croi , leurs Baise-mains) Sur la Mort de la Reyne Mère , Qui nous sera long-temps amére.

$9 L'imprimi périt Duchesii. Hm aiephat U amttUmfaittptmt mai» du ttmpt {prabeèUMMlpër Rahiiut htmîmt') tm- ItntmpUirt

a^kaUH^Mt, artick GuMowt.

Page 1